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Atelier : S’EXERCER
à la communication bienveillante

Au choix

– à L’ÉTANG ST PAUL samedi 10 octobre 9h30-12h

– à STE SUZANNE samedi 17 octobre 9h30-12h


Atelier proposé en priorité à celles et ceux
qui ont déjà participé
à un atelier « Bienveillance »
ou à une formation en Communication bienveillante

 

OBJECTIF : Apprendre sur soi et sur l’autre en s’exerçant à :

  • distinguer les faits, les perceptions, les impacts sur soi et sur l’autre
  • transformer les jugements et reproches :
    • s’en protéger : nommer et interroger mes limites et en prendre soin
    • passer de l’accusation de l’autre à l’affirmation de soi
    • quitter les reproches sur l’autres pour passer à l’expression de mes besoins
  • restaurer la relation :
    • passer de la méfiance envers l’autre à la confiance en soi
    • prendre en compte la différence de l’autre et chercher la coopération et l’interaction créative

DÉROULEMENT

  • Se mettre dans un climat de bienveillance
    • Accueil mutuel
    • Postit 
  • S’exercer: « la vieille tante »
    • Présentation de la situation
    • 1er temps : tour de réponses spontanées
    • 2ème temps : débriefing des réponses spontanées
    • 3ème temps : jouer la suite
    • éventuellement : autres jeux de rôles à partir de situations vécues
  • Evaluer
    • qu’est-ce qui a résonné en moi ? Qu’est-ce que j’ai envie de garder et de faire fructifier ?
    • intérêt de l’atelier
  • Perspectives de suite…

Organisation : ces ateliers se passent dans la nature, sous les arbres.
Prévoyez un anti-moustiques et de quoi vous asseoir.

Tarif libre : un panier sera proposé à tous.
A titre indicatif, un tarif de 25€ par personne permet de couvrir les frais et de participer à la rémunération de l’animateur. Chacun met anonymement ce qu’il veut et ce qu’il peut.

INSCRIPTION NÉCESSAIRE par mail à reunion@competences-relationnelles.com
Le lieu exact sera précisé deux jours avant aux inscrits.

Renseignements : Marc THOMAS – 0693 41 96 62

Téléchargez ici en PDF la présentation de cet atelier.

La bienveillance : un choix exigent

Bienveillance : ce mot a parfois mauvaise presse 
quand il évoque
« tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil »…
Comme si la bienveillance devait nous faire
tout accepter et tout pardonner…
Comme si comprendre nous conduisait nécessairement
à accepter l’inacceptable et à nous taire…
Comme si la bienveillance consistait
à excuser les déviances jusqu’à accepter d’être victime…

La bienveillance est une « veillance »,
c’est-à-dire une veille attentive, une vigilance…
Une vigilance au bien…

Dans notre part sauvage,
nous répondons à l’agression par l’agression ou par la violence,
au mal subi par le mal agi, à la blessure par la vengeance,
à la misère par le terrorisme…
Nous en connaissons les dégâts
et nous savons que cela ne fait qu’aggraver les choses…

Dans notre part bienveillante,
nous allons choisir d’établir un autre rapport de force :
une vigilance et un engagement à ne répondre au mal que par le bien…
à répondre à l’injustice par une combat pour la justice…
à répondre à la violence par la solidarité et la réaffirmation de la loi…
à répondre au reproche non par d’autre reproches,
mais par l’affirmation de mes choix et de mes limites…

La bienveillance est un rapport de force
basé sur le respect de soi et de l’autre,
sur le consentement à la différence et au désaccord,
sur l’investissement parfois onéreux
pour négocier et prendre en compte les intérêts de chacun.
sur une vigilance à ne pas identifier l’autre à son erreur ou à ce qui nous énerve,
mais à chercher derrière l’erreur ses ressources, ses capacités et sa richesse…

La bienveillance est un choix exigeant !
Je sais que je peux être malveillant, et c’est pour cela que je choisis la bienveillance.
Je refuse de répondre à la malveillance de l’autre par ma propre malveillance.
Je refuse explicitement toute compromission avec les actes destructeurs,
mais je choisis de porter sur la personne qui pose ces actes
un regard bienveillant qui croit en un changement possible et en ses ressources,
Seul un regard bienveillant qui distingue la personne de ses actes
est capable de désarmer…

Marc THOMAS, Consultant formateur en « Compétences relationnelles »
février 2018
Écrire à l’auteur : mthomas@competences-relationnelles.com
Téléchargez cet article en pdf

CONFINEMENT : notre contribution

ET MOI ?   TEXTES   VIDÉOS  MUSIQUES  IMAGES  ET APRES ?

 

Difficile confinement qui change  nos modes de vie
et nous retreint parfois dans l’exiguïté…
Salutaire confinement
qui nous protège et où nous protégeons tous les autres…
Bénéfique confinement
si nous en profitons pour réactiver nos sources intérieures

C’est à ce « bénéfice » que Compétences relationnelles Océan Indien veut contribuer ici.

Cette page sera complétée au jour le jour… N’hésitez pas à proposer dans les commentaires de bas de page.  Nous nous associons cependant aux conditions fixées sur la page Facebook du Cabinet TransDisciplines… Vous trouverez ces conditions ici !


