Archives de catégorie : Confiance en soi

Vivre LA RÉSILIENCE

Après une agression qui l’a traumatisée pendant plusieurs années,
une jeune femme partage son chemin de résilience :

J’ai accepté de libérer mon âme et mon cœur de la blessure. Et je sens que je suis de plus en plus libre, jour après jour. La résilience se fait en temps et en heure. Elle ne se fait pas sans nous, mais j’ai la forte conviction qu’elle se joue beaucoup en latence, de manière sous-jacente, comme si notre inconscient nous prépare, et qu’elle se manifeste de manière consciente au moment où nous sommes aptes ou prêts à la voir, la vivre de la manière la plus bénéfique ! 

En tout cas je vais mieux, vraiment. Je ne me définis plus par l’agression que j’ai subi, et je marche la tête haute et les épaules relevées depuis quelques mois. Pourquoi ? 

J’ai pris conscience qu’un seul acte ne me définissait pas ! Je suis bien plus qu’une simple victime. Je n’ai pas le droit de minimiser toute celle que je suis à cet acte avilissant.

Non, je suis bien plus qu’une blessure, et bien plus que mes blessures. Je ne suis pas la somme de mes blessures non plus ! Je suis une perle qui a été salie mais que le temps peut polir pour briller à nouveau. 

J’ai tellement de bon en moi, et de talents à offrir au monde, aux autres !!! 

J’ai décidé de choisir la vie, de construire ma vie en partant de mes blessures, et non de subir ma vie, et de fuir et d’enfouir mes blessures. 

Une plaie non soignée produit du pus et gangrène avec le temps, alors qu’une plaie soignée et purifiée laisse paraître une cicatrice, mais cette-dernière révèle juste qu’il y a eu blessure ! Lorsqu’elle est soignée, reste seulement son souvenir, et non plus la répétition de l’événement traumatique ou douloureux.

Voilà mon but et l’état d’esprit dans lequel je suis aujourd’hui ! 

Guérir, pour pouvoir dire aux autres que c’est possible, et que regarder ses blessures en les prenant à bras le corps est d’autant plus libérateur que la souffrance qu’elle comporte est difficile !!! C’est une douleur qui vaut la peine d’être vécue, pour être plus fort ! 

Je ne sais pas si je serai psychologue un jour, mais je sais que je veux parler de la résilience dans ma vie, autour de moi ! Je verrai bien comment. Je laisse la vie me guider ! 

                                                                                                                                              Sarah, août 2020


Merci Sarah : ton texte m’a touché… et m’a suggéré ceci :

Si des actes peuvent nous blesser profondément, rien ni personne ne peut atteindre ce que Sarah appelle ci-dessus « la perle » et que j’appelle souvent « la pépite » qui habite chacun de nous et fait de nous le meilleur de ce que nous sommes…

Cette pépite est parfois bien cachée en nous, au point que nous ne la trouvons pas encore, parce qu’elle se protège en un lieu inatteignable par l’agression. Mais le travail sur soi pour désinfecter et traiter les blessures lui permet de surgir à nouveau, « perle » ou « pépite » toujours lumière de résilience…


Les cicatrices de nos blessures sont le signe de la désinfection accomplie !  

Sur notre corps, ces cicatrices restent sensibles au toucher… De même, les cicatrices de tes blessures te garderont sensible et t’appelleront à te protéger en situation toxique… Mais elles te donneront aussi une belle sensibilité pour toutes celles et ceux que tu croiseras blessés par la vie…

Et puis encore et surtout : tes cicatrices, et les blessures qu’elles rappellent, vont devenir progressivement le lieu de tes fécondités. Déjà tu veux parler de la résilience dans ta vie, tu veux guérir pour dire aux autres que c’est possible, tu veux avancer en psychologie ! Déjà tes cicatrices sont comme les interstices qui laissent passer ta fécondité et ton empathie… Tes cicatrices, transformées par le travail de résilience, deviennent des ressources pour toi et pour les autres…                                                 Marc

Télécharger ce texte en PDF

Heureusement imparfaits !

J’ai rencontré ces jours ci une personne qui ne se pardonne pas ses imperfections…
tout doit être parfait : sa tenue, sa prestance, son ménage, ses dossiers professionnels…
Toute imperfection est pour elle insupportable et la conduit à se juger sévèrement !

