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Éponge émotionnelle : se blinder ou se protéger ?

Mail reçu d’une personne

Cette personne a suivi une formation avec Compétences relationnelles Océan Indien :

J’aimerais avoir ton regard sur une situation que j’ai vécue, du moins une remarque que l’on m’a dit et qui m’interpelle parce que je fais d’énormes efforts sur moi-même depuis plusieurs années et j’ai au final toujours l’impression qu’en face ça ne leur suffit pas (au niveau du travail et parfois familial). Je suis donc un peu découragée et fatiguée.

 (Au travail, une personne) m’a dit il y a quelques jours que j’étais comme une éponge, que j’absorbais les émotions des autres et qu’il fallait que je me blinde plus. J’ai répondu dans son sens dans un premier temps : effectivement j’ai une sensibilité particulière même si je n’arrive pas forcément moi-même à dire mes émotions et que je les garde beaucoup, cela vient aussi de mon adolescence. Mais dans un deuxième temps après y avoir réfléchi ce qui m’embête c’est que cette remarque me donne l’impression que tous les efforts que je fais sur moi-même sont quasiment inutiles alors que je sais bien que j’ai quand même bien avancé comparé à quelques années de cela. Comment se blinder plus ?

 

La réponse de Marc


TU NE PEUX PAS BLINDER TA SENSIBILITÉ

Oui, les efforts que tu fais sur toi-même pour te blinder sont inutiles… parce qu’il est impossible à un être humain de se blinder devant les émotions de l’autre, sauf à s’enfermer dans sa tour d’ivoire et à devenir insensible et inhumain, c’est-à-dire totalement égocentrique et coupé de toute relation vraie.

Ta sensibilité est ton premier canal de contact avec le monde et avec toi-même. Elle te permet d’agir, de réagir et d’entrer en relation ou de te protéger. Elle est ta capacité d’ouverture, d’adaptation et de créativité. C’est ta sensibilité qui te fait humain !

Tu ne pourrais te blinder qu’en construisant un mur en béton armé entre toi et les autres, ou en leur déclarant la guerre. Ce n’est pas ce que tu veux, ni ce que les autres te demandent. Heureusement que tes efforts ne t’ont pas permis de réussir un tel enfermement !

Mais cette si belle sensibilité nous joue aussi des tours quand elle est touchée « en plein cœur » par le choc ou l’agression. Comment alors se défendre ? Faut-il rester une éponge, envahi et déstabilisé en permanence par les émotions de l’autre qui viennent parfois alimenter les miennes ? Comment faire pour ne pas m’y noyer ?

SE PROTÉGER

Il ne s’agit pas de me blinder, mais de me protéger. Quand il fait trop chaud ou trop froid, je peux me blinder en m’enfermant chez moi, en fermant portes, volets et fenêtres et attendre un temps plus clément. Mais je peux aussi aller vaquer à mes occupations en me protégeant : s’il fait chaud, un chapeau, des lunettes de soleil, une crème contre les coups de soleil… S’il fait froid, un gros pull, des gants, des bonnes chaussures… Autrement dit, se protéger n’est pas s’enfermer, mais s’adapter à l’environnement !

De même, pour éviter d’être une éponge émotionnelle, je peux me protéger et m’adapter, en deux étapes différentes et complémentaires :

  • laisser à l’autre ce qui lui appartient: ses larmes, sa colère, sa peur, sa tristesse, sa joie, son espoir… sont à lui ! Je n’ai pas à les prendre sur moi, ni à les rejeter. L’autre exprime son émotion par des mots, par des gestes, des larmes, des rires, un ton de voix qui s’accélère ou qui s’amplifie… C’est lui qui parle, qui se parle à lui-même, qui vide son trop plein, qui « travaille » son émotion pour en percevoir le message…
    Je peux tout entendre, sauf ses attaques ou ses insultes : devant l’agressivité et la violence, c’est toujours non, c’est toujours stop, et en cas de récidive, je ne me blinde pas, je ne rumine pas, mais je me retire, comme on se retire quand la houle est trop forte ou quand l’orage éclate.
  • accueillir l’autre tel qu’il est : tout ce qu’il exprime lui appartient, je ne suis pas là pour le prendre sur moi, pour m’apitoyer ou pour lui donner la solution. Je suis là pour lui permettre de s’exprimer et d’être entendu… C’est si vrai que très souvent, je ne fais qu’écouter, je ne dis rien… et à la fin, l’autre me dit : « Ça fait du bien, je me sens mieux, merci de m’avoir écouté, tu m’as bien aidé… » Et pourtant, je n’ai rien fait d’autre que l’écouter, et c’est lui qui s’est soulagé lui-même parce que ma présence « accompagnante » lui a permis de le faire.


L’ÉPONGE 
ÉMOTIONNELLE

J’imagine qu’en lisant ce que je t’écris, tu te dis : « oui, tout cela, c’est facile à dire, mais moi je n’y arrive pas : quand l’autre m’exprime ses émotions, j’ai beau savoir tout ça, je reste une éponge saturée. »

Si je reste une éponge saturée, c’est probablement parce qu’il y a confusion : les émotions de l’autre viennent se confondre avec les miennes. Dans le courrier que tu m’as écrit et que j’ai cité ci-dessus, tu écris : « effectivement j’ai une sensibilité particulière même si je n’arrive pas forcément moi-même à dire mes émotions et que je les garde beaucoup. » Et c’était ta première réponse au phénomène de « l’éponge ». Cette première réponse est juste : plus je garde en moi mes propres émotions, plus je suis envahi, parfois jusqu’au débordement que j’essaie de contenir par mes efforts… L’émotion de l’autre est alors le déclencheur, la goutte qui fait déborder le vase… et que je n’arrive même plus à éponger, tellement mon éponge personnelle est engorgée !