Bien vivre le confinement par un TRAVAIL SUR SOI

Des « outils » pour être bien avec soi-même

Glanés ici ou là (merci aux auteurs), ces « outils » peuvent nous aider à nous ajuster à la fois à nous-mêmes et à la situation particulière du confinement, pour nous aider à la traverser plus sereinement, pour en profiter pour « grandir » intérieurement…

Méditation laïque de pleine conscience en visioconférence

par MBSR-MBCT Océan Indien – Philippe LAOURDE
En raison du nombre important d’inscriptions,
de nouveaux créneaux  pour vous inscrire : Cliquez ici
Les places étant limitées, il est impératif de vous in,scrire par mail auprès de Philippe Laourde à contact@pleineconscience.re

L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est murir-300x130.jpg.

Des INTERVIEW


PROPOSITIONS pour FACILITER LE CONFINEMENT

– Une écoute

Nous accompagnons par téléphone les personnes qui ont besoin d’un échange pour vivre mieux ce temps de confinement ou la peur de la maladie.
NOUS ÉCOUTONS GRATUITEMENT LES PERSONNELS SOIGNANTS
qui ont besoin d’un espace de parole pour décompresser.
Marc THOMAS – 0693 41 96 62 – mthomas @competences-relationnelles.com

– un espace d’écoute spécialisé pour les personnels soignants

des livraisons alimentaires à domicile

Reso RestNoutKaz


ET APRES LE CONFINEMENT :
changer quoi ? changer comment ?

« Il nous faudra sans doute, pour changer jusqu’au tréfonds de nos consciences,
laisser nos arrogances et apprendre avec simplicité les gestes qui nous relient aux évidences.
Retrouver un peu du sentiment de ces êtres premiers
pour qui la création, les créatures et la terre étaient avant tout sacrées.  » (Pierre Rabhi)


Des TEXTES pour se nourrir

Textes de Marc THOMAS
Paradoxes et solidarité
Sortir de l’asphyxie pour respirer enfin
Confinés comme semence en terre
« Une main lave l’autre »
Solidaires : juguler l’épidémie de la peur
– Textes pour un « Travail sur soi »
– Textes pour « Ajuster ses relations »
Réactions de lecteurs
« Comme si les gens avaient changé… »
Les bienfaits du Confinement
COOL le travail scolaire en période de confinement 
par une professeure des écoles
Ecrivez vos commentaires en bas de page,
pour que nous puissions alimenter cette rubrique… Merci !
Textes d’autres auteurs
Tsunami épidémique à l’hôpital
des médecins de l’hôpital de Mulhouse racontent
« Nous ne sommes pas en guerre »
par Sophie Mainguy, médecin urgentiste
« Et le virus prit la parole… »
par Nana, l’Art d’être Soi
Descendre dans la rue… en nous-mêmes
par Jean-Yves Leloup
La vie ordinaire est bonne, nous ne savions pas le voir, par Ch. André, psychiatre
Comment puis-je faire face à l’isolement ?
par Nelson Velasquez, Facebook
MERVEILLEUX TÉMOIGNAGE d’un INTERNE dans les hôpitaux d’ILE DE FRANCE
Vivre avec l’incertitude
par Edgar Morin, philosophe
Un peu d’humour
par un auteur inconnu
Renforcer nous-mêmes notre système immunitaire
par Alix Merle des Isles, Naturopathe
Avant le coronavirus, nous étions déjà enfermés mais nous ne le savions pas ,
par Abdennour Bidar, philosophe
Il faut changer de logiciel,
par Xavier Alberti, Dirigeant d’entreprise
Et la terre commença à respirer…
par Catherine Testa
Le cosmos a sa façon de rééquilibrer…
par Raffaele Morelli, psychiatre italien
Cabinet TransDiciplines :
nombreux textes et images de grande valeur
Le monde qui marchait sur la tête est en train de remettre ses idées à l’endroit
par Coline Serreau, réalisatrice
Ce moment que l’humanité traverse 
par Aigle blanc, indigène Hopi
Une expérience philosophique gigantesque
par R.-P. Droit, philosophe et journaliste
Le confinement dans la Bible
par Mélinée Le Priol
Coronavirus : quid de l’impact psychique ?
par Parwa Mounoussamy et V. Poisson
La spirale des violences conjugales
par Hélène Pouille
Faux procès et vrais enjeux, par Eric Sagan
Sismothérapie pour un irresponsable
par un médecin chef de réanimation
Le virus de l’humilité, par Erwan Le Morhedec
Laissez-nous mourir comme nous voulons,
par André Comte-Sponville, philosophe
Comment vivre le confinement,
par Christophe André, psychiâtre

DES APPELS A L’AIDE


DES JEUX pour les enfants… et les grands enfants !!!


Des VIDEOS

C’EST QUOI LE BONHEUR POUR VOUS ? 
Film gratuit pendant le confinement :
par Julien PERON

SLAM par un ami réunionnais :
« DAN’ NOUT MAIN » (Freestyle en confinement)
, par Vince Lak’ech Rappeur/Causeur.

PAYSAGE RÉUNIONNAIS DÉSERTS…

LES CHOSES VRAIMENT IMPORTANTES…

DÉJA EN 1977, le Commandant COUSTEAU interpellait…

CE QUE LE VIRUS NOUS DIT DE NOTRE AVENIR

PETIT CORONA DISCUTE AVEC PAPA
Cette vidéo est comme une fable de La Fontaine, ou comme un conte…
Ce n’est pas Dieu qui parle à l’enfant, mais la terre qui parle aux hommes…

« DIRE MERCI » – Message de soutien aux soignants du Ballet de l’Opéra national de Paris


Pour RESPIRER en MUSIQUE

MUSIQUE SANTÉ :
Équilibre émotionnel et respiration

Pour celles et ceux qui manquent de CONCERTS et de SPORT
Beethoven en vélo !

