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Je suis en colère !

La colère n’est pas la violence ! La violence est une colère qui n’a pas été accueillie, exprimée, traitée ! Alors cette colère se retourne contre son auteur, ou elle se projette sur l’autre, jusqu’aux insultes, et jusqu’aux coups. La violence est une dérive illégitime de la colère.

Quand elle ne s’est pas déjà transformée en violence, la colère est une réaction de survie ! C’est la réaction d’une personne qui se trouve confrontée à l’insupportable ou à l’inacceptable. Une situation insupportable, une parole blessante, une contrainte inacceptable : sans cette réaction de survie du cri et de la colère, nous n’aurions d’autre solution que de nous laisser écraser et laminer.

Mais alors, que faire de la colère ? Comment l’accueillir, l’exprimer, la traiter ? La colère fonctionne comme les pluies diluviennes qui tombent pendant les cyclones : c’est un flot qui se déverse d’un seul coup ! Si des bassins de décantation n’ont pas été prévus, si les ravines et les caniveaux ne sont pas assez profonds ou dégagés, si les conduits d’évacuation sont trop petits, l’eau va déborder et tout noyer sur son passage.

ACCUEILLIR LA COLÈRE

Pour l’être humain en colère il en va de même : son bassin de décantation à lui, ce sont ces espaces où il peut vider sa colère sans se retenir, mais aussi sans la projeter sur l’autre. Arrêter  de résister avant qu’il ne soit trop tard, pouvoir crier ma colère sans être entendu, me défouler en pratiquant mon sport ou mon art favori, prendre un moment pour reprendre mon souffle, me retrouver dans un espace familial ou amical sécurisé où ma colère va pouvoir être acceptée tant qu’elle n’est pas violente… Face à la colère, il faut parfois vomir le trop-plein, mais jamais le vomir sur l’autre : les caniveaux conduisent l’au aux rivières, les égouts se déversent dans la nature, et pas dans les maisons !

Face à la colère, il faut pouvoir vider par la parole la douleur qui serre le cœur, l’horreur qui tord les tripes. Accueillir mon émotion, c’est laisser les mots sortir comme ils viennent (pas les insultes !).

Avez-vous compris maintenant l’erreur que vous faites quand vous dites à quelqu’un en colère : « Calme-toi, il n’y a pas de raison de te mettre dans un état pareil ! ». Vous l’invitez ainsi à ravaler ce qu’il a à vomir et à vider ! Ce n’est pas drôle que cela lui fasse encore plus mal et l’énerve davantage, le projetant vers la récrimination sans fin ou vers l’explosion de la violence. La prochaine fois que vous verrez une personne en colère, plutôt que de fuir ou de l’inviter à se calmer, dites-lui : « Quelle colère ! Qu’est-ce qui t’arrive ? » et écoutez-la (sauf si elle vous menace de violence).

METTRE DES MOTS SUR LA COLÈRE

Dans la colère, nous sommes submergés par les émotions, et nous sommes confrontés au risque de faire n’importe quoi et de tout casser. Il en est ainsi parce que les émotions qui nous submergent ont coupé la relation entre notre cœur qui ressent et notre tête qui joue d’habitude le rôle d’observateur à distance et de tour de contrôle.

C’est le moment d’utiliser les ravines et les caniveaux : ils ne stoppent pas l’eau qui s’écoule en cascade, mais ils la canalisent et l’orientent pour qu’elle n’aille pas tout noyer alentour.

Ces ravines et ces caniveaux, ce sont ces moments et ces lieux où la personne en colère va pouvoir mettre des mots sur sa colère. D’abord, son débit est rapide comme un torrent de montagne après l’averse, ses phrases sont entrecoupées de larmes, de cris, de gestes parfois désarticulés… parce que la tour de contrôle ne peut plus jouer son rôle ! Mais si je  laisse la personne s’exprimer, sans prendre sur moi ce qu’elle dit, sans lui dire qu’elle exagère, sans chercher à la calmer ni à la conseiller, alors ses mots si « rocailleux » du début lui permettent de sortir le trop plein, et petit-à-petit, le rythme se ralentit, le ton baisse, la fatigue survient… Parce que je l’ai laissée parler, la personne s’est calmée elle-même. Car en parlant, je dois aller chercher mes mots dans mon cerveau qui va leur donner sens, et ce sont donc mes mots qui vont restaurer la connexion entre mon cœur qui déborde et ma tête qui contrôle.

Avez-vous compris maintenant pourquoi c’est une erreur  de penser qu’il faut taire ses émotions ? La colère que vous n’exprimez pas par des mots et que vous réprimez va s’imprimer en vous sous forme de ruminations, de récriminations, prête à resurgir à la moindre occasion. Imprimée en vous, elle va vous faire somatiser jusqu’aux tensions et au stress, jusqu’à la douleur physique et à la maladie. Et jusqu’à déprimer, en burn-hout ou maladies psychologiques… Jusqu’à la violence où je risque de me supprimer moi-même dans le mutisme, la scarification, la noyade dans l’alcool ou la drogue, le suicide… où je risque de supprimer l’autre : bien des violences intrafamiliales ou débordements sociaux, jusqu’au terrorisme, résultent de colères qui n’ont pas pu s’exprimer et déverser leur trop-plein !

TRAITER LA COLÈRE

Transformer la colère en prenant soin de soi : souvent la colère accuse l’autre, les autres, les injustices, les situations ; souvent la colère s’exprime en reproches, en jugements, et même en insultes. C’est tout cela que la personne a besoin de vider dans un premier  temps comme nous venons de le décrire. Alors quand ce trop plein est vidé, peut commencer une deuxième étape, celle de traiter la colère et ses causes.

Il s’agit de quitter le registre des accusations où je ne parle que de l’autre comme si j’en étais victime, et de tourner le regard vers soi. Comme lorsque je tombe sur un caillou qui me blesse la jambe : je peux m’énerver contre le caillou qui n’avait rien à faire là, mais je ne commencerai à aller mieux que lorsque je vais quitter le caillou pour prendre soin de ma plaie : la désinfecter doucement, puis la protéger en attendant qu’elle cicatrise.