Cette personne évoquait son éducation exigeante,
pas tant par l’autorité de ses parents que par son souci à elle de leur plaire…
Elle semblait chercher la reconnaissance qui lui manquait en s’imposant la perfection,
et toute erreur lui faisait penser qu’elle n’était pas digne d’être aimée…

D’autres personnes évoquent les traumatismes qui se sont installés à l’école,
les mauvaises notes, conséquences de leurs fautes d’orthographe ou de calcul,
la comparaison dévalorisante avec les bons élèves qui semblaient tout réussir sans effort,
des jugements parfois blessants de certains éducateurs…
Et la conviction qui s’installait insidieusement
que nous ne serions jamais capables de réussir…

Toutes ces imperfections et ces erreurs
nous entraînent si souvent dans la culpabilité et le jugement  sur soi,
au point de nous dévaloriser, de nous démoraliser, de nous désespérer parfois…

Et pourtant… imaginez un monde où tout le monde serait parfait…
Il n’y aurait plus rien à améliorer, plus rien à apprendre, plus rien à embellir…
Plus aucun challenge à réussir, plus de motivation à changer, à transformer…
Plus d’espoir de progresser et découvrir des capacités nouvelles…
Plus d’entraînement pour améliorer ses performances…
Plus d’objectifs qui nécessiteraient de se retrousser les manches pour réussir…
Comme la vie serait triste, sans enjeu, sans espoir, sans perspectives !

Heureuses imperfections !
Elles nous donnent envie de nous perfectionner !
Elles nous donnent l’énergie d’atteindre nos objectifs !
Elles nous révèlent nos capacités à progresser !
Elles nous ouvrent la voie de tous les apprentissages !
Elles nous font découvrir nos talents de créateurs de vie et de bonheur !
Et puis elles nous empêchent aussi de nous prendre pour le nombril du monde !

Nous avons toute notre vie devant nous
pour peaufiner cet être humain
que nos parents ont mis au monde…
Comme une plante ne sort pas du sol déjà fleurie,
nous ne sommes pas créés finis et parfaits :
nous sommes créés créateurs de vie,
capables de progresser et de nous perfectionner !

Heureuses erreurs !
Elles nous permettent d’inventer des stratégies nouvelles pour les corriger …
de trouver en nous des ressources insoupçonnées pour les dépasser…
de nous entraîner avec énergie pour accéder fièrement à la réussite…
de développer des capacités que nous n’aurions pas activées
si nous n’avions pas été confrontés à l’obstacle !
Quand un enfant apprend à marcher, ses chutes sont des erreurs,
mais c’est en se relevant qu’il fortifie ses muscles et apprend à courir !
Et puis ces erreurs nous permettent aussi l’humilité de nous savoir faillibles,
elles nous apprennent à accepter nos limites plutôt qu’à s’en plaindre,
à soutenir l’autre qui se trompe plutôt que de le toiser et le dévaloriser…

Au fur et à mesure de ma vie, j’ai découvert
que c’est à travers mes erreurs que j’ai le plus grandi !
Mes erreurs m’ont parfois blessé, mais elles m’ont aussi permis de me relever,
elles ont été mes meilleures occasions de progresser !

Heureux sommes nous d’être imparfaits !
Çà donne du sel et du piment à nos vies !

Marc THOMAS, Consultant en Compétences relationnelles
mthomas@competences-relationnelles.com – 31 août 2020

Téléchargez ce texte en PDF

Du contrôle à la vigilance

Tu ne passes pas ton temps à contrôler ta respiration…
Tu respires de façon automatique, sans même y penser !
Il te suffit d’être vigilant·e à reprendre ton souffle quand l’essoufflement t’alerte…

Tu ne passes pas ton temps à contrôler ta digestion…
Elle se fait toute seule, sans intervention consciente de ta part !
Il te suffit d’être vigilant·e à la qualité et à la quantité de ce que tu manges…

Tu ne passes pas ton temps à contrôler tes pieds quand tu marches…
Tu avances automatiquement une jambe après l’autre !
Il te suffit d’être vigilant·e quand des obstacles se présentent sur le chemin…

Tu ne passes pas ton temps à contrôler les expressions de ton visage…
Le sourire et la crispation viennent automatiquement avant que tu en aies conscience !
Il te suffit d’être vigilant·e à écouter le message du corps pour décoder l’émotion qui passe…

Tu ne passes pas ton temps à contrôler ton sommeil…
L’endormissement vient tout seul quand la fatigue est là !
Il te suffit d’être vigilant·e à calmer ton rythme et à lâcher prise sur tes préoccupations…

Tu ne passes pas ton temps à chercher des idées nouvelles…
La créativité surgit sans prévenir au moment où tu ne l’attends pas !
Il te suffit d’être vigilant·e à rester ouvert·e à l’imprévu et à la nouveauté…

Tu ne passes pas ton temps à chercher des personnes de confiance…
L’amour et les belles rencontres surgissent le plus souvent quand tu ne les attends pas !
Il te suffit d’être vigilant·e à préférer la confiance à la méfiance…

As-tu perçu la différence entre le contrôle et la vigilance ?
Tu peux y ajouter tes propres exemples !

