Archives par mot-clé : se protéger

Apprivoiser ton loup

Connais-tu ton loup intérieur ? Celui qui te « mange » tant d’énergie, celui qui blesse ton moral, celui que tu essaie de faire taire ou de maîtriser… la plupart du temps sans réussite. Pire encore : depuis des années tu essaies de le combattre, et il ne te laisse jamais tranquille…

Ton loup : ce défaut qui te perturbe depuis si longtemps, cette addiction qui te fait honte, cet obstacle permanent qui t’empêche d’avancer, cette incapacité qui met à mal la confiance en toi, ce trait de caractère qui altère tes relations… Ton loup, cette part de toi qui t’empêche d’être toi-même et de mettre en œuvre les convictions et valeurs que tu portes… Ce loup intérieur, tu sais qu’il peut te faire sombrer…

Ton loup, mon loup, nos loups… Chacun de nous a le ou les siens, parfois comme un fil à la patte qui nous attache et nous tient prisonnier de nous-mêmes… Et pourtant que d’efforts avons-nous faits pour les combattre… Nous avons parfois faits des années de psychothérapies pour les maîtriser ou les éradiquer… et à la première occasion, nous les retrouvons sur notre route… Et nous finissons par consentir à la présence de ce loup, à l’image dégradée de nous-mêmes qu’il nous renvoie, à nous désespérer de jamais vivre les valeurs que nous portons dans une autre part de nous… Nous pensons alors que nous sommes nés comme ça, que nous sommes comme ça, et que nous n’y pouvons rien…

Mais si tu réfléchis bien, un homme désarmé n’a aucune chance s’il rencontre un loup : s’il se met à combattre le loup, l’homme désarmé est sûr de se faire croquer ! De même, si tu combats ton loup intérieur, tu es sûr de perdre, car tu t’engages dans un rapport de forces qui n’est pas à ta mesure !

Au Moyen Age, les habitants de la ville de Gubbio en Italie étaient terrorisés par un loup qui venait sans cesse croquer leurs brebis : les habitants se mobilisaient pour partir à l’attaque du loup,  et plusieurs d’entre eux se sont fait croquer eux aussi !
François d’Assise, passant par là, constata la terreur des habitants, et choisit une autre stratégie : il s’approcha désarmé du loup et chercha à l’apprivoiser en lui parlant avec douceur. La légende dit que le loup s’assit devant lui, posa sa patte sur la jambe de François comme s’il l’écoutait.

Cette histoire est peut-être une légende, mais elle porte en elle une profonde vérité :
si tu te bats contre ton loup, il va te croquer…
si tu l’apprivoises, il va te révéler ta pépite…

Et regarde tes combats contre ton loup : tes lamentations d’avant, ta honte et tes efforts pour en sortir ne cachaient-ils pas surtout un fantastique espoir de t’en libérer ? Espoir auquel tu n’osais pas croire parce que tes combats te menaient toujours à l’échec. Lâche le combat, apprivoise ton loup, c’est le chemin de l’espoir !

Une amie se battait depuis longtemps contre une posture de victime qui ne lui convenait pas. Je lui ai proposé de cesser de se battre, de chercher ce que cette posture de victime cachait ou protégeait… Elle a instantanément découvert l’amour qui l’emplissait… Aujourd’hui la victime est en train de se transformer en force de libération pour elle et pour celles et ceux qu’elle sent prisonniers d’eux-mêmes comme elle l’était.

Un homme me racontait comment il était depuis toujours traversé d’envies de violence et de punitions sur lui-même. Cessant de se battre contre ces pratiques qui lui faisaient honte, il chercha ce qui se cachait derrière cette honte et ces envies… et il découvrit la tendresse et la douceur dont il était capable pour les autres, et finalement pour lui-même…

Une jeune fille me disait récemment qu’elle a fait des études commerciales, mais qu’elle a refusé tout emploi depuis un an, parce qu’elle s’est rendu compte que la dimension commerciale la conduisait à manipuler les gens pour leur faire acheter un produit dont ils n’ont pas forcément besoin. Cherchant ce qui se cache derrière cette manipulation qui la révolte maintenant, elle découvre que c’est sont goût pour la relation à l’autre qui l’a conduite à faire des études de commerce. Sa relation à l’autre, elle y tient, mais elle refuse la manipulation et souhaite se réorienter vers des activités sociales ou éducatives qui lui permettront d’être au service de l’autre et d’accompagner chacun vers la découverte de ses propres ressources.

Toi aussi, mets-toi à l’écoute de ton loup… sans justifier les égarements où il t’a conduit, mais aussi sans les juger… Apprivoise ton loup pour pouvoir écouter le message dont il est porteur.