De même avec la colère : quittant le registre des accusations de l’autre, des jugements et des insultes, je vais prendre soin de moi en me posant ce genre de questions : qu’est-ce qui m’est arrivé ? Qu’est-ce que que j’ai vu, entendu ? Qu’est-ce que ça m’a fait ? Qu’est-ce que j’ai ressenti ? Quel autre mauvais souvenir cela m’a-t-il rappelé ? Et de quoi j’ai besoin, là maintenant, pour prendre soin de moi et retrouver mon calme et mon énergie ?

Ces questions, inspirées de la « Communication Non Violente »,  je peux me les poser à moi-même, avec un peu d’entraînement, après avoir vidé le trop plein de ma propre colère. Je peux aussi les poser à l’autre quand j’ai commencé par accueillir sa colère en le laissant vider son trop-plein.  Même si le déclenchement de ma colère est dû à une erreur d’un autre, ce n’est pas le moment de traiter ce problème. Je ne pourrai le traiter de façon juste et efficace qu’après avoir retrouvé ma lucidité, mon calme, mon énergie.

Ce travail n’est plus un travail sur les bassins de décantation extérieurs, ni sur les ravines et les caniveaux extérieurs eux aussi. C’est un travail pour déboucher les conduites intérieures en moi, ces canaux qui relient ma tête, mon cœur et mes tripes, ces canaux de vie qui nourrissent ma foi et mes convictions, et qui sont souvent encombrés, bouchés ou percés par une manière de vivre où je n’ai pas assez pris soin de moi : j’ai pris sur moi et ingurgité des tensions, des malaises et des blessures dont je n’ai pas su ou pas pu me protéger.

Prévenir les prochains débordements, est-ce possible si j’ai un tempérament colérique ? Il n’existe pas de tempéraments colériques ! Car vous n’êtes pas nés colériques ! Simplement, vous avez pris l’habitude de réagir par la colère à toute contrariété, comme d’autres ont réagi par de l’indifférence, par des attaques ou des moqueries, ou par une juste distance qui leur permet de privilégier le dialogue. La colère n’est pas votre nature, c’est votre culture ! On ne peut pas changer sa nature, mais on peut toujours changer ses habitudes et ses manières de réagir quand on en a perçu l’intérêt et trouvé les moyens.

Pour changer nos habitudes colériques, il s’agit d’abord de prendre soin de soi au quotidien, quand on n’est pas en colère. Prendre soin de nos connexions intérieures en quittant le registre de l’accusation pour nous écouter nous : par exemple, quand il va me dire cette parole désagréable, plutôt que de réagir du tac au tac en l’accusant, je vais m’écouter moi : « quand il m’a dit ça, qu’est-ce que ça m’a fait ? qu’est-ce que j’ai ressenti ? quelles étaient les émotions qui m’ont traversé ? Et j’aurais eu besoin de quoi pour être bien ? » Et c’est seulement après m’être posé ces questions et y avoir donné des éléments de réponse que je pourrai rejoindre l’autre pour l’écouter et lui parler et trouver les éléments de négociation nécessaires à la poursuite de nos relations.

On n’apprend pas à nager en haute mer au milieu des bourrasques et des vagues ! On apprend à nager en bassin calme et sécurisé. Je peux apprendre à faire ce travail d’écoute de moi au quotidien, quand je suis en bassin calme sans risque de colère, travail qui consiste à prendre soin de moi et du bon état de mes connexions intérieures. Si je fais ce travail au en bassin calme, il y a de fortes chances que dans la haute mer de relations souvent tendues, je constate progressivement que mon attitude change et que, naturellement, je ressente une plus juste distance face à des situations qui ne submergent plus, parce que j’ai appris à me protéger.

La colère ? une émotion aussi légitime que la joie, la tristesse, la peur, la honte, le dégoût…
La colère ? une réaction de survie qui m’évite de sombrer dans l’écrasement ou dans la violence,
La colère ? un trop plein à vider qui m’invite à prendre soin de moi et à construire des relations sécurisées.

J’aime ma colère et j’en prends soin !

Marc THOMAS, Consultant formateur en « Compétences relationnelles »
novembre 2017

Écrire à l’auteur : mthomas@competences-relationnelles.com

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Je suis trop SUSCEPTIBLE

LA PART SOMBRE D’UNE BELLE SENSIBILITÉ

Mes amis réunionnais me disent souvent : « Nous les créoles, nous sommes susceptibles »… J’ai souvent envie de leur répondre : il n’y a pas que les créoles qui sont susceptibles ! Mais peut-être ont-ils une sensibilité particulière : les cartésiens d’Europe du Nord ont privilégié la raison et sont souvent coupés de leurs émotions ; les créoles et les peuples du Sud réagissent peut-être prioritairement avec leur cœur… et la susceptibilité ne serait alors que la face sombre d’une belle sensibilité cordiale et affective…

Que signifie donc « susceptible » ? Vexé… Touché dans mon amour propre… Blessé de ne pas être respecté…

COMMENT TRAITER MA BLESSURE ?

Une personne susceptible va souffrir dès qu’une remarque désobligeante ou un reproche lui sont adressés.

Lorsque je suis blessé par une remarque ou un reproche, j’ai souvent tendance à critiquer, à lui en vouloir, à ressasser ses paroles, à les répéter en « ladi-lafé » autour de moi… Et plus je les répète, plus je les amplifie… comme une petite boule de neige devient une avalanche à force de tourner sur elle-même. A force de ressasser, j’agis comme une personne qui passerait son temps à tripoter sa plaie et à écarter les bords de sa blessure plutôt que de la désinfecter…

Comment faire pour être moins affecté ?

LAISSER A L’AUTRE CE QUI LUI APPARTIENT

D’abord distinguer ce qui appartient à l’autre et ce qui m’appartient : à l’autre ses reproches, ses mots, son regard… A moi ma blessure, ma souffrance, mes émotions… Distinguer, pour sortir de la confusion.

