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Opportunité du conflit

Couverture2Sur un parking de supermarché, à St Denis de la Réunion, je repère une place ombragée, un peu étroite car le 4×4 voisin a empiété sur la place que je convoite. Je me gare, ma voiture ne gêne pas le conducteur du 4×4, mais son regard est menaçant…

Lui : « Vous ne pouvez pas vous garez ailleurs »
Moi : « c’est la seule place à l’ombre, et je ne gêne pas l’ouverture de vos portes »
Lui : « Mais la place est trop petite pour vous garer »
Moi : « Pas trop petite, mais étroite car votre véhicule est garé sur deux places de stationnement »

Lui  (peau noire d’un cafre réunionnais) : « Vous n’êtes pas chez vous ici ! »
Lentement, je sors alors de ma voiture, je m’approche de lui…
Moi  (blond aux yeux bleus métro-zoreil !) : « Pour moi, tous les êtres humains sont chez eux sur cette terre. Si vous arriviez dans ma région d’origine, je vous dirais : Bienvenue, vous êtes chez vous ».

Lui  (surpris) : « Et vous êtes d’où ? »     Moi : « De Lorraine. »
Lui : « Et moi je suis de Vendée… J’y repars ce soir.»
Moi (surpris à mon tour !) : « Ah bon, et où en Vendée ? »
Lui : « à… (je ne nomme pas la ville ici par discrétion) »

Moi : « vous êtes là-bas depuis longtemps ? »
Lui  « Ca fait 10 ans que je travaille là-bas.. »
Moi : « J’imagine qu’en Vendée, vous vous êtes senti discriminé parfois… Certains ont dû vous faire comprendre que vous n’étiez pas chez vous là bas… »
Lui : « Oui, ça c’est vrai ! »
Moi : « Tout homme est chez lui, n’importe où sur la terre. A condition qu’il n’arrive pas en conquérant ! »

Lui : « Mais vous faites quoi ici ? »
Moi : « Je suis venu travailler avec des réunionnais sur les relations humaines et la gestion de conflits. »
Lui : (grand sourire) « Moi aussi j’ai fait une formation à la gestion de conflit pour le boulot car je suis passé chef d’équipe. »

Moi : « Alors vous et moi, nous savons que c’est en se parlant qu’on règle les conflits ».
Lui : « C’est vrai ! Mais ce n’est pas toujours facile. »

Moi : « Allez, bon retour en Vendée ! Saluez les vendéens pour moi : c’est le pays où j’allais en vacances quand j’étais petit ! »

Lui et moi, nous nous serrons la main avec un grand sourire !

Marc THOMAS, Consultant-Formateur en « Compétences relationnelles »
février 2012

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Comment écouter ?

En août 2010, à l’occasion de cinq formations de 2 jours intitulées « Apprendre à écouter », pour des membres de l’Église catholique de la Réunion qui ont une mission d’accueil.

Vous pouvez écouter et télécharger les diverses parties de cet interview (chaque partie dure environ 2mn), mis à disposition par « Église à la Réunion ».

- Pourquoi apprendre à écouter ?
- Écouter, simplement écouter
- Écouter sans juger l’autre
- Clés pour une meilleure écoute
- Écouter à la juste distance
- Que faire quand on a l’impression de ne pas être écouté ?

Compétences relationnelles

Pouvoir être soi-même au milieu des autres…
S’exprimer librement dans toutes les relations familiales, sociales, professionnelles…
Se sentir ajusté à soi-même et aux autres…
Traiter les conflits en exprimant ce que je ressens et en accueillant l’autre …
Renoncer à faire de mes interprétations des vérités ou des jugements sur l’autre…
Choisir le débat quand les perceptions ou les valeurs sont antagonistes…

Voici quelques-unes des expressions qui définissent le mieux
ce que je veux dire quand je parle de « compétences relationnelles »

Nous naissons tous avec un potentiel de compétences relationnelles.
Son développement dépend de notre éducation,
des contextes dans lesquels nous vivons, de nos choix de vie…
Quand des situations difficiles ont altéré ces compétences relationnelles innées,
quand les contextes familiaux, sociaux ou professionnels ont un climat relationnel vicié,
il est toujours possible de prendre les moyens de les développer ou de les restaurer.

 A tout âge. En toutes circonstances.

