Archives du mot-clé prendre soin

Paroles semées en nous…

Des mots qui ne sont
ni des vérités ni des explications
Des paroles jaillies dans l’écoute cœur à cœur
de personnes en quête ou en souffrance…
Des paroles comme des semences à féconder
dans nos vies et dans nos cœurs…

Des mots qui ne prennent sens
qu’en entrant en résonance avec ce que tu es… 
Ne retiens pas tous ces mots…
Ne retiens que ceux qui résonnent en toi…

Et quand ces mots résonnent, ne retiens pas la phrase,
mais écoute ta résonance et ses harmoniques…
Dans cette résonance unique de ton être,
les mots deviennent Parole vivifiante…
Comme une source qui irrigue…


La douleur ne parle pas seulement de ta souffrance ni de la relation toxique ; la douleur parle aussi de ce qui est beau en toi et qui est blessé… Concentre-toi sur cette beauté qui t’habite : tu trouveras les moyens de désinfecter et cicatriser tes plaies….


Ton ego réclame de comprendre… Un temps viendra où tu seras suffisamment à distance pour analyser et comprendre le passé. Aujourd’hui tu es trop « dedans » pour comprendre. Et la compréhension t’emmène souvent vers le jugement de toi-même, ce qui continue de te polluer et t’intoxiquer… Un seul chemin peut te permettre de sortir du mal-être : écoute tes émotions, déchiffres leurs messages, jusqu’à entendre résonner ton vrai besoin au fond de toi….


Tu envies parfois ceux qui apparaissent sûrs d’eux et qui ne doutent jamais…Parce que toi qui doutes souvent, tu penses ne pas avoir confiance en toi. Eux sont tellement sûrs d’eux qu’ils pensent toujours avoir raison, parfois envers et contre tous…
Je fais l’hypothèse qu’ils ne sont pas sûrs d’eux, mais qu’au contrainte ils ont peur d’un avis différent qui viendrait les fragiliser…
Alors que toi qui doutes, tu t’interroges, tu écoutes, tu cherches,
tu accueilles
des points de vue différents…

Et petit à petit, dans cette ouverture sans certitude, mais aussi sans peur,
tu cherches la vérité…
La vérité ne se possède pas, elle se cherche…
Et la foi n’existerait pas sans le doute…


Quand on creuse en soi pour trouver sa pépite, on remue toujours de la boue avant d’arriver au cœur !


Accueille ta tristesse avec tendresse, accueille là comme tu accueilles ton enfant quand il est triste, accueille ta tristesse à toi et console là avec ton désir de devenir toi-même…


Les trous d’air et les turbulences font partie du voyage :
elles n’empêchent pas l’avion d’arriver à bon port !


Ce que tu portes en toi, si tu ne le partages pas, ça te brûle !


L’important n’est pas que des personnes te manquent de respect,
L’important c’est que tu dises non à tous ceux qui te manquent de respect,
et que tu trouves ta source : elle te dynamisera et te protégera de tous ceux qui veulent t’utiliser à leur seul profit…

Marc THOMAS, Consultant formateur en « Compétences relationnelles »
30 août 2018 – Écrire à l’auteur : mthomas@competences-relationnelles.com

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En souplesse

A l’Etang St Paul, à la Réunion,
une sorte de forêt en bord de mer, habituellement très paisible.
Après la grande tempête Fakir, partout des arbres déterrés,
et des branches arrachées qui jonchent le sol
ou restent suspendues entre ciel et terre.
la forêt est à genoux, dévastée.

Sauf dans la palmeraie : la plupart des palmiers sont debout,
quelques branches sèches ont été arrachées,
mais elles avaient fini leur vie
et la tempête a permis ce toilettage :
la palmeraie est debout avec encore plus de noblesse.

Debout les palmiers aux branches souples :
tordues par le vent, elles plient mais ne rompent pas.

Dévastés les arbres aux branches raides et rigides :
Incapable de se plier, elles cassent sous la tempête.

Et toi, comment es-tu ?
Souple comme le palmier,
tu résistes à la tempête en t’adaptant avec souplesse ?
Ou rigide et raide,
tu casses ou tu « te casses » ?

Face aux contrariétés de la vie,
nous avons souvent tendance à nous crisper, à nous cabrer,
et nous nous raidissons, croyant être ainsi plus forts.
Mais la vie devient un combat permanent,
nous ne vivons plus pour nos valeurs, mais contre tout ce et tous ceux qui nous agressent.
Nous sommes de plus en plus acariâtres, en lutte face aux événements et aux personnes,
et nous nous épuisons à nous raidir face aux vents contraires,
« cassés » jusqu’à l’agressivité, la somatisation, le burn out…

J’apprends la souplesse du palmier…
M’ancrer à l’intérieur de moi, dans la souplesse d’émotions fluctuantes
et la fragilité de mes manques et de mes besoins…
Trouver à l’intérieur de moi mes ressources, mes talents, mes limites,
écouter ce qui sonne juste, désinfecter ce qui est blessé…
En prenant soin de moi, je me suis assoupli,
et j’ai découvert à quel point la vie prend soin de moi.

Avant, un rien m’énervait…
depuis que j’ai cherché mes besoins qui se cachaient derrière ce qui m’énervait,

je suis moins influencé par les aléas de la vie…

J’apprends la souplesse du palmier…
Accueillir les événements comme ils viennent,
sans m’y précipiter tête baissée quand ils m’attirent,
sans me cabrer quand ils m’agressent.
Les recevoir comme un message porteur de sens…
Plutôt que de vouloir tout programmer et formater,
je choisis de m’adapter à la situation avec ce que je suis,
d’y apporter ma contribution, de m’en protéger si nécessaire.
Et je découvre au cœur de cette situation des opportunités inattendues.
Tous les changements de ma vie sont survenus quand, ayant lâché prise, 
j’ai su réagir en restant moi-même et en m’adaptant à la situation.

En 2006, j’avais acheté ma maison en Lorraine,
pensant m’installer dans la maison de mes rêves jusqu’à ma mort.

Je suis parti à la Réunion par hasard au lendemain de cet achat,
sans imaginer un instant que j’allais m’y installer 8 ans après,
sans le moindre regret…

J’apprends la souplesse du palmier…
Me poser dans la relation sans chercher à m’imposer,
sans peur de dire clairement ce que je pense et ce que je propose.
Renoncer au « tu » qui accuse et qui juge,
et choisir le « je » de mes ressentis et de mes limites.
Renoncer au silence des soumissions et des compromissions,
et choisir de pouvoir dire non quand c’est non et oui quand c’est oui.
Renoncer à convaincre pour avoir raison,
et choisir l’expression des points de vue différents pour s’ajuster.
Et passer de la guerre qui détruit au dialogue qui crée et qui construit.