Voici un indice pour passer du combat à l’apprivoisement : ton loup est souvent l’inverse de ta pépite. Ce que tu n’aimes pas en toi est souvent l’opposé de ce que tu aimerais devenir. Plutôt que de combattre ce que tu exècres, intéresse-toi à ce que serait son contraire. Ainsi tu vas apprivoiser ton loup pour y découvrir la pépite  qu’il cache ou qu’il protège. Remercie-le même de ce qu’il a pu protéger. Et laisse-le se détacher de toi progressivement..

Ton loup, si tu te bats contre lui, il va te croquer…
si tu l’apprivoises, il va te révéler ta pépite…

Et plutôt que de t’accuser de tes manquements et de tes fautes,
cherche donc derrière eux la lumière cachée et la vie prête à surgir !

Marc THOMAS, Consultant formateur en « Compétences relationnelles »
août 2017

Écrire à l’auteur : mthomas@competences-relationnelles.com

Téléchargez cet article en pdf

Comment fait-on pour APPRENDRE à S’AIMER SOI ?

Question d’une amie… Question de tant et tant de personnes…
Merci à toi qui m’as posé la question de m’avoir donné, en te répondant,
l’occasion et la permission de le partager à d’autres !

CHERCHER LA PÉPITE DERRIÈRE LA DOULEUR

Ton visage portait la souffrance… Tu étais fatiguée, déprimée…
Je t’ai proposé de chercher ce qui se cachait derrière ta souffrance,
et derrière cette posture de victime qui ne te convenait pas.
Et tu as osé nommer des mots précis,
exprimant ta richesse intérieure à toi, unique et spécifique,
ton désir, celui qui ne parle que de toi…

Nous l’avons appelé ta « pépite », qui surgissait alors du fond de toi
où elle était bien enfouie pour se protéger de la violence subie…
Cette « pépite » qui habite chacun de nous
et que jamais aucune souffrance ne peut détruire !

Aussitôt ton visage s’est illuminé…
Tes proches l’ont remarqué dans les heures suivantes.
Et tu m’as dit plus tard que tu prenais plaisir à te regarder dans le miroir…
S’aimer soi, ça doit ressembler à ça !!!

APPRIVOISER TON LOUP

Chacun de nous porte en lui un « loup ». J’appelle « loup » ce qui me fait souffrir, ce qui risque de me faire sombrer, cette force destructrice, de moi ou de l’autre, qui risque souvent de me conduire à des paroles ou à des actes contraires à mes valeurs…

Souvent nous nous battons contre notre « loup »,
nous voulons le faire taire, nous le prenons en haine…
Si tu te bats, contre un loup, tu es sûr de perdre, et il va te croquer !
La seule solution pour rester vivant, c’est de l’apprivoiser.

Apprivoiser ton loup, c’est à dire l’accueillir…
Accueillir ce qu’il ne sait pas encore dire autrement que par la violence ou la souffrance…
Peut être ce loup n’a jamais été écouté…
Lui demander de te dire sans violence de quel message il est porteur
et l’écouter à  travers ton ressenti et tes intuitions…
L’écouter car il n’est que la face cachée ou l’inverse  de ton être profond…
comme la « pépite » est l’inverse de ta souffrance…
Ton loup est la nuit qui va mettre en valeur ta lumière.
Tu t’aimeras toi quand tu aimeras aussi ton loup (mais pas la souffrance ni la violence),
quand tu l’auras apprivoisé…

TROUVER LES RELATIONS QUI TE CONVIENNENT

Tu peux t’aimer ou te détester
selon les contextes relationnels dans lesquels tu te trouves.
Il y a des contextes relationnels
où tu te sens bien, à l’aise, en confiance,  où tu oses être toi-même…
Et d’autres contextes relationnels
où tu n’es pas bien, tu perds confiance, tu te dévalorises…
Dans ce dernier cas, ne te juge pas, ne juge pas l’autre non plus,
mais demande toi ce qui te convient à toi,
ce dont tu as besoin pour être toi-même, et ce qui t’en empêche…

Nous sommes comme les poissons :
certains ont besoin d’eau de mer, d’autres ont besoin d’eau douce.
Certains ont besoin d’eaux vives, d’autres ont besoin d’eaux calmes…
Et toi de quel climat relationnel as-tu besoin pour être toi?

Pour t’aimer toi-même, sors de ta coquille
sinon tu ne verras de toi qu’un être recroquevillé et donc tout fripé !
Pour t’aimer toi-même, laisse-toi aimer par celles et ceux qui sont sans risque pour toi.
Ose leur parler car c’est en parlant à l’autre que tu te comprends,
et c’est en parlant que tu deviens ce que tu dis…
Chaque fois que tu te mets à parler, tu avances !

