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Regarde passer tes émotions

Lu sur Facebook :

Contrer mes émotions pour ne pas les prendre en pleine face.
J’essaie, toujours. Parfois, sans succès.
Dois-je les dire, au risque de me rendre vulnérable, de m’exposer à la peur ou au rejet,
ou dois-je les taire, les étouffer sous l’humour facile, au risque de m’empoisonner la tête ? Les écrire, puisque c’est si difficile de parler ? Mais qui sait lire entre mes lignes ?

Contrer les émotions, c’est  la meilleure manière de les prendre en pleine face…
parce que si tu bouches une source, elle fuit de partout…
parce que si tu bouches le canon avec ta main, elle va être déchiquetée…

Accueillir les émotions, c’est à dire les regarder passer sans s’y noyer :
comme on regarde passer des voitures sans se jeter dessous…
comme on ressent la chaleur d’un feu sans aller s’y brûler…
comme on ressent le froid dans les hauts en mettant un pull pour s’en protéger
plutôt que de rester à grelotter sans rien faire…

Les accueillir comme un état momentané de moi…
les nommer, les dire ou les écrire, sans m’identifier à elles…
car elles ne sont pas moi…
elles ne sont qu’une réaction de moi…

Et me retrouver moi,
traversé d’émotions qui bousculent…
mais pas envahi ni submergé…
parce que je les accueille tout en me protégeant à l’écart…
Alors elles me délivrent le message dont elles sont porteurs
et me signalent une valeur à développer,
un besoin vital à satisfaire,
un choix essentiel à honorer…

C’est comme pour apprendre à marcher :
c’est difficile à décrire, ça vient en essayant !

Bien à toi !                                                                               le 12 décembre 2017
Marc                         Téléchargez cet article en pdf                                    mthomas@competences-relationnelles.com

 

Je suis en colère !

La colère n’est pas la violence ! La violence est une colère qui n’a pas été accueillie, exprimée, traitée ! Alors cette colère se retourne contre son auteur, ou elle se projette sur l’autre, jusqu’aux insultes, et jusqu’aux coups. La violence est une dérive illégitime de la colère.

Quand elle ne s’est pas déjà transformée en violence, la colère est une réaction de survie ! C’est la réaction d’une personne qui se trouve confrontée à l’insupportable ou à l’inacceptable. Une situation insupportable, une parole blessante, une contrainte inacceptable : sans cette réaction de survie du cri et de la colère, nous n’aurions d’autre solution que de nous laisser écraser et laminer.

Mais alors, que faire de la colère ? Comment l’accueillir, l’exprimer, la traiter ? La colère fonctionne comme les pluies diluviennes qui tombent pendant les cyclones : c’est un flot qui se déverse d’un seul coup ! Si des bassins de décantation n’ont pas été prévus, si les ravines et les caniveaux ne sont pas assez profonds ou dégagés, si les conduits d’évacuation sont trop petits, l’eau va déborder et tout noyer sur son passage.

ACCUEILLIR LA COLÈRE

Pour l’être humain en colère il en va de même : son bassin de décantation à lui, ce sont ces espaces où il peut vider sa colère sans se retenir, mais aussi sans la projeter sur l’autre. Arrêter  de résister avant qu’il ne soit trop tard, pouvoir crier ma colère sans être entendu, me défouler en pratiquant mon sport ou mon art favori, prendre un moment pour reprendre mon souffle, me retrouver dans un espace familial ou amical sécurisé où ma colère va pouvoir être acceptée tant qu’elle n’est pas violente… Face à la colère, il faut parfois vomir le trop-plein, mais jamais le vomir sur l’autre : les caniveaux conduisent l’au aux rivières, les égouts se déversent dans la nature, et pas dans les maisons !

Face à la colère, il faut pouvoir vider par la parole la douleur qui serre le cœur, l’horreur qui tord les tripes. Accueillir mon émotion, c’est laisser les mots sortir comme ils viennent (pas les insultes !).

Avez-vous compris maintenant l’erreur que vous faites quand vous dites à quelqu’un en colère : « Calme-toi, il n’y a pas de raison de te mettre dans un état pareil ! ». Vous l’invitez ainsi à ravaler ce qu’il a à vomir et à vider ! Ce n’est pas drôle que cela lui fasse encore plus mal et l’énerve davantage, le projetant vers la récrimination sans fin ou vers l’explosion de la violence. La prochaine fois que vous verrez une personne en colère, plutôt que de fuir ou de l’inviter à se calmer, dites-lui : « Quelle colère ! Qu’est-ce qui t’arrive ? » et écoutez-la (sauf si elle vous menace de violence).

METTRE DES MOTS SUR LA COLÈRE

Dans la colère, nous sommes submergés par les émotions, et nous sommes confrontés au risque de faire n’importe quoi et de tout casser. Il en est ainsi parce que les émotions qui nous submergent ont coupé la relation entre notre cœur qui ressent et notre tête qui joue d’habitude le rôle d’observateur à distance et de tour de contrôle.

C’est le moment d’utiliser les ravines et les caniveaux : ils ne stoppent pas l’eau qui s’écoule en cascade, mais ils la canalisent et l’orientent pour qu’elle n’aille pas tout noyer alentour.

Ces ravines et ces caniveaux, ce sont ces moments et ces lieux où la personne en colère va pouvoir mettre des mots sur sa colère. D’abord, son débit est rapide comme un torrent de montagne après l’averse, ses phrases sont entrecoupées de larmes, de cris, de gestes parfois désarticulés… parce que la tour de contrôle ne peut plus jouer son rôle ! Mais si je  laisse la personne s’exprimer, sans prendre sur moi ce qu’elle dit, sans lui dire qu’elle exagère, sans chercher à la calmer ni à la conseiller, alors ses mots si « rocailleux » du début lui permettent de sortir le trop plein, et petit-à-petit, le rythme se ralentit, le ton baisse, la fatigue survient… Parce que je l’ai laissée parler, la personne s’est calmée elle-même. Car en parlant, je dois aller chercher mes mots dans mon cerveau qui va leur donner sens, et ce sont donc mes mots qui vont restaurer la connexion entre mon cœur qui déborde et ma tête qui contrôle.

