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Des rencontres sincères et vivifiantes

Nous nous plaignons souvent des difficultés relationnelles… Je vous propose ici de chercher ou de nommer les rencontres sincères ou vivifiantes, celles où nous sommes pleinement nous-mêmes quand nous partageons avec l’autre.

Une fois n’est pas coutume, j’utilise quelques citations. Ne vous contentez pas d’admirer les textes, mais cherchez quels noms d’amis vous pouvez mettre à côté de chacune de ces phrases. Demandez-vous aussi si vos amis pourraient mettre votre nom à côté de l’une ou l’autre de ces phrases… Résistez au dénigrement de vous-mêmes ou de vos amis qui vous ferait dire : « c’est trop beau pour moi » ! Et si vous ne trouvez pas de noms à mettre à côté de ces phrases, mettez-vous en quête : il y a autour de chacune et chacun de nous des amis potentiels, et des relations à construire, sincères et vivifiantes…

« L’intimité, c’est de pouvoir déposer des rêves et des projets dans les possibles de l’autre,traverses-meme-faisceau-lumiere-209x300 avec l’espoir d’en réaliser quelques-uns ensemble. »
« La véritable intimité est celle qui permet de rêver ensemble avec des rêves différents. » (Jacques Salomé)

« Entre le plus possible dans l’âme de celui qui te parle. » (Marc Aurèle)

« Tu sais ce que c’est la tendresse ?
C’est toucher avec respect l’âme de l’autre. » (Facebook)

« D’âme à âme… » (P.L.)

« Traversés du même faisceau de lumière… » (M.T.)

« J’observe que les gens qui sortent transformés sont souvent étonnés de cette évolution,  que tu peux amener des individus et un groupe très loin dans leur intérieur. C’est vraiment beau ce que tu tricotes avec les fils de vie. (…)
Tu as une capacité rare, qui se perd de nos jours, celle de propulser les autres vers le haut, et ce sans forcément chercher ton intérêt. (…) Tu as la capacité de percevoir le potentiel chez l’autre et de l’aider à le développer… Tu as les mots, une sorte de sagesse… » (D.P.)

« Il y a des gens avec qui l’on passe une grande partie de sa vie et qui ne vous apportent rien. Qui ne vous éclairent pas, ne vous nourrissent pas, ne vous donnent pas d’élan. Encore heureux quand ils ne vous détruisent pas à petit feu en se suspendant à vos basques et en vous suçant le sang.
Et puis…
Il y a ceux que l’on croise, que l’on connaît à peine, qui vous disent un mot, une phrase, vous accordent une minute, une demi heure, et changent le cours de votre vie.
Vous n’attendiez rien d’eux, vous les connaissiez à peine, vous vous êtes rendu léger, légère, au rendez-vous et pourtant, quand vous les quittez, ces gens étonnants, vous découvrez qu’ils ont ouvert une porte en vous, déclenché un parachute, initié ce merveilleux mouvement qu’est le désir, mouvement qui va vous emporter bien au-delà de vous même et vous étonner. Vous ne serez plus jamais vermicelle, vous danserez sur le trottoir en faisant des étincelles et vos bras toucheront le ciel… »
(© Katherine Pancol – Les écureuils de Central Park sont tristes le lundi. Albin Michel. 2010)

Chacun de nous peut vivre de telles rencontres et construire de telles relations…
A condition…
de renoncer à perdre notre énergie dans les lamentations et le dénigrement…

de choisir ou d’accueillir ceux ou celles qui ne manqueront pas de se présenter…

L’exigence de la sincérité, du respect, de la confiance… réciproques et partagés !
Jusqu’au jour où nous pouvons dire :
« Nous ne nous sommes pas rencontrés par hasard » (P.L.)

Marc THOMAS, Consultant formateur en « Compétences relationnelles »
octobre 2016

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N’aie pas peur d’avoir peur… de la relation

LA PEUR DE LA RELATION…

Dans ces situations où je me compare à l’autre et où je ne me sens pas à la hauteur… Ou quand j’ai peur de blesser l’autre ou de le décevoir… Et encore quand je rumine les reproches et jugements qui m’ont fait si mal… Dans ces situations aussi de compétition permanente… Quand l’un de nous veut prendre le pouvoir ou avoir raison… Quand je me soumets au désir ou au besoin de l’autre parce que j’ai peur d’être abandonné ou rejeté…

Les situations que je viens d’évoquer ne méritent pas le nom de « relations ». Elles sont des liens qui ligotent, des enfermements qui asphyxient, des poisons qui détruisent. Si tu n’es pas toi-même, tu n’es plus dans la relation mais dans la soumission ou la domination.

