Archives de catégorie : COMMUNICATION BIENVEILLANTE

COMMENT FAIRE POUR…
les ateliers « Compétences relationnelles »

Comment faire pour…
RESTER SOI-MÊME
DANS LES RELATIONS AVEC LES AUTRES

Des ateliers pour apprendre à mieux vivre
nos relations personnelles et professionnelles
(voir quelques exemples d’ateliers ci-dessous)

Comment faire pour…
ÊTRE SOI-MÊME ?
  • identifier mes ressources personnelles, mes compétences, mes capacités
  • nommer mes freins et mes échecs et m’en servir pour changer et progresser
  • accueillir et canalise mes émotions et satisfaire mes besoins vitaux
Comment faire pour…
OSER PARLER, APPRENDRE A DIRE ?
  • passer de « la peur de blesser » à « une communication affirmée et bienveillante »
  • me (re)connaître et oser parler de moi (mes ressentis, besoins et demandes)
    et non de l’autre (reproches, jugements…)
  • sortir de la peur de « qu’est-ce que l’autre va penser si je dis ça ? »
Comment faire pour…
ÊTRE BIENVEILLANT QUAND ON N’EST PAS D’ACCORD ?
  • passer de « convaincre à tout prix » à « accueillir et valoriser les divers points de vue »
  • sortir du « J’ai raison, tu as tort », pour accueillir l’autre différent et m’affirmer
  • négocier en cherchant ensemble des solutions nouvelles et créatives
Comment faire pour…
RENONCER AUX REPROCHES ET AUX JUGEMENTS SANS SE TAIRE ?
  • sortir des jugements ou de la peur d’être jugé et oser dire sans agressivité
  • Transformer les paroles-poisons en paroles-relations
  • Passer du « tu qui tue » au « Je qui affirme »
Comment faire pour…
ÉCOUTER ET ACCUEILLIR L’AUTRE TOUT EN RESTANT SOI-MÊME ?
  • passer des « interprétations centrées sur nous » à « l’empathie centrée sur l’autre »
  • Ecouter – accueillir avec empathie « le cœur de l’autre » :
    ce qu’il ressent, ce dont il a besoin
  • Accompagner l’autre dans sa recherche de solutions plutôt que donner nos solutions
Comment faire pour…
DÉSAMORCER L’AGRESSIVITÉ ET S’EN PROTÉGER ?
  • quitter  «  l’attaque ou la fuite » pour se protéger et traiter les conduites agressives
  • rééduquer ma spontanéité quand je réponds à une parole agressive
  • refuser le jugement et chercher à comprendre ce qui l’a déclenché
Comment faire pour…
QUITTER DÉPENDANCE ET SOUMISSION ?
  • identifier les causes de ma dépendance et de mon attitude soumise
  • identifier les personnes et les contextes où je me sens libre
  • développer la confiance en moi et mes ressources pour guider mes choix de liberté
Etc.

Il s’agit bien de formations professionnelles ou individuelles qui permettent apprentissages et optimisation de nos postures personnelles et relationnelles.

Il s’agit bien d’ateliers qui permettent d’expérimenter par la pratique et de changer nos manières de faire !

Ces propositions sont à la fois indépendantes les unes des autres et complémentaires
Chaque atelier peut durer minimum 2 ou 3 heures ou être développé sur 2 jours
pour des petits groupes ne dépassant pas 12 personnes pour garantir l’interactivité.

Pour les organiser dans votre secteur professionnel ou géographique,
contactez-nous !

Tes émotions sont ta boussole

Quand tu marches dans le désert ou dans la forêt, ta boussole te permet de t’orienter…
En particulier quand le temps est gris et le soleil invisible : sans boussole, tu perds le nord !

Tes émotions sont ta boussole !
Tes ressentis t’indiquent la direction à prendre pour tracer ta route.
si tu n’accueilles pas tes émotions, tu perds le nord, jusqu’au mal-être !

Quand tu es dans un contexte favorable,
quand les personnes qui t’entourent sont bienveillantes et aimantes
tu te sens heureux ou serein…
Ne te contente pas d’admirer les autres !
Ecoute tes émotions t’orienter vers ce qui est bon pour toi
et vers ton besoin de t’en nourrir.

Quand tu es en danger,
quand tu es confronté à des situations ou des relations stressantes,
tu te sens envahi par la peur, l’anxiété ou l’angoisse…
Ne te focalise pas sur ce qui te fait peur !
Ecoute tes émotions t’alerter sur les risques à éviter
et sur ton besoin de protection.