Avez-vous compris maintenant pourquoi c’est une erreur  de penser qu’il faut taire ses émotions ? La colère que vous n’exprimez pas par des mots et que vous réprimez va s’imprimer en vous sous forme de ruminations, de récriminations, prête à resurgir à la moindre occasion. Imprimée en vous, elle va vous faire somatiser jusqu’aux tensions et au stress, jusqu’à la douleur physique et à la maladie. Et jusqu’à déprimer, en burn-hout ou maladies psychologiques… Jusqu’à la violence où je risque de me supprimer moi-même dans le mutisme, la scarification, la noyade dans l’alcool ou la drogue, le suicide… où je risque de supprimer l’autre : bien des violences intrafamiliales ou débordements sociaux, jusqu’au terrorisme, résultent de colères qui n’ont pas pu s’exprimer et déverser leur trop-plein !

TRAITER LA COLÈRE

Transformer la colère en prenant soin de soi : souvent la colère accuse l’autre, les autres, les injustices, les situations ; souvent la colère s’exprime en reproches, en jugements, et même en insultes. C’est tout cela que la personne a besoin de vider dans un premier  temps comme nous venons de le décrire. Alors quand ce trop plein est vidé, peut commencer une deuxième étape, celle de traiter la colère et ses causes.

Il s’agit de quitter le registre des accusations où je ne parle que de l’autre comme si j’en étais victime, et de tourner le regard vers soi. Comme lorsque je tombe sur un caillou qui me blesse la jambe : je peux m’énerver contre le caillou qui n’avait rien à faire là, mais je ne commencerai à aller mieux que lorsque je vais quitter le caillou pour prendre soin de ma plaie : la désinfecter doucement, puis la protéger en attendant qu’elle cicatrise.

De même avec la colère : quittant le registre des accusations de l’autre, des jugements et des insultes, je vais prendre soin de moi en me posant ce genre de questions : qu’est-ce qui m’est arrivé ? Qu’est-ce que que j’ai vu, entendu ? Qu’est-ce que ça m’a fait ? Qu’est-ce que j’ai ressenti ? Quel autre mauvais souvenir cela m’a-t-il rappelé ? Et de quoi j’ai besoin, là maintenant, pour prendre soin de moi et retrouver mon calme et mon énergie ?

Ces questions, inspirées de la « Communication Non Violente »,  je peux me les poser à moi-même, avec un peu d’entraînement, après avoir vidé le trop plein de ma propre colère. Je peux aussi les poser à l’autre quand j’ai commencé par accueillir sa colère en le laissant vider son trop-plein.  Même si le déclenchement de ma colère est dû à une erreur d’un autre, ce n’est pas le moment de traiter ce problème. Je ne pourrai le traiter de façon juste et efficace qu’après avoir retrouvé ma lucidité, mon calme, mon énergie.

Ce travail n’est plus un travail sur les bassins de décantation extérieurs, ni sur les ravines et les caniveaux extérieurs eux aussi. C’est un travail pour déboucher les conduites intérieures en moi, ces canaux qui relient ma tête, mon cœur et mes tripes, ces canaux de vie qui nourrissent ma foi et mes convictions, et qui sont souvent encombrés, bouchés ou percés par une manière de vivre où je n’ai pas assez pris soin de moi : j’ai pris sur moi et ingurgité des tensions, des malaises et des blessures dont je n’ai pas su ou pas pu me protéger.

Prévenir les prochains débordements, est-ce possible si j’ai un tempérament colérique ? Il n’existe pas de tempéraments colériques ! Car vous n’êtes pas nés colériques ! Simplement, vous avez pris l’habitude de réagir par la colère à toute contrariété, comme d’autres ont réagi par de l’indifférence, par des attaques ou des moqueries, ou par une juste distance qui leur permet de privilégier le dialogue. La colère n’est pas votre nature, c’est votre culture ! On ne peut pas changer sa nature, mais on peut toujours changer ses habitudes et ses manières de réagir quand on en a perçu l’intérêt et trouvé les moyens.

Pour changer nos habitudes colériques, il s’agit d’abord de prendre soin de soi au quotidien, quand on n’est pas en colère. Prendre soin de nos connexions intérieures en quittant le registre de l’accusation pour nous écouter nous : par exemple, quand il va me dire cette parole désagréable, plutôt que de réagir du tac au tac en l’accusant, je vais m’écouter moi : « quand il m’a dit ça, qu’est-ce que ça m’a fait ? qu’est-ce que j’ai ressenti ? quelles étaient les émotions qui m’ont traversé ? Et j’aurais eu besoin de quoi pour être bien ? » Et c’est seulement après m’être posé ces questions et y avoir donné des éléments de réponse que je pourrai rejoindre l’autre pour l’écouter et lui parler et trouver les éléments de négociation nécessaires à la poursuite de nos relations.

On n’apprend pas à nager en haute mer au milieu des bourrasques et des vagues ! On apprend à nager en bassin calme et sécurisé. Je peux apprendre à faire ce travail d’écoute de moi au quotidien, quand je suis en bassin calme sans risque de colère, travail qui consiste à prendre soin de moi et du bon état de mes connexions intérieures. Si je fais ce travail au en bassin calme, il y a de fortes chances que dans la haute mer de relations souvent tendues, je constate progressivement que mon attitude change et que, naturellement, je ressente une plus juste distance face à des situations qui ne submergent plus, parce que j’ai appris à me protéger.

La colère ? une émotion aussi légitime que la joie, la tristesse, la peur, la honte, le dégoût…
La colère ? une réaction de survie qui m’évite de sombrer dans l’écrasement ou dans la violence,
La colère ? un trop plein à vider qui m’invite à prendre soin de moi et à construire des relations sécurisées.