Qui dit relation dit autonomie dans l’échange, liberté de choix, partage dans le respect… Pour créer ce genre relation ou chacun peut être lui-même et s’enrichir de l’autre, deux pistes incontournables :

D’abord oser être soi-même, comme décrit dans la partie sur la peur de soi. En cas de tension ou de conflit dans une relation, cesser de parler de l’autre, quitter le registre des reproches et des jugements. Parler de moi, non pas pour dire que j’ai raison et qu’il a tort, mais pour dire ce que je vois, ce que je ressens, ce dont j’ai besoin, ce que je demande, ce que je propose, ce que je refuse… Cela me permet d’exister dans la relation sans nier l’autre ni l’accuser.

Ensuite me protéger des reproches et des jugements de l’autre, et de son agressivité. Apprendre à s’en protéger en découvrant que les reproches et les jugements qu’il m’adresse ne parlent que de lui, de son mécontentement, de son stress, de ses insatisfactions. Apprendre que la colère peut être justifiée, mais qu’elle parle d’abord de celui qui est en colère, de ce qu’il ne supporte pas ou n’accepte pas… Chercher derrière les reproches que l’autre m’adresse, non pas d’abord ce que j’ai fait, mais d’abord en quoi lui est blessé et qu’est-ce que ça dit de lui… Sans agressivité et sans je me justifier, libéré de la peur, je ne me sentirai plus enfermé par ses jugements… car moi seul sait qui je suis et ce que je peux offrir à l’autre dans le cadre d’une relation de liberté et de respect…

N’aie pas peur de ta peur !
Cherche derrière ta peur le désir d’être toi-même et les chemins de la liberté.

Marc THOMAS, Consultant-Formateur en « Compétences relationnelles »
2 avril 2016

Écrire à l’auteur : mthomas@competences-relationnelles.com

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N’aie pas peur d’avoir peur… des évènements

LA PEUR DES ÉVÉNEMENTS…

Un tremblement de terre, un cyclone qui approche… Le terrorisme à nos portes, les guerres… Un accident de voiture, un chien qui aboie, un passage dans un quartier peu éclairé la nuit… Ces peurs sont déclenchées par un danger réel ou par un sentiment d’insécurité.

Certains se disent : « Je ne devrais pas avoir peur ». Je pense à des militaires en guerre ou des policiers spécialisés en intervention antiterroriste. Nous imaginons facilement qu’il est nécessaire qu’ils n’aient pas peur pour affronter l’ennemi… Je lisais récemment une interview d’un Général commandant une armée en guerre ; il disait à peu près ceci : « Le jour où ils n’ont plus peur, ils se croient forts, ils baissent leur vigilance et c’est alors qu’ils deviennent vulnérables. Mes hommes ont peur, et cette peur les sauve car elle les maintient en alerte. » De même, si tu traverses une route sans faire attention, le klaxon ou le bruit des freins d’une voiture va te faire peur, mais cette peur te sauve la vie parce qu’elle te permet de réagir !

Les traces de ces peurs peuvent rester en nous comme des résurgences : même une fois le danger évité, le traumatisme laissé en nous va se réveiller à chaque nouvelle situation semblable. La seule solution pour traiter ces résurgences de la peur, c’est la parole… Nous savons tous que les victimes d’attentats ou de violence se voient proposer un accompagnement psychologique pour pouvoir « vider » le trop plein d’émotion qui risque de devenir traumatisme durable s’il n’est pas traité par la parole… Plutôt que d’avoir honte de nos peurs, osons les exprimer à des proches bienveillants : ils nous comprendront car eux aussi ont leurs propres peurs, et le fait de les exprimer nous permettra de les mettre à distance tout en restant vigilants.

N’aie pas peur d’avoir peur !
Ta peur est une alerte qui te rend vigilant et peut te sauver la vie.

Marc THOMAS, Consultant-Formateur en « Compétences relationnelles »
2 avril 2016

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Personne n’a tort ni raison !