Pour me protéger du soleil, ma peau absorbe comme une éponge la crème qui me protège de la brûlure des rayons. Pour me protéger de l’émotion de l’autre tout en l’accueillant, il me faut une capacité d’absorption, une sorte d’ « éponge émotionnelle »… Mais cela ne fonctionne qu’à la stricte condition que je me serve de l’éponge dans ses deux utilisations : absorber et évacuer ! Absorber l’émotion qui jaillit, et essorer l’éponge pour en évacuer le trop plein. Comment donc essorer l’éponge émotionnelle ? Uniquement par les mots, par le mouvement, par les expressions telles que les rires, les larmes, les gestes…

UNE PRESSION VIVIFIANTE

Les émotions sont autant de fluides qui me traversent et coulent en moi pour m’irriguer et me donner la vie… Les émotions sont comme le cœur qui fait « pression » pour pousser le sang dans mes veines : toutes les parties de mon corps en reçoivent l’énergie et la vie. Les émotions circulent comme le sang dans mon corps ou comme les informations sur Internet :

  • elles m’informent de ce qui peut énergiser ma vie (la joie, l’espoir, l’amour…) ;
  • elles m’alertent des dangers (les peurs, l’hésitation, la fatigue…) ;
  • elles me signalent mes besoins satisfaits ou insatisfaits (sommeil, faim, paix…)
  • elles évacuent ce qui me pollue ou me détruit (les larmes, la colère, les cris…).

Si je me blinde, c’est comme si je laissais s’installer un caillot : l’hémorragie m’envahit et me noie ! L’AVC émotionnel me sidère et me tétanise !

Au sens étymologique du mot, « é-motion » signifie : mouvement qui sort, de l’intérieur vers l’extérieur… C’est une « ex-pression », c’est-à-dire une pression qui s’ex-tériorise

Me blinder consiste à faire violence à ce mouvement !
Quand je me blinde,
au lieu de m’ex-primer, je ré-prime
et mon émotion s’im-prime (je rumine et je somatise),
puis je dé-prime,
parfois jusqu’à la violence qui sup-prime moi ou l’autre…

Voila pourquoi la seule manière de me protéger de l’émotion de l’autre n’est pas de me blinder, ni de « garder en moi » ma propre émotion, mais de l’exprimer pour la canaliser et en comprendre le message.

PASSER A L’EX-PRESSION

Il reste maintenant une dernière étape : savoir pourquoi j’ai appris à « garder en moi » l’émotion ?

C’est peut-être le fruit d’une éducation où les adultes ont pensé que c’était le meilleur moyen de protéger l’enfant que j’étais des agressions du monde extérieur…

C’est peut-être la peur de ne pas savoir quoi faire de ces émotions et d’être déstabilisé…

C’est peut-être la croyance que les émotions sont des faiblesses qu’il faut taire pour ne pas apparaître vulnérable aux yeux des autres…

C’est peut-être des situations vécues très douloureusement qui m’ont laissé sans voix et seul face à ma blessure…

C’est peut-être la conséquence d’une culture qui privilégie le mental et ses analyses dites « raisonnables » sur l’émotionnel qui apparaît suspect parce que subjectif et imprévisible…

Quoi qu’il en soit et sans juger celles et ceux qui ont cru nous faire du bien en nous proposant de garder nos émotions ou de nous blinder, l’expérience de nos vies en est la preuve : garder l’émotion nous pollue et nous fait ruminer jusqu’à l’aigreur. S’interdire de parler les émotions conduit à la violence contre soi ou contre les autres.

Dans le courrier que j’ai cité au début de cet article, tu écrivais ceci, en évoquant tes émotions : « je les garde beaucoup, cela vient aussi de mon adolescence ». Tu pourras probablement dire tes émotions et accueillir sans difficulté celles des autres le jour où tu auras pu débriefer dans un dialogue de confiance ce qui s’est passé dans ton adolescence, en décoder le sens, et en réparer les éventuels dégâts.

« Seule la parole peut désinfecter et cicatriser les blessures… » (Marc THOMAS et Patricia LEBON : Au cœur de soi. La Réunion. 2017. p. 143)

Seule l’expression permet de rester soi en s’adaptant à l’autre…
Accueillir et se protéger, dans le même mouvement !
S’enraciner dans notre terreau personnel pour pouvoir accueillir la pluie et le soleil
sans se noyer ni se brûler…

Marc THOMAS, Consultant formateur en « Compétences relationnelles »  – 10 mars 2020
Écrire à l’auteur : mthomas@competences-relationnelles.com

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La réponse de Laëtitia

En quête d’équilibre : sensibilité et force intérieure 

Pourquoi les personnes sensibles absorbent-elles les émotions des autres?
Tu parles d’une sensibilité particulière …

LA SENSIBILITÉ : UNE FINESSE DE PERCEPTION

J’espère ne pas me méprendre en développant que cette sensibilité est une forme de capacité à être à l’écoute, ou en grande ouverture sur ce qui nous entoure : émotions,  sensations,  ressentis, subtilités des sens … 

L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est Finesse-perceptions.jpg.
 
