Archives de catégorie : Émotions

Sortir l’émotion
pour s’ajuster à la vie

Les émotions, comment ça marche ?

TRANSFORMATEUR

Comme un transformateur modifie la tension et l’intensité électrique
entre une ligne à haute tension et le 220 volts de nos maisons,
ou entre ce 220 volts et les 19 volts de nos ordinateurs…

Les émotions modifient et régulent l’intensité des événements extérieurs
pour les adapter à notre voltage intérieur, à notre capacité et à nos limites,pour  nous permettre de les accueillir, de nous protéger, de nous exalter…

Qui a dit qu’il faut se méfier des émotions et les faire taire ?
Elles sont notre régulateur… Réprimer l’émotion, c’est s’exposer aux courts-circuits !

BOUSSOLE

Comme une boussole t’indique la direction à suivre pour atteindre ton objectif,
surtout quand les chemins sont multiples, mal tracés ou dans le brouillard,

Les émotions t’orientent vers ce qui est bon pour toi :
envie, attirance, bonheur, paix, besoin à satisfaire… Joie, amour bien-être, calme…

Qui a dit qu’il faut se méfier des émotions et les faire taire ?
Sans boussole tu perds le nord… et tu ne sais plus quel chemin prendre pour être bien !

SIGNAL D’ALARME

Comme un signal d’alarme qui te prévient d’un dysfonctionnement,
comme la barrière du passage à niveau te force à t’arrêter pour te protéger du train qui arrive,
comme la chaleur de la braise te fait retirer ta main…

Les émotions t’alertent sur les fausses pistes ou les menaces :
danger, vigilance, répulsion, inacceptable, protection… Peur, tristesse, colère, honte…
et t’intiment l’ordre de faire stop ou de te protéger quand vient le danger

Qui a dit qu’il faut se méfier des émotions et les faire taire ?
Sans elles tu t’exposerais sans protection. Si tu n’avais pas peur, tu serais en danger !

LOCOMOTIVE

É-motion…
« Motion » comme « loco-motion » : se mouvoir, se déplacer d’un lieu à un autre…
« É » comme « ex » de « ex-térieur » : qui sort dehors…

Les émotions sont la locomotive qui met en mouvement le train de nos vies
et fait sortir nos ressentis du dedans pour les transformer en action extérieure :

Attiré intérieurement pour aller à la rencontre…
Apeuré  et tremblant intérieurement pour me mettre à l’abri…
Heureux de cœur et d’esprit pour aller embrasser et danser…
Triste et touché au plus profond, pour pleurer et aller chercher du soutien…
En colère pour oser dire stop…

EX-PRESSION

Les émotions… pour faire sortir la pression !
Les émotions : des mouvements de l’être intérieur vers l’extérieur
pour s’ajuster à la vie, avec ses attraits et ses dangers…

L’émotion s’ex-prime !
Si tu la ré-primes
tu la com-primes à l’intérieur,
elles s’im-prime dans ton corps en mémoire et en somatisation,
jusqu’à la dé-prime de ton esprit et de ton coeur
qui sup-prime toi ou l’autre…

Qui a dit qu’il faut se méfier des émotions et les faire taire ?
Exprimer nos émotions nous permet d’éviter ce processus mortifère.

Les émotions, qu’est-ce qu’on en fait ? 

SORTIR DU PIÈGE

Envahi par les émotions négatives et les blessures,
anéanti par la douleur, la colère, la trahison, l’abandon…
Toujours deux alternatives :

Ou bien J’ENFOUIS EN MOI mes émotions
comme une bête blessée se réfugie dans son terrier,
et je me recroqueville dans le silence et le mutisme.
Rongé de l’intérieur, jusqu’à l’intoxication et à l’empoisonnement destructeur…
Aigri, dépressif, acariâtre ou violent… les somatisations ont remplacé la motivation…

Sortir du piège du silence qui me pourrit la vie
pour vider le trop-plein,
en osant dire, et parfois crier : « j’ai mal ! », « je suis en colère ! », « j’ai honte ! »
en « mettant des mots sur les maux »
seul ou en présence d’une personne bienveillante.

Puis décoder le message dont est porteur toute émotion :
mon émotion est pour moi : elle vient me parler de ma blessure et jamais de l’agresseur,
elle vient me signaler mon besoin vital satisfait ou insatisfait,
elle vient m’alerter, m’inviter à me protéger,
à prendre soin de moi, à réorienter mes choix…

Ou bien JE PROJETTE SUR L’AUTRE ma rancœur, transformant l’émotion qui parle de moi
en arme qui accuse ou écrase l’autre, dans un accès de violence,
comme si je m’attaquais au vent parce que mon toit s’est envolé !
Agressif, cynique, sarcastique, accusateur… Tu crois traiter ta blessure en blessant l’autre.

Sortirdu piège du détournement de l’émotion en violence
en exprimant ce que je ressens, plutôt que de parler de l’autre…
en soignant ma blessure plutôt que de régler son compte à l’agresseur
comme je soigne ma plaie plutôt que de m’énerver sur la branche qui m’a éraflé…

Et quand j’aurai pris soin de moi et renoncé à rendre coup pour coup
dans un cercle vicieux de violence qui ne fait qu’amplifier la hargne qui m’intoxique,
je pourrai peut-être rejoindre l’autre, pour dire non, sans agresser,
pour affirmer mes limites  et me faire respecter sans faire violence.

CANALISER LES ÉMOTIONS

Qui a dit qu’il faut se méfier des émotions et les faire taire ?
Ceux qui nous ont dit cela pensaient le faire pour notre bien,
parce que eux-mêmes n’avaient pas le mode d’emploi :
par peur de se blesser ou de blesser l’autre, ils préféraient les éviter…

C’est l’inverse qui libère et remet debout :
Il s’agit de laisser sortir l’émotion
pour pouvoir sortir DE l’émotion
en passant à l’action pour satisfaire mes besoins vitaux…

Et voici une méthode :

Accueillir :      parce que l’émotion est un message que mon être intérieur m’adresse
pour m’ajuster aux réalités du monde et de mon entourage, tels qu’ils sont

Décoder :        non je ne suis pas trop sensible ! Ma sensibilité est mon système d’alerte !
Si je ne l’écoute pas, elle m’envahit…
Si je m’identifie à elle, je risque de moyer…
Si je dialogue avec elle, elle m’oriente.

Exp-primer :    seuls les mots peuvent désinfecter les blessures et faire exister l’amour…
Dire comme ça vient, sans censurer, sauf les insultes et la violence…

Transformer : la colère devient affirmation de moi, la peur devient confiance en moi,
le désir devient amitié ou amour… et je trouve en moi la source de mon bien-être.

Nos émotions ainsi canalisées deviennent sources de stabilité et de d’énergie,
comme une source canalisée abreuve une ville…
comme les pluies diluviennes canalisées évitent les inondations et irriguent la terre…

Marc THOMAS, Consultant en Compétences relationnelles
26 avril 2020
mthomas@competences-relationnelles.com

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Solidaires face à l’épidémie de la peur

Un virus mondialisé !

Avec ou sans virus,
depuis toujours et pour toujours,
d’un bout à l’autre du monde,
chacun respire l’air passé dans les poumons de ses voisins.
Une respiration sans barrières ni frontières
contagieuse de vie ou de toxicité…
C’est l’interconnexion qui nous relie chacun à tous les autres,
de la naissance à la mort !

Quel beau symbole paradoxal, notre respiration :
respirer : la nécessité première du vivant…
respirer : l’un des principaux risques d’intoxication mortelle…
Du premier inspire au dernier soupir, nous sommes reliés
plongés dans le même air où nous respirons la vie et la mort…

Si nous voulons respirer pour vivre, masqués ou non,
nous n’avons pas d’autre choix que cette interconnexion.
Cette interconnexion qui nous apparaît aujourd’hui comme un danger,
est paradoxalement, notre seule planche de salut :
nous la fuyons au risque de l’enfermement et de la méfiance,
ou nous l’acceptons au pari de la solidarité et de la confiance.

