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Personne n’a tort ni raison !

Couverture2Chaque jour dans les tensions interpersonnelles ou dans les situations de conflits, nous risquons de dépenser beaucoup d’énergie à vouloir prouver à l’autre qu’il a tort et que nous avons raison. Nous cherchons à le convaincre, à lui faire passer le message, à faire valoir notre bon droit…

Le problème c’est que l’autre cherche à en faire autant avec nous, convaincu d’avoir raison lui aussi ! Ainsi s’installent des dialogues de sourds où chacun, sur sa propre longueur d’ondes, veut être entendu de l’autre sans accepter d’entendre l’autre ! Chacun s’épuise dans cette volonté de passer en force, de faire pression, de gagner, d’avoir raison. Cela se termine par la victoire du plus fort toujours marquée de violence ou par la rupture du dialogue, voire de la relation.

Il y a une erreur fondamentale derrière ces dialogues de sourds : l’erreur de croire que la vérité se réduit à ce que je vois, ce que je pense, ce que je comprends. Faites un jour l’expérience, dans une situation relationnelle détendue : montrez une image ou un paysage à votre partenaire, et demandez-lui ce qu’il voit. Si vous le laissez décrire sa perception, vous serez probablement surpris en découvrant que, regardant la même image que vous, il n’y voit pas les mêmes choses, il met en valeur des détails que vous n’aviez pas vus et qui sont pour lui évidents et importants. Cette expérience nous permet de découvrir qu’aucun de nous ne voit tout ce qu’il y a à avoir. Chacun voit une partie qu’il repère en fonction de ses priorités à lui. De ce fait, à plusieurs, nous en, voyons davantage et pouvons devenir complémentaires.

Alors pourquoi donc continuons-nous à vouloir imposer notre point de vue ? Peut-être parce que nous avons peur d’avoir tort, d’être dévalorisés à nos propres yeux ou qu’on se moque de nous. Ou parce qu’on nous a appris que si « l’autre a juste », moi « j’ai faux » ! Or nos deux visions sont justes, mais partielles et donc manquantes !

Pourtant, il suffirait de dire à l’autre : « voilà ce que je vois et ce que comprends, voilà ma position… Et toi, que vois-tu ? Que comprends-tu ? Quelle est ta position ? » Ce faisant, plutôt que de s’affronter pour imposer « ma » vérité, plutôt que d’avoir peur de perdre, nos points de vue différents deviendraient autant de ressources à partager, de motifs de fierté d’avoir progressé ensemble, et autant d’occasion d’affûter ou d’ajuster notre regard.

Pour élargir l’espace de nos perceptions et pour assainir nos relations, il nous reste à « changer de logiciel »  :

  • Consentir au fait que je ne perçois pas la réalité telle qu’elle est : je perçois la réalité à travers mon regard, mes attraits, mes rejets, mes peurs…J’en ai une perception légitime, mais partielle et partiale.
  • De ce fait, l’autre différent n’est plus un rival, mais une ressource : détendu et accueillant, je peux voir ce qu’il voit et que je n’avais pas vu : nous devenons complémentaires !
  • Nous ne somme plus dans une logique du « ou-ou » : ou j’ai raison, ou j’ai tort ; ou c’est moi ou c’est toi qui a raison et qui gagne… Nous entrons dans une nouvelle logique du « et-et »: je prends ce que je vois ET ce que tu vois de différent, je garde ce que je pense ET j’accueille ce que tu penses… Le « ou-ou » construit des murs, le « et-et » ouvre des portes et élargis l’espace
  • Nous pouvons continuer à coopérer, même dans la tension et le désaccord : « j’ai ma version des faits, tu as ta version des faits. Dans l’accueil réciproque de ces visions différentes, nous allons construire ensemble une troisième version des faits enrichie. Comme l’artisan ou l’artiste assemble les pièces différentes ou les couleurs pour construire son œuvre ; comme le cuisinier assemble les ingrédients pour cuisiner un plat. Il s’agit de bien plus que de trouver un compromis –même si c’est déjà bien ! – : grâce à nos différences, nous allons devenir ensemble acteurs et créateurs de solutions innovantes.