Je suis un grand sensible, et ma sensibilité me conduisait à être agressif…
Je n’imaginais pas un instant qu’un travail sur moi effectué autour de la cinquantaine

allait faire grandir la confiance en moi et, automatiquement, faire baisser l’agressivité.

J’apprends la souplesse du palmier…
Partager avec mes amis et mes proches dans la simplicité et la sincérité
partager ensemble ce que je suis et de ce que nous sommes,
plutôt que de vouloir leur plaire ou prouver ma valeur.
Chercher chez les autres les ressources qui me manquent,
plutôt que jalouser celles et ceux qui ont d’autres talents que moi.
Oser être moi-même, dans le respect de l’autre,
m’affirmer tout en restant à l’écoute
et me protéger en laissant à l’autre la responsabilité de ses critiques.

Ma solitude me conduisait souvent
à attendre des autres plus que ce qu’ils pouvaient me donner.
Depuis que je suis allé chercher en moi ce qui me manquait,

je déguste des relations simples et gratuites où je reçois plus que je ne l’espérais.

Non, non ! Ne croyez pas que je suis arrivé au nirvana !
J’apprendrai jusqu’au dernier jour !
Comme tout être humain et comme vous
j’ai mes difficultés et mes souffrances,
mes pas en arrière et mes freins,
mes ornières et mes péchés mignons…
Mais ces ombres ne font que mettre en valeur la lumière
que je porte en moi, que vous portez en vous.
Et s’il me reste des raideurs, et s’il vous reste des raideurs,
elles peuvent s’assouplir, chaque fois que
nous nous accueillons nous-mêmes au cœur de la vie telle qu’elle vient.

Marc THOMAS, Consultant formateur en « Compétences relationnelles »
14 mai 2018
Écrire à l’auteur : mthomas@competences-relationnelles.com
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Arrête de lutter contre…

Une personne que j’accompagne m’écrit :

« Je voudrais bien arrêter d’y penser
mais je n’y arrive pas…


A vrai dire je me bats contre ces pensées
qui reviennent en moi sans mon autorisation … »


Plus tu vas lutter contre tes pensées,
et plus elles vont revenir à la charge !

Car lutter te met dans un état de tension
qui ne favorise pas la prise de distance avec ce qui t’envahit.
Dans cette lutte, tu entres en guerre
pour qu’une part de toi gagne sur l’autre,
et tu es un être écartelé, disloqué :
« je veux être moi, mais c’est impossible
à cause de mes blessures  et de ceux qui m’ont blessé ! »

Nos tensions intérieures ne se résolvent jamais
par le triomphe ou l’écrasement d’une part sur l’autre.

Ces pensées « reviennent en toi sans ton autorisation » ?
Écoute-les ! Elles ont un message à te délivrer !
Il ne s’agit pas de te laisser envahir en ressassant en boucle,
ni en plongeant dans l’aigreur de la rumination…
Il s’agit d’écouter à distance :
distingue ce qui s’est passé (en nommant les faits)
et ce que ça t’a fait (en nommant tes ressentis).
Et pour ne pas te noyer dans tes ressentis douloureux,
cherche le message dont ils sont porteurs,
cherche ce que ces souffrances cachent ou protègent.
Car tes ressentis sont un signal d’alerte :
ils parlent de tes besoins insatisfaits.

Par exemple : tu te sentais prisonnière et sous emprise…
Tu pourrais ressasser à l’infini, jusqu’à t’y noyer,
la méchanceté de celui ou celle qui t’a pris dans ses griffes,
et te complaire en victime dans les souffrances qu’il t’a infligées…

Nomme ce qui s’est passé, nomme ce que tu as ressenti…
Accueille tout cela sans complaisance, et sans excuser les erreurs,
accueille-le comme si tu étais l’infirmier de tes blessures.
En nommant, tu prends soin de ta blessure et tu la désinfectes
en l’accueillant avec délicatesse et empathie.

Ensuite, cherche ce qui se cache derrière ta blessure :
dans la souffrance de l’emprise, c’est ta soif d’être toi-même…
dans les interdictions qui t’ont fait si mal, c’est ton besoin de liberté…
dans les injonctions, c’est ton aspiration à l’autonomie responsable…

Le fait de reconnaître ces besoins et ces aspirations
te permet de commencer à cicatriser ta blessure.
Ton regard n’est plus prisonnier du passé et de l’emprise ;
il regarde devant vers un devenir à reconstruire,
vers des choix à faire pour redevenir toi-même,
pour vivre libre, autonome et responsable.

Tant que tu te battais contre ces pensées qui t’envahissaient,
tu ne faisais qu’écarter les plaies de ta blessure
et en augmenter l’infection.
Quand tu accueilles ces pensées sans t’y noyer,
tu peux désinfecter, cicatriser, guérir :
devenir ou redevenir toi-même !

Marc THOMAS, Consultant formateur en « Compétences relationnelles »
13 mai 2018
Écrire à l’auteur : mthomas@competences-relationnelles.com

P.S. J’ai demandé l’autorisation de publier ce texte à la personne qui a inspiré ces lignes et dont je cite l’exemple. Elle vient de me répondre ceci :
« Ça a été tellement éclairant et libérateur pour moi
que je veux avec joie le partager … »


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Bienveillance

Bienveillance : ce mot a parfois mauvaise presse 
quand il évoque
« tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil »…
Comme si la bienveillance devait nous faire
tout accepter et tout pardonner…
Comme si comprendre nous conduisait nécessairement
à accepter l’inacceptable et à nous taire…
Comme si la bienveillance consistait
à excuser les déviances jusqu’à accepter d’être victime…

La bienveillance est une « veillance »,
c’est-à-dire une veille attentive, une vigilance…
Une vigilance au bien…

Dans notre part sauvage,
nous répondons à l’agression par l’agression ou par la violence,
au mal subi par le mal agi, à la blessure par la vengeance,
à la misère par le terrorisme…
Nous en connaissons les dégâts
et nous savons que cela ne fait qu’aggraver les choses…

Dans notre part bienveillante,
nous allons choisir d’établir un autre rapport de force :
une vigilance et un engagement à ne répondre au mal que par le bien…
à répondre à l’injustice par une combat pour la justice…
à répondre à la violence par la solidarité et la réaffirmation de la loi…
à répondre au reproche non par d’autre reproches,
mais par l’affirmation de mes choix et de mes limites…