Un virus mondialisé !
Il nourrit les peurs de l’autre
au point d’amplifier les méfiances et les racismes
et de déclencher des « sauve-qui-peut » individualistes et parfois assassins.
Vouloir respirer seul, coupés du monde, dans la méfiance et le rejet,
nous conduit plus sûrement encore et à court terme à l’asphyxie !

Nous n’avons pas d’autre choix que d’être solidaires
en se protégeant et en protégeant tous les autres
par la distance ou le confinement,
comme une crème ou un chapeau
protège des brûlures du soleil…
Nous n’avons pas d’autre choix que d’être solidaires,
refusant de stigmatiser ceux qui pourraient nous contaminer,
protégeant les plus fragiles,
et acceptant notre commune fragilité d’être humains,
tous potentiellement contaminés et contaminants,
et pas seulement du coronavirus !

Solidaires pour transformer nos fragilités en force collective…

Un virus mondialisé !
Il nourrit les peurs sur l’économie et le travail,
au point de faire chuter les bourses,
et d’inquiéter légitimement les entreprises les plus fragiles.

Nous n’avons pas d’autre choix que d’être solidaires,
apprenant à réagir dans la confiance plutôt que dans la peur du manque,
privilégiant les petits commerçants ou les travailleurs les plus en danger,
interrogeant les limites de la mondialisation économique,
dénonçant les stratégies du « toujours plus » au bénéfice de quelques-uns,
inventant des moyens nouveaux pour respecter toute fragilité,
et d’abord celle d’un environnement essoufflé de notre sur-consommation.

Solidaires pour sauver la planète
en remplaçant la compétition par la coopération.

Un virus mondialisé !
Il nourrit nos peurs de perdre et de nous perdre,
perdre notre indépendance et notre liberté d’aller et de venir,
perdre tous ces éléments extérieurs
auxquels nous avons dévolu la garantie de notre sécurité,
parce que nous n’avons pas cherché dans nos ressources intérieures
la seule sécurité qui rend vraiment heureux…

Nous n’avons pas d’autre choix que d’être solidaires
pour nous protéger et protéger les autres :
décider de privilégier la confiance en soi et la confiance en l’autre,
choisir de se confiner parfois en soi pour mieux s’écouter,
éructer son venin agressif dans son coude plutôt que sur l’autre,
désinfecter nos blessures comme on jette un mouchoir ou une compresse infectés
plutôt que de se replonger sans cesse dans la rumination de l’aigreur,
mettre de l’espace dans des affects trop fusionnels ou explosifs,
pour trouver la distance favorable à une relation vraie
où chacun reste autonome dans l’échange et le partage…

Solidaires pour expérimenter le bonheur d’être soi au milieu des autres.

Un virus mondialisé !
Il nourrit nos peurs nos peurs de l’imprévu et de l’inconnu,
de la maladie et de la mort,
Il nous déstabilise devant ce que nous ne maîtrisons pas…

Nous n’avons pas d’autre choix que d’être solidaires
et confiants dans les scientifiques et médecins  du monde entier
interconnectés les uns aux autres, je l’espère,
pour décoder ce virus et toutes les autres maladies et nous en protéger…
Solidaires comme tous les voisins, amis et soignants
qui veillent sur les malades confinés en quatorzaine…
Solidaires comme celles et ceux qui cherchent à faire tourner les entreprises
dans des conditions nouvelles, imprévues et improbables,
pour assurer le minimum vital, social et démocratique à chacune et chacun…
Solidaires, apprenant grâce à cette épidémie
à jeter comme un mouchoir infecté notre « chacun-pour-soi » suicidaire,
et à conforter notre interdépendance vitale.

Solidaires pour bénéficier tous
des richesses de l’interdépendance et de la diversité.

Fragiles et solidaires…
pour juguler ensemble l’épidémie de la peur !

Marc THOMAS
Consultant formateur en Compétences relationnelles
mthomas@competences-relationnelles.com

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Éponge émotionnelle :
se blinder ? se protéger ?

Mail reçu d’une personne

Cette personne a suivi une formation avec Compétences relationnelles Océan Indien :

J’aimerais avoir ton regard sur une situation que j’ai vécue, du moins une remarque que l’on m’a dit et qui m’interpelle parce que je fais d’énormes efforts sur moi-même depuis plusieurs années et j’ai au final toujours l’impression qu’en face ça ne leur suffit pas (au niveau du travail et parfois familial). Je suis donc un peu découragée et fatiguée.

(Au travail, une personne) m’a dit il y a quelques jours que j’étais comme une éponge, que j’absorbais les émotions des autres et qu’il fallait que je me blinde plus. J’ai répondu dans son sens dans un premier temps : effectivement j’ai une sensibilité particulière même si je n’arrive pas forcément moi-même à dire mes émotions et que je les garde beaucoup, cela vient aussi de mon adolescence. Mais dans un deuxième temps après y avoir réfléchi ce qui m’embête c’est que cette remarque me donne l’impression que tous les efforts que je fais sur moi-même sont quasiment inutiles alors que je sais bien que j’ai quand même bien avancé comparé à quelques années de cela. Comment se blinder plus ?

La réponse de Marc


TU NE PEUX PAS BLINDER TA SENSIBILITÉ

Oui, les efforts que tu fais sur toi-même pour te blinder sont inutiles… parce qu’il est impossible à un être humain de se blinder devant les émotions de l’autre, sauf à s’enfermer dans sa tour d’ivoire et à devenir insensible et inhumain, c’est-à-dire totalement égocentrique et coupé de toute relation vraie.

Ta sensibilité est ton premier canal de contact avec le monde et avec toi-même. Elle te permet d’agir, de réagir et d’entrer en relation ou de te protéger. Elle est ta capacité d’ouverture, d’adaptation et de créativité. C’est ta sensibilité qui te fait humain !

Tu ne pourrais te blinder qu’en construisant un mur en béton armé entre toi et les autres, ou en leur déclarant la guerre. Ce n’est pas ce que tu veux, ni ce que les autres te demandent. Heureusement que tes efforts ne t’ont pas permis de réussir un tel enfermement !

Mais cette si belle sensibilité nous joue aussi des tours quand elle est touchée « en plein cœur » par le choc ou l’agression. Comment alors se défendre ? Faut-il rester une éponge, envahi et déstabilisé en permanence par les émotions de l’autre qui viennent parfois alimenter les miennes ? Comment faire pour ne pas m’y noyer ?

SE PROTÉGER

Il ne s’agit pas de me blinder, mais de me protéger. Quand il fait trop chaud ou trop froid, je peux me blinder en m’enfermant chez moi, en fermant portes, volets et fenêtres et attendre un temps plus clément. Mais je peux aussi aller vaquer à mes occupations en me protégeant : s’il fait chaud, un chapeau, des lunettes de soleil, une crème contre les coups de soleil… S’il fait froid, un gros pull, des gants, des bonnes chaussures… Autrement dit, se protéger n’est pas s’enfermer, mais s’adapter à l’environnement !

De même, pour éviter d’être une éponge émotionnelle, je peux me protéger et m’adapter, en deux étapes différentes et complémentaires :

  • laisser à l’autre ce qui lui appartient: ses larmes, sa colère, sa peur, sa tristesse, sa joie, son espoir… sont à lui ! Je n’ai pas à les prendre sur moi, ni à les rejeter. L’autre exprime son émotion par des mots, par des gestes, des larmes, des rires, un ton de voix qui s’accélère ou qui s’amplifie… C’est lui qui parle, qui se parle à lui-même, qui vide son trop plein, qui « travaille » son émotion pour en percevoir le message…
    Je peux tout entendre, sauf ses attaques ou ses insultes : devant l’agressivité et la violence, c’est toujours non, c’est toujours stop, et en cas de récidive, je ne me blinde pas, je ne rumine pas, mais je me retire, comme on se retire quand la houle est trop forte ou quand l’orage éclate.
  • accueillir l’autre tel qu’il est : tout ce qu’il exprime lui appartient, je ne suis pas là pour le prendre sur moi, pour m’apitoyer ou pour lui donner la solution. Je suis là pour lui permettre de s’exprimer et d’être entendu… C’est si vrai que très souvent, je ne fais qu’écouter, je ne dis rien… et à la fin, l’autre me dit : « Ça fait du bien, je me sens mieux, merci de m’avoir écouté, tu m’as bien aidé… » Et pourtant, je n’ai rien fait d’autre que l’écouter, et c’est lui qui s’est soulagé lui-même parce que ma présence « accompagnante » lui a permis de le faire.