Couverture2Chaque jour dans les tensions interpersonnelles ou dans les situations de conflits, nous risquons de dépenser beaucoup d’énergie à vouloir prouver à l’autre qu’il a tort et que nous avons raison. Nous cherchons à le convaincre, à lui faire passer le message, à faire valoir notre bon droit…

Le problème c’est que l’autre cherche à en faire autant avec nous, convaincu d’avoir raison lui aussi ! Ainsi s’installent des dialogues de sourds où chacun, sur sa propre longueur d’ondes, veut être entendu de l’autre sans accepter d’entendre l’autre ! Chacun s’épuise dans cette volonté de passer en force, de faire pression, de gagner, d’avoir raison. Cela se termine par la victoire du plus fort toujours marquée de violence ou par la rupture du dialogue, voire de la relation.

Il y a une erreur fondamentale derrière ces dialogues de sourds : l’erreur de croire que la vérité se réduit à ce que je vois, ce que je pense, ce que je comprends. Faites un jour l’expérience, dans une situation relationnelle détendue : montrez une image ou un paysage à votre partenaire, et demandez-lui ce qu’il voit. Si vous le laissez décrire sa perception, vous serez probablement surpris en découvrant que, regardant la même image que vous, il n’y voit pas les mêmes choses, il met en valeur des détails que vous n’aviez pas vus et qui sont pour lui évidents et importants. Cette expérience nous permet de découvrir qu’aucun de nous ne voit tout ce qu’il y a à avoir. Chacun voit une partie qu’il repère en fonction de ses priorités à lui. De ce fait, à plusieurs, nous en, voyons davantage et pouvons devenir complémentaires.

Alors pourquoi donc continuons-nous à vouloir imposer notre point de vue ? Peut-être parce que nous avons peur d’avoir tort, d’être dévalorisés à nos propres yeux ou qu’on se moque de nous. Ou parce qu’on nous a appris que si « l’autre a juste », moi « j’ai faux » ! Or nos deux visions sont justes, mais partielles et donc manquantes !

Pourtant, il suffirait de dire à l’autre : « voilà ce que je vois et ce que comprends, voilà ma position… Et toi, que vois-tu ? Que comprends-tu ? Quelle est ta position ? » Ce faisant, plutôt que de s’affronter pour imposer « ma » vérité, plutôt que d’avoir peur de perdre, nos points de vue différents deviendraient autant de ressources à partager, de motifs de fierté d’avoir progressé ensemble, et autant d’occasion d’affûter ou d’ajuster notre regard.

Pour élargir l’espace de nos perceptions et pour assainir nos relations, il nous reste à « changer de logiciel »  :

  • Consentir au fait que je ne perçois pas la réalité telle qu’elle est : je perçois la réalité à travers mon regard, mes attraits, mes rejets, mes peurs…J’en ai une perception légitime, mais partielle et partiale.
  • De ce fait, l’autre différent n’est plus un rival, mais une ressource : détendu et accueillant, je peux voir ce qu’il voit et que je n’avais pas vu : nous devenons complémentaires !
  • Nous ne somme plus dans une logique du « ou-ou » : ou j’ai raison, ou j’ai tort ; ou c’est moi ou c’est toi qui a raison et qui gagne… Nous entrons dans une nouvelle logique du « et-et »: je prends ce que je vois ET ce que tu vois de différent, je garde ce que je pense ET j’accueille ce que tu penses… Le « ou-ou » construit des murs, le « et-et » ouvre des portes et élargis l’espace
  • Nous pouvons continuer à coopérer, même dans la tension et le désaccord : « j’ai ma version des faits, tu as ta version des faits. Dans l’accueil réciproque de ces visions différentes, nous allons construire ensemble une troisième version des faits enrichie. Comme l’artisan ou l’artiste assemble les pièces différentes ou les couleurs pour construire son œuvre ; comme le cuisinier assemble les ingrédients pour cuisiner un plat. Il s’agit de bien plus que de trouver un compromis –même si c’est déjà bien ! – : grâce à nos différences, nous allons devenir ensemble acteurs et créateurs de solutions innovantes.