PDF1Marc THOMAS, Consultant Formateur en « Compétences relationnelles »
Juillet 2009

Communiquer dans le couple

Couverture2JULIE et PAUL

Non-dits

Ca fait plusieurs jours que Paul rentre du travail plus tard que prévu, sans explication à Julie. Pourtant il savait qu’elle était en vacances et attendait son retour avec impatience. La suspicion s’insinue dans l’esprit de Julie : « Puisqu’il ne me dit rien, il a sûrement quelque chose à me cacher… Serait-ce cette collaboratrice rencontrée récemment dans une soirée ? » Quand Paul rentre, Julie reste à distance, avec une froideur que Paul ne lui connaissait pas. Il s’inquiète de savoir si quelque chose ne va pas, et il se dit que ça doit être encore les histoires avec sa mère qui la turlupinent !

Interprétations et jugements

Des petits faits tout simples du quotidien… et chacun reste sur son interprétation et sur les tensions et jugements qu’elle engendre. Mais pourquoi n’arrivent-ils pas à s’en parler ? Simplement parce qu’ils savent que dans ces situations, toute parole peut dégénérer en altercation blessante ou chacun accuse l’autre : « Tu ne penses même pas que je suis en vacances. D’ailleurs, si tu restes si longtemps au bureau, c’est bien qu’il y a là-bas plus intéressant que moi… » Et Paul de rétorquer : « N’importe quoi ! Quelle mouche t’a piquée ? C’est encore ta mère qui t’a mis la tête à l’envers ? »

Centré sur soi… centré sur l’autre…

Si ces paroles sont blessantes, c’est parce que chacun reste centré sur soi et interprète les faits à partir de sa propre souffrance. Conséquence : l’autre est jugé et condamné avant même de savoir ce qui s’est réellement passé. Pourtant, même dans les instances de justice, il n’y a jamais de jugement tant que « l’accusé » n’a pas eu la parole pour rendre compte de ses actes.

Pour vivre un amour sans violence, il suffisait pourtant d’une chose toute simple : suspendre toute accusation de l’autre à partir de mon interprétation, parler de ce que je vis et solliciter son explication à partir de ce qu’il vit : « Qu’est-ce qui se passe ? Explique-moi, je ne comprends pas »… Il s’agit pour Julie de pouvoir dire ce qu’elle ressent, tout en se centrant sur Paul : il n’y a que lui qui sait ce qu’il fait et pourquoi il le fait.

Julie aurait pu dire : « Je suis en vacances et j’attends ton retour avec impatience (elle parle d’elle), et toi tu restes plus longtemps au bureau (c’est un constat). » Et Paul aurait pu répondre : « Je vois que tu es inquiète (je t’ai entendue). Je ne peux rien te dire pour l’instant… Mais bientôt tu sauras et tu seras heureusement surprise ! ».

Parler en « je »

S’aimer sans violence, ça commence par suspendre toute interprétation et les jugements qu’elle entraîne pour laisser à l’autre la possibilité d’expliquer son propre comportement. Au lieu d’accuser l’autre en un « tu » qui « tue », parler de soi et laisser l’autre parler de lui, en un « je » qui assume la responsabilité de ses actes.

Transformer la peur en désir

S’ils avaient pu se dire cela, Julie aurait vu sa crainte se transformer en attente – et donc en désir – de la surprise que son compagnon préparait. Et Paul serait passé de l’acrimonie envers sa belle-mère à l’attention envers sa compagne. Du coup, peut-être Paul aurait pu tenir compte plus facilement de son impatience, il serait rentré plus tôt le lendemain… et aurait pu lui dire qu’il était resté au bureau après les heures de travail pour chercher sur Internet… et qu’il avait enfin trouvé… le voyage dont elle rêvait depuis longtemps !


CLAIRE et FRANÇOIS

Souffrance

Bertrand et Claire sont un couple aux personnalités différentes, mais très unis ; Il sont les heureux parents de quatre enfants. Jusqu’à la leucémie qui emporte leur fille de 8 ans en quelques mois. Ils font face avec courage pendant la maladie et au moment du décès, entourés par leur famille et leurs amis.

Tension

Mais le temps du deuil les éloigne l’un de l’autre et les disloque : François est un homme sensible ; il tente de cacher sa peine en se réfugiant dans le silence. Claire est une femme chaleureuse : elle tente d’assumer sa peine en s’engageant dans des activités sociales et éducatives multiples ; mais des soucis de santé viendront vite la freiner. Ils vivent la même peine, mais de façon tellement différente que la communication devient impossible : chacun s’enferme dans sa stratégie de survie. Tout en vivant côte à côte, ils s’éloignent l’un de l’autre.