L’ÉPONGE 
ÉMOTIONNELLE

J’imagine qu’en lisant ce que je t’écris, tu te dis : « oui, tout cela, c’est facile à dire, mais moi je n’y arrive pas : quand l’autre m’exprime ses émotions, j’ai beau savoir tout ça, je reste une éponge saturée. »

Si je reste une éponge saturée, c’est probablement parce qu’il y a confusion : les émotions de l’autre viennent se confondre avec les miennes. Dans le courrier que tu m’as écrit et que j’ai cité ci-dessus, tu écris : « effectivement j’ai une sensibilité particulière même si je n’arrive pas forcément moi-même à dire mes émotions et que je les garde beaucoup. » Et c’était ta première réponse au phénomène de « l’éponge ». Cette première réponse est juste : plus je garde en moi mes propres émotions, plus je suis envahi, parfois jusqu’au débordement que j’essaie de contenir par mes efforts… L’émotion de l’autre est alors le déclencheur, la goutte qui fait déborder le vase… et que je n’arrive même plus à éponger, tellement mon éponge personnelle est engorgée !

Pour me protéger du soleil, ma peau absorbe comme une éponge la crème qui me protège de la brûlure des rayons. Pour me protéger de l’émotion de l’autre tout en l’accueillant, il me faut une capacité d’absorption, une sorte d’ « éponge émotionnelle »… Mais cela ne fonctionne qu’à la stricte condition que je me serve de l’éponge dans ses deux utilisations : absorber et évacuer ! Absorber l’émotion qui jaillit, et essorer l’éponge pour en évacuer le trop plein. Comment donc essorer l’éponge émotionnelle ? Uniquement par les mots, par le mouvement, par les expressions telles que les rires, les larmes, les gestes…

UNE PRESSION VIVIFIANTE

Les émotions sont autant de fluides qui me traversent et coulent en moi pour m’irriguer et me donner la vie… Les émotions sont comme le cœur qui fait « pression » pour pousser le sang dans mes veines : toutes les parties de mon corps en reçoivent l’énergie et la vie. Les émotions circulent comme le sang dans mon corps ou comme les informations sur Internet :

  • elles m’informent de ce qui peut énergiser ma vie (la joie, l’espoir, l’amour…) ;
  • elles m’alertent des dangers (les peurs, l’hésitation, la fatigue…) ;
  • elles me signalent mes besoins satisfaits ou insatisfaits (sommeil, faim, paix…)
  • elles évacuent ce qui me pollue ou me détruit (les larmes, la colère, les cris…).

Si je me blinde, c’est comme si je laissais s’installer un caillot : l’hémorragie m’envahit et me noie ! L’AVC émotionnel me sidère et me tétanise !

Au sens étymologique du mot, « é-motion » signifie : mouvement qui sort, de l’intérieur vers l’extérieur… C’est une « ex-pression », c’est-à-dire une pression qui s’ex-tériorise

Me blinder consiste à faire violence à ce mouvement !
Quand je me blinde,
au lieu de m’ex-primer, je ré-prime
et mon émotion s’im-prime (je rumine et je somatise),
puis je dé-prime,
parfois jusqu’à la violence qui sup-prime moi ou l’autre…

Voila pourquoi la seule manière de me protéger de l’émotion de l’autre n’est pas de me blinder, ni de « garder en moi » ma propre émotion, mais de l’exprimer pour la canaliser et en comprendre le message.

PASSER A L’EX-PRESSION

Il reste maintenant une dernière étape : savoir pourquoi j’ai appris à « garder en moi » l’émotion ?

C’est peut-être le fruit d’une éducation où les adultes ont pensé que c’était le meilleur moyen de protéger l’enfant que j’étais des agressions du monde extérieur…

C’est peut-être la peur de ne pas savoir quoi faire de ces émotions et d’être déstabilisé…

C’est peut-être la croyance que les émotions sont des faiblesses qu’il faut taire pour ne pas apparaître vulnérable aux yeux des autres…

C’est peut-être des situations vécues très douloureusement qui m’ont laissé sans voix et seul face à ma blessure…

C’est peut-être la conséquence d’une culture qui privilégie le mental et ses analyses dites « raisonnables » sur l’émotionnel qui apparaît suspect parce que subjectif et imprévisible…

Quoi qu’il en soit et sans juger celles et ceux qui ont cru nous faire du bien en nous proposant de garder nos émotions ou de nous blinder, l’expérience de nos vies en est la preuve : garder l’émotion nous pollue et nous fait ruminer jusqu’à l’aigreur. S’interdire de parler les émotions conduit à la violence contre soi ou contre les autres.

Dans le courrier que j’ai cité au début de cet article, tu écrivais ceci, en évoquant tes émotions : « je les garde beaucoup, cela vient aussi de mon adolescence ». Tu pourras probablement dire tes émotions et accueillir sans difficulté celles des autres le jour où tu auras pu débriefer dans un dialogue de confiance ce qui s’est passé dans ton adolescence, en décoder le sens, et en réparer les éventuels dégâts.

« Seule la parole peut désinfecter et cicatriser les blessures… » (Marc THOMAS et Patricia LEBON : Au cœur de soi. La Réunion. 2017. p. 143)

Seule l’expression permet de rester soi en s’adaptant à l’autre…
Accueillir et se protéger, dans le même mouvement !
S’enraciner dans notre terreau personnel pour pouvoir accueillir la pluie et le soleil
sans se noyer ni se brûler…

Marc THOMAS, Consultant formateur en « Compétences relationnelles »  – 10 mars 2020
Écrire à l’auteur : mthomas@competences-relationnelles.com

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La réponse de Laëtitia

En quête d’équilibre : sensibilité et force intérieure 

Pourquoi les personnes sensibles absorbent-elles les émotions des autres?
Tu parles d’une sensibilité particulière …

LA SENSIBILITÉ : UNE FINESSE DE PERCEPTION

J’espère ne pas me méprendre en développant que cette sensibilité est une forme de capacité à être à l’écoute, ou en grande ouverture sur ce qui nous entoure : émotions,  sensations,  ressentis, subtilités des sens … 

 Nous sommes attentives …
Nous avons aussi un monde intérieur riche,
où nous cultivons cette magie du monde.

C’est un super pouvoir, un atout
car nous sentons beaucoup de choses,
imperceptibles pour d’autres,
et nous avons aussi de belles capacités d’associations d’idées et donc de créativité.

On peut dire que nous avons une finesse de perception.   

LA SENSIBILITÉ : UNE ÉPREUVE

Mais ce super pouvoir a aussi un revers …

Nous ne remettons pas ce fonctionnement en question
lorsque nous sommes heureux et bien entourés.
Le problème arrive lorsque nous sommes ouvertes sur des émissions « négatives ».

Alors notre fameux atout d’ouverture
devient dans ce cas une porte ouverte aux déchets des autres…
à leur colère, leurs jugements, leur rejet, leurs interprétations…

BLINDÉ A L’EXTÉRIEUR ? OU FORT A L’INTÉRIEUR ?

Mais que nous dit la vie dans cette situation  ?
Que veux-t-elle nous faire comprendre ?
Tu parles de se blinder … c’est à dire ?
Tu entends peut-être devenir plus forte … 

Mais qu’est-ce que la force ? La domination, l’écrasement, la fermeture … ?
Cette force là n’apparaît pas très désirable…
Et avec elle vient aussi son lot de problèmes…

Cette force là oublie l’autre, elle est portée sur elle-même,
par peur, par agressivité, par égocentrisme, par manque de perception…

Comment rester ouvert à l’autre tout en étant fort … intérieurement finalement ?