Marc THOMAS, Consultant Formateur en Compétences relationnelles,
9 février 2016

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« Trois pas en avant, deux pas en arrière… »

Connais-tu cette expression : « Dieu écrit droit avec des lignes courbes » ?

Une progression telle que celle que tu as entreprise n’est jamais linéaire.
Elle ressemble plutôt à des vagues qui se retirent pour mieux avancer ensuite.
Ou à une danse : « 3 pas en avant, 2 pas en arrière »

Le problème serait qu’il y ait plus de pas en arrière qu’en avant !!!

Cette fluctuation est parfois difficile à vivre,
parce qu’elle peut donner l’impression de repartir vers le passé.
Mais elle fait partie du processus.

Question à te poser :
les dysfonctionnements sont-ils aussi forts et aussi fréquents qu’avant ?

Ces fluctuations disent aussi l’importance de continuer l’accompagnement
pour faire les réglages nécessaires,
et pour favoriser le travail qui se poursuit inéluctablement à l’intérieur de toi.

Dans ton emploi du temps même serré, faire place à des moments pour toi :
donne-toi le droit de faire de ces moments une priorité pour toi.

Bien à toi…
Marc                         Jaillissement130x81                                    mthomas@competences-relationnelles.com

Grandir de nos contradictions

Dev-Hum-Couverture1Souvent en nous, des sentiments contradictoires se mêlent. A tel point parfois que nous ne savons plus où nous en sommes… Par exemple des sentiments de colère, de tristesse, de déception… et des sentiments de soulagement et de liberté. Selon les moments de la journée, nous passons instantanément de l’un à l’autre, où nous nous sentons « tiraillés » de l’un à l’autre…

Qui d’entre nous n’est jamais en tension contradictoire entre des choix à faire, des décisions à prendre, des attractions et des répulsions vis-à-vis de la même personne… ?

Une personne m’écrit récemment qu’elle reconnaît en elle deux postures contradictoires : la difficulté à accorder sa confiance qui la fait fuir à chaque sollicitation, et en même temps sa volonté de faire plaisir qui fait d’elle une proie facile pas assez méfiante…

Une autre me dit qu’elle se sent libérée et sans manque suite à une rupture amoureuse, et en même temps qu’elle a peur, si elle revoit son « ex », d’être attirée et de retourner avec lui…

Faut-il lutter quand nous sommes affrontés à des tensions et contradictions intérieures ? Faut-il toujours que les sentiments reconnus nobles l’emportent sur ceux qui nous paraissent négatifs ? Faut-il que la libération l’emporte sur la colère ou que le soulagement vienne à bout de la tristesse et de la déception ? Quand nous sommes dans ces sentiments ou postures contradictoires, nous nous traitons facilement de « girouettes » qui changent d’avis au moindre souffle et nous nous jugeons

Un ami m’écrit que tous les soirs en se couchant, il est résolu à dire ce qu’il veut vraiment à un proche… et que tous les matins au réveil, il ne trouve pas les moyens ou l’énergie de prendre la parole… Et il se traite lui-même de « lavette »…

Lutter n’est pas la bonne solution. Croire que la libération est bonne et que la colère est mauvaise est une erreur. Croire qu’un choix est bon et l’autre mauvais est la meilleure manière de se tromper de décision. Car le monde n’est pas divisé en bien et mal, bon et mauvais… Il y a en chacun des énergies capables de nous faire avancer, il y a des moteurs dans les émotions négatives comme dans les émotions positives.