J’aime ma colère et j’en prends soin !

Marc THOMAS, Consultant formateur en « Compétences relationnelles »
novembre 2017

Écrire à l’auteur : mthomas@competences-relationnelles.com

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Je suis trop SUSCEPTIBLE

LA PART SOMBRE D’UNE BELLE SENSIBILITÉ

Mes amis réunionnais me disent souvent : « Nous les créoles, nous sommes susceptibles »… J’ai souvent envie de leur répondre : il n’y a pas que les créoles qui sont susceptibles ! Mais peut-être ont-ils une sensibilité particulière : les cartésiens d’Europe du Nord ont privilégié la raison et sont souvent coupés de leurs émotions ; les créoles et les peuples du Sud réagissent peut-être prioritairement avec leur cœur… et la susceptibilité ne serait alors que la face sombre d’une belle sensibilité cordiale et affective…

Que signifie donc « susceptible » ? Vexé… Touché dans mon amour propre… Blessé de ne pas être respecté…

COMMENT TRAITER MA BLESSURE ?

Une personne susceptible va souffrir dès qu’une remarque désobligeante ou un reproche lui sont adressés.

Lorsque je suis blessé par une remarque ou un reproche, j’ai souvent tendance à critiquer, à lui en vouloir, à ressasser ses paroles, à les répéter en « ladi-lafé » autour de moi… Et plus je les répète, plus je les amplifie… comme une petite boule de neige devient une avalanche à force de tourner sur elle-même. A force de ressasser, j’agis comme une personne qui passerait son temps à tripoter sa plaie et à écarter les bords de sa blessure plutôt que de la désinfecter…

Comment faire pour être moins affecté ?

LAISSER A L’AUTRE CE QUI LUI APPARTIENT

D’abord distinguer ce qui appartient à l’autre et ce qui m’appartient : à l’autre ses reproches, ses mots, son regard… A moi ma blessure, ma souffrance, mes émotions… Distinguer, pour sortir de la confusion.

Le reproche, le jugement, l’attaque que l’autre me fait lui appartiennent et parlent d’abord de lui : s’il me reproche, c’est qu’il espérait quelque chose de moi qu’il n’a pas reçu… S’il me juge, c’est qu’il n’apprécie pas ou n’est pas d’accord… S’il m’attaque, c’est qu’il se sent en danger ou veut me soumettre à son bon plaisir… Tout ce qui est blessant là-dedans ne parle que de lui et de son propre malaise : pourquoi donc le prendrais-je pour moi ou sur moi ? L’erreur du susceptible est de prendre pour lui ce qui ne parle que de son agresseur.

M’ACCUEILLIR AVEC MA SENSIBILITÉ

Pourquoi donc est-ce si difficile de rendre à l’autre ses accusations ? Pourquoi suis-je si fort touché par les appréciations ou les jugements des autres ?

Je ne trouverai la réponse à cette question qu’en choisissant de lâcher mes récriminations sur l’autre, et de les transformer en regard bienveillant et lucide sur moi. En effet, ma susceptibilité ne parle que de moi. D’autres à ma place seraient restés indifférents, ou auraient réagit du tac au tac, ou auraient pris ça avec humour. Moi je suis blessé, cette blessure est la mienne et ne parle que de moi.

Alors pourquoi suis-je si blessé ? Ce n’est pas en m’accusant ou en culpabilisant que je trouverai la réponse, mais seulement en accueillant avec bienveillance mon ressenti et ma souffrance, en les écoutant, et en cherchant le message dont ils sont porteurs pour moi.

Estime de moi
Ma susceptibilité dit peut être que je n’ai pas une grande estime de moi…

Dans ce cas j’attends toujours l’avis et les encouragements des autres pour croire que je suis quelqu’un de bien et pour faire grandir une confiance en moi fragile…

Du coup leur silence ou leurs remarques désobligeantes viennent renforcer ma fragilité et appuient là où ça fait mal.

Traiter ma susceptibilité consistera à travailler sur moi pour faire grandir la confiance en moi, à aller chercher mes vraies « forces » de vie, cachées sous mes fragilités et mes blessures, à me protéger des personnes dont la proximité est toxique pour moi, à chercher des relations de bienveillance, de soutien et d’accompagnement…

Mal aimé
Ma susceptibilité dit peut-être que je me sens toujours ignoré, rejeté, jugé… et que j’ai sans cesse l’impression que personne ne m’aime…

Dans ce cas je n’attends même plus rien des autres, ou chaque fois que je rencontre les autres, je suis dans une méfiance permanente, me disant que je vais me sentir mal au milieu d’eux, que je ne trouverai pas ma place et  demandant ce qu’ils vont encore me reprocher…

Du coup chaque critique renforce mes plaintes d’être incompris : je tourne en rond dans ma tristesse, ma solitude, mes lamentations sur moi-même… et parfois ma jalousie envers les autres…

Traiter ma susceptibilité consistera  à me tourner vers moi-même et à m’écouter sans me juger : n’est-ce pas parce que je ne m’aime pas moi-même que j’ai l’impression que personne ne m’aime ? Il s’agira alors de porter sur moi un regard bienveillant, de ne pas me laisser envahir par les aspects négatifs, mais de chercher ce que mes blessures cachent comme pépites… Par exemple, derrière le sentiment d’être victime, il y a souvent un désir de liberté… Derrière le sentiment de rejet, un désir de créer des liens de confiance… Derrière la culpabilité, un désir de changer… Traiter ma susceptibilité consistera à couper le « saboteur » de moi-même qui voudrait me faire croire que rien ne sera jamais possible. Je pourrai alors consacrer mon énergie à déguster mes désirs, à prendre soin de mes désirs pour aller chercher leur réalisation, avec le soutien de personnes de confiance.