Quand tu es motivé,
quand tu te découvres capable d’investissements inattendus,
tu te sens plein d’espoir et d’énergie pour réussir…
Ne te sers pas de ton dynamisme pour  éblouir ou écraser les autres !
Ecoute tes émotions t’orienter vers l’appel à la vie qui t’habite
et vers ton besoin de créativité et d’épanouissement.

Quand tu as dépassé tes limites,
quand tu as présumé de tes forces et que tu n’en peux plus,
tu te sens épuisé ou perdu…
Ne te lamente pas sur le trop plein qui t’envahit !
Ecoute tes émotions t’alerter sur la nécessité de dire stop,
et sur ton besoin de te reposer. 

Quand tu soutiens ton enfant ou un proche,
et qu’il vient te remercier,
tu ressens de la bienveillance et de la fierté…
Ne te dévalorise pas en disant que tu n’as fait que ton devoir !
Ecoute tes émotions t’orienter vers ta capacité à partager
et vers ton besoin de vivre la solidarité.

Quand tu es énervé,
quand tu ne supportes plus rien,
tu te sens en colère et prêt à exploser…
Ne rends pas les autres responsables de ton mal-être !
Ecoute tes émotions t’alerter sur les limites du supportable
et sur ton besoin de dire stop ou de dire non.

Quand tu fais une belle rencontre,
quand une personne vient illuminer ta vie,
tu te sens amoureux et tu goûtes le bonheur…
Ne te laisse pas éblouir par l’autre !
Ecoute tes émotions t’orienter vers le bonheur qui te nourrit
et vers ton besoin d’aimer, d’être aimé ou de vivre une relation d’âme à âme.

Quand tu as bafoué tes valeurs,
quand tu t’es laissé aller à l’égoïsme ou à la violence,
tu te sens honteux et tu te dégoûtes toi-même…
Ne te laisse aller ni à l’excuse qui accuse l’autre, ni à la culpabilité où tu t’accuses toi !
Ecoute tes émotions t’alerter sur ta fragilité
et sur ton besoin de changer, de réparer, de demander pardon, de te pardonner.

Quand tu vis la détente et le plaisir,
quand tu t’épanouis dans tes passions,
tu te sens vivant et tu dégustes le bonheur d’être toi-même…
Ne te laisse pas imaginer que ce n’est qu’un rêve passager !
Ecoute tes émotions t’orienter vers ta vraie valeur
et vers ton besoin d’épanouissement dans ta vie quotidienne.

Quand tu es confronté à ton échec personnel,
Quand tu es face à l’épreuve, au deuil à faire d’un projet,
tu te sens triste ou désespéré…
Ne te laisse pas emporter par le jugement sur toi ou sur les autres !
Ecoute tes émotions t’alerter sur ta blessure
et sur ton besoin de prendre soin de toi pour désinfecter et cicatriser la blessure.

Quand tu a reçu un cadeau inattendu,
le cadeau précieux d’un regard ou d’une présence, d’une main offerte ou d’un cœur ouvert,
tu te sens étonné, reconnaissant, nourri…
Ne te diminue pas en pensant que tu ne le méritais pas !
Ecoute tes émotions t’orienter vers la gratitude 
et vers ton besoin de célébrer ton émerveillement.

Quand tu es confronté à la maladie ou à l’épreuve,
Quand tu perds ta liberté d’action et ton autonomie,
tu te sens anéanti et dépossédé de toi-même…
Ne te laisse pas engloutir par la souffrance et la déprime !
Ecoute tes émotions t’alerter sur l’appel au lâcher-prise
et sur ton besoin d’expérimenter une nouvelle forme de liberté.On t’a dit parfois que les émotions sont une faiblesse et qu’il faut les taire…
Ne t’étonne pas alors, quand tu ne les écoutes pas,
d’entrer en stress, en déprime ou en violence…

Car tes émotions sont ta boussole,
dans toutes les circonstances de ta vie…
Sans faire appel au mental,
elles t’orientent vers les vraies valeurs et t’alertent sur les impasses,
parce qu’elles portent les messages de tes vrais besoins…

Ne t’enferme pas dans les mots que j’ai écrits ni dans les ressentis que j’ai nommés :
ajoute les tiens, continue mon texte avec les événements et les émotions que tu traverses,
et les besoins qu’elles te révèlent…

Accueille tes émotions, décode leur message,
et seulement ensuite accorde ton mental aux émotions, 
pour trouver les chemins et les moyens de satisfaire tes besoins vitaux.

