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N’aie pas peur d’avoir peur… de toi-même

LA PEUR DE NOUS-MÊMES…

Tous ces moments où nous avons peur de ne pas savoir, de ne pas pouvoir, de n’être pas capables… Peur aussi de faire n’importe quoi quand nous sommes épuisés ou à bout…

Ces peurs là se nomment manque d’estime de soi ou de confiance en soi et s’enracinent souvent dans une éducation où nous avons été peu valorisés et encouragés. Nommer cette cause, c’est aussi indiquer le chemin de la solution : il n’est pas question d’accuser nos parents ou nos éducateurs qui ont souvent fait ce qu’ils ont pu et ce qu’ils croyaient bon. Mais si nous avons manqué de reconnaissance et de valorisation, il est toujours temps d’aller les chercher là où elles sont !

Chercher la valorisation à l’âge adulte dépend de nous: plutôt que nous lamenter de nos manques ou de non faiblesses, regardons nos valeurs : qu’est-ce que j’aime en moi ? Quels sont mes désirs ? Qu’est-ce que j’aime faire ? Qu’est-ce que je sais faire ? Qu’est-ce que j’espère ? Quels sont mes rêves ? Oser croire en soi, et ensuite seulement négocier avec nos limites et nos contraintes !

Chercher la reconnaissance de l’autre est aussi de notre responsabilité : plutôt que de ruminer les déceptions relationnelles, je peux me demander d’abord : sur qui je peux compter ? Qui m’apprécie ? Qui est prêt à m’écouter ? Qui me fait confiance ? Qui peut me dire son désaccord sans me juger ni me rejeter ? Et choisir de m’entourer de personnes positives plutôt que de ruminer mon aigreur…

Alors dans cette démarche où je cherche les valorisations et la reconnaissance qui me manque, je vais voir grandir l’estime de moi et la confiance en moi.

Et je n’aurai plus peur de ma peur… Car je découvrirai que ma peur de moi ressemble aux jambes fragiles et tremblantes du petit enfant qui apprend à marcher. Si tremblantes qu’il avait peur de lâcher la main… Si tremblantes qu’il tombe même encore parfois… Mais il se relève… Et grâce à sa chute, il découvre la capacité de se relever… Grâce à sa chute, ses muscles se renforcent et il devient plus fort… Et sa joie d’avancer et de découvrir le monde devient plus forte que sa peur…

De la même manière que le petit enfant qui apprend à marcher, je vais apprendre à « apprivoiser » ma peur.

Apprivoiser ma peur en la nommant : la nommer, la reconnaître et l’accepter, et aussitôt chercher de quoi j’aurais besoin pour ne plus avoir peur : besoin de me protéger, besoin de sécurité, besoin de soutien, besoin de repos, etc. Et donc comment faire pour satisfaire mes besoins.

Apprivoiser ma peur en cherchant derrière nos peurs les désirs cachés. Au lieu de dire comme d’habitude : « mais je n’y arriverai pas ! », si nous disions : pour y arriver, comment je peux m’y prendre ? Sur quelles ressources personnelles je peux compter ? à quelles difficultés vais-je être affronté et comment les contourner ? à qui je peux faire appel pour m’accompagner ou me donner un coup de main ?

N’aie pas peur de ta peur !
Ta peur d’échouer n’est que le voile qui cache ton désir et ta capacité de réussir !

Marc THOMAS, Consultant-Formateur en « Compétences relationnelles »
2 avril 2016

Écrire à l’auteur : mthomas@competences-relationnelles.com

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La vie : un apprentissage permanent

‘Apprendre la vie’, ou ‘apprendre à vivre’, est une nécessité qui s’impose à chaque être humain sur notre planète terre. Le ‘savoir vivre’ n’est pas une qualité innée ; il s’apprend et il s’acquiert au long des années et des expériences vécues.

L’éducation est première dans cette découverte et dans la mise en œuvre de ce mode de vie qui anime et rend fructueuses et fraternelles les relations humaines. Ces relations sociales s’inscrivent dans des principes qui doivent être reconnus et acceptés : la liberté et la démocratie.