Le reproche, le jugement, l’attaque que l’autre me fait lui appartiennent et parlent d’abord de lui : s’il me reproche, c’est qu’il espérait quelque chose de moi qu’il n’a pas reçu… S’il me juge, c’est qu’il n’apprécie pas ou n’est pas d’accord… S’il m’attaque, c’est qu’il se sent en danger ou veut me soumettre à son bon plaisir… Tout ce qui est blessant là-dedans ne parle que de lui et de son propre malaise : pourquoi donc le prendrais-je pour moi ou sur moi ? L’erreur du susceptible est de prendre pour lui ce qui ne parle que de son agresseur.

M’ACCUEILLIR AVEC MA SENSIBILITÉ

Pourquoi donc est-ce si difficile de rendre à l’autre ses accusations ? Pourquoi suis-je si fort touché par les appréciations ou les jugements des autres ?

Je ne trouverai la réponse à cette question qu’en choisissant de lâcher mes récriminations sur l’autre, et de les transformer en regard bienveillant et lucide sur moi. En effet, ma susceptibilité ne parle que de moi. D’autres à ma place seraient restés indifférents, ou auraient réagit du tac au tac, ou auraient pris ça avec humour. Moi je suis blessé, cette blessure est la mienne et ne parle que de moi.

Alors pourquoi suis-je si blessé ? Ce n’est pas en m’accusant ou en culpabilisant que je trouverai la réponse, mais seulement en accueillant avec bienveillance mon ressenti et ma souffrance, en les écoutant, et en cherchant le message dont ils sont porteurs pour moi.

Estime de moi
Ma susceptibilité dit peut être que je n’ai pas une grande estime de moi…

Dans ce cas j’attends toujours l’avis et les encouragements des autres pour croire que je suis quelqu’un de bien et pour faire grandir une confiance en moi fragile…

Du coup leur silence ou leurs remarques désobligeantes viennent renforcer ma fragilité et appuient là où ça fait mal.

Traiter ma susceptibilité consistera à travailler sur moi pour faire grandir la confiance en moi, à aller chercher mes vraies « forces » de vie, cachées sous mes fragilités et mes blessures, à me protéger des personnes dont la proximité est toxique pour moi, à chercher des relations de bienveillance, de soutien et d’accompagnement…

Mal aimé
Ma susceptibilité dit peut-être que je me sens toujours ignoré, rejeté, jugé… et que j’ai sans cesse l’impression que personne ne m’aime…

Dans ce cas je n’attends même plus rien des autres, ou chaque fois que je rencontre les autres, je suis dans une méfiance permanente, me disant que je vais me sentir mal au milieu d’eux, que je ne trouverai pas ma place et  demandant ce qu’ils vont encore me reprocher…

Du coup chaque critique renforce mes plaintes d’être incompris : je tourne en rond dans ma tristesse, ma solitude, mes lamentations sur moi-même… et parfois ma jalousie envers les autres…

Traiter ma susceptibilité consistera  à me tourner vers moi-même et à m’écouter sans me juger : n’est-ce pas parce que je ne m’aime pas moi-même que j’ai l’impression que personne ne m’aime ? Il s’agira alors de porter sur moi un regard bienveillant, de ne pas me laisser envahir par les aspects négatifs, mais de chercher ce que mes blessures cachent comme pépites… Par exemple, derrière le sentiment d’être victime, il y a souvent un désir de liberté… Derrière le sentiment de rejet, un désir de créer des liens de confiance… Derrière la culpabilité, un désir de changer… Traiter ma susceptibilité consistera à couper le « saboteur » de moi-même qui voudrait me faire croire que rien ne sera jamais possible. Je pourrai alors consacrer mon énergie à déguster mes désirs, à prendre soin de mes désirs pour aller chercher leur réalisation, avec le soutien de personnes de confiance.

Survalorisation
Ma susceptibilité dit peut-être que je pense que je suis quelqu’un de bien…

Dans ce cas, j’attends que tout le monde reconnaisse mes qualités, mes compétences… J’ai un besoin exacerbé d’être reconnu et valorisé.

Du coup je ne supporte pas de ne pas être apprécié à ma juste valeur et je ressens du mépris pour celles et ceux qui me semblent incapable de reconnaître mes talents !

Traiter ma susceptibilité consistera alors à m’interroger : comment se fait-il que j’ai tant besoin de mettre en avant mes qualités et mes compétences ? Quel serait pour moi le risque à reconnaître des fragilités ou même des erreurs ? à reconnaître que je ne suis pas parfait et que j’ai encore une marge de progrès ? Si je suis conscient et satisfait de mes valeurs, comment se fait-il que j’ai tant besoin que les autres les reconnaissent et me félicitent ?

DU JUGEMENT AU PROJET

Il s’agit de passer de « susceptible » à « susceptible DE… »

 « Je suis susceptible » : c’est un jugement sur moi, où je m’identifie à ce que je juge : « je suis comme ça, je ne pourrai pas changer… » Comme si c’était mon identité d’être susceptible ! Stop à ce genre de jugement qui ne fait que rigidifier et pétrifier nos attitudes et nos comportements !

« Je suis susceptible DE… » : c’est un projet pour moi : susceptible d’évoluer, de changer, de réaliser les désirs cachés sous mes souffrances… Susceptible de traiter mes blessures, de les cicatriser, d’en faire le terreau de mes ressources… Susceptible de me protéger des relations toxiques et de repérer ou créer des relations de bienveillance… Osons croire en ces projets et en ces possibles qui vont donner de la souplesse à nos vies, à nos relations, et permettre la croissance de notre être profond !

Marc THOMAS, Consultant formateur en « Compétences relationnelles »
octobre 2017

Écrire à l’auteur : mthomas@competences-relationnelles.com

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Lire aussi :         Sortir des reproches pour entrer en dialogue
                             
Renoncer aux reproches et aux jugements
                              Tes émotions ne parlent que de toi

Comment communiquer pour APAISER LES RELATIONS ?

Formation "Compétences relationnelles Océan Indien" ouverte à tous3 samedis de 9h à 16h
3 et 17 février - 7 avril 2018
à St PIERRE,
Lieu à préciser
Téléchargez ici la présentation de la formation en PDF
TARIF individuels : 150€ pour 3 samedis (dont 40€ d'arrhes (négociable demandeurs d'emploi, étudiants, difficultés économiques...)TARIF formation professionnelle: 380€ pour les 3 samedis (20h)
RENSEIGNEMENTS : Marc THOMAS
06 93 41 96 62
INSCRIPTION et PAYEMENT des arrhes (Site sécurisé)

Comment communiquer
pour APAISER LES RELATIONS

Des relations familiales, amicales ou professionnelles en danger
Incompréhensions, reproches, jugements, violences verbales…
La façon dont je communique peut « soigner » la relation
!