NOS TALENTS A OFFRIR

Peut être doutons nous de nous-même, de notre propre valeur ?
Quelles sont nos capacités ? 
Qu’avons nous à offrir à l’autre ? Qu’avons nous à offrir au monde ?

Car il y a un problème d’équilibre :
si nous sommes seulement en position de réception, ou est notre potentiel d’émission ? 

Prenons conscience de nos forces, de ce que nous avons à offrir !
Ainsi l’autre aura naturellement beaucoup moins d’impact
sur notre propre sentiment de dignité.

Quelque chose en nous doute que l’agresseur ait raison…
Quelque chose en nous doute de nous même, de notre potentiel.

La légitimité de notre place dans ce monde
ne dépend pas de la façon dont les autres nous traitent.

Nous avons forcément des talents et des choses à offrir… 

Notre travail est de les découvrir, les remettre en lumière,
peut être simplement en prendre conscience
car finalement nous offrons certainement déjà au quotidien.

Mettons les mots sur nos talents.
Félicitons nous et remercions la vie pour ces capacités.
Soyons confiants en nous-même.
Découvrons ce doux équilibre entre accueil de l’autre et rayonnement de soi.

Alors certes, la vie ne peut jamais être toute rose…
Néanmoins la force intérieure, la stabilité, la dignité sont des valeurs nobles,
qu’il peut être intéressant de garder à l’esprit.

Comment ces valeurs peuvent se manifester dans ma vie
dans ce que je ressens pour moi même ?

Laetitia de PLACE
en formation à Compétences relationnelles Océan Indien

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Éponge émotionnelle :
se blinder ou se protéger ?

Mail reçu d’une personne

Cette personne a suivi une formation avec Compétences relationnelles Océan Indien :

J’aimerais avoir ton regard sur une situation que j’ai vécue, du moins une remarque que l’on m’a dit et qui m’interpelle parce que je fais d’énormes efforts sur moi-même depuis plusieurs années et j’ai au final toujours l’impression qu’en face ça ne leur suffit pas (au niveau du travail et parfois familial). Je suis donc un peu découragée et fatiguée.

 (Au travail, une personne) m’a dit il y a quelques jours que j’étais comme une éponge, que j’absorbais les émotions des autres et qu’il fallait que je me blinde plus. J’ai répondu dans son sens dans un premier temps : effectivement j’ai une sensibilité particulière même si je n’arrive pas forcément moi-même à dire mes émotions et que je les garde beaucoup, cela vient aussi de mon adolescence. Mais dans un deuxième temps après y avoir réfléchi ce qui m’embête c’est que cette remarque me donne l’impression que tous les efforts que je fais sur moi-même sont quasiment inutiles alors que je sais bien que j’ai quand même bien avancé comparé à quelques années de cela. Comment se blinder plus ?

La réponse de Marc


TU NE PEUX PAS BLINDER TA SENSIBILITÉ

Oui, les efforts que tu fais sur toi-même pour te blinder sont inutiles… parce qu’il est impossible à un être humain de se blinder devant les émotions de l’autre, sauf à s’enfermer dans sa tour d’ivoire et à devenir insensible et inhumain, c’est-à-dire totalement égocentrique et coupé de toute relation vraie.

Ta sensibilité est ton premier canal de contact avec le monde et avec toi-même. Elle te permet d’agir, de réagir et d’entrer en relation ou de te protéger. Elle est ta capacité d’ouverture, d’adaptation et de créativité. C’est ta sensibilité qui te fait humain !

Tu ne pourrais te blinder qu’en construisant un mur en béton armé entre toi et les autres, ou en leur déclarant la guerre. Ce n’est pas ce que tu veux, ni ce que les autres te demandent. Heureusement que tes efforts ne t’ont pas permis de réussir un tel enfermement !

Mais cette si belle sensibilité nous joue aussi des tours quand elle est touchée « en plein cœur » par le choc ou l’agression. Comment alors se défendre ? Faut-il rester une éponge, envahi et déstabilisé en permanence par les émotions de l’autre qui viennent parfois alimenter les miennes ? Comment faire pour ne pas m’y noyer ?

SE PROTÉGER

Il ne s’agit pas de me blinder, mais de me protéger. Quand il fait trop chaud ou trop froid, je peux me blinder en m’enfermant chez moi, en fermant portes, volets et fenêtres et attendre un temps plus clément. Mais je peux aussi aller vaquer à mes occupations en me protégeant : s’il fait chaud, un chapeau, des lunettes de soleil, une crème contre les coups de soleil… S’il fait froid, un gros pull, des gants, des bonnes chaussures… Autrement dit, se protéger n’est pas s’enfermer, mais s’adapter à l’environnement !

De même, pour éviter d’être une éponge émotionnelle, je peux me protéger et m’adapter, en deux étapes différentes et complémentaires :

  • laisser à l’autre ce qui lui appartient: ses larmes, sa colère, sa peur, sa tristesse, sa joie, son espoir… sont à lui ! Je n’ai pas à les prendre sur moi, ni à les rejeter. L’autre exprime son émotion par des mots, par des gestes, des larmes, des rires, un ton de voix qui s’accélère ou qui s’amplifie… C’est lui qui parle, qui se parle à lui-même, qui vide son trop plein, qui « travaille » son émotion pour en percevoir le message…
    Je peux tout entendre, sauf ses attaques ou ses insultes : devant l’agressivité et la violence, c’est toujours non, c’est toujours stop, et en cas de récidive, je ne me blinde pas, je ne rumine pas, mais je me retire, comme on se retire quand la houle est trop forte ou quand l’orage éclate.
  • accueillir l’autre tel qu’il est : tout ce qu’il exprime lui appartient, je ne suis pas là pour le prendre sur moi, pour m’apitoyer ou pour lui donner la solution. Je suis là pour lui permettre de s’exprimer et d’être entendu… C’est si vrai que très souvent, je ne fais qu’écouter, je ne dis rien… et à la fin, l’autre me dit : « Ça fait du bien, je me sens mieux, merci de m’avoir écouté, tu m’as bien aidé… » Et pourtant, je n’ai rien fait d’autre que l’écouter, et c’est lui qui s’est soulagé lui-même parce que ma présence « accompagnante » lui a permis de le faire.


L’ÉPONGE 
ÉMOTIONNELLE

J’imagine qu’en lisant ce que je t’écris, tu te dis : « oui, tout cela, c’est facile à dire, mais moi je n’y arrive pas : quand l’autre m’exprime ses émotions, j’ai beau savoir tout ça, je reste une éponge saturée. »

Si je reste une éponge saturée, c’est probablement parce qu’il y a confusion : les émotions de l’autre viennent se confondre avec les miennes. Dans le courrier que tu m’as écrit et que j’ai cité ci-dessus, tu écris : « effectivement j’ai une sensibilité particulière même si je n’arrive pas forcément moi-même à dire mes émotions et que je les garde beaucoup. » Et c’était ta première réponse au phénomène de « l’éponge ». Cette première réponse est juste : plus je garde en moi mes propres émotions, plus je suis envahi, parfois jusqu’au débordement que j’essaie de contenir par mes efforts… L’émotion de l’autre est alors le déclencheur, la goutte qui fait déborder le vase… et que je n’arrive même plus à éponger, tellement mon éponge personnelle est engorgée !

Pour me protéger du soleil, ma peau absorbe comme une éponge la crème qui me protège de la brûlure des rayons. Pour me protéger de l’émotion de l’autre tout en l’accueillant, il me faut une capacité d’absorption, une sorte d’ « éponge émotionnelle »… Mais cela ne fonctionne qu’à la stricte condition que je me serve de l’éponge dans ses deux utilisations : absorber et évacuer ! Absorber l’émotion qui jaillit, et essorer l’éponge pour en évacuer le trop plein. Comment donc essorer l’éponge émotionnelle ? Uniquement par les mots, par le mouvement, par les expressions telles que les rires, les larmes, les gestes…

UNE PRESSION VIVIFIANTE

Les émotions sont autant de fluides qui me traversent et coulent en moi pour m’irriguer et me donner la vie… Les émotions sont comme le cœur qui fait « pression » pour pousser le sang dans mes veines : toutes les parties de mon corps en reçoivent l’énergie et la vie. Les émotions circulent comme le sang dans mon corps ou comme les informations sur Internet :

  • elles m’informent de ce qui peut énergiser ma vie (la joie, l’espoir, l’amour…) ;
  • elles m’alertent des dangers (les peurs, l’hésitation, la fatigue…) ;
  • elles me signalent mes besoins satisfaits ou insatisfaits (sommeil, faim, paix…)
  • elles évacuent ce qui me pollue ou me détruit (les larmes, la colère, les cris…).