La bienveillance est un rapport de force
basé sur le respect de soi et de l’autre,
sur le consentement à la différence et au désaccord,
sur l’investissement parfois onéreux
pour négocier et prendre en compte les intérêts de chacun.
sur une vigilance à ne pas identifier l’autre à son erreur ou à ce qui nous énerve,
mais à chercher derrière l’erreur ses ressources, ses capacités et sa richesse…

La bienveillance est un choix exigeant !
Je sais que je peux être malveillant, et c’est pour cela que je choisis la bienveillance.
Je refuse de répondre à la malveillance de l’autre par ma propre malveillance.
Je refuse explicitement toute compromission avec les actes destructeurs,
mais je choisis de porter sur la personne qui pose ces actes
un regard bienveillant qui croit en un changement possible et en ses ressources,
Seul un regard bienveillant qui distingue la personne de ses actes
est capable de désarmer…

Marc THOMAS, Consultant formateur en « Compétences relationnelles »
février 2018
Écrire à l’auteur : mthomas@competences-relationnelles.com
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Je suis en colère !

La colère n’est pas la violence ! La violence est une colère qui n’a pas été accueillie, exprimée, traitée ! Alors cette colère se retourne contre son auteur, ou elle se projette sur l’autre, jusqu’aux insultes, et jusqu’aux coups. La violence est une dérive illégitime de la colère.

Quand elle ne s’est pas déjà transformée en violence, la colère est une réaction de survie ! C’est la réaction d’une personne qui se trouve confrontée à l’insupportable ou à l’inacceptable. Une situation insupportable, une parole blessante, une contrainte inacceptable : sans cette réaction de survie du cri et de la colère, nous n’aurions d’autre solution que de nous laisser écraser et laminer.

Mais alors, que faire de la colère ? Comment l’accueillir, l’exprimer, la traiter ? La colère fonctionne comme les pluies diluviennes qui tombent pendant les cyclones : c’est un flot qui se déverse d’un seul coup ! Si des bassins de décantation n’ont pas été prévus, si les ravines et les caniveaux ne sont pas assez profonds ou dégagés, si les conduits d’évacuation sont trop petits, l’eau va déborder et tout noyer sur son passage.

ACCUEILLIR LA COLÈRE

Pour l’être humain en colère il en va de même : son bassin de décantation à lui, ce sont ces espaces où il peut vider sa colère sans se retenir, mais aussi sans la projeter sur l’autre. Arrêter  de résister avant qu’il ne soit trop tard, pouvoir crier ma colère sans être entendu, me défouler en pratiquant mon sport ou mon art favori, prendre un moment pour reprendre mon souffle, me retrouver dans un espace familial ou amical sécurisé où ma colère va pouvoir être acceptée tant qu’elle n’est pas violente… Face à la colère, il faut parfois vomir le trop-plein, mais jamais le vomir sur l’autre : les caniveaux conduisent l’au aux rivières, les égouts se déversent dans la nature, et pas dans les maisons !

Face à la colère, il faut pouvoir vider par la parole la douleur qui serre le cœur, l’horreur qui tord les tripes. Accueillir mon émotion, c’est laisser les mots sortir comme ils viennent (pas les insultes !).

Avez-vous compris maintenant l’erreur que vous faites quand vous dites à quelqu’un en colère : « Calme-toi, il n’y a pas de raison de te mettre dans un état pareil ! ». Vous l’invitez ainsi à ravaler ce qu’il a à vomir et à vider ! Ce n’est pas drôle que cela lui fasse encore plus mal et l’énerve davantage, le projetant vers la récrimination sans fin ou vers l’explosion de la violence. La prochaine fois que vous verrez une personne en colère, plutôt que de fuir ou de l’inviter à se calmer, dites-lui : « Quelle colère ! Qu’est-ce qui t’arrive ? » et écoutez-la (sauf si elle vous menace de violence).

METTRE DES MOTS SUR LA COLÈRE

Dans la colère, nous sommes submergés par les émotions, et nous sommes confrontés au risque de faire n’importe quoi et de tout casser. Il en est ainsi parce que les émotions qui nous submergent ont coupé la relation entre notre cœur qui ressent et notre tête qui joue d’habitude le rôle d’observateur à distance et de tour de contrôle.

C’est le moment d’utiliser les ravines et les caniveaux : ils ne stoppent pas l’eau qui s’écoule en cascade, mais ils la canalisent et l’orientent pour qu’elle n’aille pas tout noyer alentour.

Ces ravines et ces caniveaux, ce sont ces moments et ces lieux où la personne en colère va pouvoir mettre des mots sur sa colère. D’abord, son débit est rapide comme un torrent de montagne après l’averse, ses phrases sont entrecoupées de larmes, de cris, de gestes parfois désarticulés… parce que la tour de contrôle ne peut plus jouer son rôle ! Mais si je  laisse la personne s’exprimer, sans prendre sur moi ce qu’elle dit, sans lui dire qu’elle exagère, sans chercher à la calmer ni à la conseiller, alors ses mots si « rocailleux » du début lui permettent de sortir le trop plein, et petit-à-petit, le rythme se ralentit, le ton baisse, la fatigue survient… Parce que je l’ai laissée parler, la personne s’est calmée elle-même. Car en parlant, je dois aller chercher mes mots dans mon cerveau qui va leur donner sens, et ce sont donc mes mots qui vont restaurer la connexion entre mon cœur qui déborde et ma tête qui contrôle.

Avez-vous compris maintenant pourquoi c’est une erreur  de penser qu’il faut taire ses émotions ? La colère que vous n’exprimez pas par des mots et que vous réprimez va s’imprimer en vous sous forme de ruminations, de récriminations, prête à resurgir à la moindre occasion. Imprimée en vous, elle va vous faire somatiser jusqu’aux tensions et au stress, jusqu’à la douleur physique et à la maladie. Et jusqu’à déprimer, en burn-hout ou maladies psychologiques… Jusqu’à la violence où je risque de me supprimer moi-même dans le mutisme, la scarification, la noyade dans l’alcool ou la drogue, le suicide… où je risque de supprimer l’autre : bien des violences intrafamiliales ou débordements sociaux, jusqu’au terrorisme, résultent de colères qui n’ont pas pu s’exprimer et déverser leur trop-plein !