Derrière les plus gros nuages, il y a toujours le soleil. Derrière la colère, il y a la capacité à dire non à l’inacceptable. Derrière la tristesse d’une rupture, il y a la valeur de la confiance donnée et de l’amour partagé. Derrière la peur, il y a le désir de réussir. Derrière le choix de la séparation, il y a le besoin d’autonomie et de liberté et parfois aussi de protection. Ces énergies cohabitent. Nous en faisons l’expérience chaque fois que nous nous sentons tiraillés entre deux pôles, deux décisions, deux ressentis… car nous ne sommes pas faits « tout d’une pièce » !

Il n’y a pas à choisir entre les deux, mais à accueillir et écouter chacun de ces pôles. Comme une lampe électrique a besoin des deux pôles, la phase et le neutre, pour s’allumer… Ces deux pôles peuvent faire de la lumière ou du court-circuit, mais aucun des deux n’est mauvais, les deux sont nécessaires !

Accueille chacun de ces ressentis, fais droit à chacun et distingue l’un de l’autre, sans jugement ni culpabilité. Écoute ce que chacun de ces pôles contradictoires dit de toi, de tes aspirations et de tes refus, de tes blessures et de tes espoirs, de tes échecs et de tes réussites, et de ces valeurs différentes qui se croisent au cœur de ton être. Écoute ce que chacun veut de bon pour toi. Même ta colère qui te fait dire non veut du bon pour toi, car sans elle tu ne retrouverais pas ta liberté, ou tu accepterais l’insupportable… Si tu ne cherches pas ce que ta colère veut de bon pour toi, tu risques de transformer cette colère en violence sur toi ou sur l’autre !

Lorsque tu auras accueilli tes contradictions et écouté ce que chaque pôle veut de bon pour toi, tu pourras les faire dialoguer, les mettre en négociation, et tu découvriras que ce qui t’apparaissait comme contradictoire peut maintenant coopérer, comme la phase et le neutre de l’électricité. Tu ne seras plus tiraillé, mais tu y ressentiras une nouvelle unité intérieure, nourrie de la diversité de tes courants…

Il y a quelques temps, une personne me parlait de ses grandes blessures intérieures depuis son enfance jusqu’à aujourd’hui. Après plusieurs rencontres où elle avait eu des discours très distanciés sur les évènements déclencheurs de ses blessures, elle a pu enfin exprimer ce qu’elle ressentait… jusqu’à une sensation douloureuse dans son ventre d’un grand tourbillon. Au quotidien, ce tourbillon la submerge, jusqu’à des colères destructrices. Elle venait de mettre des mots sur ses ressentis, de les écouter et de les exprimer, et son ventre se mettait aussi à parler en forme de tourbillon. Puis elle a mis ses mains sur son ventre, elle a pris ce tourbillon dans ses mains, plutôt que de se laisser prendre par lui. Elle fut toute étonnée de le ressentir aussitôt dans ses mains comme un filet d’eau qui caresse… Et quelques jours après, elle écrit : « Les choses s’apaisent et ça fait beaucoup de bien, même si c’est encore fragile. J’espère continuer … »

Marc THOMAS, Consultant Formateur en Compétences relationnelles,
13 août 2015

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Guerre et paix : la même énergie !

Couverture2Qu’est-ce qui pousse les combattants de toutes les guerres sur les champs de bataille ? La peur des hommes en est la cause, la soif de pouvoir, et bien souvent la manipulation des gouvernants. Mais ceux qui partent sur les champs de bataille ont conscience de défendre leur pays, de refuser d’être écrasé par l’envahisseur, de se battre pour protéger leurs familles et leurs concitoyens.

Cette énergie qui les pousse à faire la guerre est la même énergie qui peut en faire des combattants de la paix : défendre son pays, refuser l’écrasement, protéger la vie de ses proches et de ses semblables, se battre pour la justice et pour la paix. C’est la même énergie qu’il s’agit de mettre en œuvre.

Car la même main peut caresser ou frapper ; les mêmes yeux peuvent sourire ou pleurer ; le même regard peut accueillir ou tuer ; la même parole peut encourager ou insulter ; etc. Tout vient du même cœur qui peut aimer ou haïr, se réjouir ou souffrir.