Si je me blinde, c’est comme si je laissais s’installer un caillot : l’hémorragie m’envahit et me noie ! L’AVC émotionnel me sidère et me tétanise !

Au sens étymologique du mot, « é-motion » signifie : mouvement qui sort, de l’intérieur vers l’extérieur… C’est une « ex-pression », c’est-à-dire une pression qui s’ex-tériorise

Me blinder consiste à faire violence à ce mouvement !
Quand je me blinde,
au lieu de m’ex-primer, je ré-prime
et mon émotion s’im-prime (je rumine et je somatise),
puis je dé-prime,
parfois jusqu’à la violence qui sup-prime moi ou l’autre…

Voila pourquoi la seule manière de me protéger de l’émotion de l’autre n’est pas de me blinder, ni de « garder en moi » ma propre émotion, mais de l’exprimer pour la canaliser et en comprendre le message.

PASSER A L’EX-PRESSION

Il reste maintenant une dernière étape : savoir pourquoi j’ai appris à « garder en moi » l’émotion ?

C’est peut-être le fruit d’une éducation où les adultes ont pensé que c’était le meilleur moyen de protéger l’enfant que j’étais des agressions du monde extérieur…

C’est peut-être la peur de ne pas savoir quoi faire de ces émotions et d’être déstabilisé…

C’est peut-être la croyance que les émotions sont des faiblesses qu’il faut taire pour ne pas apparaître vulnérable aux yeux des autres…

C’est peut-être des situations vécues très douloureusement qui m’ont laissé sans voix et seul face à ma blessure…

C’est peut-être la conséquence d’une culture qui privilégie le mental et ses analyses dites « raisonnables » sur l’émotionnel qui apparaît suspect parce que subjectif et imprévisible…

Quoi qu’il en soit et sans juger celles et ceux qui ont cru nous faire du bien en nous proposant de garder nos émotions ou de nous blinder, l’expérience de nos vies en est la preuve : garder l’émotion nous pollue et nous fait ruminer jusqu’à l’aigreur. S’interdire de parler les émotions conduit à la violence contre soi ou contre les autres.

Dans le courrier que j’ai cité au début de cet article, tu écrivais ceci, en évoquant tes émotions : « je les garde beaucoup, cela vient aussi de mon adolescence ». Tu pourras probablement dire tes émotions et accueillir sans difficulté celles des autres le jour où tu auras pu débriefer dans un dialogue de confiance ce qui s’est passé dans ton adolescence, en décoder le sens, et en réparer les éventuels dégâts.

« Seule la parole peut désinfecter et cicatriser les blessures… » (Marc THOMAS et Patricia LEBON : Au cœur de soi. La Réunion. 2017. p. 143)

Seule l’expression permet de rester soi en s’adaptant à l’autre…
Accueillir et se protéger, dans le même mouvement !
S’enraciner dans notre terreau personnel pour pouvoir accueillir la pluie et le soleil
sans se noyer ni se brûler…

Marc THOMAS, Consultant formateur en « Compétences relationnelles »  – 10 mars 2020
Écrire à l’auteur : mthomas@competences-relationnelles.com

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La réponse de Laëtitia

En quête d’équilibre : sensibilité et force intérieure 

Pourquoi les personnes sensibles absorbent-elles les émotions des autres?
Tu parles d’une sensibilité particulière …

LA SENSIBILITÉ : UNE FINESSE DE PERCEPTION

J’espère ne pas me méprendre en développant que cette sensibilité est une forme de capacité à être à l’écoute, ou en grande ouverture sur ce qui nous entoure : émotions,  sensations,  ressentis, subtilités des sens … 

L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est Finesse-perceptions.jpg.
 
 

 Nous sommes attentives …
Nous avons aussi un monde intérieur riche,
où nous cultivons cette magie du monde.

C’est un super pouvoir, un atout
car nous sentons beaucoup de choses,
imperceptibles pour d’autres,
et nous avons aussi de belles capacités d’associations d’idées et donc de créativité.

On peut dire que nous avons une finesse de perception.   

LA SENSIBILITÉ : UNE ÉPREUVE

Mais ce super pouvoir a aussi un revers …

Nous ne remettons pas ce fonctionnement en question
lorsque nous sommes heureux et bien entourés.
Le problème arrive lorsque nous sommes ouvertes sur des émissions « négatives ».

Alors notre fameux atout d’ouverture
devient dans ce cas une porte ouverte aux déchets des autres…
à leur colère, leurs jugements, leur rejet, leurs interprétations…

BLINDÉ A L’EXTÉRIEUR ? OU FORT A L’INTÉRIEUR ?

Mais que nous dit la vie dans cette situation  ?
Que veux-t-elle nous faire comprendre ?
Tu parles de se blinder … c’est à dire ?
Tu entends peut-être devenir plus forte … 

Mais qu’est-ce que la force ? La domination, l’écrasement, la fermeture … ?
Cette force là n’apparaît pas très désirable…
Et avec elle vient aussi son lot de problèmes…

Cette force là oublie l’autre, elle est portée sur elle-même,
par peur, par agressivité, par égocentrisme, par manque de perception…

Comment rester ouvert à l’autre tout en étant fort … intérieurement finalement ?

NOS TALENTS A OFFRIR

Peut être doutons nous de nous-même, de notre propre valeur ?
Quelles sont nos capacités ? 
Qu’avons nous à offrir à l’autre ? Qu’avons nous à offrir au monde ?

Car il y a un problème d’équilibre :
si nous sommes seulement en position de réception, ou est notre potentiel d’émission ? 

Prenons conscience de nos forces, de ce que nous avons à offrir !
Ainsi l’autre aura naturellement beaucoup moins d’impact
sur notre propre sentiment de dignité.

Quelque chose en nous doute que l’agresseur ait raison…
Quelque chose en nous doute de nous même, de notre potentiel.

La légitimité de notre place dans ce monde
ne dépend pas de la façon dont les autres nous traitent.

Nous avons forcément des talents et des choses à offrir… 

Notre travail est de les découvrir, les remettre en lumière,
peut être simplement en prendre conscience
car finalement nous offrons certainement déjà au quotidien.

Mettons les mots sur nos talents.
Félicitons nous et remercions la vie pour ces capacités.
Soyons confiants en nous-même.
Découvrons ce doux équilibre entre accueil de l’autre et rayonnement de soi.

Alors certes, la vie ne peut jamais être toute rose…
Néanmoins la force intérieure, la stabilité, la dignité sont des valeurs nobles,
qu’il peut être intéressant de garder à l’esprit.

Comment ces valeurs peuvent se manifester dans ma vie
dans ce que je ressens pour moi même ?