Marc THOMAS, Consultant Formateur en Compétences relationnelles,
9 février 2016

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L’ÉCOUTE dans la pratique professionnelle

Formation A CONSTRUIRE AVEC VOUS
en prenant en compte les attentes et spécificités
de votre entreprise, collectivité, association...
DESTINATAIRES : Cadres et salariés
Enseignants, travailleurs sociaux, soignants
Demandeurs d'emploi
- en intra entreprise
- en inter entreprises
DUREE : 2 jours consécutifs
+ si possible 1 jour un mois après
TARIF de groupe ou individuel
à fixer avec vous
LIEU : dans votre entreprise
ou en centre de formation
CONTACT Pôle Réunion :
Marc THOMAS - 06 93 41 96 62
mthomas@competences-relationnelles.com
CONTACT Metro-Pôle :
Delphine PIERREJEAN - 07 70 77 82 20
dpierrejean@competences-relationnelles.com

Les cadres sont journellement sollicités à l’écoute par les personnels de leurs Services. Dans les Services Publics, à l’hôpital, des agents écoutent en permanence les publics. Dans le même temps, ils sont bousculés par la multiplicité de leurs tâches et des interventions  nécessaires. Du coup, leur écoute risque d’être inactive et leurs réponses inadaptées.

Dans ce contexte, cette formation a deux objectifs généraux : faciliter la mission des écoutants et optimiser la qualité d’écoute active.

Objectifs

– Analyser le contexte dans lequel s’exerce l’écoute : atouts et freins
– Expérimenter les écueils de la communication
– Définir l’écoute active et s’exercer à la reformulation et à l’entretien
– Traiter les tensions entre disponibilité à l’écoute et multiplicité des tâches
– Définir la posture d’empathie et s’y exercer

Destinataires

– cadres et salariés des entreprises, institutions et collectivités
– responsables associatifs

PROGRAMME à ajuster aux besoins de chaque groupe


Nos diverses pratiques de l’ECOUTE

– Débriefing, atouts et difficultés
– Attentes pour cette formation
– Les attitudes à promouvoir en fonction des objectifs institutionnels

LES ÉCUEILS DE LA COMMUNICATION
– Les situations où l’écoute est difficile/impossible
– La diversité des perceptions
– L’enchaînement perceptions → interprétations → jugements
– Passer d’une écoute centrée sur soi à une écoute centrée sur l’autre (Carl ROGERS)

S’EXERCER À L’ÉCOUTE ACTIVE, à l’école de Carl ROGERS et de la Communication bienveillante
– Écouter et distinguer les faits – les ressentis – les besoins – les demandes
– Les divers types d’écoute (Élias PORTER)
– La reformulation
– Répondre de façon ferme et respectueuse face à l’agressivité
– Mises en situation d’écoute activePDF1

Instaurer dans nos équipes un CLIMAT DE COMMUNICATION serein et constructif

Formation A CONSTRUIRE AVEC VOUS
Téléchargez la présentation de la formation à optimiser avec vous.
Créer un climat de communication
serein et constructif dans l'équipe
DESTINATAIRES :
Cadres et responsables d'équipe ou d'association
- en intra entreprise
- en inter entreprises
DUREE : 2 jours consécutifs
+ 1 jour un mois après
TARIF de groupe ou individuel
à fixer avec vous
LIEU : dans votre entreprise
ou en centre de formation
CONTACT Pôle Réunion :
Marc THOMAS - 06 93 41 96 62
mthomas@competences-relationnelles.com
CONTACT Metro-Pôle :
Delphine PIERREJEAN - 07 70 77 82 20
dpierrejean@competences-relationnelles.com

Une communication bienveillante, à la fois constructive et efficace, est le socle fondamental sur lequel se construit une collaboration sereine et productive. Les cadres ont un rôle de premier plan pour instaurer et pérenniser ce climat de collaboration dans leur équipe.

L’expérience montre que la formation des cadres à cette communication bienveillante facilite leur positionnement de chefs et les relations avec leur personnel, assoit une autorité respectueuse et reconnue, améliore le bien être et la motivation de leurs équipes.

Objectifs

– améliorer la communication dans les équipes de professionnels
– soutenir les cadres dans le management de leurs équipes
– optimiser leurs compétences relationnelles et communicationnelles
– renforcer les capacités de travail en commun
– acquérir les outils nécessaires au traitement des conflits et tensions

Destinataires

– cadres  des entreprises, institutions et collectivités
– chefs d’équipe et managers
– présidents et responsables associatifs
(financement possible sur les fonds de la formation professionnelle continue)

PROGRAMME à ajuster aux besoins de chaque groupe

DIAGNOSTIC
– Exprimer nos attentes pour cette formation
– Evoquer les améliorations attendues dans le climat relationnel des équipes