Quand tu as trouvé le bon contexte relationnel,
quand tu sens des relations de confiance et de respect,
ose la relation, aime l’autre, et aime-toi…

Aime-toi en aimant l’autre !

Bien à toi…
Marc                         Téléchargez cet article en pdf                                    mthomas@competences-relationnelles.com

Pour poursuivre, relis ce très beau texte attribué à Charlie Chaplin :
« Le jour où je me suis aimé pour de vrai »

Enregistrer

Satisfaire tes besoins : à toi de jouer !

Combien de fois j’entends des personnes dire : « J’ai besoin qu’IL me reconnaisse et qu’IL me rassure… J’ai besoin qu’IL m’écoute, qu’IL me comprenne… J’ai besoin qu’IL ne m’agresse pas… » Lorsque nous disons des phrases de ce style, nous choisissons de faire dépendre de l’autre la satisfaction de nos besoins. Nous nous mettons dans une posture de dépendance du bon vouloir de l’autre. Nous remettons à l’autre les clefs de notre bien-être…

Combien de fois j’entends des reproches et des plaintes du genre : « Elle n’a même pas pensé à moi… Elle n’en fait qu’à sa tête… Elle pourrait quand même se rendre compte que… » Et nous nous enfonçons alors dans la plainte, l’aigreur, les récriminations… jusqu’aux aigreurs d’estomac, jusqu’à amplifier notre propre blessure à force de la ressasser. C’est ce que j’appelle le phénomène de l’avalanche qui part d’une petite plaque qui se détache, ramasse et ressasse tout ce qu’elle trouve sur son passage, jusqu’à devenir une énorme masse qui détruit tout…

Combien de fois j’entends des injonctions du style : « Cessez de m’agresser !… Écoutez-moi !… Laissez-moi tranquille !… Vous devriez me comprendre… » Dites le plus souvent sur un ton agressif à une personne qui nous résiste, comment pouvons-nous imaginer que ces personnes vont se soumettre à nos exigences ? Cette attitude où nous donnons des ordres à l’autre ressemble à un élastique que l’on tend pour aller claquer sur l’autre et qui revient nous claquer nous-mêmes sans atteindre l’autre, nous laissant encore plus insatisfait qu’avant.

Combien de fois chacun de nous utilise ces stratégies ? Nous savons pourtant que ces stratégies ne marchent pas et produisent la plupart du temps l’effet inverse de celui que nous recherchons : elles ne font qu’amplifier la tension relationnelle, l’agressivité réciproque, les reproches et les jugements… Elles nous laissent de plus en plus insatisfaits et amers, et finissent par agrandir nos blessures intérieures et pourrir nos relations.

Dans ces conditions, nous sommes comme les habitants d’une case fragile et fissurée qui ignoreraient ces fragilités et rendraient le cyclone ou la tempête responsable de la destruction de la maison… Et qui seraient jaloux de ceux qui, ayant consolidé leur maison et verrouillé toutes les ouvertures, sont sortis du cyclone sans trop de dommages.

Pour sortir « debout » des tensions relationnelles ou des tempêtes quotidiennes, il est nécessaire de cesser de récriminer contre les vents contraires venus de l’extérieur et de commencer par renforcer notre stabilité intérieure. Cesser d’attendre de l’autre qu’il satisfasse nos besoins, et assumer notre dignité : lorsque nous serons convaincus que la satisfaction de nos besoins est de notre seule responsabilité, nous pourrons alors fixer nos propres objectifs et moyens, et aller négocier avec l’autre : nous lui adresserons alors des demandes avec délicatesse, dans le respect de sa liberté et de ses propres besoins.

Plutôt que de demander à l’autre de te rassurer, commence par te demander pourquoi tu te sens si souvent dans l’insécurité : tu pourras alors laisser grandir en toi la sécurité et les protections qui pourront te rassurer. Tu sauras mieux reconnaître autour de toi ceux qui peuvent t’apporter le réconfort dont tu as besoin

Plutôt que de reprocher à l’autre sa méfiance ou son attitude déstabilisante, commence par te demander pourquoi tu perds si vite ton équilibre : tu pourras alors chercher en toi la force intérieure et faire grandir la confiance en toi. Et tu sauras choisir dans tes relations celles qui peuvent se vivre dans la confiance.

Plutôt que de reprocher à l’autre de t’énerver, commence par te demander pourquoi ce qu’il fait te touche tant : tu pourras alors rester en toi sans être happé par l’autre et trouver en toi la juste distance avec ses agissements. Et tu sauras trouver autour de toi les personnes saines et sereines qui nourriront ta propre sérénité.