‘Réussir sa vie’ implique alors un apprentissage quotidien du ‘savoir vivre’. Pour ne pas tomber dans le piège d’une vie seulement instinctive comme celle des animaux, l’homme et la femme de bonne volonté choisissent de faire preuve d’intelligence dans leurs choix qui engagent leur ‘façon de vivre’ en société. Ce travail sur soi concerne tous les moments et tous les contextes de la vie que nous voulons pour nous-mêmes, pour nos familles, pour nos sociétés.

Dans la recherche légitime de la vie heureuse et paisible pour tous, de très nombreuses pistes s’ouvrent à ceux et celles qui ont à cœur cet objectif. En voici quelques unes qui nous interpellent chaque jour ; elles nous invitent à apprendre et à réapprendre, dans le but recherché obstinément d’un ‘mieux vivre ensemble’.

Apprendre et réapprendre :

  • Réfléchir objectivement avant les décisions qui ouvrent l’avenir meilleur
  • Se laisser guider par le bon sens vers l’intelligence de l’esprit et du cœur
  • Agir avec la conscience de la justice dans la vérité
  • Respecter l’autre différent dans les libertés individuelles
  • S’écouter pour mieux se connaître et mieux se comprendre,
    pour mieux s’accepter et mieux s’apprécier
  • Partager fraternellement en priorité avec les plus petits
  • Rechercher sans cesse le bien, le beau, le bon
  • Construire la vie sociale sur les bases d’une éducation exigeante
  • S’engager résolument en vue du bien commun
  • Favoriser l’épanouissement humain, psychologique et spirituel de chacun
  • S’entraider de façon efficace pour consolider le lien social
  • Donner le bon exemple à la jeunesse
  • Donner la primauté à l’amour qui fait le bonheur de vivre
  • Reconnaître humblement ses erreurs et vouloir changer
  • Affronter l’adversité avec courage et persévérance
  • Assumer la responsabilité de ses choix
  • Refuser le laisser-aller et le n’importe quoi
  • Refuser le mensonge et renoncer à dominer l’autre
  • Refuser la compromission avec le Mal, l’orgueil et l’égoïsme
  • Refuser la démagogie destructrice et malhonnête
  • Refuser la recherche insensée d’une consommation éphémère
  • Refuser la course effrénée vers le sexe ou l’argent

Cette liste reste ouverte à la ‘prise de conscience’ de celui qui veut faire régner le bonheur sur la terre. Le renouveau de la vie individuelle donne à la société la possibilité de progresser dans le bon sens. Il s’agit de construire ensemble une vie meilleure pour tous. Aux bonnes œuvres, citoyens !

ChristianPère Christian CHASSAGNE
Aumônerie Réunionnaise en Métropole
8 Avenue des Chardonnerets, 91600 SAVIGNY SUR ORGE
09.80.87.06.50 / 06.64.94.99.51 / coco1152@hotmail.fr

Symphonie

Couverture2Sept petites notes, pas une de plus. Rien que sept notes : do-ré-mi-fa-sol-la-si, tout simplement, avec leurs nuances, de dièse en bémol… Mais que de combinaisons possibles à l’échelle des octaves, au génie de l’artiste. Sept notes, chacune unique, originale, en chaînes infinies, pour autant de mélodies toujours nouvelles jouées sur tous les instruments.

Ainsi les hommes aux multiples couleurs du corps et du cœur, comme autant de notes uniques, originales. Ainsi la vie de chacun, mélodie enchaînant les graves et les aigus sur tous les rythmes. Ainsi l’humanité, orchestre symphonique où chaque instrument est à la fois indispensable et insuffisant.

Vivre : devenir soi en découvrant sa propre note, en l’accueillant sans regretter les autres ; toute la mélodie serait « court-circuitée » si ma note venait à manquer, ou si je pensais devoir avoir la même tonalité que tout le monde.