Survalorisation
Ma susceptibilité dit peut-être que je pense que je suis quelqu’un de bien…

Dans ce cas, j’attends que tout le monde reconnaisse mes qualités, mes compétences… J’ai un besoin exacerbé d’être reconnu et valorisé.

Du coup je ne supporte pas de ne pas être apprécié à ma juste valeur et je ressens du mépris pour celles et ceux qui me semblent incapable de reconnaître mes talents !

Traiter ma susceptibilité consistera alors à m’interroger : comment se fait-il que j’ai tant besoin de mettre en avant mes qualités et mes compétences ? Quel serait pour moi le risque à reconnaître des fragilités ou même des erreurs ? à reconnaître que je ne suis pas parfait et que j’ai encore une marge de progrès ? Si je suis conscient et satisfait de mes valeurs, comment se fait-il que j’ai tant besoin que les autres les reconnaissent et me félicitent ?

DU JUGEMENT AU PROJET

Il s’agit de passer de « susceptible » à « susceptible DE… »

 « Je suis susceptible » : c’est un jugement sur moi, où je m’identifie à ce que je juge : « je suis comme ça, je ne pourrai pas changer… » Comme si c’était mon identité d’être susceptible ! Stop à ce genre de jugement qui ne fait que rigidifier et pétrifier nos attitudes et nos comportements !

« Je suis susceptible DE… » : c’est un projet pour moi : susceptible d’évoluer, de changer, de réaliser les désirs cachés sous mes souffrances… Susceptible de traiter mes blessures, de les cicatriser, d’en faire le terreau de mes ressources… Susceptible de me protéger des relations toxiques et de repérer ou créer des relations de bienveillance… Osons croire en ces projets et en ces possibles qui vont donner de la souplesse à nos vies, à nos relations, et permettre la croissance de notre être profond !

Marc THOMAS, Consultant formateur en « Compétences relationnelles »
octobre 2017

Écrire à l’auteur : mthomas@competences-relationnelles.com

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Lire aussi :         Sortir des reproches pour entrer en dialogue
                             
Renoncer aux reproches et aux jugements
                              Tes émotions ne parlent que de toi

Apprivoiser ton loup

Connais-tu ton loup intérieur ? Celui qui te « mange » tant d’énergie, celui qui blesse ton moral, celui que tu essaie de faire taire ou de maîtriser… la plupart du temps sans réussite. Pire encore : depuis des années tu essaies de le combattre, et il ne te laisse jamais tranquille…

Ton loup : ce défaut qui te perturbe depuis si longtemps, cette addiction qui te fait honte, cet obstacle permanent qui t’empêche d’avancer, cette incapacité qui met à mal la confiance en toi, ce trait de caractère qui altère tes relations… Ton loup, cette part de toi qui t’empêche d’être toi-même et de mettre en œuvre les convictions et valeurs que tu portes… Ce loup intérieur, tu sais qu’il peut te faire sombrer…

Ton loup, mon loup, nos loups… Chacun de nous a le ou les siens, parfois comme un fil à la patte qui nous attache et nous tient prisonnier de nous-mêmes… Et pourtant que d’efforts avons-nous faits pour les combattre… Nous avons parfois faits des années de psychothérapies pour les maîtriser ou les éradiquer… et à la première occasion, nous les retrouvons sur notre route… Et nous finissons par consentir à la présence de ce loup, à l’image dégradée de nous-mêmes qu’il nous renvoie, à nous désespérer de jamais vivre les valeurs que nous portons dans une autre part de nous… Nous pensons alors que nous sommes nés comme ça, que nous sommes comme ça, et que nous n’y pouvons rien…

Mais si tu réfléchis bien, un homme désarmé n’a aucune chance s’il rencontre un loup : s’il se met à combattre le loup, l’homme désarmé est sûr de se faire croquer ! De même, si tu combats ton loup intérieur, tu es sûr de perdre, car tu t’engages dans un rapport de forces qui n’est pas à ta mesure !

Au Moyen Age, les habitants de la ville de Gubbio en Italie étaient terrorisés par un loup qui venait sans cesse croquer leurs brebis : les habitants se mobilisaient pour partir à l’attaque du loup,  et plusieurs d’entre eux se sont fait croquer eux aussi !
François d’Assise, passant par là, constata la terreur des habitants, et choisit une autre stratégie : il s’approcha désarmé du loup et chercha à l’apprivoiser en lui parlant avec douceur. La légende dit que le loup s’assit devant lui, posa sa patte sur la jambe de François comme s’il l’écoutait.

Cette histoire est peut-être une légende, mais elle porte en elle une profonde vérité :
si tu te bats contre ton loup, il va te croquer…
si tu l’apprivoises, il va te révéler ta pépite…

Et regarde tes combats contre ton loup : tes lamentations d’avant, ta honte et tes efforts pour en sortir ne cachaient-ils pas surtout un fantastique espoir de t’en libérer ? Espoir auquel tu n’osais pas croire parce que tes combats te menaient toujours à l’échec. Lâche le combat, apprivoise ton loup, c’est le chemin de l’espoir !

Une amie se battait depuis longtemps contre une posture de victime qui ne lui convenait pas. Je lui ai proposé de cesser de se battre, de chercher ce que cette posture de victime cachait ou protégeait… Elle a instantanément découvert l’amour qui l’emplissait… Aujourd’hui la victime est en train de se transformer en force de libération pour elle et pour celles et ceux qu’elle sent prisonniers d’eux-mêmes comme elle l’était.