L’OBJECTIF : Un atelier-formation ouvert à tous

Que d’énergie perdue dans des incompréhensions, des tensions, des conflits et violences verbales…
Que de temps perdu dans des discussions sans fin pour prouver qu’on a raison et chercher à convaincre l’autre…
Que de blessures relationnelles qui nous pourrissent la vie… en famille, au travail, dans les associations, dans la vie sociale…

LA MÉTHODE

La formation sera un atelier s’appuyant sur nos situations relationnelles difficiles
pour proposer des postures, des stratégies et des outils de communication,
pour remplacer les mots qui blessent par des paroles respectueuses,
pour oser exprimer mes perceptions et convictions sans reproches ni jugements,
pour apprendre à écouter et à chercher des solutions en situation de désaccord.

3 SAMEDIS DE 9h à 16h
3 et 17 février – 7 avril 2018
DANS LE SUD, probablement à St Pierre

Participation financière
150€ pour les trois journées, dont 40€ d’arrhes payés à l’inscription (pas de remboursement en cas d’absence, sauf certificat médical).
Négociable en cas de difficulté financière (contactez-nous).

Téléchargez ici en PDF la présentation de la formation.

INSCRIPTION et payement des ARRHES : cliquez ici (site sécurisé).

Laisse jaillir ta parole

On nous a répété souvent cette phrase du poète Nicolas Boileau : « ce qui se conçoit bien s’énonce clairement, et les mots pour le dire en viennent aisément ». Nous avons fini par croire qu’il fallait d’abord des idées claires et bien construites avant de prendre la parole ou le stylo. Et nous avons fini par nous taire ! Ou bien nous nous sommes contentés de répéter des « poncifs » imposés par des modes ou des manipulateurs qui veulent nous imposer ce que nous devons penser !

Or la pensée, comme la vie, n’existe qu’en s’exprimant, grâce à celui qui risque les mots sans connaître encore la fin de la phrase, comme jaillit la source avant de savoir qu’elle deviendra irrigation vivifiante, rivière et fleuve, et même jusqu’à la mer !

Je me souviens de cette femme écrivain pour enfant disant qu’elle commence toujours à écrire à partir d’un noyau central, sans connaître la fin.

Je me souviens de prises de parole en public : le discours était préparé, longuement. Et pourtant, devant ce public, ce sont d’autres mots qui venaient, et d’autres développements, puisés dans le regard des auditeurs et dans la communication avec eux.

Je me souviens de ces dialogues,  de ces rencontres et de ces accompagnements où il faut renoncer à savoir à l’avance la bonne réponse, car l’écoute et l’échange font jaillir l’inattendu. Car ce n’est pas la réponse qui importe : si je cherche quoi répondre ou quel conseil donner, je n’écoute déjà plus celui qui me parle, je ne m’écoute que moi-même pour peaufiner ma réponse ! Ce qui importe, c’est la parole que va oser celui que j’écoute, parce qu’il se sent écouté. Cette parole qu’il va peut-être balbutier parce qu’elle surgit inattendue du plus profond de lui-même ! Ces paroles là sont des paroles vivifiantes qui désaltèrent celui qui les prononce !

A l’inverse des phrases toutes faites et des ritournelles apprises par cœur, la Parole de l’homme est créatrice : écrite ou orale, elle jaillit du dedans comme une source vive. Chaque être humain est porteur d’une source unique, d’une Parole originale.

C’est pourquoi éduquer un enfant ne peut pas consister à lui faire apprendre par cœur des paroles écrites ou prononcées par d’autres ! Éduquer un enfant, c’est le conduire vers sa source pour qu’il s’y désaltère, c’est le conduire vers lui-même pour qu’il découvre la pépite qu’il porte… C’est ainsi lui permettre de développer la confiance en lui, source de toutes les motivations, de tous les dynamismes et de toutes les vraies réussites.

Ose risquer une parole, la tienne, celle que personne ne pourra dire à ta place,
sans l’imposer, mais en l’offrant comme une fleur unique au bouquet de l’humanité.

Écoute les paroles des autres, surtout si elles sont différentes de la tienne,
sans les photocopier pour penser comme eux ou comme tout le monde,
mais pour plonger ta propre source à la confluence des diversités humaines.

Quand des paroles vives et uniques rentrent en dialogue, c’est l’Humanité qui se construit !
Quand tu développes ton autonomie de pensée et d’agir, tu rends possible la coopération.

Marc THOMAS, Consultant formateur en « Compétences relationnelles »
septembre 2017

Écrire à l’auteur : mthomas@competences-relationnelles.com

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Apprivoiser ton loup

Connais-tu ton loup intérieur ? Celui qui te « mange » tant d’énergie, celui qui blesse ton moral, celui que tu essaie de faire taire ou de maîtriser… la plupart du temps sans réussite. Pire encore : depuis des années tu essaies de le combattre, et il ne te laisse jamais tranquille…

Ton loup : ce défaut qui te perturbe depuis si longtemps, cette addiction qui te fait honte, cet obstacle permanent qui t’empêche d’avancer, cette incapacité qui met à mal la confiance en toi, ce trait de caractère qui altère tes relations… Ton loup, cette part de toi qui t’empêche d’être toi-même et de mettre en œuvre les convictions et valeurs que tu portes… Ce loup intérieur, tu sais qu’il peut te faire sombrer…

Ton loup, mon loup, nos loups… Chacun de nous a le ou les siens, parfois comme un fil à la patte qui nous attache et nous tient prisonnier de nous-mêmes… Et pourtant que d’efforts avons-nous faits pour les combattre… Nous avons parfois faits des années de psychothérapies pour les maîtriser ou les éradiquer… et à la première occasion, nous les retrouvons sur notre route… Et nous finissons par consentir à la présence de ce loup, à l’image dégradée de nous-mêmes qu’il nous renvoie, à nous désespérer de jamais vivre les valeurs que nous portons dans une autre part de nous… Nous pensons alors que nous sommes nés comme ça, que nous sommes comme ça, et que nous n’y pouvons rien…

Mais si tu réfléchis bien, un homme désarmé n’a aucune chance s’il rencontre un loup : s’il se met à combattre le loup, l’homme désarmé est sûr de se faire croquer ! De même, si tu combats ton loup intérieur, tu es sûr de perdre, car tu t’engages dans un rapport de forces qui n’est pas à ta mesure !