Tu me diras peut-être que c’est facile à dire, et je t’entends déjà me demander : « oui, mais comment on fait ? »

D’abord, accepte de lâcher tes attentes et tes exigences sur l’autre, tes récriminations et tes injonctions, et porte le regard sur toi, avec bienveillance. Tu verras que ce simple changement de regard et de posture produit immédiatement une détente et un début de sérénité.

Attention aux fausses pistes : d’abord ne t’accuse pas et ne te dévalorise pas  en pensant : « je n’y arriverai jamais… j’en suis incapable… » Comment sais-tu que tu en es incapable tant que tu n’as pas essayé ?! Regarde toi avec bienveillance : discerne ce qui reste fragile et demande-toi par quels moyens tu peux solidifier ce qui est fragile, cicatriser ce qui est blessé, laisser croître la confiance et la sérénité.

Autre fausse piste : ne te contente pas de construire des protections extérieures. Certes il faut parfois se protéger de situations dangereuses et de personnes toxiques. Mais Il ne s’agit pas  de t’enfermer dans une armure, de prendre les armes, ni de construire des barrières pour t’isoler des autres. Il s’agit de laisser croître en toi la sécurité, la confiance en toi, la force d’être et de vivre. Elles sont semées en toi depuis le jour de ta conception : comme les plantes au printemps, elles ne demandent qu’à se développer si tu prends soin d’elles, si tu jardines ta terre intérieure, si tu sais l’irriguer aux sources claires et rafraîchissantes de ton unité intérieure plutôt qu’à l’acidité de ton aigreur.

Pour faire ce travail, cherche des alliés : des personnes positives qui ont confiance en toi, des activités de loisirs qui te permettent de vivre tes passions, des lectures nourrissantes, des apprentissages qui te seraient utiles, un accompagnement personnel si nécessaire…

Et si tu souhaites poursuivre la réflexion commencée ici, tu peux lire cet autre article intitulé : « En toi est la source de ce qui te manque ». J’ai essayé d’y ouvrir quelques pistes concrètes pour accompagner la recherche et le « jardinage » de tes ressources intérieures.

Oui ! En toi est la source de ce qui te manque ! Pars à la découverte !

Lire aussi : En toi est la source de ce qui te manque

Marc THOMAS, Consultant formateur en « Compétences relationnelles »
août 2016

Téléchargez cet article en pdf

Enregistrer

Enregistrer

ME PROTÉGER quand quelqu’un cherche à m’atteindre

Après un conflit ou une rupture, tu ressens que l’autre cherche à t’atteindre et que tu ne peux pas te protéger. Ça te fait mal. Et cette douleur peut nourrir ta rancœur, ton aigreur, voire même un désir de vengeance. A l’inverse, elle peut aussi te ramener vers l’autre, te rapprocher de lui pour ne plus subir ses attaques, et te soumettre à ce que, pourtant, tu ne voulais plus…

Tu n’as pas le pouvoir de changer l’autre. Mais quand tu te sens atteint, tu as le pouvoir d’apprendre à te protéger de ce qui te blesse.

Le travail consiste à ne pas prendre pour toi ce qui appartient à l’autre. S’il veut t’atteindre, ça ne parle que de lui : de sa souffrance peut-être, de son refus du dialogue, peut-être aussi de son désir conscient ou inconscient de te faire payer la rupture… Tout cela lui appartient et ne parle que de lui et de son mal-être.

Si tu es atteint, ce n’est pas parce qu’il cherche à t’atteindre, c’est parce que tu laisses entrer en toi ce qu’il t’envoie ! Comme si tu étais au soleil sans protection, ou au froid sans manteau….

Le travail consiste à chercher ce qui est touché et ce qui te manque pour être protégé :

  • Est-ce les suites de l’amitié ou de l’amour que tu as eu pour lui et que tu as peut-être encore ?
  • Est-ce ta gentillesse naturelle qui t’a appris à courir au secours de l’autre mais pas à te protéger de son malaise ou de sa perversion ?
  • Est-ce que ça fait résonner d’autres expériences où tu t’es laissé atteindre ?
  • Est-ce que tu n’as pas appris à dire « ça suffit » ou à dire non et à te détourner pour ne plus être touchée ?
  • Est-ce parce qu’il t’envahit de mail, de sms ou d’appels téléphoniques ?
  • Est-ce parce que son amitié ou son amour s’est transformé en haine ?
  • Est-ce encore autre chose ?