Ainsi va la vie, la vraie vie, accessible à chacun !

Marc THOMAS, Consultant formateur en « Compétences relationnelles »
11 novembre 2019
Écrire à l’auteur : mthomas@competences-relationnelles.com

Téléchargez ce texte en PDF : TXT-Emotions-Boussole

Se former et s’exercer à L’ÉCOUTE ACTIVE

Centré sur la personne pour l’accueillir et l’accompagner


Ecouter l’autre avant de lui donner des conseils…
Ecouter pour comprendre ce qu’il vit sans interpréter sa conduite…
Ecouter pour permettre à l’autre de nommer ses difficultés et de s’en libérer…

DATES et LIEU :
une formation sur 2 jours consécutifs à programmer
près de chez vous pour un groupe de 8 à 12 personnes :
manifestez-nous votre intérêt par mail

L’OBJECTIF : Un atelier-formation

  • optimiser les capacités d’écoute de professionnels ou d’acteurs associatifs  dans le contexte de leur mission d’accueil et d’accompagnement
  • faciliter l’écoute dans nos familles ou avec nos amis avec des personnes en difficulté ou en situation de désaccord
  • dans l’esprit de Carl Rogers pour développer une empathie qui accueille et accompagne.

LE CONTENU : un atelier fait d’exercices pratique

  • L’ECOUTE ACTIVE
  • Vérifier nos attitudes d’écoute (exercices ludiques)
  • Ecouter pour accueillir et non pour répondre (apport des formateurs)
  • Ecouter sans interprétation ni jugement
  • S’exercer à l’écoute active (exercices expérientiels)
  • Reformuler et répondre après avoir écouté
  • L’EMPATHIE
  • Échanger sur nos perceptions de l’empathie
  • Distinguer l’empathie de la sympathie ou de la compassion
  • Trouver la posture juste pour être avec l’autre en restant soi-même
  • L’Écoute CENTRÉE SUR LA PERSONNE selon Carl Rogers
  • accueil du « réel » : authenticité et congruence
  • acceptation : le regard positif inconditionnel
  • empathie : ressentir avec justesse et nommer ce que l’écouté vit, comprend et ressent

Une formation d’approfondissement, quelques mois après,
permettra d’affiner nos compétences d’accompagnement dans la relation d’aide.

PARTICIPATION FINANCIÈRE

  • FORMATION PROFESSIONNELLE : 300€ 
    Prise en charge possible par l’entreprise et les OPCA.
    Renseignez-vous auprès de votre employeur et prenez-contact avec nous
  • FORMATION DEMANDEURS D’EMPLOI : 220€
    Prise en charge possible par Pôle Emploi.
    Envoyez votre identité et Identifiant Pôle Emploi
    à mthomas@competences-relationnelles.com
  • FORMATION A LA CHARGE DU PARTICIPANT : 120€
    Négociable en cas de difficulté financière : contactez-nous

RENSEIGNEMENTS : contactez Marc THOMAS par mail ou par tél : 0693 419 662

N’aie pas peur d’avoir peur… de l’autre

LA PEUR DE L’AUTRE…

Peur de la violence de l’autre, de son autoritarisme, de son imprévisibilité, de sa manipulation… Cette peur nous entraîne souvent à nous soumettre au bon vouloir de l’autre, à nous adapter à ce qu’il attend de nous au point de faire taire ce que nous sommes vraiment. Elle nous conduit à ne pas pouvoir dire non, à satisfaire les besoins de l’autre et bien souvent à nier nos propres besoins.

Certains se taisent et subissent, persuadés qu’ils paieraient cher toute résistance. Mais cette attitude risque au contraire de nourrir la violence de l’autre, prenant plaisir à écraser quelqu’un qui se laisse faire. Quant aux personnes autoritaires, regardez bien : elles ne sont pas autoritaires avec tout le monde et baissent souvent le ton devant celles et ceux qui savent dire non et résister sans violence. Se taire et subir risque de nourrir la domination de l’autre. En nous taisant et en acceptant, nous devenons même complices de la violence de l’autre. Les femmes qui subissent des violences conjugales dans le silence pendant des années savent que leur silence ne règle pas la violence. C’est seulement quand elles osent enfin parler qu’elles peuvent s’en sortir et mettre fin à la soumission.