TRAITER LA COLÈRE

Transformer la colère en prenant soin de soi : souvent la colère accuse l’autre, les autres, les injustices, les situations ; souvent la colère s’exprime en reproches, en jugements, et même en insultes. C’est tout cela que la personne a besoin de vider dans un premier  temps comme nous venons de le décrire. Alors quand ce trop plein est vidé, peut commencer une deuxième étape, celle de traiter la colère et ses causes.

Il s’agit de quitter le registre des accusations où je ne parle que de l’autre comme si j’en étais victime, et de tourner le regard vers soi. Comme lorsque je tombe sur un caillou qui me blesse la jambe : je peux m’énerver contre le caillou qui n’avait rien à faire là, mais je ne commencerai à aller mieux que lorsque je vais quitter le caillou pour prendre soin de ma plaie : la désinfecter doucement, puis la protéger en attendant qu’elle cicatrise.

De même avec la colère : quittant le registre des accusations de l’autre, des jugements et des insultes, je vais prendre soin de moi en me posant ce genre de questions : qu’est-ce qui m’est arrivé ? Qu’est-ce que que j’ai vu, entendu ? Qu’est-ce que ça m’a fait ? Qu’est-ce que j’ai ressenti ? Quel autre mauvais souvenir cela m’a-t-il rappelé ? Et de quoi j’ai besoin, là maintenant, pour prendre soin de moi et retrouver mon calme et mon énergie ?

Ces questions, inspirées de la « Communication Non Violente »,  je peux me les poser à moi-même, avec un peu d’entraînement, après avoir vidé le trop plein de ma propre colère. Je peux aussi les poser à l’autre quand j’ai commencé par accueillir sa colère en le laissant vider son trop-plein.  Même si le déclenchement de ma colère est dû à une erreur d’un autre, ce n’est pas le moment de traiter ce problème. Je ne pourrai le traiter de façon juste et efficace qu’après avoir retrouvé ma lucidité, mon calme, mon énergie.

Ce travail n’est plus un travail sur les bassins de décantation extérieurs, ni sur les ravines et les caniveaux extérieurs eux aussi. C’est un travail pour déboucher les conduites intérieures en moi, ces canaux qui relient ma tête, mon cœur et mes tripes, ces canaux de vie qui nourrissent ma foi et mes convictions, et qui sont souvent encombrés, bouchés ou percés par une manière de vivre où je n’ai pas assez pris soin de moi : j’ai pris sur moi et ingurgité des tensions, des malaises et des blessures dont je n’ai pas su ou pas pu me protéger.

Prévenir les prochains débordements, est-ce possible si j’ai un tempérament colérique ? Il n’existe pas de tempéraments colériques ! Car vous n’êtes pas nés colériques ! Simplement, vous avez pris l’habitude de réagir par la colère à toute contrariété, comme d’autres ont réagi par de l’indifférence, par des attaques ou des moqueries, ou par une juste distance qui leur permet de privilégier le dialogue. La colère n’est pas votre nature, c’est votre culture ! On ne peut pas changer sa nature, mais on peut toujours changer ses habitudes et ses manières de réagir quand on en a perçu l’intérêt et trouvé les moyens.

Pour changer nos habitudes colériques, il s’agit d’abord de prendre soin de soi au quotidien, quand on n’est pas en colère. Prendre soin de nos connexions intérieures en quittant le registre de l’accusation pour nous écouter nous : par exemple, quand il va me dire cette parole désagréable, plutôt que de réagir du tac au tac en l’accusant, je vais m’écouter moi : « quand il m’a dit ça, qu’est-ce que ça m’a fait ? qu’est-ce que j’ai ressenti ? quelles étaient les émotions qui m’ont traversé ? Et j’aurais eu besoin de quoi pour être bien ? » Et c’est seulement après m’être posé ces questions et y avoir donné des éléments de réponse que je pourrai rejoindre l’autre pour l’écouter et lui parler et trouver les éléments de négociation nécessaires à la poursuite de nos relations.

On n’apprend pas à nager en haute mer au milieu des bourrasques et des vagues ! On apprend à nager en bassin calme et sécurisé. Je peux apprendre à faire ce travail d’écoute de moi au quotidien, quand je suis en bassin calme sans risque de colère, travail qui consiste à prendre soin de moi et du bon état de mes connexions intérieures. Si je fais ce travail au en bassin calme, il y a de fortes chances que dans la haute mer de relations souvent tendues, je constate progressivement que mon attitude change et que, naturellement, je ressente une plus juste distance face à des situations qui ne submergent plus, parce que j’ai appris à me protéger.

La colère ? une émotion aussi légitime que la joie, la tristesse, la peur, la honte, le dégoût…
La colère ? une réaction de survie qui m’évite de sombrer dans l’écrasement ou dans la violence,
La colère ? un trop plein à vider qui m’invite à prendre soin de moi et à construire des relations sécurisées.

J’aime ma colère et j’en prends soin !

Marc THOMAS, Consultant formateur en « Compétences relationnelles »
novembre 2017

Écrire à l’auteur : mthomas@competences-relationnelles.com

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Comment fait-on pour APPRENDRE à S’AIMER SOI ?

Question d’une amie… Question de tant et tant de personnes…
Merci à toi qui m’as posé la question de m’avoir donné, en te répondant,
l’occasion et la permission de le partager à d’autres !

CHERCHER LA PÉPITE DERRIÈRE LA DOULEUR

Ton visage portait la souffrance… Tu étais fatiguée, déprimée…
Je t’ai proposé de chercher ce qui se cachait derrière ta souffrance,
et derrière cette posture de victime qui ne te convenait pas.
Et tu as osé nommer des mots précis,
exprimant ta richesse intérieure à toi, unique et spécifique,
ton désir, celui qui ne parle que de toi…

Nous l’avons appelé ta « pépite », qui surgissait alors du fond de toi
où elle était bien enfouie pour se protéger de la violence subie…
Cette « pépite » qui habite chacun de nous
et que jamais aucune souffrance ne peut détruire !

Aussitôt ton visage s’est illuminé…
Tes proches l’ont remarqué dans les heures suivantes.
Et tu m’as dit plus tard que tu prenais plaisir à te regarder dans le miroir…
S’aimer soi, ça doit ressembler à ça !!!

APPRIVOISER TON LOUP

Chacun de nous porte en lui un « loup ». J’appelle « loup » ce qui me fait souffrir, ce qui risque de me faire sombrer, cette force destructrice, de moi ou de l’autre, qui risque souvent de me conduire à des paroles ou à des actes contraires à mes valeurs…

Souvent nous nous battons contre notre « loup »,
nous voulons le faire taire, nous le prenons en haine…
Si tu te bats, contre un loup, tu es sûr de perdre, et il va te croquer !
La seule solution pour rester vivant, c’est de l’apprivoiser.