Tu apprendras à te protéger en travaillant sur toi pour choisir ce qui est bon pour toi :

  • accuser l’autre ou prendre soin de toi ?
  • Ruminer ta rancœur ou traiter tes blessures ?
  • Dire oui ou dire non ?
  • Te rapprocher ou te mettre à distance ?
  • Enfouir ta souffrance ou « mettre des mots sur tes maux » ?
  • Rester seul ou trouver des alliés ?
  • Etc

Lorsque tu auras fait ce travail, tu te sentiras davantage protégé, et tu pourras affronter l’agressivité de l’autre sans être touché : tu repèreras dans son agressivité les signes de sa propre insécurité et de ses peurs. Tu pourras les entendre sans qu’elles te perturbent.

Bien à toi…
Marc                         Jaillissement130x81                                    mthomas@competences-relationnelles.com

Pouvoir changer et prendre soin de soi

Couverture2Une personne m’écrivait ceci il y a quelque temps :
« Je sais que mon seuil de tolérance est trop haut.. et que j’accepte des choses que je ne devrais pas accepter, dans le sens où en les acceptant, je ne me respecte pas, et je ne respecte pas mes besoins.. 

Il y a surement beaucoup de raisons à cela : une éducation où la gentillesse et la générosité priment (mes parents et mes frères et sœurs sont comme cela aussi… ils ont du mal à dire non…), une faible estime de soi… un manque d’affirmation de soi… un besoin d’être aimé… regardé… une sensibilité et une empathie trop élevées… »

En plein travail sur elle-même, et à la suite d’une séparation douloureuse mais libératrice, elle écrit :

« Ce que je parviens à faire en ce moment, c’est de prendre soin de moi.. d’écouter mes besoins… et d’y répondre… Je deviens ma priorité (et non plus d’abord les autres)… Je m’occupe de moi… Je fais des choses qui me font du bien…

J’essaye aussi d’écouter mes ressentis, de les laisser s’exprimer sans y mettre de barrières et donc de comprendre le message dont ils sont porteurs.

Je diffère aussi beaucoup les demandes des autres.. et réussis à ne pas toujours y répondre (sans m’excuser !!).

Tous ces petits « exercices quotidiens » m’aident beaucoup et me font du bien… Je me rends compte aussi finalement que la réaction de l’autre quand je refuse ne m’atteint pas…

Par exemple, un ami m’avait invité au restaurant la semaine dernière avec un groupe d’amis à lui ; j’ai refusé car j’étais épuisée de ma semaine de travail : mon besoin à ce moment là était du repos++. Je n’aurais pas profité de la soirée vu mon état de fatigue. Cet ami a mal pris mon refus (forcément, j’ai l’habitude de lui dire oui tout le temps !). Depuis, plus de nouvelles… Je me dis : tant pis pour lui… S’il m’apprécie vraiment, il reviendra vers moi…

Réussir à m’affirmer et à me faire respecter provoque en moi des sentiments positifs. Je me sens bien après avoir réussi à faire respecter mes besoins. Et je me rends compte que plus je le fais, plus cela devient facile et « naturel » de le faire… Je ne culpabilise plus !

En me comportant ainsi, je fais également du « tri » autour de moi. Je me rends compte des personnes qui m’apprécient vraiment et sur qui je peux compter… et de celles qui finalement n’étaient près de moi que par intérêt…

Du coup, je renforce aussi les liens avec les gens que j’apprécie… »

Ce que vit cette personne est à la portée de chacun de nous, quand nous osons écouter ce qui crie à l’intérieur de nous, quand nous osons accueillir nos ressentis, y découvrir nos besoins vitaux et les prendre au sérieux ! Merci à toi qui as vécu cela et qui me l’a écrit de nous en donner la preuve !

Marc THOMAS, consultant formateur en « Compétences relationnelles »
4 septembre 2015 – avec l’accord de la personne citée

PDF1

Mal-être au travail

Couverture2Des suicides répétés dans une grande entreprise française remettent sous les feux des projecteurs le stress et le mal-être au travail.

Je ne connais pas de l’intérieur France Telecom, mais je connais un peu plus d’autres contextes professionnels.

Dans le monde hospitalier par exemple, je décèle des contradictions croissantes qui génèrent des tensions parfois insupportables : contradiction entre une nécessaire gestion économique (qui exige des restrictions pour sauvegarder notre système de protection sociale) et une aussi nécessaire gestion de la qualité des soins (qui exige d’accroître les moyens humains et matériels). Des cadres et des personnels hospitaliers sont écartelés dans cette contradiction.