LA TENDRESSE
Symphonie confinée

LA PANDÉMIE CRÉOLE soutient les soignants et ceux qui bossent
« Des mal masqués »

L’ORCHESTRE NATIONAL DE FRANCE en confinement
Le bolero de Ravel

ET DEMAIN LE COLLECTIF remercient les soignants
Des artistes et personnalités chantent

EFFETS SECONDAIRES
Slam Covid-19 de Grand Corps Malade


Pour le dire en IMAGES

à télécharger : Pour sourire juste un peu !

SOLIDAIRES pour
juguler ensemble L’ÉPIDÉMIE DE LA PEUR

Un virus mondialisé !

Avec ou sans virus,
depuis toujours et pour toujours,
d’un bout à l’autre du monde,
chacun respire l’air passé dans les poumons de ses voisins.
Une respiration sans barrières ni frontières
contagieuse de vie ou de toxicité…
C’est l’interconnexion qui nous relie chacun à tous les autres,
de la naissance à la mort !

Quel beau symbole paradoxal, notre respiration :
respirer : la nécessité première du vivant…
respirer : l’un des principaux risques d’intoxication mortelle…
Du premier inspire au dernier soupir, nous sommes reliés
plongés dans le même air où nous respirons la vie et la mort…

Si nous voulons respirer pour vivre, masqués ou non,
nous n’avons pas d’autre choix que cette interconnexion.
Cette interconnexion qui nous apparaît aujourd’hui comme un danger,
est paradoxalement, notre seule planche de salut :
nous la fuyons au risque de l’enfermement et de la méfiance,
ou nous l’acceptons au pari de la solidarité et de la confiance.

Un virus mondialisé !
Il nourrit les peurs de l’autre
au point d’amplifier les méfiances et les racismes
et de déclencher des « sauve-qui-peut » individualistes et parfois assassins.
Vouloir respirer seul, coupés du monde, dans la méfiance et le rejet,
nous conduit plus sûrement encore et à court terme à l’asphyxie !

Nous n’avons pas d’autre choix que d’être solidaires
en se protégeant et en protégeant tous les autres
par la distance ou le confinement,
comme une crème ou un chapeau
protège des brûlures du soleil…
Nous n’avons pas d’autre choix que d’être solidaires,
refusant de stigmatiser ceux qui pourraient nous contaminer,
protégeant les plus fragiles,
et acceptant notre commune fragilité d’être humains,
tous potentiellement contaminés et contaminants,
et pas seulement du coronavirus !

Solidaires pour transformer nos fragilités en force collective…

Un virus mondialisé !
Il nourrit les peurs sur l’économie et le travail,
au point de faire chuter les bourses,
et d’inquiéter légitimement les entreprises les plus fragiles.

Nous n’avons pas d’autre choix que d’être solidaires,
apprenant à réagir dans la confiance plutôt que dans la peur du manque,
privilégiant les petits commerçants ou les travailleurs les plus en danger,
interrogeant les limites de la mondialisation économique,
dénonçant les stratégies du « toujours plus » au bénéfice de quelques-uns,
inventant des moyens nouveaux pour respecter toute fragilité,
et d’abord celle d’un environnement essoufflé de notre sur-consommation.

Solidaires pour sauver la planète
en remplaçant la compétition par la coopération.

Un virus mondialisé !
Il nourrit nos peurs de perdre et de nous perdre,
perdre notre indépendance et notre liberté d’aller et de venir,
perdre tous ces éléments extérieurs
auxquels nous avons dévolu la garantie de notre sécurité,
parce que nous n’avons pas cherché dans nos ressources intérieures
la seule sécurité qui rend vraiment heureux…

Nous n’avons pas d’autre choix que d’être solidaires
pour nous protéger et protéger les autres :
décider de privilégier la confiance en soi et la confiance en l’autre,
choisir de se confiner parfois en soi pour mieux s’écouter,
éructer son venin agressif dans son coude plutôt que sur l’autre,
désinfecter nos blessures comme on jette un mouchoir ou une compresse infectés
plutôt que de se replonger sans cesse dans la rumination de l’aigreur,
mettre de l’espace dans des affects trop fusionnels ou explosifs,
pour trouver la distance favorable à une relation vraie
où chacun reste autonome dans l’échange et le partage…

Solidaires pour expérimenter le bonheur d’être soi au milieu des autres.

Un virus mondialisé !
Il nourrit nos peurs nos peurs de l’imprévu et de l’inconnu,
de la maladie et de la mort,
Il nous déstabilise devant ce que nous ne maîtrisons pas…

Nous n’avons pas d’autre choix que d’être solidaires
et confiants dans les scientifiques et médecins  du monde entier
interconnectés les uns aux autres, je l’espère,
pour décoder ce virus et toutes les autres maladies et nous en protéger…
Solidaires comme tous les voisins, amis et soignants
qui veillent sur les malades confinés en quatorzaine…
Solidaires comme celles et ceux qui cherchent à faire tourner les entreprises
dans des conditions nouvelles, imprévues et improbables,
pour assurer le minimum vital, social et démocratique à chacune et chacun…
Solidaires, apprenant grâce à cette épidémie
à jeter comme un mouchoir infecté notre « chacun-pour-soi » suicidaire,
et à conforter notre interdépendance vitale.

Solidaires pour bénéficier tous
des richesses de l’interdépendance et de la diversité.

Fragiles et solidaires…
pour juguler ensemble l’épidémie de la peur !