Apprivoiser ton loup, c’est à dire l’accueillir…
Accueillir ce qu’il ne sait pas encore dire autrement que par la violence ou la souffrance…
Peut être ce loup n’a jamais été écouté…
Lui demander de te dire sans violence de quel message il est porteur
et l’écouter à  travers ton ressenti et tes intuitions…
L’écouter car il n’est que la face cachée ou l’inverse  de ton être profond…
comme la « pépite » est l’inverse de ta souffrance…
Ton loup est la nuit qui va mettre en valeur ta lumière.
Tu t’aimeras toi quand tu aimeras aussi ton loup (mais pas la souffrance ni la violence),
quand tu l’auras apprivoisé…

TROUVER LES RELATIONS QUI TE CONVIENNENT

Tu peux t’aimer ou te détester
selon les contextes relationnels dans lesquels tu te trouves.
Il y a des contextes relationnels
où tu te sens bien, à l’aise, en confiance,  où tu oses être toi-même…
Et d’autres contextes relationnels
où tu n’es pas bien, tu perds confiance, tu te dévalorises…
Dans ce dernier cas, ne te juge pas, ne juge pas l’autre non plus,
mais demande toi ce qui te convient à toi,
ce dont tu as besoin pour être toi-même, et ce qui t’en empêche…

Nous sommes comme les poissons :
certains ont besoin d’eau de mer, d’autres ont besoin d’eau douce.
Certains ont besoin d’eaux vives, d’autres ont besoin d’eaux calmes…
Et toi de quel climat relationnel as-tu besoin pour être toi?

Pour t’aimer toi-même, sors de ta coquille
sinon tu ne verras de toi qu’un être recroquevillé et donc tout fripé !
Pour t’aimer toi-même, laisse-toi aimer par celles et ceux qui sont sans risque pour toi.
Ose leur parler car c’est en parlant à l’autre que tu te comprends,
et c’est en parlant que tu deviens ce que tu dis…
Chaque fois que tu te mets à parler, tu avances !

Quand tu as trouvé le bon contexte relationnel,
quand tu sens des relations de confiance et de respect,
ose la relation, aime l’autre, et aime-toi…

Aime-toi en aimant l’autre !

Bien à toi…
Marc                         Téléchargez cet article en pdf                                    mthomas@competences-relationnelles.com

Pour poursuivre, relis ce très beau texte attribué à Charlie Chaplin :
« Le jour où je me suis aimé pour de vrai »

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Comment aider ?

Dans des formations à l’écoute, je propose souvent aux participants ce petit jeu : quelqu’un que vous connaissez vient vous dire : « Ma voiture est en panne, sans doute à cause des bougies. Je suis contrarié. Je vais consulter mon garagiste. Si seulement j’étais expert en mécanique ».

Et je demande aux participants : « Que répondriez-vous spontanément à cette personne ? » Et voici quelques-unes des réponses fréquentes : « Veux-tu que je regarde d’où vient la panne ? » ou « Je connais quelqu’un qui est mécanicien et te réparera ça ! » ou « Tu as raison, va chez le garagiste ! » ou « Je peux t’emmener quelque part » ou « Je n’y connais rien mécanique je ne peux pas t’aider » ou « moi non plus je ne suis pas expert en mécanique… » ou « Ne t’inquiète pas, ce n’est pas si grave ! »

En analysant ces réponses spontanées, nous constatons qu’elles sont toutes gentilles et veulent aider la personne… mais aussi que ces réponses parlent d’abord de nous : ce que nous pouvons faire pour lui, ce que nous ferions à sa place…

Mais au fait, pourquoi cette personne vient-elle nous dire cela ? Qu’est-ce qui la contrarie ? De quoi a-t-elle besoin ? En relisant ce qu’elle nous dit, nous constatons qu’il n’y a pas de précisions, ni de demande précise. Alors généralement, chacun y va de son interprétation : « il a peur que la réparation coûte cher »… « il est contrarié parce qu’il ne sait pas d’où vient la panne… ou parce qu’il est en train de rater un rendez-vous important… ou parce qu’il a oublié son téléphone et ne peut pas appeler son garagiste… ou encore il a seulement besoin de parler, il se sent nul de ne pas pouvoir se sortir tout seul de cette situation… » Mais toutes ces interprétations ne parlent encore une fois que de nous, et rien de ce qu’il nous a dit ne nous permet de vérifier qu’elles sont justes !

Alors qu’est-ce qui contrarie cette personne ? De quoi a-t-elle besoin ? Force est de constater qu’il ne nous l’a pas dit… Et nous, nous avons tous une solution à lui donner, sans rien savoir de ce qui le contrarie vraiment et de ce dont il a besoin !!! Cette solution proposée parle d’abord de nous, de ce que nous savons ou pouvons faire pour lui… Certes nous avons été gentils avec lui, mais nous ne l’avons pas écouté !

Cette attitude est si fréquente quand nous voulons aider l’autre ! Avec toute notre bonne volonté nous lui proposons nos propres solutions, sans prendre le temps d’accueillir ce qui le contrarie et ses besoins. Ou bien avec générosité, nous nous préoccupons de ce que nous pouvons faire pour lui plutôt que de nous préoccuper d’abord de sa contrariété à lui et de sa demande. Nous croyons l’apaiser et le rassurer en lui disant : « Ne t’inquiète pas, ce n’est pas grave » sans savoir si c’est grave pour lui ni ce qui est grave.