 

 Nous sommes attentives …
Nous avons aussi un monde intérieur riche,
où nous cultivons cette magie du monde.

C’est un super pouvoir, un atout
car nous sentons beaucoup de choses,
imperceptibles pour d’autres,
et nous avons aussi de belles capacités d’associations d’idées et donc de créativité.

On peut dire que nous avons une finesse de perception.   

LA SENSIBILITÉ : UNE ÉPREUVE

Mais ce super pouvoir a aussi un revers …

Nous ne remettons pas ce fonctionnement en question
lorsque nous sommes heureux et bien entourés.
Le problème arrive lorsque nous sommes ouvertes sur des émissions « négatives ».

Alors notre fameux atout d’ouverture
devient dans ce cas une porte ouverte aux déchets des autres…
à leur colère, leurs jugements, leur rejet, leurs interprétations…

BLINDÉ A L’EXTÉRIEUR ? OU FORT A L’INTÉRIEUR ?

Mais que nous dit la vie dans cette situation  ?
Que veux-t-elle nous faire comprendre ?
Tu parles de se blinder … c’est à dire ?
Tu entends peut-être devenir plus forte … 

Mais qu’est-ce que la force ? La domination, l’écrasement, la fermeture … ?
Cette force là n’apparaît pas très désirable…
Et avec elle vient aussi son lot de problèmes…

Cette force là oublie l’autre, elle est portée sur elle-même,
par peur, par agressivité, par égocentrisme, par manque de perception…

Comment rester ouvert à l’autre tout en étant fort … intérieurement finalement ?

NOS TALENTS A OFFRIR

Peut être doutons nous de nous-même, de notre propre valeur ?
Quelles sont nos capacités ? 
Qu’avons nous à offrir à l’autre ? Qu’avons nous à offrir au monde ?

Car il y a un problème d’équilibre :
si nous sommes seulement en position de réception, ou est notre potentiel d’émission ? 

Prenons conscience de nos forces, de ce que nous avons à offrir !
Ainsi l’autre aura naturellement beaucoup moins d’impact
sur notre propre sentiment de dignité.

Quelque chose en nous doute que l’agresseur ait raison…
Quelque chose en nous doute de nous même, de notre potentiel.

La légitimité de notre place dans ce monde
ne dépend pas de la façon dont les autres nous traitent.

Nous avons forcément des talents et des choses à offrir… 

Notre travail est de les découvrir, les remettre en lumière,
peut être simplement en prendre conscience
car finalement nous offrons certainement déjà au quotidien.

Mettons les mots sur nos talents.
Félicitons nous et remercions la vie pour ces capacités.
Soyons confiants en nous-même.
Découvrons ce doux équilibre entre accueil de l’autre et rayonnement de soi.

Alors certes, la vie ne peut jamais être toute rose…
Néanmoins la force intérieure, la stabilité, la dignité sont des valeurs nobles,
qu’il peut être intéressant de garder à l’esprit.

Comment ces valeurs peuvent se manifester dans ma vie
dans ce que je ressens pour moi même ?

Laetitia de PLACE
en formation à Compétences relationnelles Océan Indien

Les interventions de Laetitia SAUVAGE

Compétences relationnelles Océan Indien est heureux d’accueillir Laetitia SAUVAGE  dans son réseau, de bénéficier de ses compétences et de son dynamisme et de se soutenir mutuellement dans nos missions. 

Après plusieurs années d’expérience dans le champ de l’animation et un parcours scolaire atypique, Laetitia effectue plusieurs voyages en Afrique Subsaharienne qui ont profondément nourri son engagement pour les droits de l’enfant.

Son chemin de vie l’a amenée à s’installer à La Réunion où, après 5 années de recherche doctorale en Sciences de l’éducation et d’enseignement à l’Université, elle a co-fondé un centre de Ressources pour l’enfance, promu par l’Europe et la fondation Nature et découvertes. Ce lieu accueillait de nombreux dispositifs socio-éducatifs.

Porteuse d’une vision pédagogique globale et contextualisée elle contribue à la création d’écoles innovantes : le jardin d’enfants ‘TI papang’ à Saint Leu, première expérience, puis L’oasis des enfants à La Rivière Saint Louis et dernièrement, La forêt des Lucioles à Annecy.

Cet engagement associatif est dans sa vision indissociable du lien avec les territoires et elle s’investit de plus en plus depuis une dizaine d’années dans le champ de la formation continue auprès de professionnels de la petite enfance et de travailleurs sociaux.

Aujourd’hui Consultante en innovation pédagogique, formatrice Enfance et parentalité, Laetitia travaille en partenariat avec les communes de La Possession et de Saint Paul, avec la CAF et différents organismes de formation publics ou privés.

Sa démarche pédagogique s’enrichit de son propre développement personnel, certifiée de l’approche Thomas Gordon Parents, mais aussi Diplômée d’enseignement du Yoga, elle termine actuellement un DU de Psychologie positive, se forme lors de ses voyages en Inde en Art-thérapie (Kolam yoga) et envisage de reprendre ses travaux de thèse en Psychologie de l’éducation autour du processus de résilience.