Au Moyen Age, les habitants de la ville de Gubbio en Italie étaient terrorisés par un loup qui venait sans cesse croquer leurs brebis : les habitants se mobilisaient pour partir à l’attaque du loup,  et plusieurs d’entre eux se sont fait croquer eux aussi !
François d’Assise, passant par là, constata la terreur des habitants, et choisit une autre stratégie : il s’approcha désarmé du loup et chercha à l’apprivoiser en lui parlant avec douceur. La légende dit que le loup s’assit devant lui, posa sa patte sur la jambe de François comme s’il l’écoutait.

Cette histoire est peut-être une légende, mais elle porte en elle une profonde vérité :
si tu te bats contre ton loup, il va te croquer…
si tu l’apprivoises, il va te révéler ta pépite…

Et regarde tes combats contre ton loup : tes lamentations d’avant, ta honte et tes efforts pour en sortir ne cachaient-ils pas surtout un fantastique espoir de t’en libérer ? Espoir auquel tu n’osais pas croire parce que tes combats te menaient toujours à l’échec. Lâche le combat, apprivoise ton loup, c’est le chemin de l’espoir !

Une amie se battait depuis longtemps contre une posture de victime qui ne lui convenait pas. Je lui ai proposé de cesser de se battre, de chercher ce que cette posture de victime cachait ou protégeait… Elle a instantanément découvert l’amour qui l’emplissait… Aujourd’hui la victime est en train de se transformer en force de libération pour elle et pour celles et ceux qu’elle sent prisonniers d’eux-mêmes comme elle l’était.

Un homme me racontait comment il était depuis toujours traversé d’envies de violence et de punitions sur lui-même. Cessant de se battre contre ces pratiques qui lui faisaient honte, il chercha ce qui se cachait derrière cette honte et ces envies… et il découvrit la tendresse et la douceur dont il était capable pour les autres, et finalement pour lui-même…

Une jeune fille me disait récemment qu’elle a fait des études commerciales, mais qu’elle a refusé tout emploi depuis un an, parce qu’elle s’est rendu compte que la dimension commerciale la conduisait à manipuler les gens pour leur faire acheter un produit dont ils n’ont pas forcément besoin. Cherchant ce qui se cache derrière cette manipulation qui la révolte maintenant, elle découvre que c’est sont goût pour la relation à l’autre qui l’a conduite à faire des études de commerce. Sa relation à l’autre, elle y tient, mais elle refuse la manipulation et souhaite se réorienter vers des activités sociales ou éducatives qui lui permettront d’être au service de l’autre et d’accompagner chacun vers la découverte de ses propres ressources.

Toi aussi, mets-toi à l’écoute de ton loup… sans justifier les égarements où il t’a conduit, mais aussi sans les juger… Apprivoise ton loup pour pouvoir écouter le message dont il est porteur.

Voici un indice pour passer du combat à l’apprivoisement : ton loup est souvent l’inverse de ta pépite. Ce que tu n’aimes pas en toi est souvent l’opposé de ce que tu aimerais devenir. Plutôt que de combattre ce que tu exècres, intéresse-toi à ce que serait son contraire. Ainsi tu vas apprivoiser ton loup pour y découvrir la pépite  qu’il cache ou qu’il protège. Remercie-le même de ce qu’il a pu protéger. Et laisse-le se détacher de toi progressivement..

Ton loup, si tu te bats contre lui, il va te croquer…
si tu l’apprivoises, il va te révéler ta pépite…

Et plutôt que de t’accuser de tes manquements et de tes fautes,
cherche donc derrière eux la lumière cachée et la vie prête à surgir !

Marc THOMAS, Consultant formateur en « Compétences relationnelles »
août 2017

Écrire à l’auteur : mthomas@competences-relationnelles.com

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Tes émotions ne parlent que de toi !

Des relations tendues, des paroles blessantes, des émotions qui débordent, des affects qui pourrissent la vie familiale ou les relations professionnelles… Il nous semble si souvent impossible de sortir de ce cercle vicieux des émotions… Et plus vous refoulez vos émotions, plus elles vous grignotent à petit feu… Et plus vous dites qu’il faut laisser ses affects à l’extérieur, et plus elles vous conduisent au burnout ! Alors que faire ? Comment en sortir ?

L’AUTRE EST-IL RESPONSABLE DE MA SOUFFRANCE ?

Dans des relations tendues, nous accusons souvent l’autre : « tu m’as blessé… tu m’as agressé… c’est de ta faute si je ne suis pas bien… »

Ou bien nous rendons l’autre responsable de nos émotions désagréables : « Je suis en colère parce que tu ne me comprends pas… je suis triste parce que tu ne fais pas attention à moi… je suis bouleversé parce que tu m’as dit n’importe quoi… »

Nos ressentis se transforment en reproches ou en accusations, et nous rendons l’autre responsable de notre mal-être… Nous prenons une posture de victime qui contribue à augmenter encore l’intensité de notre mal-être puisque nous croyons que nous n’y pouvons rien… Nous faisons dépendre notre bien-être de ses paroles ou de ses attitudes : en rendant l’autre responsable de notre mal-être, nous lui remettons les clefs de notre bien-être…

Alors certes, c’est une parole ou un comportement de l’autre qui a été le déclencheur de notre émotion : par exemple, nous savons tous qu’une parole maladroite peut nous faire très mal… Mais cette parole maladroite n’est qu’un déclencheur : chez moi elle va peut-être déclencher de la souffrance et des larmes, chez un autre elle va déclencher une accusation en retour, chez un troisième un éclat de rires… et un quatrième va peut-être rester indifférent… Un même déclencheur, quatre réactions émotionnelles différentes : l’émotion ne parle pas du déclencheur, mais de la manière dont je le reçois.