Quand tu veux tout contrôler, chez toi et chez les autres,
le bonheur t’échappe, tes relations te polluent,
la méfiance t’intoxique…

Quand tu essaies de « lâcher prise »,
tu es souvent confronté·e à l’échec,
car en te forçant à lâcher prise,
tu te contrôles encore toi-même… sans succès !

Seule l’ouverture attentive de la vigilance peut venir à bout de l’enfermement du contrôle :
au lieu d’être dans le contrôle, enfermé·e dans tes peurs et centré·e sur toi,
tu choisis la vigilance, la veille, l’éveil… 
qui ouvrent ton regard dans l’attente de la vie qui vient,
avec ses opportunités à accueillir et ses dangers à contourner…

Regarde ta propre histoire : la plupart des dangers redoutés ne sont pas survenus !
Et la vie a toujours surgi de l’imprévu et de l’inattendu !
C’est ça aussi, la bien-veillance envers soi… dont les autres vont bénéficier  !


Marc THOMAS, Consultant formateur en « Compétences relationnelles »
mthomas@competences-relationnelles.com       août 2020

Télécharger ce texte en PDF

Ecouter sa musique intérieure

Et comment il faut faire pour écouter sa musique intérieure?

Il s’agit d’abord d’écouter ce que tu ressens face aux situations de la vie, ces ressentis qui te viennent spontanément : amour, joie, tristesse, peur, colère, espoir, etc.

Les accueillir tels qu’ils viennent, sans les juger, sans te noyer dedans…
Les accueillir comme un langage qui parle de toi et des vrais besoins de ton être intérieur.
Tu peux lire ici l’article que j’ai écrit à ce sujet.

Je n’ai jamais osé aller voir ce qu’il y a, par peur de trouver rien ou bien quelque chose qui ne me plait pas du tout ou me force a changer quelque chose de fondamental… Il faut avoir le courage d’être sincère.

Quand tu « vas voir ce qu’il y a », en accueillant tes émotions et tes besoins,
il y a toujours quelque chose de bon :
C’est la « pépite » que chaque être humain porte en lui comme un diamant,
comme la lumière pour éclairer son chemin et ses choix…

Tu trouveras souvent cette pépite
cachée derrière ce qui te fait mal, ce qui te bloque, ce qui te met en mal être…
Parce que ces souffrances disent que quelque chose de très important pour toi (des valeurs, le sens de ta vie, tes capacités…) est blessé ou enfermé ou maltraité…
Et en prenant soin de ce qui est blessé, tu vas trouver le chemin et l’énergie de vivre.

Cela ne te forcera pas à changer quelque chose de fondamental, comme tu l’écris,
mais cela te donnera le désir et le bonheur de changer ton regard, tes choix, tes postures, et tu expérimenteras une force de libération…

Pour parvenir à cela, il faut parfois pouvoir parler avec quelqu’un de confiance, car en parlant, je mets des mots sur ce que je ressens, et dans l’écoute de l’autre, je me sens conforté…

Bien à toi !    Marc

Marc THOMAS, Consultant formateur en « Compétences relationnelles »
juin 2017

Tu peux éviter les obstacles !


Je marchais ces jours-ci sur un chemin de randonnée très caillouteux.  Et je me rendais compte qu’un peu de vigilance me permettait d’avancer en évitant les pierres… Parfois mon pied buttait sur un caillou, mais ma réaction automatique me permettait de retrouver l’équilibre et de continuer mon chemin… Et même s’il m’arrive de tomber, c’est la plupart du temps sans gravité : je peux me relever et prendre soin de l’éventuelle plaie… Et si je me casse une jambe, c’est réparable !

Comment se fait-il donc que parfois, quand nous marchons sur le chemin de la vie,
le moindre obstacle devient une barrière,
et le caillou qui entrave notre chemin devient une montagne infranchissable ?

Ecoutez autour de vous les plaintes, et interrogez vos propres récriminations :
des imprévus, des retards, des contretemps…
des désaccords, des tensions, des jugements…
des déceptions, des erreurs, des échecs…
des incertitudes, des doutes, des peurs…
autant d’éléments perçus comme des « bâtons dans les roues »
qui nous découragent jusqu’à dire : « je n’y arriverai jamais ! »

Et puis souvent, tant de fausses croyances qui nous font douter de nous…
Le manque de confiance en soi… Les échecs qui nous ont blessés…
Le regard des autres ou leurs jugements qui nous ont tétanisés…
Les travaux sur la route proposent toujours une déviation…
Les difficultés du chemin de randonnée nous invitent à la vigilance…
Nous rencontrons tous des difficultés :
elles viennent interpeler nos projets et nous conduire à faire des détours…

Notre corps à la capacité de s’adapter sur un chemin difficile,
pour peu que nous prenions soin de lui et de son rythme…
Et pourquoi donc celui qui est capable d’éviter les pierres du chemin
se découragerait-il à la première difficulté dans sa vie quotidienne ?