La bonne solution est simple : elle consiste à lâcher notre réflexe de trouver tout de suite la solution : comment trouverions-nous la bonne solution tant que nous ne connaissons pas ce qui fait problème pour lui ? Il s’agit de se « décentrer » en accueillant l’autre tel qu’il est, en écoutant vraiment ce qu’il dit et pas seulement ce que nous entendons, en lui demandant les précisions nécessaires au lieu de nous lancer dans nos interprétations. Et pour ce faire, deux questions toutes simples et fondamentales :

  • « Qu’est-ce qui te contrarie ? qu’est-ce que ça te fait ? » La plupart du temps en effet, nos difficultés ne viennent pas de ce qui s’est passé mais de la manière dont nous avons réagi : les faits ne sont que des déclencheurs de nos réactions. Et devant le même fait, l’un va réagir avec humour, l’autre avec inquiétude, un troisième avec agressivité… Même si la réaction émotionnelle de l’autre vous surprend et vous paraît démesurée, accueillez-la sans la prendre sur vous, laissez-le mettre ses mots sur sa contrariété : il n’y a pas encore de solution trouvée, mais il est déjà apaisé et rassuré parce qu’il a pu vider son trop plein d’émotion ! Il va pouvoir regarder le problème avec une meilleure distance, il va être plus apte à trouver la bonne solution…
  • « De quoi as-tu besoin ? » Lui seul sait de quoi il a vraiment besoin. Et c’est ce besoin insatisfait qui a déclenché sa réaction et sa contrariété. Souvent il ne réussira à nommer ce besoin que lorsqu’il aura pu « vider » cette contrariété. Une fois son vrai besoin exprimé, vous aurez alors tout loisir de chercher avec lui la manière de satisfaire ce besoin… Et si vous-même n’avez pas la capacité ou la possibilité de répondre à son besoin, vous pourrez alors lui proposer de transmettre le relais à une personne disponible ou compétente…

Essayez ces deux questions… Essayez de vous « décentrer » de cette manière : vous verrez que vous y gagnerez en compréhension et en efficacité. Et que l’autre sera tellement fier d’avoir retrouvé ses moyens, grâce à votre accueil !

Carl ROGERS (le grand psychologue américain du développement centré sur la personne et de l’empathie) parlait de l’écoute centrée sur soi où j’interprète tout à partir de mes points de repère à moi, où  je n’écoute pas vraiment l’autre tellement je suis préoccupé par ce que je peux faire pour lui… Dans cette écoute centrée sur moi, je me pose souvent en sauveur, soumettant l’autre à emprunter mes propres chemins pour sortir de ses problèmes… ou bien je fuis car j’ai trop peur de ne pas savoir, de ne pas pouvoir, de ne pas vouloir…

Carl ROGERS prônait au contraire l’écoute centrée sur l’autre où je me « décentre » vers l’autre, dans une attitude d’écoute et d’accueil de ce qu’il vit, de la manière dont il le vit, et où je cherche à accompagner l’autre à la découverte de ses ressources propres, pour qu’il soit acteur de la solution de son problème…

Maintenant, comprenez-vous pourquoi je préfère remplacer le mot « aider » par le mot « accompagner » ?

Marc THOMAS, Consultant formateur en « Compétences relationnelles »
mars 2017

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Que faire de mes émotions ?

Nous entrons en relation avec l’autre d’abord par nos émotions : la joie de se retrouver, l’élan, le sourire, les gestes d’affection ou d’amitié… ou bien  la peur, la méfiance, les crispations et raidissements, les cris, les larmes, la colère, la rancœur…

Parfois, un simple regard suffit à nous rassurer ou à nous déstabiliser ; un mot de travers suffit à nous atteindre et à nous mettre dans tous nos états, alors qu’un signe de compréhension peut nous détendre…

Dans les désaccords et les tensions relationnelles, l’agressivité surgit rapidement, avec son caractère contagieux. Agresser, c’est toujours rendre l’autre responsable de mon ressenti difficile ou de l’atteinte qui m’a blessé. Et la violence des mots ou des gestes surgit quand les ressentis blessés de chacun ne sont plus sous contrôle et sont projetés sur l’autre comme des armes.

Comment faire pour éviter ces dérives d’agression et de violence ? Et que faire de nos émotions ?

LES FAUSSES PISTES du silence et de la violence

Certains pensent qu’il faut cacher ses ressentis, se taire et faire le gros dos. Mais cette intériorisation de nos ressentis nous pourrit la vie, se transforme souvent en récriminations qui nous font « macérer » dans l’aigreur, parfois jusqu’au mal-être, à la maladie, au burnout… Et les ressentis que nous avons fait taire restent tapis en nous, prêts à rejaillir douloureusement à la prochaine occasion. Alors il débordent, non à cause de la situation nouvelle, mais à cause de tout ce qui est resté accumulé des précédentes et qui a pourri en nous ! Ou bien ils nous ligotent et habillent de méfiance et de peur chacune des situations à risque ou des relations difficiles. Ou encore ils nous endorment quand nous cherchons dans l’alcool et la drogue des échappatoires mortifères.

D’autres transforment leur ressentis en reproches et en jugements sur l’autre : « Tu m’as blessé… C’est de ta faute… Tu n’as pas le droit… Tu te moques de moi… Tu ne vaux rien… ». Parfois jusqu’à l’insulte et à l’injure, et jusqu’à la violence. Souvent en les démultipliant, par du « ladi lafè » comme disent les réunionnais : des rumeurs que l’on colporte en racontant à notre entourage tout le mal que l’autre nous a fait… Cela ne fait qu’amplifier la colère intérieure et la tension dans la relation : mes reproches à l’autre enclenchent souvent les reproches de l’autre sur moi, et les jugements entraînent d’autres jugements… C’est la stratégie de l’avalanche : plus je ressasse et répète mes reproches et mes accusations, plus ils s’augmentent des commentaires de mes partisans et plus je les amplifie jusqu’à qu’ils occupent tout le terrain et finissent pas tout envahir. Tout cela ne fait qu’abîmer la relation, jusqu’à la détruire, et parfois jusqu’à se détruire mutuellement ou à s’en vouloir encore des années après. Douze meurtres depuis 6 mois dans des relations amoureuses à la Réunion !

CANALISER MES RESSENTIS

Il n’y a qu’une solution pour canaliser mes ressentis : les accueillir comme un message sur moi ou un signal d’alerte pour moi. Mes ressentis ne parlent pas de l’autre ni de ce qu’il m’a fait, ils ne parlent que de moi et de ce que la situation a déclenché en moi : de la joie, de l’espoir, de la tristesse, de la colère, de la peur… Accueillir et écouter ce que ces émotions me disent de moi. Choisir de prendre soin de moi et m’interdire d’en faire des armes pour accuser l’autre. Accueillir et écouter mes ressentis car ils sont toujours vrais, en ce sens qu’ils surviennent sans ma réflexion ni ma volonté, et qu’ils ont toujours des raisons de survenir.

Déguster mes ressentis positifs et m’en nourrir parce qu’ils sont le signe que mes désirs, mes attentes et mes besoins sont satisfaits.