Un homme me racontait comment il était depuis toujours traversé d’envies de violence et de punitions sur lui-même. Cessant de se battre contre ces pratiques qui lui faisaient honte, il chercha ce qui se cachait derrière cette honte et ces envies… et il découvrit la tendresse et la douceur dont il était capable pour les autres, et finalement pour lui-même…

Une jeune fille me disait récemment qu’elle a fait des études commerciales, mais qu’elle a refusé tout emploi depuis un an, parce qu’elle s’est rendu compte que la dimension commerciale la conduisait à manipuler les gens pour leur faire acheter un produit dont ils n’ont pas forcément besoin. Cherchant ce qui se cache derrière cette manipulation qui la révolte maintenant, elle découvre que c’est sont goût pour la relation à l’autre qui l’a conduite à faire des études de commerce. Sa relation à l’autre, elle y tient, mais elle refuse la manipulation et souhaite se réorienter vers des activités sociales ou éducatives qui lui permettront d’être au service de l’autre et d’accompagner chacun vers la découverte de ses propres ressources.

Toi aussi, mets-toi à l’écoute de ton loup… sans justifier les égarements où il t’a conduit, mais aussi sans les juger… Apprivoise ton loup pour pouvoir écouter le message dont il est porteur.

Voici un indice pour passer du combat à l’apprivoisement : ton loup est souvent l’inverse de ta pépite. Ce que tu n’aimes pas en toi est souvent l’opposé de ce que tu aimerais devenir. Plutôt que de combattre ce que tu exècres, intéresse-toi à ce que serait son contraire. Ainsi tu vas apprivoiser ton loup pour y découvrir la pépite  qu’il cache ou qu’il protège. Remercie-le même de ce qu’il a pu protéger. Et laisse-le se détacher de toi progressivement..

Ton loup, si tu te bats contre lui, il va te croquer…
si tu l’apprivoises, il va te révéler ta pépite…

Et plutôt que de t’accuser de tes manquements et de tes fautes,
cherche donc derrière eux la lumière cachée et la vie prête à surgir !

Marc THOMAS, Consultant formateur en « Compétences relationnelles »
août 2017

Écrire à l’auteur : mthomas@competences-relationnelles.com

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Comment fait-on pour APPRENDRE à S’AIMER SOI ?

Question d’une amie… Question de tant et tant de personnes…
Merci à toi qui m’as posé la question de m’avoir donné, en te répondant,
l’occasion et la permission de le partager à d’autres !

CHERCHER LA PÉPITE DERRIÈRE LA DOULEUR

Ton visage portait la souffrance… Tu étais fatiguée, déprimée…
Je t’ai proposé de chercher ce qui se cachait derrière ta souffrance,
et derrière cette posture de victime qui ne te convenait pas.
Et tu as osé nommer des mots précis,
exprimant ta richesse intérieure à toi, unique et spécifique,
ton désir, celui qui ne parle que de toi…

Nous l’avons appelé ta « pépite », qui surgissait alors du fond de toi
où elle était bien enfouie pour se protéger de la violence subie…
Cette « pépite » qui habite chacun de nous
et que jamais aucune souffrance ne peut détruire !

Aussitôt ton visage s’est illuminé…
Tes proches l’ont remarqué dans les heures suivantes.
Et tu m’as dit plus tard que tu prenais plaisir à te regarder dans le miroir…
S’aimer soi, ça doit ressembler à ça !!!

APPRIVOISER TON LOUP

Chacun de nous porte en lui un « loup ». J’appelle « loup » ce qui me fait souffrir, ce qui risque de me faire sombrer, cette force destructrice, de moi ou de l’autre, qui risque souvent de me conduire à des paroles ou à des actes contraires à mes valeurs…

Souvent nous nous battons contre notre « loup »,
nous voulons le faire taire, nous le prenons en haine…
Si tu te bats, contre un loup, tu es sûr de perdre, et il va te croquer !
La seule solution pour rester vivant, c’est de l’apprivoiser.

Apprivoiser ton loup, c’est à dire l’accueillir…
Accueillir ce qu’il ne sait pas encore dire autrement que par la violence ou la souffrance…
Peut être ce loup n’a jamais été écouté…
Lui demander de te dire sans violence de quel message il est porteur
et l’écouter à  travers ton ressenti et tes intuitions…
L’écouter car il n’est que la face cachée ou l’inverse  de ton être profond…
comme la « pépite » est l’inverse de ta souffrance…
Ton loup est la nuit qui va mettre en valeur ta lumière.
Tu t’aimeras toi quand tu aimeras aussi ton loup (mais pas la souffrance ni la violence),
quand tu l’auras apprivoisé…

TROUVER LES RELATIONS QUI TE CONVIENNENT

Tu peux t’aimer ou te détester
selon les contextes relationnels dans lesquels tu te trouves.
Il y a des contextes relationnels
où tu te sens bien, à l’aise, en confiance,  où tu oses être toi-même…
Et d’autres contextes relationnels
où tu n’es pas bien, tu perds confiance, tu te dévalorises…
Dans ce dernier cas, ne te juge pas, ne juge pas l’autre non plus,
mais demande toi ce qui te convient à toi,
ce dont tu as besoin pour être toi-même, et ce qui t’en empêche…

Nous sommes comme les poissons :
certains ont besoin d’eau de mer, d’autres ont besoin d’eau douce.
Certains ont besoin d’eaux vives, d’autres ont besoin d’eaux calmes…
Et toi de quel climat relationnel as-tu besoin pour être toi?

Pour t’aimer toi-même, sors de ta coquille
sinon tu ne verras de toi qu’un être recroquevillé et donc tout fripé !
Pour t’aimer toi-même, laisse-toi aimer par celles et ceux qui sont sans risque pour toi.
Ose leur parler car c’est en parlant à l’autre que tu te comprends,
et c’est en parlant que tu deviens ce que tu dis…
Chaque fois que tu te mets à parler, tu avances !

Quand tu as trouvé le bon contexte relationnel,
quand tu sens des relations de confiance et de respect,
ose la relation, aime l’autre, et aime-toi…

Aime-toi en aimant l’autre !