Le randonneur peut s’adapter aux difficultés du chemin quand il est bien équipé,
avec de bonnes chaussures, des bâtons parfois… quand il s’est entraîné…
et quand il marche avec des compagnons qui veillent les uns sur les autres.
Face aux difficultés de la vie, prendre soin de soi… S’entraîner à travers le débriefing sans jugement de nos échecs, de nos réussites, de nos expériences, de nos découvertes…
Rejoindre des contextes relationnels non toxiques et des personnes fiables…

Le randonneur s’adapte aussi parce qu’il accepte le chemin tel qu’il est… parce qu’il respecte la montagne, ses règles, ses surprises, sa météo… parce qu’il cherche les stratégies et le matériel nécessaire pour affronter les difficultés qui se présentent…
Face aux difficultés de la vie, quitter nos plaintes… Accueillir la réalité telle qu’elle est… Apprendre à nous y ajuster pour atteindre, parfois « par un autre chemin », les objectifs que nous nous sommes fixés…

Et surtout, le randonneur part sur le chemin avec l’envie d’arriver au sommet, avec la motivation de se surpasser dans les moments difficiles et de restaurer ses forces régulièrement… jusqu’à la fierté d’avoir réussi ou la sagesse d’avoir reconnu ses limites…
Face aux difficultés de la vie, arrêter de perdre son énergie à se lamenter… Consacrer toute cette énergie à développer la confiance en moi… Valoriser ce dont j’ai été capable plutôt que de rester accroché aux échecs… Faire confiance à mon corps, à mes ressentis et à mon mental qui sauront me suggérer les stratégies la créativité nécessaires à d’adaptation…
Oser… Oser enfin… jusqu’à la fierté !

Marc THOMAS, Consultant formateur en « Compétences relationnelles »
août 2020

Télécharger ce texte en PDF

La source de ton bien-être est en toi !

Une amie me parlait de tous les produits qu’elle prend pour son bien-être : des gouttes de ceci, de l’huile essentielle de cela, un ré-énergisant dont elle boit une petite gorgée le matin, puis une autre à midi et encore une autre le soir… Elle évoquait encore d’autres produits de bien-être qu’elle trouve grâce aux conseils de ses amis ou sur les sites spécialisés d’Internet… Tous ces produits ont pour but d’apporter le bien-être et la santé à son corps.  

Je n’ai évidemment rien contre ces produits qui sont parfois de bons stimulants pour notre santé. Mais à force de les accumuler, nous envoyons un curieux message à notre conscience, à notre inconscient et à notre corps : nous disons à notre corps qu’il ne peut pas nous apporter le bien être dont nous avons besoin… mais qu’il a sans arrêt besoin d’être assisté par des produits extérieurs.

En survalorisant ces produits, nous prenons le risque de perdre confiance en nous et en nos propres ressources, dans les ressources de notre corps, et de placer notre confiance dans des aides extérieures dont nous devenons dépendants.

Où cherchez-vous votre sécurité ? Où cherchez-vous votre bien-être ?

Faites-vous confiance à votre corps pour fabriquer toutes les ressources dont il a besoin ? Il a les capacités de cicatriser une blessure, de ressouder un os cassé, de vous faire retrouver l’énergie nécessaire par la digestion et le sommeil… Il a la capacité de vous alerter quand il ne va pas bien pour éventuellement faire appel au médecin quand c’est nécessaire… Ce n’est pas le médecin qui vous guérit, c’est votre corps qui vous guérit lui-même, grâce aux soins que le médecin lui procure !

Vous faites-vous confiance à vous-même pour prendre soin de vous, en cherchant en vous-même la source de votre bien-être ? Vous faites-vous confiance à vous-même pour choisir une alimentation saine, un rythme de vie bien-traitant, des relations épanouissantes… et de temps en temps le stimulant nécessaire pour soutenir votre corps, votre émotionnel et votre mental ?

L’humanité a vécu depuis les origines du monde, souvent plus sainement que nous, sans cette nouvelle pharmacopée du bien-être…

Et tous ces produits supposés nous mettre dans le bien-être font surtout vivre une économie qui se nourrit de votre dépendance aux produits qu’elle ne cesse de multiplier… 

Bonne santé à chacun de nous !

Marc THOMAS, Consultant formateur en « Compétences relationnelles »
août 2020

Télécharger ce texte en PDF

Vivre l’incertitude

Nous ne sommes sûrs de rien, rien n’est jamais certain…
sinon que nous mourrons un jour…
« mais nul ne sait ni je jour ni l’heure » !!!
Notre vie se déroule dans une incertitude fondamentale.

FACE A L’INCERTITUDE

L’intelligence des humains a permis de canaliser ou de maîtriser cette incertitude, en nous permettant de prévoir, d’anticiper, de nous protéger, de nous soigner, de faire face aux imprévus… La pandémie nous apprend que l’absence d’anticipation se paye cache… Et en même temps, elle nous permet de découvrir avec reconnaissance que la qualité des soins et la motivation des hommes peut faire face au danger.