Son leitmotiv : contribuer au cœur d’une humanité partagée à offrir au plus grand nombre d’enfants la possibilité d’un regard, d’un accompagnement, respectueux de son plein potentiel.


Contact

Laëtitia SAUVAGE                   laetitiasauvage1@gmail.com                   06 93 62 89 50


Parmi les formations de Laetitia Sauvage


LES AUTRES INTERVENANTS DU RÉSEAU
« Compétences relationnelles Océan Indien »

Les ATELIERS Compétences relationnelles

Des ATELIERS… car il ne s’agit pas de formations théoriques…
Il s’agit de savoir « COMMENT FAIRE »… pour être soi au lieu des autres dans toutes les situations personnelles et professionnelles...
Ouverts à tous,
ils peuvent être organisés près de chez vous : contactez-nous
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Comment faire pour…
ÊTRE SOI-MÊME ?

  • identifier mes ressources personnelles, mes compétences, mes capacités
  • nommer mes freins et mes échecs et m’en servir pour changer et progresser
  • accueillir et canaliser mes émotions et satisfaire mes besoins vitaux

Comment faire pour…
OSER PARLER, APPRENDRE A DIRE sans peur ni agressivité ?

  • passer de « la peur de blesser » à « une communication affirmée et bienveillante »
  • me (re)connaître et oser parler de moi (mes ressentis, besoins et demandes)
    et non de l’autre (reproches, jugements…)
  • sortir de la peur de « qu’est-ce que l’autre va penser si je dis ça ? »

Comment faire pour…
ÊTRE BIENVEILLANT QUAND ON N’EST PAS D’ACCORD ?

  • passer de « convaincre à tout prix » à « accueillir et valoriser les divers points de vue »
  • sortir du « J’ai raison, tu as tort », pour accueillir l’autre différent et m’affirmer
  • négocier en cherchant ensemble des solutions nouvelles et créatives

Comment faire pour…
RENONCER AUX REPROCHES ET AUX JUGEMENTS SANS SE TAIRE ?

  • sortir des jugements ou de la peur d’être jugé et oser dire sans agressivité
  • Transformer les paroles-poisons en paroles-relations
  • Passer du « tu qui tue » au « Je qui affirme »

Comment faire pour…
ÉCOUTER ET ACCUEILLIR L’AUTRE TOUT EN RESTANT SOI-MÊME ?

  • passer des « interprétations centrées sur nous » à « l’empathie centrée sur l’autre »
  • Ecouter – accueillir avec empathie « le cœur de l’autre » :
    ce qu’il ressent, ce dont il a besoin
  • Accompagner l’autre dans sa recherche de solutions plutôt que donner nos solutions

Comment faire pour…
DÉSAMORCER L’AGRESSIVITÉ ET S’EN PROTÉGER ?

  • quitter  «  l’attaque ou la fuite » pour se protéger et traiter les conduites agressives
  • rééduquer ma spontanéité quand je réponds à une parole agressive
  • refuser le jugement et chercher à comprendre ce qui l’a déclenché

Comment faire pour…
TRAVAILLER ENSEMBLE QUAND ON EST DIFFÉRENTS ?

  • Transformer les oppositions en complémentarité
  • Transformer les désaccords en opportunité
  • Nommer et traiter les tensions et les conflits

Contactez-nous pour organiser chez vous un ATELIER Compétences relationnelles.
Téléchargez ici le programme des ateliers en PDF

Comment me protéger ?

Une situation relationnelle difficile,
en couple… en famille… avec des amis… au travail…
Je me sens blessé… Comment me protéger ?

Souvent, nous cherchons à convaincre l’autre,
à vouloir lui faire comprendre,
ou nous lui demandons d’arrêter, de changer.
Dans un contexte conflictuel,
l’autre ne peut pas ou ne veut pas comprendre…
Plus j’essaie de le convaincre, plus il résiste… et plus je stresse !
En faisant cela, je me rends dépendant de la réponse de l’autre et je ne maîtrise plus rien.
Confronté à l’échec,  je « tourne en boucle », je rumine, je me fais « du mauvais sang »…
et je ne fais que creuser ma blessure !

D’autre fois, je raconte à mes proches, je parle de l’autre et de ce qu’il m’a fait
Je répète à l’infini, et plus je répète mes malheurs, plus je m’y noie.
A force de répéter, je ne fais qu’écarter les lèvres de la plaie,
et par l’envenimer un peu plus…

La seule stratégie qui permet de se protéger,
c’est de lâcher l’autre et mes reproches,
pour m’occuper de ma blessure,
comme je désinfecte une plaie pour lui permettre de cicatriser.

Je ne parle plus de ce que l’autre m’a fait,
j’écoute et j’accueille ce que ça ma fait.
Je ne parle plus de l’autre, mais de ce que je ressens.
J’accueille et j’écoute ma colère, ma tristesse, ma déception, mon énervement…
et je cherche ce que ces ressentis disent de moi.