S’exercer à DES « OUTILS » DE COMMUNICATION sereine et constructive
– Prendre en compte les différences (perceptions, intérêts, valeurs, codes…)
– Apprendre à écouter, sans interprétation ni jugement
– Oser parler, sans timidité ni agressivité
– Canaliser nos émotions et s’en servir pour agir et communiquer
– Exprimer et satisfaire nos besoins sans les imposer
– Oser demander dans le respect de la liberté de chacun

INSTAURER UN CLIMAT DE COMMUNICATION SEREIN ET CONSTRUCTIF
– Style et déroulement des réunions d’équipe comme lieux de dialogue
– Exercer l’autorité (écouter, parler, poser le cadre) en mode de communication bienveillante
– Éliminer peurs, accusations, jugements et critiques dans l’équipe
– Traiter tensions et conflits comme des opportunités de progrès
– Se protéger de l’agressivité et de la violence verbale

Sortir des reproches pour entrer en dialogue

Couverture2Nous traversons tous des périodes de tensions interpersonnelles. Parfois nous y sommes enfermés. Nous passons alors notre temps à faire des reproches à l’autre, à parler de lui en l’accusant et en le jugeant. Que d’agressivité et de violences morales ou physiques en découlent !

Il suffirait que chacun parle de lui-même pour sortir de la spirale infernale qui conduit à la dénonciation et au jugement.

« Tu m’as blessé » pourrait devenir : « Quand tu dis cela, je suis blessé. »

« Tu racontes n’importe quoi » pourrait devenir : « Je ne suis pas d’accord avec toi. »

« Tu ne m’écoutes jamais » se dirait : « J’ai besoin de te parler, peux-tu de m’écouter ? ».« Tu te moques de moi » deviendrait : « Je ne me sens pas respecté. »

Continuez la liste… Entraînez-vous à « parler en Je »… et constatez les effets :

D’abord vous vous êtes respecté vous-même : vous avez pu parler de vous, de vos constats, de vos ressentis et de vos besoins, et exprimer vos demandes et propositions.

En même temps, vous avez quitté le terrain de l’agressivité en ne parlant plus de l’autre sous forme de reproches et de jugements. Du coup, il y a davantage de chances qu’il ne vous retourne pas cette agressivité… D’abord surpris par votre changement de posture, il peut être davantage prêt à reprendre un dialogue apaisé.

De plus, vous avez commencé à traiter le problème : vous avez pu distinguer l’impact sur vous de la situation : votre perception, vos ressentis, vos limites, vos refus… Et vous êtes davantage prêt à entendre quelle était l’intention de l’autre : voulait-il vraiment vous blesser ? ou ses paroles ont-elles fait résonner en vous des douleurs mille fois ressassées ? Et même si l’autre était vraiment agressif, le fait d’avoir pu exprimer votre ressenti et vos limites vous permet de vous sentir davantage protégé : vous allez découvrir que son agressivité ne parle que de lui et de son mal-être.

On m’a appris jadis que dire « Moi, je… », ce n’est pas bien. C’est exact quand le « Moi je suis le meilleur », par exemple, sous-entend que les autres sont moins bons que moi. « Parler en Je », c’est distinguer dans la relation ce qui vient de moi et ce qui vient de l’autre ; c’est permettre à chacun d’exister et d’exprimer ce qui le traverse, sans projeter sur l’autre des intentions qui ne parlent finalement que de mes interprétations. C’est parce que je peux parler de moi-même et de la manière dont je vis la relation que je suis prêt à écouter l’autre parler de lui-même et de la manière différente dont il vit la relation. Tous les reproches et les jugements sont évacués et les différences peuvent s’exprimer et être entendues.

« Le tu tue » disait le psychologue Gordon. Les « Je » partagés suscitent le respect de chacun et permettent à la relation de se construire dans la sérénité et la complémentarité.               

Marc THOMAS, Consultant Formateur en « Compétences relationnelles »
Juin 2014

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Restaurer le dialogue

FCouverture2rançoise* parle de son fils adolescent : depuis quelques mois, il ne parle plus. Il travaille bien à l’école, mais lorsqu’il rentre à la maison, il va directement dans sa chambre, et il n’en sort que pour manger. Françoise lui reproche ce silence, et tel ou tel de ses comportements qui ne lui conviennent pas.

Mais elle souffre de cette situation et se trouve totalement démunie, craignant que son fils aie de mauvaises fréquentations et se mette à faire des bêtises comme le font d’autres adolescents. Alors elle multiplie les mises en garde, elle interroge son fils pour vérifier qu’il ne fait pas de bêtises, elle lui demande sans cesse pourquoi il s’enferme dans sa chambre. Mais elle se heurte toujours au même silence.