Marc THOMAS
Consultant formateur en Compétences relationnelles
mthomas@competences-relationnelles.com

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N’aie pas peur d’avoir peur… de la relation

LA PEUR DE LA RELATION…

Dans ces situations où je me compare à l’autre et où je ne me sens pas à la hauteur… Ou quand j’ai peur de blesser l’autre ou de le décevoir… Et encore quand je rumine les reproches et jugements qui m’ont fait si mal… Dans ces situations aussi de compétition permanente… Quand l’un de nous veut prendre le pouvoir ou avoir raison… Quand je me soumets au désir ou au besoin de l’autre parce que j’ai peur d’être abandonné ou rejeté…

Les situations que je viens d’évoquer ne méritent pas le nom de « relations ». Elles sont des liens qui ligotent, des enfermements qui asphyxient, des poisons qui détruisent. Si tu n’es pas toi-même, tu n’es plus dans la relation mais dans la soumission ou la domination.

Qui dit relation dit autonomie dans l’échange, liberté de choix, partage dans le respect… Pour créer ce genre relation ou chacun peut être lui-même et s’enrichir de l’autre, deux pistes incontournables :

D’abord oser être soi-même, comme décrit dans la partie sur la peur de soi. En cas de tension ou de conflit dans une relation, cesser de parler de l’autre, quitter le registre des reproches et des jugements. Parler de moi, non pas pour dire que j’ai raison et qu’il a tort, mais pour dire ce que je vois, ce que je ressens, ce dont j’ai besoin, ce que je demande, ce que je propose, ce que je refuse… Cela me permet d’exister dans la relation sans nier l’autre ni l’accuser.

Ensuite me protéger des reproches et des jugements de l’autre, et de son agressivité. Apprendre à s’en protéger en découvrant que les reproches et les jugements qu’il m’adresse ne parlent que de lui, de son mécontentement, de son stress, de ses insatisfactions. Apprendre que la colère peut être justifiée, mais qu’elle parle d’abord de celui qui est en colère, de ce qu’il ne supporte pas ou n’accepte pas… Chercher derrière les reproches que l’autre m’adresse, non pas d’abord ce que j’ai fait, mais d’abord en quoi lui est blessé et qu’est-ce que ça dit de lui… Sans agressivité et sans je me justifier, libéré de la peur, je ne me sentirai plus enfermé par ses jugements… car moi seul sait qui je suis et ce que je peux offrir à l’autre dans le cadre d’une relation de liberté et de respect…

N’aie pas peur de ta peur !
Cherche derrière ta peur le désir d’être toi-même et les chemins de la liberté.

Marc THOMAS, Consultant-Formateur en « Compétences relationnelles »
2 avril 2016

Écrire à l’auteur : mthomas@competences-relationnelles.com

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Renoncer aux reproches et aux jugements

Dev-Hum-Couverture1Les reproches et les jugements pourrissent bien des relations. Les couples, les familles, les équipes de travail en savent quelque chose !

Souvent en situation de tension, chacun parle de l’autre pour le juger ou lui faire des reproches, ou pour le convaincre qu’il se trompe : ceci ne fait qu’amplifier la tension. Parfois, pour éviter les conséquences désastreuses de ces reproches et de ces jugements, nous préférons nous taire, accepter, nous soumettre… mais à quel prix ! Car le silence nous enferme dans les rancœurs et les blessures et détruit la relation à petit feu.

Il est pourtant simple de sortir des reproches et des jugements, à condition d’accepter de se rééduquer en s’entraînant à utiliser des outils relationnels accessibles à tous. Ils permettent de dénoncer les actes sans juger les personnes, de sortir du silence pour nous exprimer sincèrement, sans peur ni agressivité.

Le premier « outil » relationnel consiste à distinguer l’acte et la personne, dans deux directions :

  • porter mon regard vers l’autre: habituellement, je juge la personne… à cause ce qu’elle a fait ; je vais maintenant renoncer à juger la personne, mais pouvoir parler de qu’elle a fait : « tu ne fais jamais attention à moi » devient : « quand es rentré dans le bureau, tu ne m’as pas dit bonjour, et cela arrive souvent ». Ou encore : « tu es nul… » devient : « ton devoir vaut zéro car tu as fait 10 fautes ; pourtant je sais que tu es capable de faire mieux ».
  • porter mon regard vers moi pour distinguer les faits et ce que ça me fait; en effet, le reproche ou le jugement que j’adresse à l’autre ne vient pas d’abord de l’acte qu’il a posé, mais de son impact sur moi : selon les moments, les personnes et les circonstances, la même insulte peut me faire rire ou me blesser. L’acte ou l’insulte n’est que le déclencheur, ma réaction exprime la manière dont je le reçois : je peux réussir à me protéger en laissant à l’autre la responsabilité de ses actes et de ses paroles ; ou je les laisse entrer en moi et les prends pour moi… Ma réaction qui s’adresse à l’autre en terme de reproche ou de jugement ne parle que de moi, de mon ressenti, de ma blessure. Pour mettre en œuvre cet outil, je peux me retirer momentanément de la relation pour écouter ce que ça me fait sur le moment, ce que ça fait résonner en moi de vieilles blessures, et pour en prendre soin sans le projeter sur l’autre.