Certains voudraient se « blinder », ne plus avoir peur… Mais ceux prennent cette posture se raidissent et deviennent souvent durs et violents… parce que derrière leur armure, la peur continue à bouillonner.  Il y a de rares cas où une armure est nécessaire : les policiers ne prennent le bouclier que lorsque la violence déborde, mais ils le déposent quand la vie quotidienne reprend son cours normal. Alors que bien souvent, même en période calme, nous n’arrivons plus à quitter les armures de méfiance, de jugements et de rancœur derrière lesquelles nouas cru devoir nous réfugier…

Se protéger vraiment, c’est s’ouvrir : s’ouvrir à des relations solidaires, et ouvrir les yeux sur une autre face de la réalité.

Se protéger par la solidarité : il n’est pas possible de faire face à la violence et à l’autoritarisme tout seul. C’est ensemble qu’on peut faire front. Pour résister au pouvoir oppresseur, Gandhi a rassemblé des foules qui ont su dire non et résister avec des pratiques sans violence. Dans les entreprises, le chacun-pour-soi est dévastateur ; quand les salariés sont solidaires et quand les syndicats et représentants du personnel défendent le droit du travail, le respect des personnes et la justice sociale progressent. Et la peur régresse…

Se protéger en changeant de regard sur les personnes violentes, autoritaires, manipulatrices. Nous croyons trop souvent que les violents sont forts et les autoritaires puissants. Et nous, nous sentons-nous puissants quand nous frappons nos conjoints ou nos enfants ou quand nous sommes autoritaires ? Non ! Nous devenons violents et autoritaires quand nous ne sommes à bout, quand nous ne supportons plus de ne pas obtenir ce que nous voulons. Un chef autoritaire qui refuse toute discussion est quelqu’un qui a peur de perdre son autorité s’il vous demande votre avis ! Et nous savons tous que l’autoritarisme développe les congés maladie et la résistance, et  qu’un chef respectueux et à l’écoute de ses salariés développe de la motivation et de l’efficacité !

Face à un chef autoritaire, nous pouvons utiliser une stratégie sans violence en deux mouvements : d’abord l’empathie et la reconnaissance qui peuvent le rassurer parce qu’elles lui montrent que je ne viens pas mettre en cause sa légitime autorité ; ensuite l’affirmation de soi qui exerce son droit à la parole tout en prenant en compte la peur du chef. Cette stratégie en deux temps pourrait s’exprimer de la manière suivante: « C’est vous le chef et à la fin c’est vous qui déciderez ; alors quel risque y a-t-il à ce que je vous partage mon point de vue ou mon avis ? ».

N’aie pas peur d’avoir peur !
Ta peur te protège et te rend fort, non par la violence, mais par le souffle intérieur !

Marc THOMAS, Consultant-Formateur en « Compétences relationnelles »
2 avril 2016

Écrire à l’auteur : mthomas@competences-relationnelles.com

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Communiquer sans violence, c’est facile !

Communiquer sans violence et créer des relations apaisées,
ce n’est ni compliqué ni fastidieux…

Il suffit de se mettre à l’écoute de soi
plutôt que de vouloir régler son compte à l’autre.

S’écouter, c’est prendre soin de soi
pour être ensuite plus juste dans la relation.
Essayez, d’abord en eau calme,
et ensuite dans les situations plus houleuses !

Je regrette que certaines formations
donnent à penser que c’est très compliqué…
Ces formations sont souvent trop axées
sur des techniques de communication
et pas assez sur des postures personnelles.

Ça fait tellement de bien
de se respecter soi dans ce qu’on ressent
et de lâcher l’aigreur contre l’autre !
Ca dépollue
et ça change le mode relationnel automatiquement !!!

Essayez, d’abord en eau calme, et vous verrez :
ça peut aussi améliorer les situations plus houleuses !

Marc THOMAS, Consultant formateur en « Compétences relationnelles »
22 avril 2019
Écrire à l’auteur : mthomas@competences-relationnelles.com

BIENVEILLANCE: s’engager à construire

Je ne parle pas de cette fausse bienveillance du « tout l’monde il est beau ! Tout l’monde il est gentil » ni de l’attitude béate qui enferme dans une illusion de soi-disant gentillesse !