Ma colère dit que je suis arrivé à la limite de ce que je peux supporter.
Ma tristesse dit ma déception ou le constat de mon impuissance.
Mon énervement dit que je suis dans un contexte toxique pour moi.
Tout cela ne parle que de moi, et de ce que jeux accepter et dois refuser
pour rester moi-même et vivre selon mes valeurs

Par exemple, je ne dis plus : « il ne fait que ce qu’il a envie,
il vient me chercher seulement quand il en a besoin, il ne m’écoute jamais… »
mais je me dis :  » j’ai mal et je suis blessé parce que j’ai besoin d’être considéré(e)
je ne veux plus être un objet, je veux être un homme/une femme libre… »

Au lieu de m’exciter sur l’autre,
je prends soin de moi et je fais mes choix,
et je commence déjà à me protéger.
En disant non à toute personne qui me considère comme un objet,
je dis oui à ce que je suis, je protège mon intégrité,
je garde la maîtrise de ce que je peux donner et de ce que je peux recevoir.

Pour te protéger, centre-toi sur toi
et apprend à dire non à ce qui te met en danger, pour dire oui à ce que tu es.

En apprenant à te protéger ainsi, tu peux rester toi-même
tout en apprenant à t’adapter et à t’ajuster à l’autre sans te renier
dans des relations respectueuses et constructives.

Marc THOMAS, Consultant formateur en « Compétences relationnelles » 24 novembre 2019 Écrire à l’auteur : mthomas@competences-relationnelles.com

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« C’est mon être intérieur »

Claire *, jeune mère de famille, cherche un accompagnement pour développer la confiance en soi. Dans cette première rencontre, elle évoque sa méfiance de ses émotions, qu’elle a toujours tenu à distance ou refoulées parce qu’elles lui apparaissent comme des faiblesses, et parce qu’elle ne sait pas quoi en faire. Mais elle se sent perdue et ne sais pas quoi faire de sa vie…

Lentement, j’invite Claire à modifier sa posture vis-à-vis de ses émotions : à les regarder, non plus comme un danger dont il faut se méfier, mais comme un message de son être intérieur qui lui indique ce qui est bon pour elle ou qui l’alerte sur ce qui la met en danger…

Et je lui propose deux pistes pour apprivoiser lentement ces émotions qui lui font encore peur et pour les canaliser : d’abord nommer ce qui les a déclenchées, découvrir que sa réaction à un événement ne parle que d’elle puisqu’une autre personne à sa place aurait pu réagir très différemment. Et ensuite chercher le message de cette émotion qui lui indique un besoin vital satisfait ou insatisfait, un bonheur à fêter, un manque à combler ou un danger à éviter…

Petit à petit, à travers des exemples de sa vie quotidienne familiale et professionnelle, Claire découvre comment accueillir des émotions qu’elle refoulait, et en quoi ces émotions lui parlent de ses besoins personnels profonds…

Après seulement 45 minutes d’entretien, elle me dit : « Je me sens bien ». Je lui propose de préciser ce qu’elle ressent : « Je me sens apaisée, soulagée. » Je lui demande ce qui est apaisé et soulagé. « C’est mon être intérieur ». Et ses larmes coulent, de l’intense émotion d’une personne qui a touché quelque chose de précieux en elle. Quelques instants après, elle ajoute : « Mon être intérieur, j’ai toujours pensé que c’était impossible à y avoir accès, et je ne savais qui j’étais… Aujourd’hui, j’ai touché mon être intérieur ».

En se levant pour partir, le regard illuminé elle ajoute : « Un grand moment ! »

Claire, il t’a suffit d’accueillir tes émotions
pour te connecter enfin à ton être intérieur !
Bonne route à toi, bonne route vers toi !                                 
Marc – novembre 2019

* Prénom modifié                                                         Télécharger en pdf

Tes émotions sont ta boussole

Quand tu marches dans le désert ou dans la forêt, ta boussole te permet de t’orienter…
En particulier quand le temps est gris et le soleil invisible : sans boussole, tu perds le nord !

Tes émotions sont ta boussole !
Tes ressentis t’indiquent la direction à prendre pour tracer ta route.
si tu n’accueilles pas tes émotions, tu perds le nord, jusqu’au mal-être !

Quand tu es dans un contexte favorable,
quand les personnes qui t’entourent sont bienveillantes et aimantes
tu te sens heureux ou serein…
Ne te contente pas d’admirer les autres !
Ecoute tes émotions t’orienter vers ce qui est bon pour toi
et vers ton besoin de t’en nourrir.

Quand tu es en danger,
quand tu es confronté à des situations ou des relations stressantes,
tu te sens envahi par la peur, l’anxiété ou l’angoisse…
Ne te focalise pas sur ce qui te fait peur !
Ecoute tes émotions t’alerter sur les risques à éviter
et sur ton besoin de protection.

Quand tu es motivé,
quand tu te découvres capable d’investissements inattendus,
tu te sens plein d’espoir et d’énergie pour réussir…
Ne te sers pas de ton dynamisme pour  éblouir ou écraser les autres !
Ecoute tes émotions t’orienter vers l’appel à la vie qui t’habite
et vers ton besoin de créativité et d’épanouissement.

Quand tu as dépassé tes limites,
quand tu as présumé de tes forces et que tu n’en peux plus,
tu te sens épuisé ou perdu…
Ne te lamente pas sur le trop plein qui t’envahit !
Ecoute tes émotions t’alerter sur la nécessité de dire stop,
et sur ton besoin de te reposer. 

Quand tu soutiens ton enfant ou un proche,
et qu’il vient te remercier,
tu ressens de la bienveillance et de la fierté…
Ne te dévalorise pas en disant que tu n’as fait que ton devoir !
Ecoute tes émotions t’orienter vers ta capacité à partager
et vers ton besoin de vivre la solidarité.