Le deuxième « outil » relationnel est la conséquence directe du précédent : il s’agit de renoncer à parler de l’autre pour parler des faits et pour oser parler de soi. Quitter les reproches et les jugements, c’est renoncer au « tu » qui accuse et qui juge l’autre pour choisir le « je » qui exprime ce que je vis. Par exemple, « tu m’as blessé » devient : « quand tu as dit ceci…, j’ai été blessé parce que cela a touché quelque chose de très sensible en moi » ; ou encore : « tu ne m’écoutes jamais » devient : « j’ai quelque chose à te dire, ça fait plusieurs fois que j’essaye de te parler mais je n’y arrive pas (ou éventuellement : je ne te sens pas disponible) et cela me perturbe ».

Cette invitation à parler de soi peut nous faire hésiter et faire réagir le partenaire : est-ce judicieux de se mettre en avant ? de parler de soi comme si on était le centre du monde ? de s’imposer à l’autre comme si nous possédions la vérité ? Or il ne s’agit pas du tout de cela. Parler en « je » n’a pas pour but de m’imposer à l’autre, mais d’exister dans la relation : non pas imposer un « moi je » qui voudrait avoir raison et qui mépriserait l’autre, mais sortir du silence ou du reproche pour exprimer ce que je vis, ce que je ressens, ce que j’attends… Il s’agit d’oser parler pour m’affirmer comme sujet et acteur et d’inviter l’autre à en faire autant. Comment s’y prendre pour parler de soi sans apparaître prétentieux ?

C’est ici qu’intervient le quatrième « outil » relationnel : il consiste à utiliser les quatre étapes d’une communication garantie sans violence (et donc sans reproche ni jugement), telle que l’a présentée Marshall Rosenberg : chacun peut énoncer sa perception des faits, dire ce que ça lui fait, exprimer ce dont il a besoin, et enfin négocier avec l’autre les diverses manières de satisfaire ces besoins. Par exemple : « quand tu as dit que j’étais nul, je me suis senti blessé, parce que j’avais besoin d’être soutenu-reconnu-valorisé…, et je te demande de me signaler mes erreurs sans me juger ni me rabaisser… Et toi, peux-tu me dire comment tu as vécu cette situation ? »

Dans ce type de langage, les erreurs peuvent être dénoncées de façon objective, mais il n’y a plus de place pour les reproches et les jugements subjectifs, car chacun peut parler à partir de ses ressentis et de ses besoins et écouter ceux de l’autre.

Voulez-vous essayer ? Prenez le temps de vous entraîner à utiliser chacun de ces outils. Essayez d’abord dans des situations pas trop difficiles et observez ce qui se passe dans la relation quand vous réussissez à remplacer les jugements par l’expression de vos ressentis et de vos besoins : vous allez rapidement vous sentir mieux, voir se développer une plus grande confiance en vous et même faire baisser la tension dans la relation. Observez aussi vos réactions quand l’autre vous juge ou vous reproche : grâce à ces « outils », vous allez découvrir que vous ne cherchez plus à vous défendre comme avant ; en effet, vous êtes moins touché car vous laissez à l’autre la responsabilité de ses reproches et de ses jugements qui ne parlent que de lui et de ses ressentis.

Une vie nouvelle s’offre à vous,
libérée et assainie de tout reproche, de tout jugement :
vous pouvez enfin être vous-même au milieu des autres !

Marc THOMAS, Consultant Formateur en Compétences relationnelles,
20 février 2016

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Communiquer sans violence, c’est facile !

Communiquer sans violence et créer des relations apaisées,
ce n’est ni compliqué ni fastidieux…

Il suffit de se mettre à l’écoute de soi
plutôt que de vouloir régler son compte à l’autre.

S’écouter, c’est prendre soin de soi
pour être ensuite plus juste dans la relation.
Essayez, d’abord en eau calme,
et ensuite dans les situations plus houleuses !

Je regrette que certaines formations
donnent à penser que c’est très compliqué…
Ces formations sont souvent trop axées
sur des techniques de communication
et pas assez sur des postures personnelles.

Ça fait tellement de bien
de se respecter soi dans ce qu’on ressent
et de lâcher l’aigreur contre l’autre !
Ca dépollue
et ça change le mode relationnel automatiquement !!!

Essayez, d’abord en eau calme, et vous verrez :
ça peut aussi améliorer les situations plus houleuses !

Marc THOMAS, Consultant formateur en « Compétences relationnelles »
22 avril 2019
Écrire à l’auteur : mthomas@competences-relationnelles.com

Sortir de la DÉPENDANCE


Tu n’es plus dépendant

quand, en présence de l’autre,
tu restes en connexion avec toi même et ton être intérieur.
Et quand il t’est possible de dire oui ou non…

 

DISTINGUER

Tu vas te « dé-lier » de ta dépendance en distinguant
d’une part ce que l’autre fait et dit (constructif ou inacceptable)
et d’autre part CE QUE CA TE FAIT : les émotions et réactions que ça déclenche en toi.
Ce que l’autre dit ou fait ne parle que de lui.
Ce que ça te fait ne parle que de toi.
La dépendance commence dans la confusion entre les deux,
par exemple quand tu accuses l’autre : « tu m’as blessé… »
alors que tu pourrais lui dire : « quand tu as fait ça (c’est lui), j’ai été blessé (c’est moi) ! »

Par exemple, si tu es en colère contre l’autre,
tu te trompes en disant que ta colère est de sa faute.
Car ce qu’il a dit (inacceptable peut-être) n’est que le déclencheur.