Comment trouver la note juste sans diapason ? Car la justesse vient d’ailleurs : dans la vie comme en musique, c’est en écoutant que je m’ajuste. Les plus beaux instruments s’accordent fréquemment.

Puis viendra le temps de déchiffrer la partition encore inconnue : elle ne sera musique que par mon interprétation : jouer ma partition pour « enchanter » le monde.

Vivre : laisser passer ma note originale par les vibrations et les résonnances de mon corps et de mon être. Et transformer ma note originale en musique dont je suis l’instrument. Instrument à vent, à cordes ou à percussions ? Lyre délicate ou cymbale sonore ? Je n’ai pas choisi mon instrument, pas plus que mon sexe ni ma taille ! Il s’agit d’abord de me laisser apprivoiser par cet instrument reçu en héritage, de me familiariser avec sa sonorité et ses règles, avec ses possibilités et ses limites, puis de « faire mes gammes », prenant ma place au milieu des vivants. Alors un jour imprévu, au détour d’une expression personnelle, surgira une création ! Les plus belles improvisations sont pétries de travail.

Vivre : entrer dans la symphonie, dans le concert de l’humanité : harmoniser nos instruments et nos partitions, écouter les autres voix pour pouvoir chanter juste, choisir de suivre le même rythme, sous la baguette d’un chef d’orchestre. Alors, tour à tour ou ensemble, chaque instrument donne toute sa mesure, celui-ci apaisant, celui-là éclatant ; ceux-ci accompagnant le soliste qui, sans eux, n’aurait pas de corps ; ceux-là dialoguant en des sonorités diverses et complémentaires. Ou encore solistes dont la voix s’élève pour appeler en écho la réponse du chœur. Tour à tour foisonnement et paix, gravité et légèreté. Heureuses différences !

Tout homme est mélodie. Toute vie est appelée à être mélodieuse. L’humanité en marche est symphonie.

Marc THOMAS, Consultant Formateur en « Compétences relationnelles »
juillet 2013

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Pourquoi ?

Couverture2Une simple injure, probablement raciste, a suffit à déclencher un « coup de boule »  violent de Zidane sur un autre footballeur. A 10 mn de la fin de son dernier match international, en finale de la Coupe du Monde, au lieu d’être fêté par toute une foule, il quittait le stade exclu, la tête basse…. Pourquoi ?

Une pulsion sexuelle (si les faits étaient avérés) ou une manipulation perverse fait basculer un grand de ce monde accusé de crime. Il se retrouve menotté à la face du monde, plutôt que candidat à l’élection présidentielle… Pourquoi ?

Des stigmatisations ou des mal-être identitaires entraînent jusqu’au terrorisme. Chez nous, un lycéen poignarde son professeur ou l’un de ses camarades plutôt que de se découvrir capable de construire son identité autant que son avenir… Pourquoi ?

Un désir de puissance inassouvi conduit au harcèlement à l’école ou dans l’entreprise, ou à une conduite criminelle en voiture … Pourquoi ?

Des critères de rentabilité conduisent à faire pression sur des salariés jusqu’au suicide, ou à faire passer au second plan, parfois, la qualité des soins à l’hôpital… Pourquoi ?

 Le chacun-pour-soi nourri par une société de compétition suscite des conduites d’écrasements de l’autre pour être le premier à tout prix, et tant de violence dans des relations humaines. Chacun cherche à avoir raison sur l’autre, parfois à instrumentaliser ou à posséder l’autre… Pourquoi ?

Pourquoi ? Parce que nos instincts et nos pulsions demeurent toujours en nous à l’état sauvage, surtout si nous n’avons pas eu l’occasion d’apprendre que nous pouvons les canaliser. Parce que les frustrations peuvent nous rendre humains quand elles déclenchent notre motivation à rechercher ce qui nous manque ; mais elles peuvent aussi nous rendre inhumains quand elles se transforment en agression pour avoir tout, tout de suite et à tout prix. Parce que même quand tout nous sourit, nous ne sommes pas à l’abri d’une erreur ou d’une manipulation.