Quand tu es énervé,
quand tu ne supportes plus rien,
tu te sens en colère et prêt à exploser…
Ne rends pas les autres responsables de ton mal-être !
Ecoute tes émotions t’alerter sur les limites du supportable
et sur ton besoin de dire stop ou de dire non.

Quand tu fais une belle rencontre,
quand une personne vient illuminer ta vie,
tu te sens amoureux et tu goûtes le bonheur…
Ne te laisse pas éblouir par l’autre !
Ecoute tes émotions t’orienter vers le bonheur qui te nourrit
et vers ton besoin d’aimer, d’être aimé ou de vivre une relation d’âme à âme.

Quand tu as bafoué tes valeurs,
quand tu t’es laissé aller à l’égoïsme ou à la violence,
tu te sens honteux et tu te dégoûtes toi-même…
Ne te laisse aller ni à l’excuse qui accuse l’autre, ni à la culpabilité où tu t’accuses toi !
Ecoute tes émotions t’alerter sur ta fragilité
et sur ton besoin de changer, de réparer, de demander pardon, de te pardonner.

Quand tu vis la détente et le plaisir,
quand tu t’épanouis dans tes passions,
tu te sens vivant et tu dégustes le bonheur d’être toi-même…
Ne te laisse pas imaginer que ce n’est qu’un rêve passager !
Ecoute tes émotions t’orienter vers ta vraie valeur
et vers ton besoin d’épanouissement dans ta vie quotidienne.

Quand tu es confronté à ton échec personnel,
Quand tu es face à l’épreuve, au deuil à faire d’un projet,
tu te sens triste ou désespéré…
Ne te laisse pas emporter par le jugement sur toi ou sur les autres !
Ecoute tes émotions t’alerter sur ta blessure
et sur ton besoin de prendre soin de toi pour désinfecter et cicatriser la blessure.

Quand tu a reçu un cadeau inattendu,
le cadeau précieux d’un regard ou d’une présence, d’une main offerte ou d’un cœur ouvert,
tu te sens étonné, reconnaissant, nourri…
Ne te diminue pas en pensant que tu ne le méritais pas !
Ecoute tes émotions t’orienter vers la gratitude 
et vers ton besoin de célébrer ton émerveillement.

Quand tu es confronté à la maladie ou à l’épreuve,
Quand tu perds ta liberté d’action et ton autonomie,
tu te sens anéanti et dépossédé de toi-même…
Ne te laisse pas engloutir par la souffrance et la déprime !
Ecoute tes émotions t’alerter sur l’appel au lâcher-prise
et sur ton besoin d’expérimenter une nouvelle forme de liberté.On t’a dit parfois que les émotions sont une faiblesse et qu’il faut les taire…
Ne t’étonne pas alors, quand tu ne les écoutes pas,
d’entrer en stress, en déprime ou en violence…

Car tes émotions sont ta boussole,
dans toutes les circonstances de ta vie…
Sans faire appel au mental,
elles t’orientent vers les vraies valeurs et t’alertent sur les impasses,
parce qu’elles portent les messages de tes vrais besoins…

Ne t’enferme pas dans les mots que j’ai écrits ni dans les ressentis que j’ai nommés :
ajoute les tiens, continue mon texte avec les événements et les émotions que tu traverses,
et les besoins qu’elles te révèlent…

Accueille tes émotions, décode leur message,
et seulement ensuite accorde ton mental aux émotions, 
pour trouver les chemins et les moyens de satisfaire tes besoins vitaux.

Ainsi va la vie, la vraie vie, accessible à chacun !

Marc THOMAS, Consultant formateur en « Compétences relationnelles »
11 novembre 2019
Écrire à l’auteur : mthomas@competences-relationnelles.com

Téléchargez ce texte en PDF : TXT-Emotions-Boussole

REPROCHES et JUGEMENTS
les quitter et s’en protéger sans se taire

Une formation à organiser avec vous…

Les reproches et les jugements sont omniprésents dès que les relations se tendent ou que les désaccords s’installent. Ils deviennent vite des paroles-poisons qui enveniment la relation.

Ces paroles poisons peuvent aussi se transformer en agressivité et en violence, ou en mutisme et en « rumination », deux stratégies qui pourrissent la relation et peuvent finir par détruire les personnes.

Pendant cet atelier, nous expérimenterons des « outils » relationnels et des stratégies qui permettent de sortir des reproches, des jugements et de la peur d’être jugé pour oser dire sans agressivité, dans le respect de soi et de l’autre.

PROGRAMME

  1. Diagnostic des reproches et jugements (émis et subis) dans nos relations
    Première analyse de situation
  2. Mes reproches et mes jugements parlent de moi
    Analyses de situations
    S’exercer à découvrir mes ressentis et de mes besoins cachés derrière mes reproches
  3. Sortir des reproches et des jugements par la Communication Non Violente
    Exprimer ma perception des faits, mes ressentis, mes besoins, mes demandes et propositions
    S’exercer à transformer mes « paroles-poison » en « paroles-relation »
  4. Se protéger des reproches et jugements qui nous atteignent
    Distinguer ce que l’autre dit (qui parle de lui) et ce que ça me fait (qui parle de moi)
    S’exercer à nommer « ce que ça me fait », à en prendre soin, à me protéger
  5. Écouter ce qui se cache derrière les reproches et jugements qu’on me fait
    Quand l’autre me reproche et me juge, qu’est-ce que ça « dit » de lui ?
    S’exercer à écouter, non pas les reproches et jugements, mais ce qui se cache derrière eux
  6. Pouvoir être soi et oser dire, sans reproches ni jugements, et sans avoir peut d’être jugé
    Quitter le « tu qui tue » et la peur d’être jugé, pour « parler en Je »
    S’exercer à être soi et à se dire, sans peur ni agressivité
  7. Conclusions – Évaluations – Perspectives