Pour chacun de nous, l’énergie qui nous rend si souvent agressifs peut être transformée en énergie constructive :

  • Ecraser l’autre ? ou pour écraser l’injustice ?
  • Se mettre en colère contre celui qui empiète sur mon territoire ? ou contre la misère ?
  • Lutter pour arriver le premier ? ou pour arriver ensemble ?
  • Défendre un nationalisme exacerbé ? ou la construction de l’Europe ?
  • Défendre jalousement ses droits et son pré carré ? ou bâtir un monde fraternel où chacun puisse vivre et être reconnu ?
  • La même énergie pour faire la guerre ? ou pour faire la paix ?

A nous de choisir !

La fraternité vécue ou refusée est la ligne de partage entre les hommes.

Combien de combattants ou de prisonniers de guerre ont découvert la fraternité sur les champs de bataille : se réconforter, se serrer les coudes quelles que soient les convictions ou l’origine sociale, partager avec les copains d’une même baraque de prisonniers le contenu d’un colis arrivé de France, aller ensemble relever les morts après un bombardement…

Si la guerre est faite d’horreurs, les hommes qui la font en reviennent souvent plus humains, plus fraternels. Ils savent aussi que la fraternité n’est pas seulement dans un camp : quand aujourd’hui des anciens combattants français rencontrent des anciens combattants allemands, ils se sentent souvent très proches, ayant vécu les mêmes horreurs et les mêmes angoisses, mais aussi les mêmes expériences de solidarité et de fraternité.

L’histoire et leurs gouvernants les avaient dressés les uns contre les autres : ils se découvrent d’abord semblables dans leur humanité.

Seule, la fraternité ouvre un avenir.                    

Marc THOMAS, Consultant Formateur en « Compétences relationnelles »
Mai 2014

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Ambivalence

Couverture2Ces dernières semaines, j’ai été touché par les combats menés par les peuples arabes assoiffés de démocratie. Les mots qui me sont venus sont : convictions, solidarités, énergie d’un combat pour la liberté.

Ces dernières semaines, je me suis senti agressé chez nous, en ville, et spécialement à Paris où j’ai beaucoup circulé : chacun pour soi, forçant le passage pour avoir à tout prix priorité sur l’autre, stationnement n’importe où parce que ça m’arrange, même si ça crée un bouchon ; indifférence et laxisme de tel ou tel service de distribution, récrimination contre la société pourrie au moindre souci…

Bien sûr, pas question de caricaturer : dans les pays qui luttent pour la démocratie, il y a aussi des dérives guidées par des intérêts personnels ; et chez nous, il y a aussi des sourires, des personnes qui accueillent et construisent la fraternité.

Nous sommes des êtres ambivalents : la même main peut caresser ou frapper ; le même cœur peut aimer ou haïr ; la même frustration peut devenir motivation ou agression ; les mêmes français peuvent s’émerveiller du courage des tunisiens dans leur révolution pacifique et aussitôt se cabrer quand ces tunisiens cherchent à entrer dans nos frontières…

Entre les deux options de notre ambivalence, il n’y a jamais un long fleuve tranquille, mais une ligne de crête où l’équilibre est toujours instable.

Pour rester sur le versant ensoleillé et constructif de cette ligne de crête, les peuples arabes en quête de liberté nous ont donné les seules recettes efficaces : se serrer les coudes, et prendre des risques pour défendre nos valeurs.

Il est sûr que ces recettes, qui sont la survie des peuples en recherche de liberté, sont plus difficiles à mettre en œuvre dans nos sociétés démocratiques qui nous garantissent depuis longtemps la liberté et l’assurance tout-risque !

Puissions-nous profiter des restrictions engendrées par la crise pour abandonner nos comportements d’enfants gâtés et pour retrouver l’audace et la fraternité !

Marc THOMAS, Consultant-Formateurs en « Compétences relationnelles »
Avril 2011

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