La mise en œuvre de deux conditions doit permettre de choisir d’humaniser nos pulsions et nos frustrations :

  • partout où nous vivons, choisir de restaurer le primat de la solidarité sur le chacun pour soi ;
  • faire de l’apprentissage des compétences relationnelles une matière fondamentale dans l’éducation : apprendre que les relations sont plus productives quand elles sont sereines est aujourd’hui aussi important que d’apprendre l’informatique.

C’est urgent !    C’est possible…                                                            

Marc THOMAS, Consultant Formateur en « Compétences relationnelles »
mai 2011

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Ambivalence

Couverture2Ces dernières semaines, j’ai été touché par les combats menés par les peuples arabes assoiffés de démocratie. Les mots qui me sont venus sont : convictions, solidarités, énergie d’un combat pour la liberté.

Ces dernières semaines, je me suis senti agressé chez nous, en ville, et spécialement à Paris où j’ai beaucoup circulé : chacun pour soi, forçant le passage pour avoir à tout prix priorité sur l’autre, stationnement n’importe où parce que ça m’arrange, même si ça crée un bouchon ; indifférence et laxisme de tel ou tel service de distribution, récrimination contre la société pourrie au moindre souci…

Bien sûr, pas question de caricaturer : dans les pays qui luttent pour la démocratie, il y a aussi des dérives guidées par des intérêts personnels ; et chez nous, il y a aussi des sourires, des personnes qui accueillent et construisent la fraternité.

Nous sommes des êtres ambivalents : la même main peut caresser ou frapper ; le même cœur peut aimer ou haïr ; la même frustration peut devenir motivation ou agression ; les mêmes français peuvent s’émerveiller du courage des tunisiens dans leur révolution pacifique et aussitôt se cabrer quand ces tunisiens cherchent à entrer dans nos frontières…

Entre les deux options de notre ambivalence, il n’y a jamais un long fleuve tranquille, mais une ligne de crête où l’équilibre est toujours instable.

Pour rester sur le versant ensoleillé et constructif de cette ligne de crête, les peuples arabes en quête de liberté nous ont donné les seules recettes efficaces : se serrer les coudes, et prendre des risques pour défendre nos valeurs.

Il est sûr que ces recettes, qui sont la survie des peuples en recherche de liberté, sont plus difficiles à mettre en œuvre dans nos sociétés démocratiques qui nous garantissent depuis longtemps la liberté et l’assurance tout-risque !

Puissions-nous profiter des restrictions engendrées par la crise pour abandonner nos comportements d’enfants gâtés et pour retrouver l’audace et la fraternité !

Marc THOMAS, Consultant-Formateurs en « Compétences relationnelles »
Avril 2011

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Restons positifs

Dev-Hum-Couverture1« En France, la sinistrose aiguë gagne du terrain : Notre enquête, menée dans 53 pays, montre que les français sont les plus pessimistes sur la situation économique de 2011. Plus sombres sur leur situation personnelle à venir que…. les Irakiens, les Afghans ou les Pakistanais. » (Enquête BVA, décembre 2010).

Je sais les difficultés d’un certain nombre d’entre nous, la précarité des ressources et de l’emploi, les craintes pour l’avenir de nos enfants, les inquiétudes pour la santé… Ces difficultés sont réelles, mais pourtant… Si nous comparions nos ressources, nos perspectives et même nos difficultés avec celles d’un irakien, d’un afghan ou d’un pakistanais, serions-nous encore aussi prompts à clamer notre misère ?

Si les peuples qui tentent de se libérer du joug de la pauvreté ou de l’oppression se contentaient d’exprimer leur pessimisme, prendraient-ils le risque de fuir des conditions invivables, auraient-ils l’audace d’inventer des solutions constructives, de bousculer les dictatures pour construire des démocraties de liberté ?

Nous sommes pessimistes sur un avenir qui paraît sombre. Les nations émergentes, dont le peuple est souvent encore dans la misère, sont optimistes sur un avenir meilleur !