Bien à toi…
Marc                         Téléchargez cet article en pdf                                    mthomas@competences-relationnelles.com

Pour poursuivre, relis ce très beau texte attribué à Charlie Chaplin :
« Le jour où je me suis aimé pour de vrai »

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Satisfaire tes besoins : à toi de jouer !

Combien de fois j’entends des personnes dire : « J’ai besoin qu’IL me reconnaisse et qu’IL me rassure… J’ai besoin qu’IL m’écoute, qu’IL me comprenne… J’ai besoin qu’IL ne m’agresse pas… » Lorsque nous disons des phrases de ce style, nous choisissons de faire dépendre de l’autre la satisfaction de nos besoins. Nous nous mettons dans une posture de dépendance du bon vouloir de l’autre. Nous remettons à l’autre les clefs de notre bien-être…

Combien de fois j’entends des reproches et des plaintes du genre : « Elle n’a même pas pensé à moi… Elle n’en fait qu’à sa tête… Elle pourrait quand même se rendre compte que… » Et nous nous enfonçons alors dans la plainte, l’aigreur, les récriminations… jusqu’aux aigreurs d’estomac, jusqu’à amplifier notre propre blessure à force de la ressasser. C’est ce que j’appelle le phénomène de l’avalanche qui part d’une petite plaque qui se détache, ramasse et ressasse tout ce qu’elle trouve sur son passage, jusqu’à devenir une énorme masse qui détruit tout…

Combien de fois j’entends des injonctions du style : « Cessez de m’agresser !… Écoutez-moi !… Laissez-moi tranquille !… Vous devriez me comprendre… » Dites le plus souvent sur un ton agressif à une personne qui nous résiste, comment pouvons-nous imaginer que ces personnes vont se soumettre à nos exigences ? Cette attitude où nous donnons des ordres à l’autre ressemble à un élastique que l’on tend pour aller claquer sur l’autre et qui revient nous claquer nous-mêmes sans atteindre l’autre, nous laissant encore plus insatisfait qu’avant.

Combien de fois chacun de nous utilise ces stratégies ? Nous savons pourtant que ces stratégies ne marchent pas et produisent la plupart du temps l’effet inverse de celui que nous recherchons : elles ne font qu’amplifier la tension relationnelle, l’agressivité réciproque, les reproches et les jugements… Elles nous laissent de plus en plus insatisfaits et amers, et finissent par agrandir nos blessures intérieures et pourrir nos relations.

Dans ces conditions, nous sommes comme les habitants d’une case fragile et fissurée qui ignoreraient ces fragilités et rendraient le cyclone ou la tempête responsable de la destruction de la maison… Et qui seraient jaloux de ceux qui, ayant consolidé leur maison et verrouillé toutes les ouvertures, sont sortis du cyclone sans trop de dommages.

Pour sortir « debout » des tensions relationnelles ou des tempêtes quotidiennes, il est nécessaire de cesser de récriminer contre les vents contraires venus de l’extérieur et de commencer par renforcer notre stabilité intérieure. Cesser d’attendre de l’autre qu’il satisfasse nos besoins, et assumer notre dignité : lorsque nous serons convaincus que la satisfaction de nos besoins est de notre seule responsabilité, nous pourrons alors fixer nos propres objectifs et moyens, et aller négocier avec l’autre : nous lui adresserons alors des demandes avec délicatesse, dans le respect de sa liberté et de ses propres besoins.

Plutôt que de demander à l’autre de te rassurer, commence par te demander pourquoi tu te sens si souvent dans l’insécurité : tu pourras alors laisser grandir en toi la sécurité et les protections qui pourront te rassurer. Tu sauras mieux reconnaître autour de toi ceux qui peuvent t’apporter le réconfort dont tu as besoin

Plutôt que de reprocher à l’autre sa méfiance ou son attitude déstabilisante, commence par te demander pourquoi tu perds si vite ton équilibre : tu pourras alors chercher en toi la force intérieure et faire grandir la confiance en toi. Et tu sauras choisir dans tes relations celles qui peuvent se vivre dans la confiance.

Plutôt que de reprocher à l’autre de t’énerver, commence par te demander pourquoi ce qu’il fait te touche tant : tu pourras alors rester en toi sans être happé par l’autre et trouver en toi la juste distance avec ses agissements. Et tu sauras trouver autour de toi les personnes saines et sereines qui nourriront ta propre sérénité.

Tu me diras peut-être que c’est facile à dire, et je t’entends déjà me demander : « oui, mais comment on fait ? »

D’abord, accepte de lâcher tes attentes et tes exigences sur l’autre, tes récriminations et tes injonctions, et porte le regard sur toi, avec bienveillance. Tu verras que ce simple changement de regard et de posture produit immédiatement une détente et un début de sérénité.

Attention aux fausses pistes : d’abord ne t’accuse pas et ne te dévalorise pas  en pensant : « je n’y arriverai jamais… j’en suis incapable… » Comment sais-tu que tu en es incapable tant que tu n’as pas essayé ?! Regarde toi avec bienveillance : discerne ce qui reste fragile et demande-toi par quels moyens tu peux solidifier ce qui est fragile, cicatriser ce qui est blessé, laisser croître la confiance et la sérénité.

Autre fausse piste : ne te contente pas de construire des protections extérieures. Certes il faut parfois se protéger de situations dangereuses et de personnes toxiques. Mais Il ne s’agit pas  de t’enfermer dans une armure, de prendre les armes, ni de construire des barrières pour t’isoler des autres. Il s’agit de laisser croître en toi la sécurité, la confiance en toi, la force d’être et de vivre. Elles sont semées en toi depuis le jour de ta conception : comme les plantes au printemps, elles ne demandent qu’à se développer si tu prends soin d’elles, si tu jardines ta terre intérieure, si tu sais l’irriguer aux sources claires et rafraîchissantes de ton unité intérieure plutôt qu’à l’acidité de ton aigreur.