Laetitia de PLACE
en formation à Compétences relationnelles Océan Indien

« C’est mon être intérieur »

Claire *, jeune mère de famille, cherche un accompagnement pour développer la confiance en soi. Dans cette première rencontre, elle évoque sa méfiance de ses émotions, qu’elle a toujours tenu à distance ou refoulées parce qu’elles lui apparaissent comme des faiblesses, et parce qu’elle ne sait pas quoi en faire. Mais elle se sent perdue et ne sais pas quoi faire de sa vie…

Lentement, j’invite Claire à modifier sa posture vis-à-vis de ses émotions : à les regarder, non plus comme un danger dont il faut se méfier, mais comme un message de son être intérieur qui lui indique ce qui est bon pour elle ou qui l’alerte sur ce qui la met en danger…

Et je lui propose deux pistes pour apprivoiser lentement ces émotions qui lui font encore peur et pour les canaliser : d’abord nommer ce qui les a déclenchées, découvrir que sa réaction à un événement ne parle que d’elle puisqu’une autre personne à sa place aurait pu réagir très différemment. Et ensuite chercher le message de cette émotion qui lui indique un besoin vital satisfait ou insatisfait, un bonheur à fêter, un manque à combler ou un danger à éviter…

Petit à petit, à travers des exemples de sa vie quotidienne familiale et professionnelle, Claire découvre comment accueillir des émotions qu’elle refoulait, et en quoi ces émotions lui parlent de ses besoins personnels profonds…

Après seulement 45 minutes d’entretien, elle me dit : « Je me sens bien ». Je lui propose de préciser ce qu’elle ressent : « Je me sens apaisée, soulagée. » Je lui demande ce qui est apaisé et soulagé. « C’est mon être intérieur ». Et ses larmes coulent, de l’intense émotion d’une personne qui a touché quelque chose de précieux en elle. Quelques instants après, elle ajoute : « Mon être intérieur, j’ai toujours pensé que c’était impossible à y avoir accès, et je ne savais qui j’étais… Aujourd’hui, j’ai touché mon être intérieur ».

En se levant pour partir, le regard illuminé elle ajoute : « Un grand moment ! »

Claire, il t’a suffit d’accueillir tes émotions
pour te connecter enfin à ton être intérieur !
Bonne route à toi, bonne route vers toi !                                 
Marc – novembre 2019

* Prénom modifié                                                         Télécharger en pdf

Tes émotions sont ta boussole

Quand tu marches dans le désert ou dans la forêt, ta boussole te permet de t’orienter…
En particulier quand le temps est gris et le soleil invisible : sans boussole, tu perds le nord !

Tes émotions sont ta boussole !
Tes ressentis t’indiquent la direction à prendre pour tracer ta route.
si tu n’accueilles pas tes émotions, tu perds le nord, jusqu’au mal-être !

Quand tu es dans un contexte favorable,
quand les personnes qui t’entourent sont bienveillantes et aimantes
tu te sens heureux ou serein…
Ne te contente pas d’admirer les autres !
Ecoute tes émotions t’orienter vers ce qui est bon pour toi
et vers ton besoin de t’en nourrir.

Quand tu es en danger,
quand tu es confronté à des situations ou des relations stressantes,
tu te sens envahi par la peur, l’anxiété ou l’angoisse…
Ne te focalise pas sur ce qui te fait peur !
Ecoute tes émotions t’alerter sur les risques à éviter
et sur ton besoin de protection.

Quand tu es motivé,
quand tu te découvres capable d’investissements inattendus,
tu te sens plein d’espoir et d’énergie pour réussir…
Ne te sers pas de ton dynamisme pour  éblouir ou écraser les autres !
Ecoute tes émotions t’orienter vers l’appel à la vie qui t’habite
et vers ton besoin de créativité et d’épanouissement.

Quand tu as dépassé tes limites,
quand tu as présumé de tes forces et que tu n’en peux plus,
tu te sens épuisé ou perdu…
Ne te lamente pas sur le trop plein qui t’envahit !
Ecoute tes émotions t’alerter sur la nécessité de dire stop,
et sur ton besoin de te reposer. 

Quand tu soutiens ton enfant ou un proche,
et qu’il vient te remercier,
tu ressens de la bienveillance et de la fierté…
Ne te dévalorise pas en disant que tu n’as fait que ton devoir !
Ecoute tes émotions t’orienter vers ta capacité à partager
et vers ton besoin de vivre la solidarité.

Quand tu es énervé,
quand tu ne supportes plus rien,
tu te sens en colère et prêt à exploser…
Ne rends pas les autres responsables de ton mal-être !
Ecoute tes émotions t’alerter sur les limites du supportable
et sur ton besoin de dire stop ou de dire non.

Quand tu fais une belle rencontre,
quand une personne vient illuminer ta vie,
tu te sens amoureux et tu goûtes le bonheur…
Ne te laisse pas éblouir par l’autre !
Ecoute tes émotions t’orienter vers le bonheur qui te nourrit
et vers ton besoin d’aimer, d’être aimé ou de vivre une relation d’âme à âme.

Quand tu as bafoué tes valeurs,
quand tu t’es laissé aller à l’égoïsme ou à la violence,
tu te sens honteux et tu te dégoûtes toi-même…
Ne te laisse aller ni à l’excuse qui accuse l’autre, ni à la culpabilité où tu t’accuses toi !
Ecoute tes émotions t’alerter sur ta fragilité
et sur ton besoin de changer, de réparer, de demander pardon, de te pardonner.

Quand tu vis la détente et le plaisir,
quand tu t’épanouis dans tes passions,
tu te sens vivant et tu dégustes le bonheur d’être toi-même…
Ne te laisse pas imaginer que ce n’est qu’un rêve passager !
Ecoute tes émotions t’orienter vers ta vraie valeur
et vers ton besoin d’épanouissement dans ta vie quotidienne.

Quand tu es confronté à ton échec personnel,
Quand tu es face à l’épreuve, au deuil à faire d’un projet,
tu te sens triste ou désespéré…
Ne te laisse pas emporter par le jugement sur toi ou sur les autres !
Ecoute tes émotions t’alerter sur ta blessure
et sur ton besoin de prendre soin de toi pour désinfecter et cicatriser la blessure.

Quand tu a reçu un cadeau inattendu,
le cadeau précieux d’un regard ou d’une présence, d’une main offerte ou d’un cœur ouvert,
tu te sens étonné, reconnaissant, nourri…
Ne te diminue pas en pensant que tu ne le méritais pas !
Ecoute tes émotions t’orienter vers la gratitude 
et vers ton besoin de célébrer ton émerveillement.

Quand tu es confronté à la maladie ou à l’épreuve,
Quand tu perds ta liberté d’action et ton autonomie,
tu te sens anéanti et dépossédé de toi-même…
Ne te laisse pas engloutir par la souffrance et la déprime !
Ecoute tes émotions t’alerter sur l’appel au lâcher-prise
et sur ton besoin d’expérimenter une nouvelle forme de liberté.On t’a dit parfois que les émotions sont une faiblesse et qu’il faut les taire…
Ne t’étonne pas alors, quand tu ne les écoutes pas,
d’entrer en stress, en déprime ou en violence…

Car tes émotions sont ta boussole,
dans toutes les circonstances de ta vie…
Sans faire appel au mental,
elles t’orientent vers les vraies valeurs et t’alertent sur les impasses,
parce qu’elles portent les messages de tes vrais besoins…

Ne t’enferme pas dans les mots que j’ai écrits ni dans les ressentis que j’ai nommés :
ajoute les tiens, continue mon texte avec les événements et les émotions que tu traverses,
et les besoins qu’elles te révèlent…

Accueille tes émotions, décode leur message,
et seulement ensuite accorde ton mental aux émotions, 
pour trouver les chemins et les moyens de satisfaire tes besoins vitaux.

Ainsi va la vie, la vraie vie, accessible à chacun !

Marc THOMAS, Consultant formateur en « Compétences relationnelles »
11 novembre 2019
Écrire à l’auteur : mthomas@competences-relationnelles.com

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En situation difficile,
commence par prendre soin de toi

En situation difficile,
nous nous laissons souvent emporter par la peur, par la colère, par l’agressivité…
Un imprévu désagréable, un reproche entendu, un désaccord exprimé…
et nous voici submergés par ces événements extérieurs qui envahissent tout notre espace. Nous risquons d’en rajouter en racontant à qui veut l’entendre
à quel point nous sommes victimes.
Et plus nous racontons, et plus nous faisons grossir l’avalanche…
Ou bien nous élargissons la plaie ouverte
et y versons l’acide de nos récriminations et de nos plaintes…

Si tu fais une randonnée en montagne et que tu te blesses contre un rocher,
vas-tu passer ton temps à récriminer contre ce rocher ?
Tu vas plutôt prendre soin de ta plaie, la désinfecter, la protéger, et reprendre ta marche.