 Dans le même temps, Françoise participe à une formation professionnelle à la gestion de conflits. Elle y apprend les dégâts causés par les reproches et les accusations projetées sur l’autre. Elle y apprend aussi à « parler en je », c’est-à-dire à exprimer ce qu’elle a perçu des faits, ce qu’elle ressent, ce dont elle a besoin, ce qu’elle demande à l’autre ou ce qu’elle refuse… On lui avait tellement appris qu’il ne fallait pas dire « moi je » qu’elle s’en sortait avec des « tu » accusateurs qui finissaient par tuer la relation.

De retour chez elle, elle s’est mise à « parler en je » et à exprimer ses ressentis devant son fils. Elle raconte : « J’ai mis ce qui faisait mal à plat. » Elle disait ses préoccupations, ses espoirs, ses souffrances, elle parlait de ses émotions… Quelle ne fut pas surprise de voir son fils rester là pour l’écouter, puis lui répondre qu’il était là et qu’elle n’était pas toute seule avec ses difficultés.

Loin de repartir s’enfermer dans sa chambre comme avant, son fils s’est ensuite mis à parler aussi de ce qu’il vivait à l’école : ses copains qui lui reprochent de ne pas venir avec eux fumer de la drogue ou boire de l’alcool, l’étonnement de ses copains parce qu’il n’avait pas de copine… Et puis il a dit aussi qu’il voulait repartir dans la région où ils vivaient avant parce qu’il avait laissé là-bas ses meilleurs copains.

Et depuis ce jour où Françoise a quitté le « tu » accusateur pour le « je » qui exprime, un dialogue régulier s’est réinstauré avec son fils. Elle discute avec lui de son orientation scolaire et il accepte de faire avec elle les démarches nécessaires pour préciser cette orientation. Elle peut aussi lui dire son désaccord, et même parfois les limites ou les règles que tout parent peut poser à son enfant… Cette juste autorité n’interrompt pas le dialogue, mais elle s’intègre dans une relation nouvelle où chacun peut être lui-même et exprimer ce qui est important pour lui, dans le respect et l’écoute mutuels.

Merci à toi, Françoise, et à ton fils, de nous montrer qu’il est toujours possible de reprendre le dialogue. Entre vous deux, c’est allé vite, car ton fils était lui aussi dans l’attente d’un dialogue où il se sentirait respecté. Ce n’est pas aussi facile pour tout le monde : l’habitude prise de se taire a pu figer toute parole, ou bien les tensions sont si fortes que la méfiance ne disparaît pas du premier coup.

Et pourtant, chaque fois qu’une personne quitte les reproches pour exprimer ses propres ressentis, l’autre encore dans la méfiance est surpris par le changement de posture. Le moment venu, cela rendra possible la restauration progressive d’une relation. Un regard bienveillant permet d’entretenir l’espoir, d’attendre patiemment que vienne le moment… et de continuer à s’exprimer de façon sereine et constructive.                   

Marc THOMAS, Consultant Formateur en « Compétences relationnelles »
Avril 2014

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Symphonie

Couverture2Sept petites notes, pas une de plus. Rien que sept notes : do-ré-mi-fa-sol-la-si, tout simplement, avec leurs nuances, de dièse en bémol… Mais que de combinaisons possibles à l’échelle des octaves, au génie de l’artiste. Sept notes, chacune unique, originale, en chaînes infinies, pour autant de mélodies toujours nouvelles jouées sur tous les instruments.

Ainsi les hommes aux multiples couleurs du corps et du cœur, comme autant de notes uniques, originales. Ainsi la vie de chacun, mélodie enchaînant les graves et les aigus sur tous les rythmes. Ainsi l’humanité, orchestre symphonique où chaque instrument est à la fois indispensable et insuffisant.

Vivre : devenir soi en découvrant sa propre note, en l’accueillant sans regretter les autres ; toute la mélodie serait « court-circuitée » si ma note venait à manquer, ou si je pensais devoir avoir la même tonalité que tout le monde.

Comment trouver la note juste sans diapason ? Car la justesse vient d’ailleurs : dans la vie comme en musique, c’est en écoutant que je m’ajuste. Les plus beaux instruments s’accordent fréquemment.