Écouter et prendre soin de mes ressentis négatifs comme on prend soin d’une blessure physique pour qu’elle cicatrise. Plus j’accuserais l’autre de m’avoir blessé en ressassant ma colère, plus j’écarterais ma plaie et plus elle me ferait mal. Mais je peux prendre soin de ce ressenti  douloureux et l’accueillir :

  • en désinfectant la plaie : débarrassé des accusations sur l’autre, je peux me soigner moi-même. Reconnaître d’abord ce qui parle de moi qui n’ai pas pu me protéger, ce que ça réveille en moi comme fragilité ou comme autre blessure ancienne non cicatrisée. Reconnaître ensuite sans jugement ce que je ne peux pas accepter dans les paroles ou les actes de l’autre et les lui « rendre », sans forcément lui en parler, mais en refusant de me laisser polluer par quelque chose qui ne m’appartient pas.
  • en identifiant les vraies causes de ces ressentis douloureux : les vraies causes ne sont jamais l’autre, ni ce qui s’est passé : ceux-ci ne sont en effet que des déclencheurs. Les vraies causes sont toujours en moi : une de mes valeurs qui a été bafouée, un besoin vital insatisfait ou blessé, une impossibilité de me protéger…
  • en trouvant les moyens de restaurer mes valeurs, de satisfaire mes besoins, de me protéger davantage. Non pas d’abord en demandant à l’autre de changer, mais en me renforçant moi-même : en nourrissant mes valeurs, en cherchant comment satisfaire mes besoins par moi-même, ou par des relations plus saines et plus sereines, en apprenant à me protéger des agressions comme on apprend à se protéger du froid, de la chaleur et de tous les risques de la vie quotidienne.

Tes émotions et tes ressentis t’appartiennent : ils sont une parole vraie de ton être profond ! Ne les transforme pas en armes contre toi en les ressassant ou contre l’autre en l’accusant. Accueille-les, écoute-les, laisse venir à toi leurs messages : bienfaisants ou douloureux, ils parlent toujours de vie à protéger et à faire grandir, de peurs à apprivoiser, d’espoirs à réaliser…

Lire aussi : Traverser l’émotion jusqu’au besoin

Marc THOMAS, Consultant formateur en « Compétences relationnelles »
août 2016

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Devenir des Hommes nouveaux

Couverture2Non, l’année n’est pas nouvelle ! Ce n’est qu’une année de plus…
Comme les autres elle aura son lot de travail et d’investissement, de difficultés et de misères,  d’espoirs et de joies…
Comme les autres années, nos résolutions seront vite oubliées, nos fêtes de fin d’année laisseront place à la reprise de la vie quotidienne avec ses soucis, ses fatigues, ses réussites et ses échecs, ses  bonheurs et ses crises…
Comme les autres années, nous nous souhaiterons l’an prochain une année meilleure que celle-ci…
C’est parce que nous savons bien tout cela que les vœux échangés en cette période sont souvent si fades et si factices, et que beaucoup d’entre nous les vivent comme une corvée ou une démarche artificielle et sans sincérité.

Pourtant parfois, les vœux échangés sont affectueux, sincères et profonds : ils manifestent que nous prenons soin des autres et de nous-mêmes, en ces périodes de fêtes, mais bien au-delà pendant 365 jours..

Alors que disent-ils ces vœux sincères et féconds ? Que souhaitent-ils ? Ils ne souhaitent pas que l’année soit nouvelle et meilleure que la précédente ! Les vœux sincères souhaitent que chacun de nous puisse mettre du nouveau dans sa vie au fil des jours !

Mettre du nouveau dans nos vies… Chercher la nouveauté !

Je ne parle pas de la nouveauté des modes qui nous poussent à changer de look ou à acheter le matériel informatique dernier cri, pour être comme tout le monde, ou même pour être mieux que tout le monde… et pour faire faire des bénéfices aux commerçants ! Cette nouveauté là nous identifie à ce que nous avons et non à ce que nous sommes. Elle nous identifie à l’apparence extérieure que nous voulons donner aux autres et non à la source intérieure qui devrait rayonner du dedans

Je ne parle pas non plus de la nouveauté pour la nouveauté, celle qui nous transforme parfois en girouette changeante, au gré du premier souffle ou de la première influence. Cette nouveauté qui peut nous faire balayer le passé pour aller de déception en déception vers ce que nous croyons identifier comme un nouveau paradis… aussi vite perdu ! Cette nouveauté là est nourrie par une permanente insatisfaction : elle nous déstabilise car elle nous rend dépendants de nos attraits et de nos pulsions plutôt que de nous enraciner dans nos désirs et nos vrais besoins.

La vraie nouveauté est celle d’une vie « nouvelle » : il s’agit de mettre du nouveau dans nos vies… ou mieux encore : de laisser l’appel du neuf surgir du dedans de nous…

Avec moi-même, si je suis dans la routine, le découragement ou le « ras-le-bol », comment retrouver le désir et l’espoir que j’ai fait taire ou que les circonstances de la vie ont verrouillés ? Comment laisser surgir l’énergie qui me poussait jadis à vouloir créer du neuf ?

Je peux mettre du neuf si je quitte le registre des regrets et des plaintes pour choisir celui de la restauration et de la reconstruction : il s’agit de me remémorer ces désirs ou ces espoirs, de prendre le temps de les ré-entendre, de leur donner le droit de s’exprimer à nouveau avec une énergie renouvelée. Car ces désirs et ces espoirs sont souvent enfouis sous les poubelles non vidées de mes erreurs ou de mes épreuves, au point que je les crois  totalement disparus.

Pourtant nous avons tous faits l’expérience d’une rencontre, d’une réussite ou d’un imprévu qui tout-à-coup réveillait nos énergies et nos envies. De même, nos désirs et nos espoirs demeurent en chacun de nous quelles que soient nos blessures,  prêts à donner un souffle nouveau à mes projets, à mon travail, à mes relations, à mes espoirs… Je peux mettre du neuf si je choisis d’y croire envers et contre tout et d’y porter un peu d’attention. Comme un artiste restaure un tableau et fait resurgir le chatoiement initial des couleurs, je verrai resurgir mes désirs et mes espoirs avec leur force de renouvellement et de créativité…

Avec les autres, si je suis dans les tensions relationnelles en couple, en famille, au travail, dans la vie sociale, comment puis-je mettre du nouveau dans des situations souvent bloquées et mutuellement blessantes  ?