De même, en situation difficile,
plutôt que de t’acharner sur l’événement ou la personne qui t’ont blessé,
commence par prendre soin de toi, par prendre soin de ce qui est touché en toi,
même si cela exige de différer momentanément le traitement du problème.

Il y a une manière très simple de prendre soin de toi en situation difficile :
elle consiste à t’appliquer à toi-même les 4 étapes de la Communication Non Violente.
On a parfois fait de ces quatre étapes une méthode ou une grille théorique.
Utilise-les plutôt comme 4 étapes d’un soin de bien-être.

Etape préliminaire : lâche l’autre, et occupe toi de toi !

Etape 1 : Prends soin non de ce que l’autre a fait, mais de ce que tu as perçu.
Remémore-toi ce que tu as vu et entendu.
Peut-être n’as-tu pas tout vu, mais seulement une image, un regard qui t’a choqué…
Peut-être n’as-tu pas tout entendu, mais peut-être un mot, une phrase qui t’a blessé…
Cette image, ce regard, ces mots, tu les as pris pour toi, tu les as laissés entrer en toi,
alors qu’ils appartenaient aux événements et aux personnes qui les ont exprimés.
rends-leur la responsabilité de leurs expressions,
sans agressivité, simplement pour t’en dégager et t’en libérer…

Etape 2 : accueille ce que tu ressens
comme sensations, comme ressentis, comme sentiments…
De la peur, de la colère, de la peine, du rejet… ?
D’habitude tu transformes ces ressentis en reproches ou en jugements
en accusant l’autre d’en être la cause.
Mais un autre que toi aurais ressenti autre chose devant les mêmes événements.
Ces ressentis ne parlent que de toi, de ce que ça te fait,
et les événements n’en sont que les déclencheurs.
Ecoute donc en toi…
Derrière cette peur, il y a quelque chose de précieux que tu veux protéger…
Derrière ta colère, il y a tes limites de l’insupportable et tes valeurs…
Derrière la peine et la déception, il y a des espoirs à réaliser…
Derrière le rejet, il y a ton besoin légitime d’être aimé…
Derrière tous ces ressentis douloureux,
cherche la pépite précieuse, l’amour, l’espoir… et le meilleur de toi !

Etape 3 : accueille tes besoins.
En accueillant tes ressentis,
tu es déjà sur le chemin de la prise en compte de tes besoins à satisfaire.
Nomme-les ces besoins :
repos, respiration, sérénité, protection…
relations authentiques, solidarité, confiance en l’autre, amitié, amour…
estime, valorisation, confiance en soi…
épanouissement, bien-être, réussite, réalisation de toi…
Ces besoins sont les tiens, toi seul est responsable de les satisfaire.
Si tu attends toujours de l’autre qu’il satisfasse tes besoins,
tu te soumets à lui ou tu le soumets à toi,
et tu vis dans la dépendance en lui remettant les clefs de ton bien-être.

Voilà, tu as pris soin de toi.
Tu as relu les événements et tu as peut-être élargi le champ de ta perception
en découvrant des éléments que tu n’avais vu au premier regard…
Tu as accueilli et canalisé tes ressentis
en découvrant ce qu’ils exprimaient de précieux en toi…
Tu as repris en main la satisfaction de tes besoins
et la responsabilité de ton bien-être…
Déjà tu te sens mieux, calmé, détendu,
fatigué peut-être d’avoir lâché la pression, d’avoir lâché-prise…
Tu pourras alors dans quelques moments passer à l’étape suivante.

Etape 4 : tu peux donc maintenant retourner vers le monde et la vie quotidienne :
l’événement douloureux n’est plus l’arbre qui cache la forêt,
et tu sors de cette épreuve renforcé pour mieux affronter les suivants…
Tu peux aussi maintenant retourner vers l’autre et prendre soin de la relation.
Tu peux écouter et accueillir sa perception et ses ressentis différents des tiens…
entendre ses besoins sans te sentir obligé de les satisfaire…
Et vous pouvez ensemble maintenant chercher des solutions à votre différend.
Il s’agit de demandes à exprimer pour la satisfactions de vos besoins,
de propositions à élaborer ensemble pour reprendre la relation ou la collaboration,
de limites à exprimer, voire de refus à nommer sans agression pour restaurer la sécurité…
Autant d’éléments d’une négociation qui permettent de trouver une nouvelle dynamique.

On nous a parfois fait croire que c’était de l’égoïsme de prendre soin de soi !
Je ne parle pas bien sûr de l’enfermement sur soi qui relègue et rejette…
Bien au contraire, prendre soin de soi est la condition sine qua non
de la qualité de notre présence au monde,
et de l’établissement de relations authentiques et durablement sereines.

En situation difficile, commence toujours par prendre soin de toi !

Marc THOMAS, Consultant formateur en « Compétences relationnelles »
Ecrire à l’auteur : mthomas@competences-relationnelles.com

Tu peux te libérer de la souffrance

Je t’écoutais ce soir-là…
J’écoutais tes mots,
j’écoutais les manifestations
de ta souffrance extrême :
des larmes,
le ventre qui se noue de douleur,
des mots hachés…
Ainsi remontaient à la surfacedes violences subies, inacceptables…

 

Dans cette souffrance réactivée,
je percevais que la violence subie sortait de toi, comme un chemin de libération.
Je te l’ai dit. Mais tu ne pouvais pas encore y croire,
d’autant plus que tu avais honte de ne pas avoir pu dire non à ces violences subies…

Pourtant, le lendemain tu me disais être étonnée de ressentir de la sérénité
Et tu m’écrivais quelques jours après :

« La douce sérénité, que j’ai ressentie l’autre jour après notre soirée à discuter d’événements douloureux, n’est pas encore revenue…mais en travaillant sur moi, j’espère la retrouver, car cet état d’apaisement et de libération me donnait le sentiment d’être pleinement moi même. »

 Cette sérénité est venue confirmer
que ta douleur extrême de ce soir là n’était pas une nouvelle violence :
elle était le début d’une libération.

Tu étais en train de sortir de toi cette souffrance,
tu la « vomissais » pour t’en libérer.
Tu ne le savais pas sur le moment,
mais ton être intérieur le savait déjà…

La meilleure preuve de cette libération, c’est l’enchaînement immédiat :
la sérénité qui succède à l’intense douleur exprimée, puis comme tu l’écris :
« cet état d’apaisement et de libération
me donnait le sentiment d’être pleinement moi même. »

Cette expérience t’indique le chemin à poursuivre :
vider pour éliminer et libérer,
et automatiquement retrouver la sérénité sans même l’avoir cherchée…
Puis te sentir devenir enfin toi-même.

La sérénité reviendra chaque fois que tu poursuivras ce travail de libération,
jusqu’à s’installer durablement.

Tu sais maintenant par expérience que c’est possible ! A plusieurs conditions :

renoncer à accuser l’autre quand revient la souffrance…
dénoncer les méfaits de la relation, mais ne plus laisser ton esprit les ressasser…
« lâcher » l’autre, et la volonté de comprendre ou de se venger, si violent fut-il…

Et te tourner vers toi… et prendre soin de toi…
Accueillir les moments où tu crois régresser et revenir à la souffrance :
elle ne revient que parce qu’il y a encore quelque chose à vider
dans la dynamique de libération entreprise.

Vider l’insupportable et désinfecter tes blessures…
Accueillir et écouter tes émotions…
Chercher tes besoins et aspirations cachées derrière ces souffrances et ces émotions…
Chercher tes valeurs blessées derrière la honte…

Prendre soin de toi et devenir toi-même, dans la sérénité.