Une personne qui travaille dans une structure d’accompagnement vers l’emploi m’écrit ces jours-ci : « (Après les restructurations), les conditions de travail se sont encore plus dégradées que par le passé,… moi qui croyais que nous avions déjà touché le fond… »

Bien souvent ces contradictions qui écartèlent sont inévitables. Mais elles ne sont pas les premières causes de mal-être. À France Telecom, c’est la pression d’un management inhumain qui est pointée.

Il ne sert à rien d’envoyer des salariés en formation pour apprendre à gérer leur stress si on ne fait pas baisser les générateurs institutionnels de stress, et si on ne restaure pas d’abord dans l’entreprise des instances de communication et de débat respectueuses des personnes, mais aussi de la démocratie.

Dans les établissements de soins, les équipes où le management favorise la communication et le dialogue voient diminuer de 30% le nombre de congés maladie.

Marc THOMAS, Consultant Formateur en « Compétences relationnelles »
octobre 2009

PDF1

Faire face à la violence

Couverture2C’était il y a quelques années, dans une administration, au bureau d’accueil du public. Un homme très grand et très fort, agacé par l’attente – et probablement par ses propres soucis et sa difficulté à canaliser ses pulsions – s’approche violemment du bureau d’accueil, commence à soulever ce bureau en insultant le professionnel qui était derrière.

Une jeune femme du même service voit son collègue en difficulté. Elle est physiquement sans défense, petite et fluette devant cet homme « armoire à glace » ; elle ne fait pas le poids et risque de se faire violenter. Elle-même raconte : « Je ne sais pas ce qui m’a pris, je me suis approchée, je l’ai regardé dans les yeux et je lui ai dit : « Ça suffit ! » Il m’a regardée du haut de ses 2 mètres, j’ai cru qu’il allait m’écrabouiller. Mais il a lâché la table, il a reculé et il m’a dit : « Excusez-moi ! »

Vu la différence physique, cette professionnelle ne pouvait pas répondre à la violence par la violence. Elle a pris le risque d’y répondre par la seule force qui peut désarmer : cette force qui vient vers le violent plutôt que de le fuir et qui restaure une parole là où seules les pulsions s’expriment.

Bien sûr, cette professionnelle a pris un risque que tout le monde ne peut pas prendre. Mais pourquoi son intervention a-t-elle désamorcé la violence plutôt que de l’attiser ? Pour deux raisons : d’abord cette parole : « Ça suffit » : une parole simple mais fondamentale, qui ne juge pas, qui ne menace pas. Simplement cette parole rappelle la règle, celle qui s’impose à tous pour le bien de tous, elle remet de la règle (et donc de l’humain) au cœur de la pulsion sauvage et destructrice. Une amie psychanalyste m’écrit : « Cette parole qui rappelle la règle est d’abord une parole qui « arrête ». C’est pour ça qu’elle est efficace, c’est parce qu’elle arrête le débordement de jouissance (dans la violence). L’outil de cet arrêt est le rappel de la règle, mais ce qui fonde cet arrêt, c’est la position interne de la personne. » (Béatrice GUITARD).

La deuxième raison qui a permis de désamorcer la violence est donc bien la posture de la personne. Cette femme est petite et fragile devant la force physique du violent, mais très probablement bien enracinée en elle-même ; la règle qu’elle rappelle n’est pas un ordre extérieur à elle qu’elle ferait appliquer par devoir : s’il en était ainsi, elle se serait sauvée, dépassée par la violence de l’autre, et ensuite elle se serait lamentée, elle aurait dénoncé les violents, la société… Mais elle est là face à l’homme violent, et elle rappelle une règle intériorisée. Elle disait qu’elle ne savait pas ce qui lui a pris pour oser aller à la rencontre du violent : ce qui lui a pris, c’est d’agir en plein accord avec le fond de son être qui refuse toute violence, sans jugement du violent. Tout son être se pose devant cet homme, sans aucune violence, mais avec une force d’être, de conviction et de parole. Tout sont être dit « ça suffit ».

Cette parole « congruente », c’est-à-dire accordée à tout l’être de la personne qui la prononce, est la seule force que les violents peuvent entendre ! C’est la seule force non violente qui peut venir à bout de la violence.

Marc THOMAS, Consultant-Formateur en « Compétences relationnelles »
Septembre 2011

PDF1

« Nul n’est blessé par un autre que lui-même »

Couverture2Cette phrase est écrite par le philosophe grec Epictète au 1er siècle. Bien sûr, je ne l’applique pas aux enfants abusés, ni aux femmes battues ou violées, ni à toute autre victime de comportements violents ou pervers !