Un autre à ta place s’en serait moqué, un autre serait parti,
toi tu es en colère : ta colère parle de toi, de ce qui est inacceptable pour toi,
et aussi du fait que tu n’as pas su te protéger devant l’autre…

Sans protection, tu as pris de plein fouet ce qu’il t’a dit.
Alors tu l’accuses d’être le coupable…
Tu ressasses en boucles ce qu’il t’a fait…
Tu veux lui faire comprendre et tu dis qu’il est fermé…
Ce faisant, tu te heurtes à une porte close que tu voudrais absolument ouvrir,
et tu te fais d’abord du mal à toi même,
comme si tu versais de l’acide sur ta propre plaie.

Mais si t’écoutes toi,
si tu nommes tes émotions et ce que ça te fait,
en ne parlant que de toi et pas de lui,
tu désinfectes ta plaie et ce qui a été blessé en toi.

C’est comme en randonnée quand tu te blesses contre un rocher…
Il ne sert à rien de t’énerver contre le rocher et d’aller lui taper dessus.
Tu vas au contraire nettoyer ta plaie, la désinfecter, mettre un pansement…
et c’est en prenant soin de ta blessure et non du rocher que tu vas cicatriser ta blessure…

Pour n’être plus dépendant, t’entraîner à distinguer :
ce que dit l’autre ne parle que de lui…
ta réaction ne parle que de toi…
Si tu ne supportes pas, retire-toi en disant non,
prends soin de toi plutôt que de régler tes comptes avec lui…
Et puis écoute ce qui t’a fait mal :
ça parle de quelque chose de sensible en toi, à traiter avec délicatesse…
Apprends ainsi progressivement à te protéger
et tu ne prendras plus de plein fouet la violence de l’autre…

CHERCHER EN TOI

Parfois, dans les relations amoureuses ou très proches,
quand vient la disparition de l’être cher,
nous pensons que nous ne serons plus jamais heureux sans lui…
Ce ressenti est particulièrement difficile à vivre en période de deuil,
mais aussi dans les ruptures,
quand nous nous rendons compte que nous vivions dans la dépendance affective…Comme si mon bonheur dépendait de l’autre disparu…
Son absence t’a plongé dans le manque et tu en as fait une dépendance…

Tu as été heureux avec elle ou avec lui… non pas à cause de lui…
Tu as été heureux parce que votre relation à correspondu à tes besoins et à tes valeurs.
Tu as été heureux parce que, avec elle ou lui,
tu as pu vivre ce que tu es au plus profond de toi,
tu as pu développer tes ressources personnelles…
La source de ton bonheur n’est pas en lui mais en toi :
dans ton besoin à toi qui te pousse à aller chercher satisfaction dans la relation…

Tu n’es pas fait pour vivre sous perfusion,
mais pour aller te désaltérer à ta propre source…
Et quand ta source se relie à une autre source,
vous créez une alliance et non une dépendance
La dépendance nous soumet à ce que l’autre nous apporte et assèche notre source.
L’alliance permet à chacun d’être soi-même dans la relation vivifiante à l’autre…

Si l’alliance est rompue,
tu traverses le deuil, et parfois la culpabilité, jusqu’à te retrouver toi-même :
tu peux puiser en toi de quoi réactiver ce bonheur
si tu prends soin de ton besoin et de tes valeurs
en t’ouvrant à la complémentarité de l’autre…

Voila quelques pistes… Il y en a peut-être d’autres pour sortir de la dépendance…
Prends soin de toi et de ta source !

Marc THOMAS, Consultant formateur en « Compétences relationnelles »
16 août 2018

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Toi qui veux CONVAINCRE… essaye de T’AFFIRMER DANS L’EMPATHIE

Qui de nous n’a jamais dit :  « Il faut que je lui fasse comprendre que… »
Tu ne fais jamais rien comprendre à l’autre,
car lui seul sait ce qu’il peut ou veut comprendre !
Tu peux juste lui proposer une explication
la plus claire possible, en t’adaptant à son langage à lui,
en cherchant à rejoindre ses préoccupations ou intérêts…
Comme un adulte adapte son langage à celui d’un enfant
ou aux difficultés d’une personne de langue étrangère…
Comme une maîtresse de maison qui prépare des plats appétissants
en ayant pris soin de connaître les goûts de ses invités…

Qui de nous n’a jamais dit : « je veux leur faire passer le message… »
ce qu’il peut ou veut laisser passer et entrer en lui !
Tu peux juste avoir envie ou besoin de partager quelque chose d’important,
énoncer ton message de façon « appétissante » pour lui,
et prendre soin de lui parler quand il est disponible pour t’écouter…
Ce qui « passe » en lui ne dépend pas de toi !

Qui de nous n’a jamais voulu convaincre l’autre qu’il a tort ?
Dans des relations tendues ou conflictuelles,
nous voulons prouver à l’autre que nous avons raison.
Chacun fait pression pour convaincre l’autre sans l’écouter,
et sans jamais accepter de se laisser convaincre…
Dialogue de sourds !
Et pourtant il est si facile d’expérimenter que deux personnes
qui regardent le même paysage ou le même événement
ne voient pas la même chose…

En regardant la mer,
l’un verra les nuances de bleu,
l’autre verra l’écume des vagues ou le mouvement des flots,
un troisième verra la ligne d’horizon un peu concave…
pendant qu’un quatrième regardera les nuages et le bleu du ciel !