Marc THOMAS, Consultant formateur en « Compétences relationnelles »
13 août 2018

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Ex-primer les é-motions

Etymologiquement, le mot « émotion » se divise en deux parties :
motion : comme la loco-motion, comme le moteur, comme le mouvement… C’est donc une mise  mouvement, une énergie qui fait bouger : des yeux qui laissent couler les larmes ; un visage qui sourit ou se crispe, des corps qui dansent, des gestes forts…
e- : qui vient du « ex » latin, comme de l’anglais « exit », qui signifie « hors de », qui monte de l’in-térieur vers l’ex-térieur, une énergie qui sort…

L’émotion, un mouvement qui sort du dedans vers dehors et que je ne peux réprimer. Même si je cherche à la cacher, mes voisins verront que je me crispe et me rigidifie. Et avant même que je dise des mots, mes larmes, mon sourire, mes gestes, mes élans ont déjà manifesté ce ressenti qui vient du dedans et s’exprime au-dehors. Je peux masquer mes mots, je ne peux jamais masquer totalement l’expression de mes ressentis. Mes émotions sont le langage de mon corps extérieur qui parle de mon être intérieur. Et ce que dit mon corps par ces mouvements émotionnels, c’est toujours vrai ! iSi je suis énervé, fatigué, exalté, triste, heureux, c’est toujours vrai, car j’ai toujours une raison (bonne ou mauvaise peu importe) de l’être !

CACHER SES ÉMOTIONS

Nous avons souvent appris par notre éducation qu’il ne fallait pas montrer ses émotions, parce qu’elles étaient alors interprétées comme l’expression de nos fragilités et même de nos faiblesses. Et ceux qui nous invitaient à cacher nos émotions avaient cependant une bonne intention : ils voulaient faire de nous des êtres forts qui ne soient pas balayés par la première tempête.

Pourtant, cacher nos émotions  nous obligeait à contraindre et à verrouiller nos élans intérieurs. Comme une source qu’on voudrait boucher et qui se mettrait à fuir de tous les côtés. Par exemple, on apprenait aux garçons à ne pas pleurer parce que c’était perçu comme une faiblesse. S’empêcher de pleurer était perçu comme une manière de devenir fort. Les garçons ont bien entendu le message, mais l’interdiction de pleurer les a fait se tromper de force : ils sont devenus macho ! Alors que ceux qui se donnent le droit de pleurer  deviennent empathiques et peuvent être forts dans le soutien et le secours à celles et ceux qui souffrent !

DES ÉMOTIONS RÉPRIMÉES

Les émotions sont bien des énergies du dedans qui sortent et se manifestent à l’extérieur. Avec, comme toute énergie, une sorte de pression… Comme la pression de l’eau au robinet, comme l’intensité du courant dans les fils électriques, comme la force du vent qui fait avancer les bateaux et tourner les éoliennes, comme la pression du vent de face qui fait décoller les avions…

L’e(x)-motion est une ex-pression  :
larmes, sourire, cris, gestes, crispations…

Si tu la fais taire, tu es dans la ré-pression :
contrôle, rigidité, poings serrés, serrer les dents…

Si tu la gardes en toi, tu es dans l’im-pression :
mal au ventre, plein le dos, maladie, tensions…

Parfois jusqu’à la dé-pression :
mal-être, burn-out, congés maladie, épuisement…

Et même jusqu’à la sup-pression :
violence, mutisme, alcool, addictions, suicide…

Avez-vous compris maintenant pourquoi c’est une erreur  de penser qu’il faut taire ses émotions ? Bien des violences intrafamiliales ou débordements sociaux, jusqu’au terrorisme, résultent de colères ou de détresses qui n’ont pas pu s’exprimer et déverser leur trop-plein !

DES ÉMOTIONS EXPRIMÉES

Seuls les mots permettent à l’être humain de traiter ses émotions. Parce que le cœur qui déborde n’est canalisé que par la tête qui cherche à comprendre.

Habituellement, notre tête et notre cerveau jouent le rôle de tour de contrôle : ils analysent nos ressentis, nos désirs, nos envies, nos besoins, nos projets. C’est pourquoi nous sommes habituellement capables de contrôler nos envies de vol ou de violence, nos pulsions agressives ou sexuelles, nos consommations de nourriture et d’alcool, etc.

Mais les émotions débordent, la liaison entre la tête et le cœur est rompue. Et tout personne qui dit à un homme en colère : « Calme toi ! Il n’y a pas de raison » ne fait qu’amplifier sa colère… parce que sa tête ne contrôle plus, et parce que le conseilleur ne reconnaît pas la légitimité de l’émotion de l’autre.

La seule manière de canaliser les émotions, c’est de l’exprimer. Si ce ne sont pas les mots qui viennent exprimer les émotions, alors la seule solution sera la violence, contre soi ou contre l’autre : violence verbale et physique, violence de toutes les rigidités et verrouillages, violence de la maladie, de la déprime et de la folie…

Seuls les mots sont capables de canaliser l’émotion et d’en percevoir le message… Parce que ces mots viennent certes de l’émotion, mais ils doivent faire appel au cerveau pour devenir des mots… Et donc celui qui parle relie par ses mots le cœur débordant et la tour de contrôle ! Et l’être déchiqueté de l’intérieur commence à remettre en relation les diverses parts de lui et à se réintégrer lui-même.

Si des parents qui voient leur enfant pleurer lui disent : « Qu’est-ce qui s’est passé mon chéri ? », petit-à-petit, du fond même de ses sanglots, l’enfant va répondre : « Tu sais… maman… papa…… ma copine… elle m’a dit… elle a fait… » Et si les parents ont la patience d’écouter leur enfant, au rythme de ses sanglots et des mots hachés, sans vouloir trop vite lui dire : « C’est pas grave… », alors l’enfant va se mettre à parler, à raconter… peut-être ce qui s’est passé, mais aussi ce qu’il a ressenti… Surtout si ces parents évitent tout jugement sur la copine mais aident l’enfant à se connecter à ses émotions en lui disant par exemple : « Et qu’est-ce que ça t’a fait quand elle a dit ça ? » Ce faisant, grâce à l’écoute de ses parents, cet enfant va se calmer lui-même.   Parce qu’il aura pu exprimer son émotion, et parce que son expression aura été accueillie et entendue.

Et il en va de même pour tous les adultes qui s’enferment dans le silence, ruminent, pleurent, crient, sont désespérés… Si au lieu de leur dire de se calmer, on leur demande simplement : « Qu’est-ce qui se passe ? », et si l’on accepte que les première paroles soient un peu chaotiques, lentement, les mots prononcés vont être de vrais régulateurs et canalisateurs du trop plein des ressentis…

Les émotions sont toujours vraies…
Ça serait tellement dommage et destructeur de se priver de leurs ex-pressions !!!

Marc THOMAS, Consultant formateur en « Compétences relationnelles »
janvier 2018

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Contrer mes émotions pour ne pas les prendre en pleine face.
J’essaie, toujours. Parfois, sans succès.
Dois-je les dire, au risque de me rendre vulnérable, de m’exposer à la peur ou au rejet,
ou dois-je les taire, les étouffer sous l’humour facile, au risque de m’empoisonner la tête ? Les écrire, puisque c’est si difficile de parler ? Mais qui sait lire entre mes lignes ?

Contrer les émotions, c’est  la meilleure manière de les prendre en pleine face…
parce que si tu bouches une source, elle fuit de partout…
parce que si tu bouches le canon avec ta main, elle va être déchiquetée…

Accueillir les émotions, c’est à dire les regarder passer sans s’y noyer :
comme on regarde passer des voitures sans se jeter dessous…
comme on ressent la chaleur d’un feu sans aller s’y brûler…
comme on ressent le froid dans les hauts en mettant un pull pour s’en protéger
plutôt que de rester à grelotter sans rien faire…

Les accueillir comme un état momentané de moi…
les nommer, les dire ou les écrire, sans m’identifier à elles…
car elles ne sont pas moi…
elles ne sont qu’une réaction de moi…

Et me retrouver moi,
traversé d’émotions qui bousculent…
mais pas envahi ni submergé…
parce que je les accueille tout en me protégeant à l’écart…
Alors elles me délivrent le message dont elles sont porteurs
et me signalent une valeur à développer,
un besoin vital à satisfaire,
un choix essentiel à honorer…

C’est comme pour apprendre à marcher :
c’est difficile à décrire, ça vient en essayant !

Bien à toi !                                                                               le 12 décembre 2017
Marc                         Téléchargez cet article en pdf                                    mthomas@competences-relationnelles.com