Pour faire ce travail, cherche des alliés : des personnes positives qui ont confiance en toi, des activités de loisirs qui te permettent de vivre tes passions, des lectures nourrissantes, des apprentissages qui te seraient utiles, un accompagnement personnel si nécessaire…

Et si tu souhaites poursuivre la réflexion commencée ici, tu peux lire cet autre article intitulé : « En toi est la source de ce qui te manque ». J’ai essayé d’y ouvrir quelques pistes concrètes pour accompagner la recherche et le « jardinage » de tes ressources intérieures.

Oui ! En toi est la source de ce qui te manque ! Pars à la découverte !

Lire aussi : En toi est la source de ce qui te manque

Marc THOMAS, Consultant formateur en « Compétences relationnelles »
août 2016

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N’aie pas peur d’avoir peur… de toi-même

LA PEUR DE NOUS-MÊMES…

Tous ces moments où nous avons peur de ne pas savoir, de ne pas pouvoir, de n’être pas capables… Peur aussi de faire n’importe quoi quand nous sommes épuisés ou à bout…

Ces peurs là se nomment manque d’estime de soi ou de confiance en soi et s’enracinent souvent dans une éducation où nous avons été peu valorisés et encouragés. Nommer cette cause, c’est aussi indiquer le chemin de la solution : il n’est pas question d’accuser nos parents ou nos éducateurs qui ont souvent fait ce qu’ils ont pu et ce qu’ils croyaient bon. Mais si nous avons manqué de reconnaissance et de valorisation, il est toujours temps d’aller les chercher là où elles sont !

Chercher la valorisation à l’âge adulte dépend de nous: plutôt que nous lamenter de nos manques ou de non faiblesses, regardons nos valeurs : qu’est-ce que j’aime en moi ? Quels sont mes désirs ? Qu’est-ce que j’aime faire ? Qu’est-ce que je sais faire ? Qu’est-ce que j’espère ? Quels sont mes rêves ? Oser croire en soi, et ensuite seulement négocier avec nos limites et nos contraintes !

Chercher la reconnaissance de l’autre est aussi de notre responsabilité : plutôt que de ruminer les déceptions relationnelles, je peux me demander d’abord : sur qui je peux compter ? Qui m’apprécie ? Qui est prêt à m’écouter ? Qui me fait confiance ? Qui peut me dire son désaccord sans me juger ni me rejeter ? Et choisir de m’entourer de personnes positives plutôt que de ruminer mon aigreur…

Alors dans cette démarche où je cherche les valorisations et la reconnaissance qui me manque, je vais voir grandir l’estime de moi et la confiance en moi.

Et je n’aurai plus peur de ma peur… Car je découvrirai que ma peur de moi ressemble aux jambes fragiles et tremblantes du petit enfant qui apprend à marcher. Si tremblantes qu’il avait peur de lâcher la main… Si tremblantes qu’il tombe même encore parfois… Mais il se relève… Et grâce à sa chute, il découvre la capacité de se relever… Grâce à sa chute, ses muscles se renforcent et il devient plus fort… Et sa joie d’avancer et de découvrir le monde devient plus forte que sa peur…

De la même manière que le petit enfant qui apprend à marcher, je vais apprendre à « apprivoiser » ma peur.

Apprivoiser ma peur en la nommant : la nommer, la reconnaître et l’accepter, et aussitôt chercher de quoi j’aurais besoin pour ne plus avoir peur : besoin de me protéger, besoin de sécurité, besoin de soutien, besoin de repos, etc. Et donc comment faire pour satisfaire mes besoins.

Apprivoiser ma peur en cherchant derrière nos peurs les désirs cachés. Au lieu de dire comme d’habitude : « mais je n’y arriverai pas ! », si nous disions : pour y arriver, comment je peux m’y prendre ? Sur quelles ressources personnelles je peux compter ? à quelles difficultés vais-je être affronté et comment les contourner ? à qui je peux faire appel pour m’accompagner ou me donner un coup de main ?

N’aie pas peur de ta peur !
Ta peur d’échouer n’est que le voile qui cache ton désir et ta capacité de réussir !

Marc THOMAS, Consultant-Formateur en « Compétences relationnelles »
2 avril 2016

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N’aie pas peur d’avoir peur… de l’autre

LA PEUR DE L’AUTRE…

Peur de la violence de l’autre, de son autoritarisme, de son imprévisibilité, de sa manipulation… Cette peur nous entraîne souvent à nous soumettre au bon vouloir de l’autre, à nous adapter à ce qu’il attend de nous au point de faire taire ce que nous sommes vraiment. Elle nous conduit à ne pas pouvoir dire non, à satisfaire les besoins de l’autre et bien souvent à nier nos propres besoins.

Certains se taisent et subissent, persuadés qu’ils paieraient cher toute résistance. Mais cette attitude risque au contraire de nourrir la violence de l’autre, prenant plaisir à écraser quelqu’un qui se laisse faire. Quant aux personnes autoritaires, regardez bien : elles ne sont pas autoritaires avec tout le monde et baissent souvent le ton devant celles et ceux qui savent dire non et résister sans violence. Se taire et subir risque de nourrir la domination de l’autre. En nous taisant et en acceptant, nous devenons même complices de la violence de l’autre. Les femmes qui subissent des violences conjugales dans le silence pendant des années savent que leur silence ne règle pas la violence. C’est seulement quand elles osent enfin parler qu’elles peuvent s’en sortir et mettre fin à la soumission.

Certains voudraient se « blinder », ne plus avoir peur… Mais ceux prennent cette posture se raidissent et deviennent souvent durs et violents… parce que derrière leur armure, la peur continue à bouillonner.  Il y a de rares cas où une armure est nécessaire : les policiers ne prennent le bouclier que lorsque la violence déborde, mais ils le déposent quand la vie quotidienne reprend son cours normal. Alors que bien souvent, même en période calme, nous n’arrivons plus à quitter les armures de méfiance, de jugements et de rancœur derrière lesquelles nouas cru devoir nous réfugier…

Se protéger vraiment, c’est s’ouvrir : s’ouvrir à des relations solidaires, et ouvrir les yeux sur une autre face de la réalité.