La volonté de pouvoir des humains nous a fait croire que nous pouvions tout contrôler, tout maîtriser, et même mettre la nature et la planète au service de nos envies et de nos instincts possessifs… La pandémie nous rappelle qu’un petit virus est plus fort que nos pouvoirs guerriers… Et en même temps, elle permet à la planète de respirer et de sortir de l’esclavage dans lequel nous prétendions la maintenir.

Le stress des humains confrontés à l’incertitude nourrit des peurs incontrôlées, des crispations insupportables et des violences desespérées… Nous avons découvert avec stupéfaction que toutes les assurances prises et chèrement payées pour être une armure infranchissable n’avaient rien d’étanche… La pandémie, se glissant dans l’interstice de nos relations, vient transformer nos gestes de tendresse en risque mortel et nous oblige à la distance sociale… Et en même temps, elle nous rend créatifs d’autres modes relationnels et de solidarité inattendues…

Sortis de la pandémie, nous restons dans l’incertitude ! Confinés, nous ne savions pas quand ni comment nous allions en sortir… Déconfinés, nous ne savons pas s’il n’y aura pas une deuxième vague et nous ne mesurons pas encore toutes les conséquences de cette pandémie : dans quelques mois seulement, que seront devenues nos vies personnelles ? nos vacances ? les entreprises et les emplois ? les conséquences économiques ? l’avenir de la planète ? Incertitude…

L’incertitude est constitutive de la vie humaine, depuis toujours…

Elle est présente au cœur de toutes les relations dont l’avenir n’est jamais acquis d’avance…
Nous n’avons pas d’autre choix que de vivre avec elle…
A nous de choisir d’en faire une ennemie que nous craignons
et qui aura de toutes façons le dernier mot,
ou une amie imprévisible à laquelle s’adapter
pour construire notre vie comme une belle aventure…

LA PEUR DE L’INCERTITUDE

J’ai besoin de tout savoir, de tout contrôler, de garder la maîtrise…
La peur me rend malade mais aussi me met au centre d’un monde perçu comme hostile,
où l’autre n’est plus qu’un intérêt ou un danger pour ma propre sécurité…
Et tout imprévu est une catastrophe !

L’ACCUEIL DE L’INCERTITUDE

J’accepte de ne pas tout savoir et d’aller chercher ou demander,
cherchant des solutions plutôt que de me plaindre et de ressasser les problèmes,
et découvrant les autres, la solidarité et le partenariat comme autant de ressources…

J’accepte de ne pas tout contrôler, et d’accueillir l’imprévu
découvrant mes capacités d’adaptation et de réaction,
et la reconnaissance pour celles et ceux qui viennent me prêter main forte…

J’accepte de ne pas tout maîtriser, de faire confiance à d’autres
quand ce n’est pas de mes compétences, prenant ma part dans la construction du monde,
me protégeant des forces destructrices,
et créant des synergies pour vivre et inventer ensemble dans l’interdépendance…

PASSER DE LA PEUR A L’ACCUEIL : LA CONFIANCE

Regardons-nous quand nous avons peur :
notre peur se nourrit principalement des dangers extérieurs :
le virus, la violence, le cyclone, les relations toxiques,
l’imprudence des autres, l’autoritarisme des chefs…
Ces événements extérieurs nous mettent dans tous nos états,
nous recroquevillent sur nous-mêmes…
Nous sommes dans la méfiance et le jugement,
nous ressassons la rancœur et les dénonciations…

Regardons-nous quand nous accueillons l’incertitude ou l’imprévu :
nous sommes confrontés aux mêmes dangers extérieurs,
mais au lieu de nourrir la peur, ils déclenchent en nous une énergie :
nous cherchons à comprendre, à nous protéger, à nous laisser surprendre par l’inattendu…
Nous sommes dans l’adaptation et le discernement,
nous faisons le tri entre le risque et l’opportunité…

La peur vient quand nous avons mis notre confiance dans des sécurités extérieures :
une maison, un métier, de l’argent, des habitudes, des assurances tout-risque…
Nous leur avons remis les clés de notre bien-être…
Quand ces sécurités extérieures sont ébranlées, nous sommes dévastés.

L’accueil vient quand nous avons mis notre confiance dans nos ressources intérieures,
dans nos capacités d’analyse, d’adaptation, de réaction, de relations constructives…
Nous savons que les clés de notre bien-être sont dans nos valeurs et nos capacités.
Quand nos sécurités extérieures sont ébranlées,
la confiance en soi et en l’autre nous permet de faire face.