Un atelier-formation pour
S’ancrer dans la CONFIANCE EN SOI et le BIEN-ETRE

Aller chercher la confiance « au cœur de soi »
pour prendre sa place en famille, au travail, dans la société

LES OBJECTIFS

le lieu en nature,  et le « climat » paisible et bienveillant
permettront de se ressourcer dans le bien-être et d’oser être soi sans risque

  • nourrir LA CONFIANCE EN SOI en partant à la recherche de NOS RESSOURCES,
  • expérimenter la CONFIANCE EN L’AUTRE par des PARTAGES BIENVEILLANTS
  • PRENDRE SOIN de soi et de la relation à l’autre par des pratiques de bien-être

LE PROGRAMME

  • des ateliers, exercices, temps personnels, dialogues d’accompagnement
    • identifier mes ressources, mes talents, mes compétences
    • ancrer en moi la confiance et l’estime de moi
    • relire et traiter mes difficultés et mes freins à la lumière de mes atouts
    • choisir les stratégies pour pouvoir en vivre au quotidien
  • des échanges et partages en groupe, dans la bienveillance
    • pour s’exercer à la confiance relationnelle pendant ce temps de formation
    • pour ouvrir nos questionnements aux solutions expérimentées par les autres
    • pour trouver une posture affirmée et confiante dans nos relations
  • des perspectives de changement
    • dans la vie personnelle et professionnelle
    • vers des postures relationnelles affirmées et ouvertes
    • par l’acquisition de stratégies pour s’affirmer et traiter les tensions et conflits
  • des propositions pour susciter le bien-être
    • Relaxation, respiration… Méditation…
    • Pratiques de bien-être proposées par les participants
    • Soirée sur place possible pour les volontaires
ORGANISATION

DATES : à programmer sur 2 jours consécutifs
Manifestez-nous votre intérêt par mail
LIEU : au TAMPON à la Ferme del Pio
TARIFS :
– Individuels  : 130€
(négociable si ce tarif n’est pas accessible pour vous)
– Financement professionnel par l’entreprise : 300€
– Financement par Pôle Emploi : 280€

RENSEIGNEMENTS :
contactez Marc THOMAS par mail ou par tél : 0693 419 662

Arrête de vouloir lui faire comprendre !

Tu m’écris ce soir : « Il faut que je lui fasse comprendre…
Pourtant j’ai essayé mais rien n’y fait. »
Et tu as perdu ton énergie pour rien !

Cela nous arrive si souvent…
de vouloir faire comprendre à l’autre…
de vouloir convaincre…
de vouloir « faire passer le message »…
Par tous les moyens possibles,
nous revenons à la charge
autant de fois que nécessaire…
et toujours sans résultat…
Parfois même, notre volonté de faire comprendre
ne fait qu’aggraver l’incompréhension et tendre la relation…

Il est urgent de consentir au fait que
personne ne peut jamais rien faire comprendre à l’autre !

C’est comme en cuisine : il est de la responsabilité du cuisinier de chercher peut-être quels sont les goûts des invités, de choisir des bons produits et de trouver une bonne recette, d’assaisonner au mieux son plat… mais ce n’est pas lui qui peut forcer l’autre à manger et à apprécier…

Chacun de nous a le mauvais souvenir d’invitations où la cuisinière voulait vous forcer à manger davantage en ajoutant : « Pourquoi tu n’e reprends pas ? Ce n’est pas bon ce que je t’ai préparé ? » Et nous aurions dû manger pour faire plaisir à la cuisinière au risque de nous rendre malades…

De même dans la relation :
si tu veux que l’autre écoute et accueille ce que tu dis,
ne cherche pas d’abord à lui faire comprendre ou à le convaincre,
mais interroge-toi d’abord sur ce qu’il peut entendre,
adapte ton discours à sa « langue » à lui,
essaye de t’exprimer avec clarté…
Si tu fais cela, tu as fait le travail d’adaptation à l’autre nécessaire.
Mais ton travail s’arrête là :
il lui revient à lui d’accepter ou non d’entendre puis de comprendre :
lui seul décide de ce qu’il laisse entrer en lui !

Alors comment faire dans les situations d’incompréhension ?
Comment faire quand l’autre ne veut pas nous entendre ?
D’abord renoncer à vouloir qu’il comprenne.
Mais ne pas renoncer à nous affirmer
:
pouvoir dire ce que nous ressentons ou ce que nous voulons
clairement et sans jugement ni agressivité,
en parlant de nous et pas de l’autre,
en faisant en sorte qu’il entende, sans attendre qu’il accepte.

Tu me parlais de ce garçon qui voulait que tu tombes dans ses bras, alors que rien ne t’attire vers lui… Et tu cherchais à lui faire comprendre qu’il perdait son temps.