Se protéger par la solidarité : il n’est pas possible de faire face à la violence et à l’autoritarisme tout seul. C’est ensemble qu’on peut faire front. Pour résister au pouvoir oppresseur, Gandhi a rassemblé des foules qui ont su dire non et résister avec des pratiques sans violence. Dans les entreprises, le chacun-pour-soi est dévastateur ; quand les salariés sont solidaires et quand les syndicats et représentants du personnel défendent le droit du travail, le respect des personnes et la justice sociale progressent. Et la peur régresse…

Se protéger en changeant de regard sur les personnes violentes, autoritaires, manipulatrices. Nous croyons trop souvent que les violents sont forts et les autoritaires puissants. Et nous, nous sentons-nous puissants quand nous frappons nos conjoints ou nos enfants ou quand nous sommes autoritaires ? Non ! Nous devenons violents et autoritaires quand nous ne sommes à bout, quand nous ne supportons plus de ne pas obtenir ce que nous voulons. Un chef autoritaire qui refuse toute discussion est quelqu’un qui a peur de perdre son autorité s’il vous demande votre avis ! Et nous savons tous que l’autoritarisme développe les congés maladie et la résistance, et  qu’un chef respectueux et à l’écoute de ses salariés développe de la motivation et de l’efficacité !

Face à un chef autoritaire, nous pouvons utiliser une stratégie sans violence en deux mouvements : d’abord l’empathie et la reconnaissance qui peuvent le rassurer parce qu’elles lui montrent que je ne viens pas mettre en cause sa légitime autorité ; ensuite l’affirmation de soi qui exerce son droit à la parole tout en prenant en compte la peur du chef. Cette stratégie en deux temps pourrait s’exprimer de la manière suivante: « C’est vous le chef et à la fin c’est vous qui déciderez ; alors quel risque y a-t-il à ce que je vous partage mon point de vue ou mon avis ? ».

N’aie pas peur d’avoir peur !
Ta peur te protège et te rend fort, non par la violence, mais par le souffle intérieur !

Marc THOMAS, Consultant-Formateur en « Compétences relationnelles »
2 avril 2016

Écrire à l’auteur : mthomas@competences-relationnelles.com

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N’aie pas peur d’avoir peur… des évènements

LA PEUR DES ÉVÉNEMENTS…

Un tremblement de terre, un cyclone qui approche… Le terrorisme à nos portes, les guerres… Un accident de voiture, un chien qui aboie, un passage dans un quartier peu éclairé la nuit… Ces peurs sont déclenchées par un danger réel ou par un sentiment d’insécurité.

Certains se disent : « Je ne devrais pas avoir peur ». Je pense à des militaires en guerre ou des policiers spécialisés en intervention antiterroriste. Nous imaginons facilement qu’il est nécessaire qu’ils n’aient pas peur pour affronter l’ennemi… Je lisais récemment une interview d’un Général commandant une armée en guerre ; il disait à peu près ceci : « Le jour où ils n’ont plus peur, ils se croient forts, ils baissent leur vigilance et c’est alors qu’ils deviennent vulnérables. Mes hommes ont peur, et cette peur les sauve car elle les maintient en alerte. » De même, si tu traverses une route sans faire attention, le klaxon ou le bruit des freins d’une voiture va te faire peur, mais cette peur te sauve la vie parce qu’elle te permet de réagir !

Les traces de ces peurs peuvent rester en nous comme des résurgences : même une fois le danger évité, le traumatisme laissé en nous va se réveiller à chaque nouvelle situation semblable. La seule solution pour traiter ces résurgences de la peur, c’est la parole… Nous savons tous que les victimes d’attentats ou de violence se voient proposer un accompagnement psychologique pour pouvoir « vider » le trop plein d’émotion qui risque de devenir traumatisme durable s’il n’est pas traité par la parole… Plutôt que d’avoir honte de nos peurs, osons les exprimer à des proches bienveillants : ils nous comprendront car eux aussi ont leurs propres peurs, et le fait de les exprimer nous permettra de les mettre à distance tout en restant vigilants.

N’aie pas peur d’avoir peur !
Ta peur est une alerte qui te rend vigilant et peut te sauver la vie.

Marc THOMAS, Consultant-Formateur en « Compétences relationnelles »
2 avril 2016

Écrire à l’auteur : mthomas@competences-relationnelles.com

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N’aie pas peur d’avoir peur !

 « Les courageux ne sont pas ceux qui n’ont pas peur,
mais bien ceux qui, avec et malgré leur peur,
font ce qu’ils croient juste. »

AUNG SAN SUU KYI, résistante birmane

Tous, nous avons peur ! Et nous avons peur d’avoir peur !
Dans un monde difficile, ces peurs augmentent, et les prescriptions d’anxiolytiques aussi.

C’est une question importante, la peur… Elle dit nos fragilités…
Mais aussi combien nous tenons à ce qui est précieux pour nous !

Je voudrais ici faire l’éloge de la peur !
Parce que la peur est toujours l’annonciatrice d’un message de libération !
Apprivoisée et traitée, elle nous fait devenir humains.
Seuls les robots n’ont pas peur !

Vous n’y croyez pas ?
ou vous dites : « Peut-être pour les autres, mais pas pour moi ! »
Lisez d’abord… et dites-moi ensuite ce que vous en pensez !

Vous pouvez lire les chapitres ci-dessous dans l’ordre que vous voulez…
selon la peur du moment…
pour la décrypter, l’apprivoiser…
pour cesser de vous refermer ou de vous laisser enfermer par la peur…
Car « nos peurs sont les nids de nos désirs » (Jacques Salomé)

Cliquez ci-dessous sur les titres, dans l’ordre que vous voulez
Bonne lecture ! Marc

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