La peur nous fait nous raidir…
Dans la tempête, les arbres aux branches rigides cassent très vite.
La confiance en soi nous rend souples…
comme les branches de palmiers secouées sans rompre…

VIVRE CONFIANT AVEC L’INCERTITUDE

La prochaine fois que tu es confronté à l’incertitude,
plutôt que te laisser envahir par l’incertitude extérieure
et de transformer le petit caillou en montagne,

Tourne-toi vers toi-même…
Cherche à analyser et à comprendre l’incertitude, comme si tu la filmais avec une caméra…
Ecoute ce que ça te fait, tes ressentis, ta peur sans t’y noyer :
tu n’es pas ta peur : décris-la de l’extérieur, donne-lui un nom, une couleur, une odeur…
Cherche en toi tes ressources :
tes capacités et compétences pour faire face à cette incertitude…
Fais appel à un proche pour lui demander du soutien ou un conseil…

Et seulement alors reviens à la rencontre de ce qui a déclenché l’incertitude
et entre en dialogue avec ce déclencheur et cette incertitude :
accueille l’imprévu en le regardant à travers les lunettes de tes ressources personnelles,
identifie l’éventuel danger à partir de tes capacités de protection,
négocie avec toi-même jusqu’où tu peux t’adapter à l’imprévu,
et ressens déjà que ce début de confiance en toi minimise ta peur de l’incertitude.

Cette attitude nouvelle nécessite sûrement un entraînement, une rééducation…
Mais tu verras : les résultats viennent vite… et tu pourras rapidement être fier de toi !

Marc THOMAS, Consultant en Compétences relationnelles
26 avril 2020
mthomas@competences-relationnelles.com

Télécharger le texte en PDF

Sortir de la culpabilité

Couverture2Pendant une formation, Mathilde, retraitée, raconte comment, à 20 ans, elle a voulu protéger son petit frère en l’empêchant de regarder la télévision. Elle se souvient l’avoir attrapé dans le fauteuil et l’avoir traîné avec violence loin de la télévision. En racontant cela, Mathilde est submergée par une forte émotion, évoquant la répétition fréquente de cette stratégie dans des relations qu’elle voudrait pourtant bienveillantes. Quelques jours après, elle m’écrit la prise de conscience qu’elle vient de faire : « J’ai pris conscience de cette culpabilité récurrente qui me fait ressasser mes échecs relationnels parce que je mets en place des actes violents alors que je souhaite des relations empreintes de bienveillance réciproque. » J’ai écrit ceci à Mathilde :

La prise de conscience que tu as faite est importante pour toi : tu as découvert que ton intention était juste – protéger ton petit frère -, mais que la stratégie était violente quand tu as éloigné ton frère de la télévision. Cette distorsion entre ton intention et la stratégie employée a généré de la culpabilité qui se réactive dans de nombreuses autres relations… depuis plus de 40 ans !

Cette prise de conscience a déjà transformé ta tristesse en enthousiasme. Il suffit que tu sois vigilante et que tu continues, « d’écouter plus loin chez moi », comme tu l’écris si bien. Certaines de tes réactions vont changer toutes seules. Tu y sentiras un goût de liberté. Et quand tu auras la tentation de retomber dans les réactions du passé, tu pourras parfois t’arrêter. D’autres fois, tu recommenceras comme avant : ne t’en désole pas ! La « rééducation » prend du temps, on ne se défait pas d’un seul coup des stratégies du passé devenues des automatismes.

Chaque fois que tu te sens coupable, cherche l’intention positive derrière l’erreur !

L’enjeu, c’est de tenir ensemble deux postures différentes : d’une part garder la fermeté : elle fixe des repères et des limites, elle refuse ce qui peut détruire, elle manifeste son désaccord, elle dénonce l’injustice, elle exerce l’autorité légitime qui nous est confiée… et d’autre part et dans le même temps la bienveillance qui favorise des relations sincères où l’autre se sent reconnu et valorisé.

Ces deux postures sont-elles contradictoires ? Oui quand, centrés sur notre seul intérêt, nous jugeons la personne au lieu de dénoncer l’acte ; et la fermeté se transforme en violence.

Ces deux postures sont complémentaires : la fermeté et la bienveillance sont comme les deux jambes qui permettent de tenir en équilibre et d’avancer. Un jour, des élèves adolescents en grande difficulté me parlaient d’un professeur dont ils se moquaient en disant : « C’est un bouffon ! Il nous laisse faire n’importe quoi ». Puis ils me parlaient d’un autre professeur qu’ils aimaient bien : « Il est sévère, mais il nous respecte ». Et ils expliquaient : « Sévère, ça veut dire qu’il ne nous laisse pas faire n’importe quoi. Mais il nous respecte parce qu’on peut toujours parler avec lui et il nous fait réfléchir à nos actes. » Fermeté et bienveillance déclenchent alors le respect mutuel et le bien-être relationnel.