Arrête donc de vouloir lui faire comprendre…
Ne lui parle pas de lui, mais ose lui parler de toi :
ose lui dire que tu n’es pas intéressée par ses attentes à ton égard,
et que tu ne répondras plus à ses demandes.

Si tu peux t’affirmer sans agressivité,
tu te sentiras déjà mieux, même s’il n’accepte pas.
alors que si tu t’acharnes à vouloir lui faire comprendre,
tu t’énerves davantage et tu perds ton énergie pour rien.
Ce qui dépend de toi, c’est de pouvoir dire en parlant de toi,
en énonçant ton choix et ta posture.
Il ne dépend pas de toi que l’autre accepte de te comprendre.
Tu n’as pas le pouvoir de changer l’autre,
tu as seulement le pouvoir d’être toi-même
, cohérent avec tes valeurs.

Marc THOMAS, Consultant formateur en « Compétences relationnelles »
5 août 2019
Écrire à l’auteur : mthomas@competences-relationnelles.com

Ecoute l’appel de ta peur : PROTÈGE-TOI !

Quand la peur te prend, elle risque vite de t’envahir…
Elle te stresse… elle te tétanise… elle t’empêche de vivre…
Tu t’identifies à ta peur… Tu interprètes tout à travers ta peur..
Et tu deviens ta peur… Ta peur « bouffe » ton envie, ton désir, ton énergie…

Pour en sortir, accueille ta peur…
Comme je l’écrivais dans un article précédent,
demande lui de quoi elle parle : nos peurs parlent toujours
de quelque chose de précieux que nous sentons en danger.

Demande-toi quel est le danger que cette peur te signale
Ton intégrité, ta fragilité, ta fatigue mises à mal ?
Tes désirs et tes besoins non respectés ?
Tes valeurs exposées et bafouées ?
Ton amour blessé ?

Remercie ta peur de t’avoir donné le signal du danger !
Pour que la peur ne t’envahisse pas,
concentre toi sur ce qui est en danger en toi.
Et au lieu de céder à la peur du danger,
cherche comment protéger ton intégrité
,
tes valeurs, tes désirs et tes besoins, ton amour…

Hier j’ai eu envie de faire une randonnée dans le cirque de Salazie. Envie de découvrir un très beau paysage, tout en sachant que le chemin était raide et difficile… Et voici que mon envie a commencé à être attaquée par ma peur : est-ce prudent de prendre seul ce chemin difficile à mon âge ? J’arriverai à monter, mais la descente sera difficile… Peur de me lancer…

Une personne que je venais de rencontrer me disait qu’elle avait eu très peur sur ce chemin… Et sa peur commençait à nourrir la mienne… jusqu’à ce qu’elle raconte que sa peur venait d’une chute récente… et que je découvre qu’elle avait marché avec des baskets à semelles lisses sur un chemin glissant et sans bâtons pour s’assurer… Elle avait peur, non parce que le chemin était dur, mais parce qu’elle elle n’avait pas pris soin de protéger sa fragilité…

J’oscillais déstabilisé entre mon envie et ma peur. J’ai décidé de ne pas me laisser arrêter par ma peur, d’aller en voiture au départ de la randonnée et de voir sur place : au lieu de me laisser aveugler par la difficulté du chemin, je me suis mis à l’écoute de moi . J’ai alors fait l’inventaire de tout ce que j’avais pour me protéger : des chaussures anti-dérapantes, des bâtons, des genouillères… J’ai vérifié que mon téléphone était connecté dans ce secteur et que je pourrais appeler en cas de besoin. Je l’ai retiré de ma poche où je risquais de le perdre en cas de chute et je l’ai mis dans mon sac à dos. J’avais deux litres d’eau dans mon sac à dos et un paquet d’amandes pour les petites faims. En faisant tout cela, ma peur s’estompait car je me protégeais.

J’ai donc décidé de gravir ce chemin difficile, me rendant très vite compte que mes protections étaient nécessaires à ma sécurité. J’ai continué à prendre soin de moi en me disant que j’étais là pour le plaisir, pas pour la performance, et que je restais à l’écoute de moi-même. Au bout d’un certain temps, j’ai commencé à sentir la fatigue et à me dire que j’avais besoin de forces pour redescendre dans ce sentier très rocailleux et glissant par endroits. J’ai donc décidé de m’arrêter et de m’apprêter à redescendre, non sans profiter du paysage. Et sans être déçu de ne pas aller au bout, parce que je restais à mon écoute. Je me suis dit alors que je reviendrais un jour avec des amis et qu’ensemble, veillant les uns sur les autres, nous irions probablement au bout.

Je suis redescendu lentement en assurant mon pas. En fin de parcours, j’ai ressenti de la fierté d’avoir dépassé ma peur en me protégeant, et donc sans prendre de risques inconsidérés, en me respectant moi-même dans mes désirs et dans mes limites.

Si tu cèdes à la peur, elle t’envahit et t’empêche de vivre ton désir…
Si tu écoutes ta peur comme un signal de ce qui est précieux pour toi,
tu l’apprivoises en prenant les moyens concrets de te protéger…

En prenant soin de toi.
Comme tu te protèges en mettant une ceinture en voiture…
Comme tu te protèges ta maison avant un cyclone…
Comme tu protèges un enfant en le prenant par la main…

Marc THOMAS, Consultant formateur en « Compétences relationnelles »
5 août 2019
Écrire à l’auteur : mthomas@competences-relationnelles.com

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