Archives pour la catégorie Assertivité

Distinguer

Couverture2Les relations difficiles et conflictuelles entraînent souvent la confusion : tout se mélange, les reproches et les responsabilités se renvoient de l’un à l’autre, les accusations s’enchaînent en avalanche, les sentiments ressassés s’entremêlent… Tout est confus, plus rien n’est maîtrisé. Pour faire face à cette confusion des sentiments qui pollue et détruit la relation, il est nécessaire de distinguer…

Distinguer l’acte et la personne : ce n’est pas l’autre qui est méchant, c’est son acte que je ne supporte pas ; ce n’est pas l’élève qui est nul, c’est son devoir qui vaut zéro ou son comportement qui est inacceptable. Des professeurs ayant perçu l’importance de cette distinction se sont mis à dire à leurs élèves : « Ton devoir vaut zéro car il y a 10 fautes (l’acte), mais toi je te sais capable d’autre chose (la personne)». Et grâce à cette distinction qui pointe les erreurs, mais valorise les capacités de la personne, ils ont été surpris des discussions devenues possibles avec leurs élèves et de leur progression scolaire.

Distinguer ce qui est de moi et ce qui est de l’autre : « C’est toujours pareil avec toi : tu ne m’écoutes jamais ! » Voila la confusion des sentiments (sous-entendu : « puisque tu m’aimes tu dois m’écouter ! » Distinguer et affirmer mon légitime besoin d’être écouté et sa disponibilité à lui pourrait conduire à lui demander : « J’ai besoin que tu m’écoutes ; quand seras-tu disponible ? » Autre exemple : lorsque quelqu’un m’agresse, je découvre que son agression ne parle que de lui : il aurait pu me dire : « J’attendais quelque chose de toi, je ne l’ai pas reçu, j’ai mal… » Comme il ne sait pas dire cela (sur lequel on aurait pu discuter), il me juge et m’agresse avant même de m’en avoir expliqué les raisons.

Distinguer l’intention et l’impact : parfois je dis une parole qui me paraît anodine, et celui qui m’écoute se sent blessé par cette parole. Je n’avais pas l’intention de le blesser. En effet ce que je dis depuis mon contexte et dans mon histoire peut réveiller une vieille blessure dans son contexte et dans son histoire. Dans des discussions en situation de désaccord, il est nécessaire de bien préciser mon intention surtout si je perçois un impact inattendu ou une réaction démesurée chez l’autre.

Distinguer, séparer… Dans les récits judéo-chrétiens de création du monde, il est écrit que Dieu sépare pour créer : il sépare le ciel, la mer et la terre, le jour et la nuit, les animaux qui volent et ceux qui rampent… puis finalement l’homme et la femme. Ceux qui ont écrit cela ne savaient pas comment s’est passée la création du monde. Ils avaient juste compris qu’il faut se séparer pour exister (quitter le ventre, « s’individuer »). Quitter le fusionnel et la confusion… Se distinguer, et toujours distinguer… pour vivre… et pour entrer en relation !

Marc THOMAS – Consultant Formateur en « Compétences relationnelles »
avril 2012

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S’adapter

Couverture2La météo nous rappelle parfois que l’homme n’est pas le maître du monde : impossible de modifier les phénomènes météorologiques !

Dans un monde rural, nos (arrières) grands-parents vivaient au rythme de la nature : en la respectant, ils apprenaient à en tirer le meilleur.

Dans notre monde urbanisé et organisé sur la rapidité, voire l’immédiateté, nous sommes décontenancés lorsque la météo nous empêche de nous déplacer comme nous le souhaitons… Et à la braver, nous passons la nuit dans la voiture sur l’autoroute gelée ou nous sommes emportés par le radier que nous avons voulu franchir à tout prix !

S’adapter… quand la météo nous freine… quand Internet est en panne… quand l’autre ne répond pas à mes désirs… quand survient l’imprévu… A quoi sert alors de « râler », d’accuser, de dénoncer des coupables ? Ca ne sert qu’à faire grandir le stress et l’énervement !

S’adapter ne signifie pas subir et se soumettre, car la soumission est indigne de l’Homme. Et peut-être avez-vous fait cette expérience : nous nous adaptons d’autant plus facilement que nous avons confiance en nous et que nous savons affirmer nos besoins et nos désirs : affirmez-vous pour pouvoir vous adapter !

S’adapter signifie plutôt « faire avec » : mes désirs entrent en dialogue, voire en débat, avec le réel. Je négocie avec la réalité pour rester moi-même devant l’inattendu.

Bref, comme nos anciens, prendre la réalité telle qu’elle est, en respectant ce que nous ne pouvons changer… mais pour en tirer le meilleur !

Ceux qui s’adaptent dans la difficulté voient se développer des solidarités : les riverains portent du café aux automobilistes bloqués, des actions humanitaires se développent face aux catastrophes… Coluche ne s’est pas contenté d’accuser les responsables de la misère, il a créé les Resto du Cœur !

L’imprévu souvent nous choque, mais n’est-ce pas lui aussi qui transforme nos vies au moment où nous l’attendions le moins ?

La prochaine fois que vous serez dans un bouchon, adaptez-vous : qu’est-ce que ça change de vous énerver et de klaxonner ? Et si vous profitiez du bouchon pour prendre soin de vous : respirer, écouter la musique, réfléchir à vos projets… Ca change tout de s’adapter !

 Marc THOMAS, Consultant Formateur en « Compétences relationnelles »
décembre 2010

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De la soumission à l’assertivité

Dev-Hum-Couverture1« La ZoneXtrême » : cette émission de télévision a testé notre degré de soumission à une autorité (ici la télévision) comme l’avait fait le scientifique Milgram dans les années 1960. Milgram avait conclu que 62,5% d’entre nous abdiquons tout libre arbitre dès lors que nous reconnaissons l’autorité de celui qui donne les ordres. L’expérience de ce mois de mars 2010 à la télévision démontre que 82 % d’entre nous peuvent prendre le risque de faire souffrir l’autre, voire de mettre sa vie en danger si une autorité le lui enjoint ! Au siècle dernier, cela a donné la Shoah !

Nous le savons tous : des enquêtes sociologiques ont prouvé que dans la société française, 10 % au moins des femmes sont victimes de violences conjugales, beaucoup se taisant, dans la soumission à leur conjoint.

Une salariée me décrivait cette semaine la pression dans son entreprise, de plus en plus forte, jusqu’à l’humiliation et au déplacement de secteur après un congé maladie. Cette salariée ajoutait que personne n’osait rien dire de peur de perdre son emploi.

Ces modes de soumission sont nourris par la peur, savamment entretenue par des « autorités » (les médias, le conjoint, l’entreprise et sa hiérarchie…) que nous reconnaissons comme légitimes. Ces autorités ne manquent pas une occasion de nous évoquer les risques que nous prendrions à leur résister. Pour nous en sortir, nous ne pouvons plus dire non, faisant resurgir des réflexes enfouis d’enfants sages à qui on a appris qu’il n’est pas bien de désobéir !

La soumission nous guette tous. Elle peut nous conduire à subir sans rien dire ou détruire le voisin. Elle est peut-être une des explications du développement du chacun pour soi dans la méfiance de l’autre.

Compétences relationnelles… Le développement de la solidarité d’abord, car seul nous ne pouvons résister aux pressions. « L’assertivité » ensuite, comme affirmation de soi sans orgueil et sans violence. Ces chemins  sont accessibles à chacun (et des « outils » existent) pour être soi au milieu des autres, sans soumission ni domination.

Marc THOMAS, Consultant – Formateur en « Compétences relationnelles »
mai 2010

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