Nantis en perte de vitesse et aux abois d’un côté, et de l’autre petits et révoltés criant leur espérance d’avoir enfin accès à la part du gâteau qui leur revient ! Nous sommes tétanisés par la peur de perdre, ils sont « boostés » par l’espoir de s’en sortir.

Optimistes, ceux qui se « défoncent » pour gagner la liberté et la dignité, souvent dans la sueur et le risque assumés. Pessimistes, les « râleurs » recroquevillés sur leur confort à préserver et leur quête sécuritaire.

Je n’ignore pas l’aspect caricatural des lignes qui précèdent. Je sais aussi que ces deux attitudes traversent chaque groupe humain, et même chacun de nous selon les temps et les circonstances ! Alors pas question de culpabiliser ! Quand le pessimisme nous étreint, il s’agit plutôt de trouver l’énergie de prendre appui au fond du trou pour refaire surface !

Notre optimisme revient quand nous nous remettons à imaginer, à relever nos manches, à construire des solidarités. Non pas pour « gagner plus », mais pour « être plus ».

Début janvier dans un magasin lorrain, un client demandait à la directrice quels vœux formuler pour l’année nouvelle. La Directrice a répondu : « Restons positifs ! ».


Regard positif

Carl ROGERS évoquait le « regard positif inconditionnel » du thérapeute sur son client comme condition essentielle pour que se produise un mouvement ou un changement thérapeutique. Il le définissait ainsi : « une attitude positive et d’acceptation face à tout ce que le client est en ce moment (…) quel que soit ce sentiment : confusion, ressentiment, crainte, colère, amour ou orgueil. »

Un collègue spécialiste des thérapies brèves, me disait il y a quelques jours : « Dans tout ce qui nous empêche de vivre, il y a toujours une raison positive. » Il prenait un exemple simple : quelqu’un qui n’arrive pas à arrêter de se ronger les ongles… Cette conduite qu’il déteste lui permet pourtant de gérer son stress, ou de chercher des solutions à un problème difficile, ou encore de se calmer… Voilà le positif. Changer consiste alors à valoriser le positif caché derrière cette habitude détestable et à chercher quelles autres stratégies pourraient la remplacer.

L’époque est à la plainte, à l’inquiétude… Notre regard sur nous-mêmes nous conduit parfois au découragement, à la déprime, au manque de confiance en nous. Et il nous arrive de dire que nous n’en sortirons jamais.

Un idéalisme béat – ou une stratégie de fuite – pourrait nous conduire à taire, cacher ou ignorer ces difficultés… Je vous propose une stratégie réaliste. Celle-ci n’ignore pas les difficultés, mais elle invite à chercher les raisons positives de nos dysfonctionnements.

Ce changement de stratégie pour nous-mêmes aurait aussi des répercussions immédiates sur nos relations : nous nous mettrions à chercher les raisons positives qui se cachent derrière les dysfonctionnements que nous ne supportons pas chez les autres… Tout ça peut changer la vie !

 

Marc THOMAS, Consultant-Formateur en « Compétences relationnelles »
février 2010 et janvier 2011

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Morosité

Couverture2Ce matin, mes géraniums étaient gelés par un froid précoce. Avant-hier, cette aide-soignante a été licenciée pour accusation de maltraitance, sans preuve et sans possibilité de s’exprimer vraiment. Hier, des réservoirs de voiture étaient vides et les pompes à essence en rupture de stock. Aujourd’hui comme les autres jours, les refus de négocier répondent aux manifestations et aux grèves. Demain plus encore qu’aujourd’hui, le sentiment de n’être pas écouté et pris en compte engendrera la rancœur. Puis viendra l’agacement d’être empêché de circuler ou de poursuivre la production économique, et le serrage de ceinture de celles et ceux qui « payeront » la grève née de leurs convictions.

Quand s’arrêtera ce déluge ? Qui arrêtera cet engrenage d’un rapport de force qui conduit inéluctablement à la violence ?

Même quand les pompes sont à sec, il est urgent de faire le plein !