Marc THOMAS, Consultant Formateur en « Compétences relationnelles »
Mars 2014

Télécharger cet article au format PDF

En souplesse

A l’Etang St Paul, à la Réunion,
une sorte de forêt en bord de mer, habituellement très paisible.
Après la grande tempête Fakir, partout des arbres déterrés,
et des branches arrachées qui jonchent le sol
ou restent suspendues entre ciel et terre.
la forêt est à genoux, dévastée.

Sauf dans la palmeraie : la plupart des palmiers sont debout,
quelques branches sèches ont été arrachées,
mais elles avaient fini leur vie
et la tempête a permis ce toilettage :
la palmeraie est debout avec encore plus de noblesse.

Debout les palmiers aux branches souples :
tordues par le vent, elles plient mais ne rompent pas.

Dévastés les arbres aux branches raides et rigides :
Incapable de se plier, elles cassent sous la tempête.

Et toi, comment es-tu ?
Souple comme le palmier,
tu résistes à la tempête en t’adaptant avec souplesse ?
Ou rigide et raide,
tu casses ou tu « te casses » ?

Face aux contrariétés de la vie,
nous avons souvent tendance à nous crisper, à nous cabrer,
et nous nous raidissons, croyant être ainsi plus forts.
Mais la vie devient un combat permanent,
nous ne vivons plus pour nos valeurs, mais contre tout ce et tous ceux qui nous agressent.
Nous sommes de plus en plus acariâtres, en lutte face aux événements et aux personnes,
et nous nous épuisons à nous raidir face aux vents contraires,
« cassés » jusqu’à l’agressivité, la somatisation, le burn out…

J’apprends la souplesse du palmier…
M’ancrer à l’intérieur de moi, dans la souplesse d’émotions fluctuantes
et la fragilité de mes manques et de mes besoins…
Trouver à l’intérieur de moi mes ressources, mes talents, mes limites,
écouter ce qui sonne juste, désinfecter ce qui est blessé…
En prenant soin de moi, je me suis assoupli,
et j’ai découvert à quel point la vie prend soin de moi.

Avant, un rien m’énervait…
depuis que j’ai cherché mes besoins qui se cachaient derrière ce qui m’énervait,

je suis moins influencé par les aléas de la vie…

J’apprends la souplesse du palmier…
Accueillir les événements comme ils viennent,
sans m’y précipiter tête baissée quand ils m’attirent,
sans me cabrer quand ils m’agressent.
Les recevoir comme un message porteur de sens…
Plutôt que de vouloir tout programmer et formater,
je choisis de m’adapter à la situation avec ce que je suis,
d’y apporter ma contribution, de m’en protéger si nécessaire.
Et je découvre au cœur de cette situation des opportunités inattendues.
Tous les changements de ma vie sont survenus quand, ayant lâché prise, 
j’ai su réagir en restant moi-même et en m’adaptant à la situation.

En 2006, j’avais acheté ma maison en Lorraine,
pensant m’installer dans la maison de mes rêves jusqu’à ma mort.

Je suis parti à la Réunion par hasard au lendemain de cet achat,
sans imaginer un instant que j’allais m’y installer 8 ans après,
sans le moindre regret…

J’apprends la souplesse du palmier…
Me poser dans la relation sans chercher à m’imposer,
sans peur de dire clairement ce que je pense et ce que je propose.
Renoncer au « tu » qui accuse et qui juge,
et choisir le « je » de mes ressentis et de mes limites.
Renoncer au silence des soumissions et des compromissions,
et choisir de pouvoir dire non quand c’est non et oui quand c’est oui.
Renoncer à convaincre pour avoir raison,
et choisir l’expression des points de vue différents pour s’ajuster.
Et passer de la guerre qui détruit au dialogue qui crée et qui construit.

Je suis un grand sensible, et ma sensibilité me conduisait à être agressif…
Je n’imaginais pas un instant qu’un travail sur moi effectué autour de la cinquantaine

allait faire grandir la confiance en moi et, automatiquement, faire baisser l’agressivité.

J’apprends la souplesse du palmier…
Partager avec mes amis et mes proches dans la simplicité et la sincérité
partager ensemble ce que je suis et de ce que nous sommes,
plutôt que de vouloir leur plaire ou prouver ma valeur.
Chercher chez les autres les ressources qui me manquent,
plutôt que jalouser celles et ceux qui ont d’autres talents que moi.
Oser être moi-même, dans le respect de l’autre,
m’affirmer tout en restant à l’écoute
et me protéger en laissant à l’autre la responsabilité de ses critiques.

Ma solitude me conduisait souvent
à attendre des autres plus que ce qu’ils pouvaient me donner.
Depuis que je suis allé chercher en moi ce qui me manquait,

je déguste des relations simples et gratuites où je reçois plus que je ne l’espérais.