Puis viendra le temps de déchiffrer la partition encore inconnue : elle ne sera musique que par mon interprétation : jouer ma partition pour « enchanter » le monde.

Vivre : laisser passer ma note originale par les vibrations et les résonnances de mon corps et de mon être. Et transformer ma note originale en musique dont je suis l’instrument. Instrument à vent, à cordes ou à percussions ? Lyre délicate ou cymbale sonore ? Je n’ai pas choisi mon instrument, pas plus que mon sexe ni ma taille ! Il s’agit d’abord de me laisser apprivoiser par cet instrument reçu en héritage, de me familiariser avec sa sonorité et ses règles, avec ses possibilités et ses limites, puis de « faire mes gammes », prenant ma place au milieu des vivants. Alors un jour imprévu, au détour d’une expression personnelle, surgira une création ! Les plus belles improvisations sont pétries de travail.

Vivre : entrer dans la symphonie, dans le concert de l’humanité : harmoniser nos instruments et nos partitions, écouter les autres voix pour pouvoir chanter juste, choisir de suivre le même rythme, sous la baguette d’un chef d’orchestre. Alors, tour à tour ou ensemble, chaque instrument donne toute sa mesure, celui-ci apaisant, celui-là éclatant ; ceux-ci accompagnant le soliste qui, sans eux, n’aurait pas de corps ; ceux-là dialoguant en des sonorités diverses et complémentaires. Ou encore solistes dont la voix s’élève pour appeler en écho la réponse du chœur. Tour à tour foisonnement et paix, gravité et légèreté. Heureuses différences !

Tout homme est mélodie. Toute vie est appelée à être mélodieuse. L’humanité en marche est symphonie.

Marc THOMAS, Consultant Formateur en « Compétences relationnelles »
juillet 2013

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Opportunité du conflit

Couverture2Sur un parking de supermarché, à St Denis de la Réunion, je repère une place ombragée, un peu étroite car le 4×4 voisin a empiété sur la place que je convoite. Je me gare, ma voiture ne gêne pas le conducteur du 4×4, mais son regard est menaçant…

Lui : « Vous ne pouvez pas vous garez ailleurs »
Moi : « c’est la seule place à l’ombre, et je ne gêne pas l’ouverture de vos portes »
Lui : « Mais la place est trop petite pour vous garer »
Moi : « Pas trop petite, mais étroite car votre véhicule est garé sur deux places de stationnement »

Lui  (peau noire d’un cafre réunionnais) : « Vous n’êtes pas chez vous ici ! »
Lentement, je sors alors de ma voiture, je m’approche de lui…
Moi  (blond aux yeux bleus métro-zoreil !) : « Pour moi, tous les êtres humains sont chez eux sur cette terre. Si vous arriviez dans ma région d’origine, je vous dirais : Bienvenue, vous êtes chez vous ».

Lui  (surpris) : « Et vous êtes d’où ? »     Moi : « De Lorraine. »
Lui : « Et moi je suis de Vendée… J’y repars ce soir.»
Moi (surpris à mon tour !) : « Ah bon, et où en Vendée ? »
Lui : « à… (je ne nomme pas la ville ici par discrétion) »

Moi : « vous êtes là-bas depuis longtemps ? »
Lui  « Ca fait 10 ans que je travaille là-bas.. »
Moi : « J’imagine qu’en Vendée, vous vous êtes senti discriminé parfois… Certains ont dû vous faire comprendre que vous n’étiez pas chez vous là bas… »
Lui : « Oui, ça c’est vrai ! »
Moi : « Tout homme est chez lui, n’importe où sur la terre. A condition qu’il n’arrive pas en conquérant ! »

Lui : « Mais vous faites quoi ici ? »
Moi : « Je suis venu travailler avec des réunionnais sur les relations humaines et la gestion de conflits. »
Lui : (grand sourire) « Moi aussi j’ai fait une formation à la gestion de conflit pour le boulot car je suis passé chef d’équipe. »

Moi : « Alors vous et moi, nous savons que c’est en se parlant qu’on règle les conflits ».
Lui : « C’est vrai ! Mais ce n’est pas toujours facile. »

Moi : « Allez, bon retour en Vendée ! Saluez les vendéens pour moi : c’est le pays où j’allais en vacances quand j’étais petit ! »

Lui et moi, nous nous serrons la main avec un grand sourire !

Marc THOMAS, Consultant-Formateur en « Compétences relationnelles »
février 2012

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