Un ami de passage emmène leurs enfants pour une soirée de loisirs et leur lance : « Profitez-en donc pour vous retrouver tous les deux ! »

Oser se dire, à soi-même et à l’autre

Ce soir-là, au restaurant, ils ont pu se retrouver… Ils ont pu reconnaître ensemble la violence subie (la perte de leur fille), mais aussi la violence agie (leur éloignement progressif).

Ils ont pu se dire ce que leurs ressentis manifestent : à la fois leurs peurs et leurs besoins.

François avait peur de pleurer et de paraître faible, donc il se taisait. Claire avait peur de ne pas faire face, donc elle s’activait.

Ils ont pu accepter la différence de la stratégie de survie de l’autre, et consentir à la différence de leurs besoins : François avait besoin de silence et d’intérioriser, Claire avait besoin d’action et d’extérioriser.

Quand la peur et les besoins nourrissent l’amour

En disant ses peurs et ses besoins, François a découvert que ses larmes pouvaient être reçues par son épouse, non comme une faiblesse, mais comme une souffrance d’amour. Et cette transformation l’a fait sortir de son mutisme.

En disant ses peurs et ses besoins, Claire a découvert que ses activités n’étaient pas seulement générosité, mais fuite, et qu’elle pouvait se retrouver elle-même dans son être plutôt que dans le faire. Depuis ce temps, elle a contrôlé sa maladie et stoppé son évolution !

Ce qui fait violence à l’amour, c’est l’incapacité dans laquelle nous nous trouvons de dire à l’autre nos peurs et nos besoins. Parce que nous n’osons pas, parce que nous avons honte d’avoir peur, parce que nous ne voulons pas blesser l’autre. Mais ce silence fait mourir à petit feu.

Inexprimés et « ravalés », nos peurs et nos besoins deviennent agressivité ou soumission ; il nous enferment ou nous conduisent à la violence.

Exprimés et pris en compte dans la réciprocité, nos peurs et nos besoins se transforment et nous transforment. Et même les blessures, qui restent injustifiables, peuvent devenir des ressources de fécondité pour un amour sans violence.

Marc THOMAS, Consultant Formateur en « Compétences relationnelles »
juin 2009

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Ragots, commérages, « ladilafè »

Un enfant demande à son père :  » Dis papa, quel est le secret pour être heureux ? »

Alors le père demande a son fils de le suivre ;  ils sortent de la maison, le père sur leur vieil âne et le fils suivant à pied. Et les gens du village de dire :

« Mais quel mauvais père qui oblige ainsi son fils d’aller à pied ! »

« Tu as entendu mon fils ? Rentrons à la maison », dit le père.

Le lendemain ils sortent de nouveau, le père ayant installé son fils sur l’âne et lui marchant à côté. Les gens du village dirent alors :

« Quel fils indigne, qui ne respecte pas son vieux père et le laisse aller à pied ! « 

« Tu as entendu mon fils ? Rentrons à la maison. »

Le jour suivant ils s’installent tous les deux sur l’âne avant de quitter la maison. Les villageois commentèrent en disant :

« Ils ne respectent pas leur bête à la surcharger ainsi ! « 

« Tu as entendu mon fils ? Rentrons à la maison. »

Le jour suivant, ils partirent en portant eux-mêmes leurs affaires, l’âne trottinant derrière eux. Cette fois les gens du village y trouvèrent encore à redire :

« Voilà qu’ils portent eux-mêmes leurs bagages maintenant ! C’est le monde à l’envers ! « 

« Tu as entendu mon fils ? Rentrons à la maison. »

Arrivés à la maison, le père dit à son fils :

« Tu me demandais l’autre jour le secret du bonheur.
Peu importe ce que tu fais, il y aura toujours quelqu’un pour y trouver à redire.
Fais ce qui te plaît et tu seras heureux. »

Auteur inconnu

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Des stratégies pour gérer les conflits

A la demande de l’université de Sherbrooke, au Canada, Marc THOMAS a écrit un article intitulé : « Choisir les stratégies adaptées pour gérer les conflits », publié dans la Revue de Prévention et de Règlement des Différences de la Faculté de Droit de l’Université de Sherbrooke à l’automne 2005.

La table des matières de cet article est la suivante:

  1. Le Conflit : Risque et opportunité
  2. Détermination et adaptabilité sont constitutifs de l’être humain
  3. Des positionnements et stratégies spontanés en situations difficiles
  4. Des positionnements et stratégies travaillés en situations difficiles
  5. Antipathie, « sympathie », apathie, empathie
  6. Transformer la violence en conflit
  7. Passer de la violence au conflit
    Conclusion
    Bibliographie

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