Si une ampoule électrique explose quand j’appuie sur le déclencheur-interrupteur, je ne vais pas m’en prendre à l’interrupteur, je vais regarder du côté de l’ampoule si le filament est rompu ou du côté des branchements s’ils sont en court circuit… Mais je ne vais pas d’abord accuser l’interrupteur que j’ai actionné… De même pour nos émotions, elles ne parlent que de nous-mêmes et jamais du déclencheur !

POURQUOI LA PAROLE OU L’ATTITUDE DE L’AUTRE ME FAIT SI MAL ?

Peut-être l’autre a-t-il vraiment voulu me faire mal ou m’agresser, mais c’est moi qui n’ai pas su me protéger… Je ressemble à un boxeur qui irait au combat sans protection, ou à un motard qui se plaindrait d’être blessé dans un accident alors qu’il n’avait ni casque ni vêtements de protection…

Peut-être la parole de l’autre a touché un point très sensible chez moi et a réveillé d’autres souvenirs douloureux bien enfouis en moi, mais restés à vif parce que jamais traités… Comme une blessure non cicatrisée qui fait mal dès que quelqu’un approche la main : ce n’est pas la main qui caresse ou qui désinfecte qui est responsable de la souffrance, c’est la blessure à vif.

Peut-être la tension avec l’autre dure depuis longtemps, et chaque fois qu’il m’approche je prends une posture méfiante par peur d’être blessé… J’interprète tout à travers ma méfiance. Je ressemble alors à une personne qui a peur d’une araignée ou d’un chien : même si ces animaux sont inoffensifs sur le moment, la méfiance et la peur sont responsables du mal-être…

S’il en est ainsi, chaque fois que nous transformons nos émotions et ressentis en reproches et en accusations sur l’autre, nous ne faisons qu’amplifier notre souffrance et élargir nos plaies. Récriminer, c’est verser du vinaigre ou de l’acide sur nos plaies. Cela n’a aucun impact sur l’autre, c’est nous qui amplifions notre souffrance !

Toute cette énergie que nous perdons à critiquer l’autre, à lui faire des reproches ou à l’accuser, que produit-elle habituellement ? Des altercations sans fin où chacun s’épuise à vouloir convaincre l’autre qu’il a tort, sans y parvenir… ou bien des silences résignés qui nous grignotent à petit feu et  n’empêchent pas les récriminations de tourner en boucle jusqu’à nous empoisonner la vie… ou bien des paroles ou des gestes de violence qui détruisent autant la relation que les personnes…

COMMENT FAIRE POUR TRAITER NOS ÉMOTIONS DIFFICILES ?

Essayez donc de quitter la volonté de régler vos comptes avec l’autre. Pour l’instant laissez l’autre, retournez-vous vers vous et commencez par prendre soin de vous.

D’abord changez un mot quand vous parlez ! Nous disons souvent : « Je suis blessé parce que TU… », « je suis en colère parce que TU… » Essayez d’abord de vous dire à vous-même : « Je suis blessé parce que JE… », « je suis en colère parce que JE… Parce que je n’accepte pas… parce que je ne supporte pas… parce que je me sens… parce que ça me rappelle… parce que j’ai besoin… Essayez… Vous verrez vite la différence !

Accueillez et écoutez vos ressentis, essayez de les nommer : tristesse ? déception ? peur ? honte ? jalousie ? haine ? etc. Tous vos ressentis sont légitimes tant que ce sont des ressentis. Quels mots ou attitudes ont déclenché ces ressentis ? Qu’est-ce que ça vous fait à vous ? Quelles sensations dans votre corps ?  Quels ressentis dans votre cœur ? Comment s’expriment ces ressentis : des larmes ? des souffrances ? l’envie de crier ou de dormir pour oublier ? Est-ce un ressenti qui est fréquent pour vous ? qui vous arrive dans d’autres situations ou avec d’autres personnes ?

Ces ressentis sont vrais, ne les refoulez jamais ! Et ne vous jugez pas non plus en disant : « je ne devrais pas réagir comme ça » ou « je devrais être moins sensible » ! Ces ressentis parlent de vous et de votre être profond : accueillez-les, écoutez-les ! Ils sont porteurs d’un message à vous délivrer que vous n’entendrez jamais si vous continuez à vous laisser envahir par vos reproches sur l’autre…

Peut-être aussi vous vous sentez blessé ? rejeté ? abandonné, incompris ? Ces ressentis là ne sont pas vraiment des ressentis, parce qu’ils comportent encore une part de jugement : en effet, c’est toujours l’autre qui est censé m’avoir blessé, rejeté, abandonné ou n’aurait pas voulu me comprendre…

DES RESSENTIS QUI NOUS ALERTENT SUR NOS BESOINS

Dans ce cas, passez vite à l’autre étape : il s’agit de découvrir, cachés derrière nos ressentis – les vrais et les faux – de quels messages ils sont porteurs. Car tous nos ressentis ne sont que des signaux d’alerte, des messages qui nous parlent des besoins de notre être profond. Ça vaut vraiment la peine de quitter nos récriminations sur l’autre pour partir à la recherche de nos besoins profonds !

Alors de quoi avez vous besoin vraiment quand vos ressentis vous font souffrir ? Avoir droit à la parole ? exister pour vous-même sans vous faire rabrouer ? vivre des relations sereines même en cas de désaccord ? être reconnu à votre juste valeur ? trouver les moyens de vous protéger en cas d’agression ?… Ces besoins sont légitimes. Ce sont vos besoins à vous : n’attendez pas que l’autre les découvre et les satisfasse ! Ce sont vos besoins : c’est vous qui êtes responsable de les satisfaire !

SATISFAIRE NOS BESOINS

 Passez donc à l’étape suivante : qu’allez-vous faire pour satisfaire vos besoins ? qu’est-ce qui dépend de vous ? quelle liberté vous donnez-vous pour dire oui ou pour dire non, pour choisir ce qui est bon pour vous ? Vous pensez que vous ne pouvez pas dire non ? Alors faites le choix de demeurer esclave de l’autre ! Car il y a des manières de dire non pour se respecter soi tout en prenant soin de la personne à qui on dit non !