  • Faire le plein de solidarité : combien de collègues ont dit non au « chacun pour soi » et à la peur d’être à leur tour inquiétés, pour manifester leur refus d’un licenciement sans preuve de la faute ?
  • Faire le plein de concertation : combien d’entre nous sont prêts à dire non au rapport de force pour négocier les petits conflits du quotidien ?
  • Faire le plein d’empathie : combien allons-nous être aujourd’hui à refuser toute accusation, à garantir la liberté d’expression de notre voisin et prendre en compte ce qu’il est, sans le juger ?
  • Faire le plein d’audace pour être soi : combien d’entre-nous oserons mettre des mots sans violence sur leurs légitimes colères ou sur leurs espoirs, pour oser exprimer, sans les imposer, leurs opinions, leur ressentis, leurs besoins et leurs demandes ?

 Il s’agit toujours et partout de faire le pleinle plein d’humanité,
chaque instant et à chaque rencontre.

Nous sortirons alors de la morosité,
et nous trouverons l’énergie de lutter pour une société plus juste.

Marc THOMAS, Consultant – Formateur en « Compétences relationnelles »
octobre 2010

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Identité

Dev-Hum-Couverture1Qui suis-je vraiment ? Parfois cette question se fait lancinante quand elle émerge de notre mal-être…

Mon identité de fait : je suis homme ou femme, né(e) de mes parents, dans une fratrie où j’ai une place, à tel endroit, à telle époque, avec ou sans handicap… Tout ce que je ne peux pas changer…

Mon identité prescrite : ce que disent de moi mes parents et mes éducateurs jadis, mon conjoint, mes collègues, mes amis etc. Ce qu’ils attendent de moi, ce qu’ils connaissent de moi et qu’ils me renvoient : « tu es comme-ci ou comme ça… »

Mon identité de valeur : ce qui compte pour moi, l’image que j’ai de moi, mes projets, mes désirs, mes « valeurs »… Le tri que je fais dans ce que l’on m’a enseigné ou transmis… bref ce qui me met « bien dans mes baskets », me rend heureux et fier de moi…

S’identifier soi même en prenant en compte les trois :

  • « faire avec » ce que je ne peux changer… en y consentant avec distance, cherchant des conduites alternatives pour vivre « autrement » ce qui ne me convient pas ;
  • entendre ce que les autres me disent (ils peuvent m’alerter sur des choses que je ne vois pas), mais sans m’y laisser enfermer (ils n’ont pas à définir mon identité ni à me réduire à leurs attentes et à leurs désirs)
  • faire le tri entre l’acquis et le choisi, faire émerger mes valeurs, projets et désirs, trouver les moyens de les mettre en œuvre concrètement : je construis alors mon identité.

L’idéal : que ces trois pôles de l’identification soit en cohérence et en synergie… Idéal jamais atteint, jamais définitivement, d’où les tensions identitaires qui traversent chacun de nous. Mais idéal qui nous tire en avant, vers nous-mêmes, sans impatience (voir phrase sous la photo) : « Deviens ce que tu es »…

Marc THOMAS, Consultant-Formateur en « Compétences relationnelles »
août 2010

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De la soumission à l’assertivité

Dev-Hum-Couverture1« La ZoneXtrême » : cette émission de télévision a testé notre degré de soumission à une autorité (ici la télévision) comme l’avait fait le scientifique Milgram dans les années 1960. Milgram avait conclu que 62,5% d’entre nous abdiquons tout libre arbitre dès lors que nous reconnaissons l’autorité de celui qui donne les ordres. L’expérience de ce mois de mars 2010 à la télévision démontre que 82 % d’entre nous peuvent prendre le risque de faire souffrir l’autre, voire de mettre sa vie en danger si une autorité le lui enjoint ! Au siècle dernier, cela a donné la Shoah !

Nous le savons tous : des enquêtes sociologiques ont prouvé que dans la société française, 10 % au moins des femmes sont victimes de violences conjugales, beaucoup se taisant, dans la soumission à leur conjoint.