Lequel des quatre a raison, lesquels ont tort ?
Il faut bien tous ces regards pour décrire la mer…
Dans un conflit, il s’agit d’abandonner définitivement qui a tort et qui a raison,
pour le remplacer par : « Je vois ceci… et toi, et toi qu’est-ce que tu vois ? »

Aucun de nous ne voit toute la réalité du premier coup :
chacun sélectionne inconsciemment…
et interprète ce qu’il voit à travers son mental et sa propre histoire…

Plutôt que de prendre nos points de vue partiels pour la vérité,
nous pourrions partager nos points de vue
et nous enrichir du regard des autres.

Loin de vouloir convaincre, chacun peut affirmer son point de vue,
Jusqu’à nous découvrir complémentaires…
Jusqu’à considérer la différence ou le désaccord
comme une ressource pour la coopération.
Certains s’imaginent qu’en cessant de chercher à convaincre,
ils vont devoir se taire. Se taire n’est jamais la solution
Car le silence soumet à l’autre, nous transforme en victimes et en perdants
et déclenche en nous aigreurs et ruminations qui polluent la relation.

 Cesser de vouloir convaincre, pour que chacun puisse s’affirmer…
Ceci suppose que chacun accepte d’écouter l’autre,
et c’est souvent le plus difficile !

L’être humain marche sur deux jambes…
C’est plus facile que d’aller à cloche-pied !
La relation constructive marche aussi sur deux jambes :
l’empathie ET l’affirmation de soi.

L’empathie pour accueillir l’autre tel qu’il est et prendre en compte son avis,
pour consentir au fait qu’il ne voit pas comme moi,
qu’il ne ressent pas comme moi… qu’il n’a pas les mêmes besoins…
L’empathie qui reformule ce que j’ai accueilli de lui en l’écoutant…

L’affirmation de soi pour oser dire ce que je vois et ce que je pense,
ce que je ressens, ce dont j’ai besoin,
ce que je demande, ce que je propose, ce que je refuse…
sans peur du jugement ni de ce que l’autre va penser…

S’il manque l’une des deux, la relation marche à cloche-pied !
Sans empathie, l’affirmation de soi devient domination :
elle impose son point de vue avec rigidité, autoritarisme et jugements.
Sans affirmation de soi, l’empathie devient mièvrerie et soumission,
ou retrait par peur de déplaire à l’autre…

L’empathie et l’affirmation allant de pair font avancer la relation !
A condition de les prendre dans le bon ordre !
Si tu commences par avancer le pied de l’affirmation de toi
l’autre risque de se sentir en danger et de prendre du recul,
parce qu’il ne sait pas encore que tu veux aussi le prendre en compte.
Si tu commences par avancer le pied de l’empathie,
il est probable que l’autre écoutera plus facilement
ton affirmation de toi-même !

Et si l’autre te refuse l’empathie à laquelle tu as droit
et cherche à t’imposer ses prétendues vérités ?
Tu ne lui feras plus de reproches, tu ne rumineras plus…
Tu resteras à la bonne distance de lui,
te protégeant en te centrant sur ton affirmation de toi intérieure…
Car tu sauras que son autoritarisme n’est qu’une faiblesse et une peur :
comme s’il fallait qu’il ait raison envers et contre tout…
Comme s’il voulait tenir debout… sur une seule jambe !
Lequel de vous deux est le plus stable ?

Essaye l’empathie et l’affirmation de toi,
l’empathie POUR l’affirmation de toi :
tu y gagneras beaucoup d’énergies jadis perdues sans résultat,
et tu découvriras que tu te sens bien moins blessé qu’avant !
Tu seras alors dans la vraie bienveillance !

Marc THOMAS, Consultant formateur en « Compétences relationnelles »
10 juin 2018
Écrire à l’auteur : mthomas@competences-relationnelles.com

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Je suis trop SUSCEPTIBLE

LA PART SOMBRE D’UNE BELLE SENSIBILITÉ

Mes amis réunionnais me disent souvent : « Nous les créoles, nous sommes susceptibles »… J’ai souvent envie de leur répondre : il n’y a pas que les créoles qui sont susceptibles ! Mais peut-être ont-ils une sensibilité particulière : les cartésiens d’Europe du Nord ont privilégié la raison et sont souvent coupés de leurs émotions ; les créoles et les peuples du Sud réagissent peut-être prioritairement avec leur cœur… et la susceptibilité ne serait alors que la face sombre d’une belle sensibilité cordiale et affective…

Que signifie donc « susceptible » ? Vexé… Touché dans mon amour propre… Blessé de ne pas être respecté…

COMMENT TRAITER MA BLESSURE ?

Une personne susceptible va souffrir dès qu’une remarque désobligeante ou un reproche lui sont adressés.

Lorsque je suis blessé par une remarque ou un reproche, j’ai souvent tendance à critiquer, à lui en vouloir, à ressasser ses paroles, à les répéter en « ladi-lafé » autour de moi… Et plus je les répète, plus je les amplifie… comme une petite boule de neige devient une avalanche à force de tourner sur elle-même. A force de ressasser, j’agis comme une personne qui passerait son temps à tripoter sa plaie et à écarter les bords de sa blessure plutôt que de la désinfecter…

Comment faire pour être moins affecté ?

LAISSER A L’AUTRE CE QUI LUI APPARTIENT

D’abord distinguer ce qui appartient à l’autre et ce qui m’appartient : à l’autre ses reproches, ses mots, son regard… A moi ma blessure, ma souffrance, mes émotions… Distinguer, pour sortir de la confusion.