Par contre, dans un certain nombre de tensions relationnelles ou de situations d’incompréhension, je crois que ce n’est pas d’abord l’autre qui nous blesse, mais nous qui ne savons pas nous protéger et qui nous laissons atteindre. Et nous nous sentons blessés !

Blessés par une parole dite par un proche, et pourtant celui-ci n’avait pas l’intention de faire mal. Mais ce qu’il dit réveille en nous une émotion ou une souffrance venue d’ailleurs et qui restait sensible. Ce n’est pas lui qui m’a blessé, c’est moi qui me suis senti blessé.

Blessés, nous devenons agressifs envers l’autre : l’agressivité vient quand nous-mêmes nous ne sommes pas bien ou que nous n’avons pas trouvé la manière de nous protéger devant une situation difficile.

A l’inverse, blessés lorsque quelqu’un nous agresse : nous pourrions nous dire que son agression ne parle que de lui et de son mal-être, car il aurait pu nous dire son désaccord ou son refus sans être agressif. Si nous sommes blessés, c’est que nous avons pris pour nous une accusation qui ne parle pourtant que du mal-être de l’agresseur.

Blessés dans des situations de conflits, quand nous nous épuisons à convaincre l’autre qu’il se trompe, et que l’autre en fait autant, quand nous nous acharnons à vouloir prouver que nous avons raison et qu’il a tort. Nous accusons l’autre de nous avoir fait du mal, alors que c’est d’abord notre acharnement qui nous a blessés.

Nous pouvons remplacer cet acharnement par l’acceptation de la différence de points de vue, choisir d’écouter le point de vue de l’autre, lui demander d’écouter le nôtre, proposer de chercher ensemble un compromis sans perdant. Même s’il n’accepte pas, nous serons moins blessés parce que nous aurons eu une attitude plus constructive.

Blessés par les jugements que nous portons sur l’autre, toutes les accusations qui fusent si vite en situation de tension. D’autres fois, c’est la peur du jugement de l’autre qui nous fait nous taire. Et nous ruminons en silence, nous installant dans le rôle de la victime blessée par l’incompréhension, le manque de reconnaissance, la soumission….

Nous pouvons décider une fois pour toutes de renoncer à tout jugement sur l’autre et sur nous-mêmes, de lâcher toutes les ruminations et ressentiments qui ne font qu’amplifier notre malaise comme une avalanche. Nous pouvons laisser à l’autre les jugements qu’il porte sur nous, et remplacer nos reproches et nos silences par des paroles en « je » : dire sans agressivité ce que nous pensons et ressentons, ce dont nous avons besoin, ce que nous demandons ou refusons…

Alors nous ne pourrons peut-être pas changer l’autre, car cela n’est pas en notre pouvoir. Mais nous changerons de place dans la relation : renonçant à prendre la place de la victime, nous choisirions de faire face, vrais avec nous-mêmes et devant l’autre… Nous ne nous blesserons plus nous-mêmes, nous déclencherons plus facilement le respect.

Marc THOMAS, Consultant – Formateur en « Compétences relationnelles »
avril 2013

Télécharger au format PDF

Se protéger de l’agressivité

Comprendre pourquoi l’agressivité de l’autre me touche tant

 

Dev-Hum-Couverture1Pendant une formation professionnelle, Audrey (prénom modifié) nous racontait qu’elle a eu des relations très difficiles avec un responsable hiérarchique. Elle était consciente que celui-ci la manipulait, lui parlait de façon blessante. Cette attitude agressive lui faisait perdre tous ses moyens. Elle accusait son chef de la détruire.

Pour tenter de régler ce problème, Audrey a suivi une formation sur le stress. A la suite d’un jeu de rôle, le formateur lui dit en aparté : « Il me semble que vous n’allez pas bien. » Et Audrey de répondre : « Mais si je vais bien ! ». Pourtant cette parole du formateur l’a « travaillée » douloureusement, lui permettant de mettre le doigt sur ses blocages et sur son mal-être qu’elle essayait de se cacher à elle-même. Elle a donc entrepris un travail sur elle-même.