Une salariée me décrivait cette semaine la pression dans son entreprise, de plus en plus forte, jusqu’à l’humiliation et au déplacement de secteur après un congé maladie. Cette salariée ajoutait que personne n’osait rien dire de peur de perdre son emploi.

Ces modes de soumission sont nourris par la peur, savamment entretenue par des « autorités » (les médias, le conjoint, l’entreprise et sa hiérarchie…) que nous reconnaissons comme légitimes. Ces autorités ne manquent pas une occasion de nous évoquer les risques que nous prendrions à leur résister. Pour nous en sortir, nous ne pouvons plus dire non, faisant resurgir des réflexes enfouis d’enfants sages à qui on a appris qu’il n’est pas bien de désobéir !

La soumission nous guette tous. Elle peut nous conduire à subir sans rien dire ou détruire le voisin. Elle est peut-être une des explications du développement du chacun pour soi dans la méfiance de l’autre.

Compétences relationnelles… Le développement de la solidarité d’abord, car seul nous ne pouvons résister aux pressions. « L’assertivité » ensuite, comme affirmation de soi sans orgueil et sans violence. Ces chemins  sont accessibles à chacun (et des « outils » existent) pour être soi au milieu des autres, sans soumission ni domination.

Marc THOMAS, Consultant – Formateur en « Compétences relationnelles »
mai 2010

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Fragile

Dev-Hum-Couverture1L’homme est fragile par nature… Tous les parents le savent bien quand ils prennent dans leurs bras leur petit qui vient de naître… Tous les malades et les médecins le savent quand l’inquiétude est parfois plus forte que l’espoir… Mon ami Simon le sait, depuis que sa moto a percuté une voiture et qu’il se retrouve pour toujours dans un fauteuil, lui qui était une force de la nature… Tous ceux qui sont passés par le deuil le savent quand la mort les laisse désemparés…

La société aussi est fragile : la crise économique, le chômage, les exclusions, les SDF… et l’avenir incertain… Et cette société fragile fait grandir encore plus l’insécurité des plus fragiles…

Fragiles, nous souhaitons toujours être plus forts.

Mais avez-vous remarqué que ceux qui cherchent à devenir forts, riches, invulnérables… deviennent facilement inhumains, chacun pour soi, balayer l’autre pour réussir à tout prix, jusqu’à toutes les prises de pouvoir illégitimes, jusqu’à la dictature (sur sa famille, sur ses salariés, sur son pays…). Et quand la société croit avoir maîtrisé toutes les technologies, c’est alors que la Bourse s’écroule, que le terrorisme explose, que la fumée d’un volcan paralyse les échanges mondiaux…

Pourquoi croyons-nous spontanément que c’est en devenant plus forts que nous allons dépasser nos fragilités ? Cette illusion nous conduit trop souvent à trouver des armes de toutes sortes pour être les premiers ou les meilleurs, pour gagner les guerres ou augmenter indûment les profits : ceux qui agissent ainsi ont peut-être l’impression d’être forts (jusqu’à quand ?) mais ils affament le monde et le détruisent en voulant se l’approprier.

La solution à nos fragilités existe, mais ailleurs que dans la force. Nous sommes fragiles parce que nous ne sommes pas faits pour vivre seul. Ce qui nous manque pour être fort se trouve probablement chez l’autre, ou du moins dans la relation à l’autre. Seule la solidarité est notre force. Qui d’entre nous n’a pas été réconforté par une parole, un regard, une main tendue, une présence ? Réconforté, c’est-à-dire rendu plus fort, par la présence de l’autre. Tous les résistants de tous les combats contre les puissants savent bien la force de la solidarité. Et ce sont eux qui finissent par gagner… ensemble et pour les autres ! C’est ainsi que l’homme est fait : fragile ET solidaire !

Quand tu te sens trop fragile, plutôt que de te lamenter ou de t’enfermer, tourne-toi vers l’autre, ose l’appeler : c’est ensemble que vous serez forts !

Marc THOMAS, Consultant – Formateur en « Compétences relationnelles »
mai 2010

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