Non, non ! Ne croyez pas que je suis arrivé au nirvana !
J’apprendrai jusqu’au dernier jour !
Comme tout être humain et comme vous
j’ai mes difficultés et mes souffrances,
mes pas en arrière et mes freins,
mes ornières et mes péchés mignons…
Mais ces ombres ne font que mettre en valeur la lumière
que je porte en moi, que vous portez en vous.
Et s’il me reste des raideurs, et s’il vous reste des raideurs,
elles peuvent s’assouplir, chaque fois que
nous nous accueillons nous-mêmes au cœur de la vie telle qu’elle vient.

Marc THOMAS, Consultant formateur en « Compétences relationnelles »
14 mai 2018
Écrire à l’auteur : mthomas@competences-relationnelles.com
Téléchargez cet article en pdf

Comme semence en terre…

Jean-Yves Leloup (http://www.jeanyvesleloup.eu/) écrit :
« Nous sommes déjà descendus par milliers dans la rue
pour exprimer notre insatisfaction, nos peurs et notre colère…
Avec le coronavirus et autres « maladies de la mort »,
nous sommes maintenant obligés de descendre en nous-mêmes
pour intégrer et peut-être transformer nos peurs, nos colères et notre amertume.
C’est ce qu’on appelle un retournement (métanoïa).

Le face à face avec soi-même et la pratique de la méditation
peuvent nous aider, avec une lucidité qui ne cède pas au désespoir,
à cette transformation (personnelle, sociale, cosmique, économique). »
(Extrait de la page Facebook : @alafleurdesoideveloppement)

Pour pouvoir germer et libérer toutes les ressources qu’elle porte en elle,
la semence doit être enfouie en terre, parfois pendant de long mois…

Certains terreaux sont plus favorables que d’autres…
C’est plus facile d’être confinés
à deux dans une maison spacieuse et lumineuse face à la mer
qu’avec 3 ou 4 enfants dans un appartement exigu et surchauffé en ville…

Parfois le temps paraît long et improductif…
Un long hiver de gel et de froidure où apparemment rien ne se passe…
et c’est pourtant le temps de l’enracinement…
On dit que les pommiers ne donnent des fruits que là où il gèle l’hiver…

Parfois la terre ensemencée se dessèche…
On peut en rester au triste constat et se lamenter,
ou aller chercher plus profond la source qui irrigue…
Un cœur desséché n’est jamais privé de source…
Un cœur desséché n’a pas encore trouvé la source indestructible qui l’habite.
Même nos pires turpitudes ne peuvent assécher définitivement la source !

Une amie écrit :
« J’ai oublié pendant quelques temps cette évidence :
ce lieu qui en nous à aucun moment ne peut être abîmé, ne peut être atteint…
ce lieu si vaste, immatériel…non physique ..même pas vibratoire
qui nous relie à nos racines,
Source universelle, Conscience universelle et non karma de nos psychoses. »

Toujours il faut veiller à la fécondité des semences confinées en terre…
Une amie me disait aujourd’hui :
« Plus question de voyages ! Confiné, tu es planté là ! »
Cela m’évoquait une phrase reçue un jour d’un ami :
« Fleuris où tu es semé… »
Ameublir la terre, lui apporter l’engrais nécessaire, l’arroser…
et plus tard éloigner les prédateurs, partager avec les oiseaux…
Se confiner pour prendre soin de soi,
ameublir nos rigidités,
nourrir notre intériorité,
abreuver nos soifs d’être
plutôt que d’avoir…

→ Compétences relationnelles Océan Indien vous propose des outils
pour ameublir, nourrir, abreuver….

Lorsque les semences sont confinées en terre,
vient le temps de l’espérance en la fécondité de la récolte !
Le temps du confinement est le temps de la foi :
la vie surgira, sortant de la germination et du confinement…
Mais attention : si on tirait sur les feuilles qui sortent de terre
pour qu’elles poussent plus vite, on les tuerait !

Il nous faudra prendre le temps de « laisser sortir » plutôt que de sortir…
nous laisser surprendre par les pousses inattendues qui auront germé en nous…
Nous serons devenus nouveaux, plus enracinés, plus florifères, plus fructueux…
Et la nature nous indique déjà le genre de nouveautés à venir :
un monde moins pollué, plus respirable, lavé de l’intoxication…
Nous aurons envie de le préserver en choisissant des valeurs durables,
en désinfectant nos relations oppressantes et toxiques…
Comme on préserve une nouvelle récolte
pour en déguster la saveur et s’en nourrir…

Un monde nouveau est en train de naître…
Osons le pari d’y croire et d’en protéger ou confiner les semences !

Marc THOMAS, Consultant en Compétences relationnelles
27 mars 2020, en pleine épidémie du Coronavirus

Téléchargez en PDF                                    Ecrire à l’auteur