Le reproche, le jugement, l’attaque que l’autre me fait lui appartiennent et parlent d’abord de lui : s’il me reproche, c’est qu’il espérait quelque chose de moi qu’il n’a pas reçu… S’il me juge, c’est qu’il n’apprécie pas ou n’est pas d’accord… S’il m’attaque, c’est qu’il se sent en danger ou veut me soumettre à son bon plaisir… Tout ce qui est blessant là-dedans ne parle que de lui et de son propre malaise : pourquoi donc le prendrais-je pour moi ou sur moi ? L’erreur du susceptible est de prendre pour lui ce qui ne parle que de son agresseur.

M’ACCUEILLIR AVEC MA SENSIBILITÉ

Pourquoi donc est-ce si difficile de rendre à l’autre ses accusations ? Pourquoi suis-je si fort touché par les appréciations ou les jugements des autres ?

Je ne trouverai la réponse à cette question qu’en choisissant de lâcher mes récriminations sur l’autre, et de les transformer en regard bienveillant et lucide sur moi. En effet, ma susceptibilité ne parle que de moi. D’autres à ma place seraient restés indifférents, ou auraient réagit du tac au tac, ou auraient pris ça avec humour. Moi je suis blessé, cette blessure est la mienne et ne parle que de moi.

Alors pourquoi suis-je si blessé ? Ce n’est pas en m’accusant ou en culpabilisant que je trouverai la réponse, mais seulement en accueillant avec bienveillance mon ressenti et ma souffrance, en les écoutant, et en cherchant le message dont ils sont porteurs pour moi.

Estime de moi
Ma susceptibilité dit peut être que je n’ai pas une grande estime de moi…

Dans ce cas j’attends toujours l’avis et les encouragements des autres pour croire que je suis quelqu’un de bien et pour faire grandir une confiance en moi fragile…

Du coup leur silence ou leurs remarques désobligeantes viennent renforcer ma fragilité et appuient là où ça fait mal.

Traiter ma susceptibilité consistera à travailler sur moi pour faire grandir la confiance en moi, à aller chercher mes vraies « forces » de vie, cachées sous mes fragilités et mes blessures, à me protéger des personnes dont la proximité est toxique pour moi, à chercher des relations de bienveillance, de soutien et d’accompagnement…

Mal aimé
Ma susceptibilité dit peut-être que je me sens toujours ignoré, rejeté, jugé… et que j’ai sans cesse l’impression que personne ne m’aime…

Dans ce cas je n’attends même plus rien des autres, ou chaque fois que je rencontre les autres, je suis dans une méfiance permanente, me disant que je vais me sentir mal au milieu d’eux, que je ne trouverai pas ma place et  demandant ce qu’ils vont encore me reprocher…

Du coup chaque critique renforce mes plaintes d’être incompris : je tourne en rond dans ma tristesse, ma solitude, mes lamentations sur moi-même… et parfois ma jalousie envers les autres…

Traiter ma susceptibilité consistera  à me tourner vers moi-même et à m’écouter sans me juger : n’est-ce pas parce que je ne m’aime pas moi-même que j’ai l’impression que personne ne m’aime ? Il s’agira alors de porter sur moi un regard bienveillant, de ne pas me laisser envahir par les aspects négatifs, mais de chercher ce que mes blessures cachent comme pépites… Par exemple, derrière le sentiment d’être victime, il y a souvent un désir de liberté… Derrière le sentiment de rejet, un désir de créer des liens de confiance… Derrière la culpabilité, un désir de changer… Traiter ma susceptibilité consistera à couper le « saboteur » de moi-même qui voudrait me faire croire que rien ne sera jamais possible. Je pourrai alors consacrer mon énergie à déguster mes désirs, à prendre soin de mes désirs pour aller chercher leur réalisation, avec le soutien de personnes de confiance.

Survalorisation
Ma susceptibilité dit peut-être que je pense que je suis quelqu’un de bien…

Dans ce cas, j’attends que tout le monde reconnaisse mes qualités, mes compétences… J’ai un besoin exacerbé d’être reconnu et valorisé.

Du coup je ne supporte pas de ne pas être apprécié à ma juste valeur et je ressens du mépris pour celles et ceux qui me semblent incapable de reconnaître mes talents !

Traiter ma susceptibilité consistera alors à m’interroger : comment se fait-il que j’ai tant besoin de mettre en avant mes qualités et mes compétences ? Quel serait pour moi le risque à reconnaître des fragilités ou même des erreurs ? à reconnaître que je ne suis pas parfait et que j’ai encore une marge de progrès ? Si je suis conscient et satisfait de mes valeurs, comment se fait-il que j’ai tant besoin que les autres les reconnaissent et me félicitent ?

DU JUGEMENT AU PROJET

Il s’agit de passer de « susceptible » à « susceptible DE… »

 « Je suis susceptible » : c’est un jugement sur moi, où je m’identifie à ce que je juge : « je suis comme ça, je ne pourrai pas changer… » Comme si c’était mon identité d’être susceptible ! Stop à ce genre de jugement qui ne fait que rigidifier et pétrifier nos attitudes et nos comportements !

« Je suis susceptible DE… » : c’est un projet pour moi : susceptible d’évoluer, de changer, de réaliser les désirs cachés sous mes souffrances… Susceptible de traiter mes blessures, de les cicatriser, d’en faire le terreau de mes ressources… Susceptible de me protéger des relations toxiques et de repérer ou créer des relations de bienveillance… Osons croire en ces projets et en ces possibles qui vont donner de la souplesse à nos vies, à nos relations, et permettre la croissance de notre être profond !

Marc THOMAS, Consultant formateur en « Compétences relationnelles »
octobre 2017

Écrire à l’auteur : mthomas@competences-relationnelles.com

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