Lorsque vous aurez fait ce parcours, vous n’aurez plus perdu d’énergie comme quand vous faisiez des reproches à l’autre. Au contraire, vous vous sentirez déjà regonflés parce que vous aurez pris soin de vous et vous saurez maintenant que c’est vous qui avez en vous les clefs de votre bien-être !

RESTAURER LA RELATION AVEC L’AUTRE

Alors seulement à ce moment-là, vous pouvez aller retrouver l’autre et vous adresser à lui, sans reproche ni jugement. Vous ne lui parlerez plus de lui, mais vous lui parlerez de vous, de vos besoins, de vos limites… Vous pourrez lui dire : « Quand tu as dit ça (c’est un constat), ça m’a fait mal… je me suis senti blessé, triste, humilié…… parce que j’ai besoin de dialogue, de sincérité, de respect… et je te demande si on peut trouver un moment pour s’écouter quand on a des avis différents… et je refuse les insultes et la violence… et je propose… »

 Vous pourrez même vous intéresser à la manière dont l’autre a vécu la situation, essayer de comprendre pourquoi il a réagi de cette façon. Il ne s’agit pas d’être d’accord avec lui, mais de chercher à comprendre, pour pouvoir négocier avec lui une sortie « par le haut » de cette situation difficile.

Oui, me direz-vous… mais si l’autre refuse de m’écouter ou continue à vouloir me blesser ? D’abord si vous ne le jugez plus, ça va nécessairement changer les relations… et vous avez beaucoup plus de chance que lui aussi s’adoucisse et devienne plus constructif. Mais s’il refuse, affirmez-vous clairement et sans agressivité : « je ne t’ai pas jugé, je ne t’ai pas fait de reproches, alors je te demande d’en faire autant. » Et si malgré cela il continue, quittez la conversation, éloignez-vous, et dites lui que vous êtes prêt à l’écouter et à reprendre le dialogue si lui aussi cesse de vous juger.

Vous avez quitté les jugements et les reproches,
Vous avez pris soin de vos ressentis et de vos besoins, et de ceux de l’autre
Vous voici dans une relation de respect mutuel, sereine et constructive…

Une relation de liberté !

Marc THOMAS, Consultant formateur en « Compétences relationnelles »
juin 2017

Ecrire à l’auteur : mthomas@competences-relationnelles.com

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Comment fait-on pour APPRENDRE à S’AIMER SOI ?

Question d’une amie… Question de tant et tant de personnes…
Merci à toi qui m’as posé la question de m’avoir donné, en te répondant,
l’occasion et la permission de le partager à d’autres !

CHERCHER LA PÉPITE DERRIÈRE LA DOULEUR

Ton visage portait la souffrance… Tu étais fatiguée, déprimée…
Je t’ai proposé de chercher ce qui se cachait derrière ta souffrance,
et derrière cette posture de victime qui ne te convenait pas.
Et tu as osé nommer des mots précis,
exprimant ta richesse intérieure à toi, unique et spécifique,
ton désir, celui qui ne parle que de toi…

Nous l’avons appelé ta « pépite », qui surgissait alors du fond de toi
où elle était bien enfouie pour se protéger de la violence subie…
Cette « pépite » qui habite chacun de nous
et que jamais aucune souffrance ne peut détruire !

Aussitôt ton visage s’est illuminé…
Tes proches l’ont remarqué dans les heures suivantes.
Et tu m’as dit plus tard que tu prenais plaisir à te regarder dans le miroir…
S’aimer soi, ça doit ressembler à ça !!!

APPRIVOISER TON LOUP

Chacun de nous porte en lui un « loup ». J’appelle « loup » ce qui me fait souffrir, ce qui risque de me faire sombrer, cette force destructrice, de moi ou de l’autre, qui risque souvent de me conduire à des paroles ou à des actes contraires à mes valeurs…

Souvent nous nous battons contre notre « loup »,
nous voulons le faire taire, nous le prenons en haine…
Si tu te bats, contre un loup, tu es sûr de perdre, et il va te croquer !
La seule solution pour rester vivant, c’est de l’apprivoiser.

Apprivoiser ton loup, c’est à dire l’accueillir…
Accueillir ce qu’il ne sait pas encore dire autrement que par la violence ou la souffrance…
Peut être ce loup n’a jamais été écouté…
Lui demander de te dire sans violence de quel message il est porteur
et l’écouter à  travers ton ressenti et tes intuitions…
L’écouter car il n’est que la face cachée ou l’inverse  de ton être profond…
comme la « pépite » est l’inverse de ta souffrance…
Ton loup est la nuit qui va mettre en valeur ta lumière.
Tu t’aimeras toi quand tu aimeras aussi ton loup (mais pas la souffrance ni la violence),
quand tu l’auras apprivoisé…

TROUVER LES RELATIONS QUI TE CONVIENNENT

Tu peux t’aimer ou te détester
selon les contextes relationnels dans lesquels tu te trouves.
Il y a des contextes relationnels
où tu te sens bien, à l’aise, en confiance,  où tu oses être toi-même…
Et d’autres contextes relationnels
où tu n’es pas bien, tu perds confiance, tu te dévalorises…
Dans ce dernier cas, ne te juge pas, ne juge pas l’autre non plus,
mais demande toi ce qui te convient à toi,
ce dont tu as besoin pour être toi-même, et ce qui t’en empêche…

Nous sommes comme les poissons :
certains ont besoin d’eau de mer, d’autres ont besoin d’eau douce.
Certains ont besoin d’eaux vives, d’autres ont besoin d’eaux calmes…
Et toi de quel climat relationnel as-tu besoin pour être toi?

Pour t’aimer toi-même, sors de ta coquille
sinon tu ne verras de toi qu’un être recroquevillé et donc tout fripé !
Pour t’aimer toi-même, laisse-toi aimer par celles et ceux qui sont sans risque pour toi.
Ose leur parler car c’est en parlant à l’autre que tu te comprends,
et c’est en parlant que tu deviens ce que tu dis…
Chaque fois que tu te mets à parler, tu avances !