Et Audrey raconte aujourd’hui : « Ce travail m’a permis de me libérer de mes blocages. Par exemple, ce chef dont je pensais qu’il me détruisait, j’ai pris conscience un jour que la manière dont il s’adressait à moi me rappelait ma mère ! Et cela a réveillé une relation douloureuse avec ma mère, pas encore soignée 30 ans après ! J’ai été accompagnée pour faire émerger et pour traiter cette blessure ancienne qui était bien enfouie. »

Et Audrey continue : « Aujourd’hui, j’ai toujours le même chef, il s’adresse toujours à moi de la même manière, mais cela ne me touche plus. Son mode relationnel ne parle que de lui, et depuis que ma blessure enfouie est soignée, elle ne se réveille plus : je peux donc faire face sereinement à mon chef. Mes collègues me demandent même comment je fais pour rester calme devant lui. »

Pour se préserver de l’agressivité ou de la violence de l’autre, sans s’écraser et sans renvoyer notre propre violence, il faut d’abord commencer à comprendre pourquoi l’agressivité de cet autre nous touche tant et nous laisse sans protection : la plupart du temps, cela ne parle que de nous et de blessures enfouies qui se réveillent. C’est ce que j’appelle les « mines antipersonnel » qui sommeillent en nous. Au lieu de se faire encore plus de mal en ruminant et en dénonçant l’autre, il est plus efficace de faire émerger ce que cet évènement réveille de notre propre histoire et de traiter cette blessure enfouie. La plupart du temps, cela suffira à savoir ensuite se protéger de l’agressivité.

Il reste encore une deuxième étape : savoir comment dire non, fermement et sans violence, aux paroles agressives et aux attitudes manipulatrices. Comment faites-vous, Audrey ? Comment faites-vous, amis lecteurs ?

Marc THOMAS, Consultant – Formateur en « Compétences relationnelles »
juin 2011


Réagir à l’agressivité

 

 Avez-vous dans votre entourage une personne que vous connaissez bien et avec qui les relations sont souvent tendues ou conflictuelles ? Imaginez qu’elle arrive vers vous et vous dise sur un ton agressif : « Tu es la personne la plus égoïste que j’ai jamais rencontrée ! » Qu’allez-vous lui répondre spontanément ?

« Tu ne t’es pas regardée ! Je suis moins égoïste que toi ! » Sur le même ton qu’elle, vous l’agressez vous aussi dans l’escalade des accusations, des jugements et de la violence.

« Ah non, ce n’est pas vrai… avec tout ce que j’ai fait pour toi ! » Vous vous justifiez, et vous prenez le risque qu’elle en rajoute ! Auriez-vous besoin de vous justifier et d’avoir raison ?

« Oh ! Qu’est-ce que j’ai fait ? » Vous culpabilisez parce qu’elle vous accuse… Et pourtant, elle ne vous a pas encore dit sur quoi repose son jugement. Ce sentiment de culpabilité parlerait-il de vous ?

« Si tu le dis… tu peux penser ce que tu veux ! » Vous ne voulez pas perdre d’énergie à vous défendre dans une ambiance d’agression. Son jugement lui appartient. Vous choisissez de ne pas mettre d’huile sur le feu. Peut-être accepterez-vous d’en reparler si l’agressivité tombe.

Aucune de ces réponses ne résout le problème, et la relation restera tendue ou blessée. Pour avoir des chances d’avancer, il reste la piste de la justice en pays démocratique : le jugement ne vient qu’à la fin, quand on a établi les faits et mesuré le degré de responsabilité de l’auteur. Celui qui commence par me juger met les choses à l’envers, de façon dictatoriale ou terroriste, sans avoir établi les faits.

Je peux donc lui demander de remettre les choses à l’endroit : « Qu’est-ce qui te fait dire ça ? » Autrement dit : « Quels sont les faits sur lesquels tu t’appuies pour porter ce jugement ? »

Si cette personne savait parler le langage de la Communication Non Violente, elle pourrait vous répondre : « Quand tu es passé dans la rue, l’autre jour, tu ne m’as pas regardé (fait). J’ai pensé que tu ne voulais pas me voir (interprétation). Ca m’a fait mal (ressenti), car j’avais besoin d’être reconnu (besoin). » S’il parle ainsi de la manière dont il a vécu la situation, je peux l’entendre, puis lui dire comment j’ai vécu la situation : « Je regardais les magasins, je ne t’ai pas vu ! Pourquoi ne m’as-tu pas appelé ? »

Quand l’agresseur vous traite d’égoïste, vous pensez qu’il parle de vous. En fait, il ne parle pas du tout de vous : son agression ne parle que de lui ! Elle signifie : « J’attendais quelque chose de toi, je ne l’ai pas reçu, j’ai eu mal, car j’ai besoin d’être valorisé. » Comme il ne sait pas dire cela, il projette sur vous sa douleur et la transforme en accusation et en jugement.

Si vous avez compris cela, vous allez vous sentir protégé des agressions… Vous contribuerez ainsi à éliminer les accusations et les jugements. Et vous apprendrez aussi que votre propre agressivité contre les autres… ne parle que de vous !

Marc THOMAS, Consultant – Formateur en « Compétences relationnelles »
novembre 2012

Télécharger cet article en format PDF