Je peux mettre du neuf dans mon comportement si je remplace les accusations de l’autre par une responsabilité partagée de la relation et de ses tensions ; si je remplace les reproches adressés à l’autre par une attention portée sur moi, sur mes ressentis et mes besoins ; si je choisis de quitter les « ruminations » et l’aigreur qui m’empoisonnent la vie pour les remplacer par des propositions de négociation constructive…

Dans l’épreuve, la déprime, la maladie, le deuil… Si je me sens incompris, abandonné, rejeté, méprisé… Si j’ai perdu confiance en moi… Comment mettre du nouveau alors que tout  semble s’effondrer autour de moi ?

Je peux mettre du neuf en quittant le registre de la victime et en choisissant de prendre soin de moi ; en cessant de me lamenter et de me juger moi-même, mais en osant croire que c’est en moi que sont les sources de ce qui me manque ! Pour trouver ces sources, il sera souvent nécessaire de cesser de me recroqueviller sur moi-même pensant que personne ne peut comprendre ce que je vis. Je remplacerai cet enfermement par un choix de parler de mes difficultés à une personne de confiance : non pas pour qu’elle me donne des solutions, mais pour qu’elle m’accompagne dans la recherche en moi-même des sources que j’ai laissé fuir : alors je pourrai canaliser ces sources de façon nouvelle, pour que ces sources qui me noyaient deviennent celles qui irriguent mes énergies de renouveau…

Dans l’enthousiasme et la réussite, la  créativité suscite la nouveauté et fait avancer vers des horizons parfois inconnus.

Cette nouveauté de la créativité peut nous donner des ailes, parfois nous inquiéter quand elle nous entraîne vers l’inconnu, ou encore nous isoler de celles et ceux qui ne marchent pas à notre rythme. Il nous suffira de nous rappeler que la créativité qui rénove et renouvelle n’est qu’une locomotive : elle n’a d’utilité et de sens que si elle est au service des wagons qu’elle a pour mission de faire avancer !

Alors… Plutôt que de se souhaiter un bon Nouvel An, je vous propose de nous souhaiter un bon Nouvel Homme !

Quelles nouveautés souhaitons-nous retrouver en nous ? Quelles nouveautés souhaitons-nous développer par nos attitudes et nos postures, nos travaux et nos amours ? Quelles ressources en nous souhaitons-nous déverrouiller pour faire de nous des femmes et des hommes renouvelés ?

Je vous propose de prendre du temps en ce mois de janvier pour laisser ce questionnement faire en vous son œuvre. Il ne s’agit pas de « mentaliser » ni de réfléchir avec la tête à ces questions : vous reviendriez vite aux lamentations et vous trouveriez vite que les écrivains sont tous les mêmes : ils écrivent des mots qui peuvent faire rêver, mais ce ne sont que des beaux mots impossibles à traduire dans votre réalité !

Quittez donc votre tête pour laisser ce questionnement résonner dans vos cœurs et dans vos tripes : écoutez ce que ces questions font résonner de vos ressentis, vos joies et vos peines ; prenez soin de ce qu’ils révèlent comme besoins, manques et insatisfactions… Puis laissez venir ce qui vient : des souvenirs, des rêves déçus, des espoirs que vous croyiez disparus….

Laissez passer tout cela sans vous y attacher, jusqu’à ce que viennent des envies nouvelles, des désirs, des projets peut-être… Cueillez-les et dégustez-les, même si vous pensez encore (c’est votre tête qui revient parasiter le travail) que c’est impossible et irréaliste…. Dégustez, laisser infuser et macérer…. Alors, dans quelques jours ou quelques semaines, les outils ou les opportunités de les réaliser viendront probablement de façon imprévue au moment où vous ne l’attendiez pas : car « quand l’élève est prêt, le maître se présente » dit un texte d’inspiration bouddhiste. Vous serez alors dans la nouveauté qui vous « re-suscite » !

EN NOUS  : des ressources à retrouver, à renouveler, à décaper, à rénover, à restaurer, à re-susciter

ENTRE NOUS : des relations à dé-tendre, à réparer, à renouer, à reconstruire, à tisser, à réconcilier

Je ne vous souhaite pas une bonne et heureuse année nouvelle !

Je vous souhaite de choisir de devenir des femmes et des hommes bons et heureux parce que vous aurez cru à la nouveauté qui attend de surgir en vous !

Marc THOMAS, Consultant Formateur en Compétences relationnelles,
1er janvier 2016

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Mon enfant intérieur

Cette personne m’envoie la photo d’elle quand elle était petite fille et m’écrit :

Elle :
Tu reconnais cette petite fille?
C’est une photo qu’un membre de ma famille a retrouvé. …
Elle me parle beaucoup !

Moi :
Oh oui je la reconnais bien !
Elle te parle de quoi ? (si ce n’est pas indiscret !!!)

Elle : Je ne sais pas trop définir,  j’ai été comme hypnotisée par ce regard fixe et cette figure triste. J’ai eu envie de caresser cette petite fille, de lui donner de la tendresse. De lui dire et donner tout ce que j’aurais voulu que l’on me donne à ce moment de ma vie (sans savoir vraiment si je n’avais pas cela mais  je n’ai pas de souvenir précis de mon enfance, en tout cas pas de moment joyeux et tendre)

En regardant cette photo de nombreuses questions me sont venues.

C’est comme si j’avais pu voir mon enfant intérieur … voilà en quoi cette photo me parle beaucoup.
Maintenant je ne sais pas trop ce que je dois faire avec ça … peut être rien !
En tout cas je la trouve belle cette petite fille !

Moi :
Quand j’ai vu la photo, ça m’a sauté aux yeux immédiatement : la beauté et la souffrance.
Je n’ai rien voulu te dire tout de suite pour ne pas influencer ton regard.
Mais ce que tu m’écris correspond bien à ce que j’ai senti…
Cette petite fille que tu portes en toi depuis toujours… et dont la souffrance émergeait souvent en toi ces dernières années…

Elle est très juste ton envie de « caresser cette petite fille et de lui donner de la tendresse ».
Fais-le, sans réserve !

En lui donnant aujourd’hui la tendresse dont elle a manqué, tu vas lui permettre de cicatriser ses souffrances et de sortir de la tristesse…

Maintenant, cette belle petite fille, cette souffrance ou cette tristesse, tu peux en prendre soin tendrement. Ainsi tu vas les réintégrer et les transformer en énergie dans ton élan d’aujourd’hui…

Chemin de larmes, peut-être, mais chemin de bonheur…

Elle :
Merci, Marc, je suis émue…

Moi :
Bien à toi, Marc…               Jaillissement130x81        mthomas@competences-relationnelles.com

PDF1et merci à cette personne de m’avoir autorisé à partagé cet échange de courrier
pour qu’il puisse servir à d’autres