Quand tu as trouvé le bon contexte relationnel,
quand tu sens des relations de confiance et de respect,
ose la relation, aime l’autre, et aime-toi…

Aime-toi en aimant l’autre !

Bien à toi…
Marc                         Téléchargez cet article en pdf                                    mthomas@competences-relationnelles.com

Pour poursuivre, relis ce très beau texte attribué à Charlie Chaplin :
« Le jour où je me suis aimé pour de vrai »

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Quand nos affects nous empoisonnent…

Dans des relations de couple, en famille, dans les équipes de travail, les « affects » sont souvent des occasions de tensions relationnelles et de souffrance : « s’il regarde une autre femme que moi, je suis jalouse… Si ma femme ou mon mari rentre en retard, c’est qu’il ne fait pas attention à moi… Si mes enfants adultes n’ont pas les mêmes avis que moi, c’est qu’ils ne me respectent pas… Si mon chef ou mon collègue ne m’a pas transmis une information, c’est qu’il ne m’aime pas et qu’il veut m’éliminer… »…

Ces « affects » ne sont pas des ressentis, mais des ressentiments, c’est-à-dire des réactions émotionnelles qui interprètent et jugent un comportement de l’autre à partir de ce que ça me fait, et non à partir de ce que l’autre a réellement voulu faire. Ce sont des « ressentis-ment », des ressentis qui « mentent » : quelle que soit l’intention de l’autre et sans m’en préoccuper, je le juge parce que moi j’ai mal.

Ces affects-ressentiments sont du poison relationnel : ils détruisent à petit feu les relations interpersonnelles, les vies de couples, les coopérations d’équipe et leur efficacité, et finalement la motivation et la santé des personnes. Dans les contextes professionnels où ces affects négatifs pullulent, les congés maladie augmentent de façon significative, et la démotivation grandissante se traduit en inefficacité.

Un Directeur de CCAS disait récemment avoir organisé une formation à la Communication bienveillante et à l’affirmation de soi pour son équipe de professionnels. Résultats : 20% de congés maladie en moins, une plus grande motivation de ses personnels, une qualité et une efficacité du travail amélioré, et le plaisir à venir au travail en raison de la bonne ambiance dans l’équipe. Pourquoi se priver de cela en restant dans les récriminations ?

Ce travail sur la confiance en soi coupe le cercle vicieux des affects, en nous  permettant de prendre en compte mes ressentis et ce qu’ils disent de moi et non de l’autre !

La communication peut alors redevenir bienveillante, c’est-à-dire sereine et constructive, même en situation de désaccord. Parce que je distingue ce que je ressens et qui ne parle que de moi, et ce que l’autre fait : je peux alors écouter ce qu’il dit de lui et de ses actes, et je peux lui dire ce que ça me fait, sans confusion. Ainsi s’ouvre un espace de dialogue et de négociation où chacun se respecte lui-même et respecte l’autre.

Marc THOMAS, Consultant formateur en « Compétences relationnelles »
mars 2017

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Ecouter sa musique intérieure

Et comment il faut faire pour écouter sa musique intérieure?

Il s’agit d’abord d’écouter ce que tu ressens face aux situations de la vie, ces ressentis qui te viennent spontanément : amour, joie, tristesse, peur, colère, espoir, etc.

Les accueillir tels qu’ils viennent, sans les juger, sans te noyer dedans…
Les accueillir comme un langage qui parle de toi et des vrais besoins de ton être intérieur.
Tu peux lire ici l’article que j’ai écrit à ce sujet.

Je n’ai jamais osé aller voir ce qu’il y a, par peur de trouver rien ou bien quelque chose qui ne me plait pas du tout ou me force a changer quelque chose de fondamental… Il faut avoir le courage d’être sincère.

Quand tu « vas voir ce qu’il y a », en accueillant tes émotions et tes besoins,
il y a toujours quelque chose de bon :
C’est la « pépite » que chaque être humain porte en lui comme un diamant,
comme la lumière pour éclairer son chemin et ses choix…

Tu trouveras souvent cette pépite
cachée derrière ce qui te fait mal, ce qui te bloque, ce qui te met en mal être…
Parce que ces souffrances disent que quelque chose de très important pour toi (des valeurs, le sens de ta vie, tes capacités…) est blessé ou enfermé ou maltraité…
Et en prenant soin de ce qui est blessé, tu vas trouver le chemin et l’énergie de vivre.

Cela ne te forcera pas à changer quelque chose de fondamental, comme tu l’écris,
mais cela te donnera le désir et le bonheur de changer ton regard, tes choix, tes postures, et tu expérimenteras une force de libération…

Pour parvenir à cela, il faut parfois pouvoir parler avec quelqu’un de confiance, car en parlant, je mets des mots sur ce que je ressens, et dans l’écoute de l’autre, je me sens conforté…

Bien à toi !    Marc

Marc THOMAS, Consultant formateur en « Compétences relationnelles »
juin 2017

LADI-LAFÉ, AGRESSIVITÉ, AUTORITARISME : s’en protéger – savoir réagir

En famille, au travail, dans la vie sociale…
Une formation ouverte à toute personne concernée
et aussi à des professionnels, des équipes de travail…

→  LADI-LAFÉ, AGRESSIVITÉ, AUTORITARISME : s’en protéger – savoir réagir
Une formation animée par Marc THOMAS

Nous partirons de situations vécues. Nous les analyserons et chercherons les stratégies efficaces pour nous protéger et pour pouvoir réagir sans violence.
Nous envisagerons aussi la manière de canaliser notre propre agressivité et de transformer le ladi-lafé sans se taire, par des paroles sereines et constructives

  • DATES : le samedi 29 avril 2017 de 8h45 à 16h30
  • LIEU : à La POSSESSION, Centre socioculturel Nelson Mandela (plan)
  • TARIF :
    Payement individuel : 60€ si possible – Pour un couple 100€
    (tarif négociable : demandeurs d’emploi, étudiants, difficultés financières… : contactez-nous)
    Formation Professionnelle Continue : 150€
  • Inscrivez-vous en cliquant ici