Je parle de la bienveillance « rapport de force » où la vigilance au bien engage à injecter des énergies de respect, de justice, de libération et de solidarité pour construire par chacune de nos attitudes un monde plus humain et pour refuser de pactiser avec tout ce qui détruit la personne et pourrit les relations.

Le texte proposé ici est un interview réalisé par une journaliste de la revue « Eglise à la Réunion » en mai 2018. Il garde son caractère oral et la dynamique du dialogue, parfois au détriment d’une langue française parfaite et de quelques précisions et nuances que vous saurez ajouter vous mêmes.

Vous pouvez télécharger et lire ce texte en cliquant ici

Toi qui veux CONVAINCRE… essaye de T’AFFIRMER DANS L’EMPATHIE

Qui de nous n’a jamais dit :  « Il faut que je lui fasse comprendre que… »
Tu ne fais jamais rien comprendre à l’autre,
car lui seul sait ce qu’il peut ou veut comprendre !
Tu peux juste lui proposer une explication
la plus claire possible, en t’adaptant à son langage à lui,
en cherchant à rejoindre ses préoccupations ou intérêts…
Comme un adulte adapte son langage à celui d’un enfant
ou aux difficultés d’une personne de langue étrangère…
Comme une maîtresse de maison qui prépare des plats appétissants
en ayant pris soin de connaître les goûts de ses invités…

Qui de nous n’a jamais dit : « je veux leur faire passer le message… »
ce qu’il peut ou veut laisser passer et entrer en lui !
Tu peux juste avoir envie ou besoin de partager quelque chose d’important,
énoncer ton message de façon « appétissante » pour lui,
et prendre soin de lui parler quand il est disponible pour t’écouter…
Ce qui « passe » en lui ne dépend pas de toi !

Qui de nous n’a jamais voulu convaincre l’autre qu’il a tort ?
Dans des relations tendues ou conflictuelles,
nous voulons prouver à l’autre que nous avons raison.
Chacun fait pression pour convaincre l’autre sans l’écouter,
et sans jamais accepter de se laisser convaincre…
Dialogue de sourds !
Et pourtant il est si facile d’expérimenter que deux personnes
qui regardent le même paysage ou le même événement
ne voient pas la même chose…

En regardant la mer,
l’un verra les nuances de bleu,
l’autre verra l’écume des vagues ou le mouvement des flots,
un troisième verra la ligne d’horizon un peu concave…
pendant qu’un quatrième regardera les nuages et le bleu du ciel !

Lequel des quatre a raison, lesquels ont tort ?
Il faut bien tous ces regards pour décrire la mer…
Dans un conflit, il s’agit d’abandonner définitivement qui a tort et qui a raison,
pour le remplacer par : « Je vois ceci… et toi, et toi qu’est-ce que tu vois ? »

Aucun de nous ne voit toute la réalité du premier coup :
chacun sélectionne inconsciemment…
et interprète ce qu’il voit à travers son mental et sa propre histoire…

Plutôt que de prendre nos points de vue partiels pour la vérité,
nous pourrions partager nos points de vue
et nous enrichir du regard des autres.

Loin de vouloir convaincre, chacun peut affirmer son point de vue,
Jusqu’à nous découvrir complémentaires…
Jusqu’à considérer la différence ou le désaccord
comme une ressource pour la coopération.
Certains s’imaginent qu’en cessant de chercher à convaincre,
ils vont devoir se taire. Se taire n’est jamais la solution
Car le silence soumet à l’autre, nous transforme en victimes et en perdants
et déclenche en nous aigreurs et ruminations qui polluent la relation.

 Cesser de vouloir convaincre, pour que chacun puisse s’affirmer…
Ceci suppose que chacun accepte d’écouter l’autre,
et c’est souvent le plus difficile !

L’être humain marche sur deux jambes…
C’est plus facile que d’aller à cloche-pied !
La relation constructive marche aussi sur deux jambes :
l’empathie ET l’affirmation de soi.

L’empathie pour accueillir l’autre tel qu’il est et prendre en compte son avis,
pour consentir au fait qu’il ne voit pas comme moi,
qu’il ne ressent pas comme moi… qu’il n’a pas les mêmes besoins…
L’empathie qui reformule ce que j’ai accueilli de lui en l’écoutant…

L’affirmation de soi pour oser dire ce que je vois et ce que je pense,
ce que je ressens, ce dont j’ai besoin,
ce que je demande, ce que je propose, ce que je refuse…
sans peur du jugement ni de ce que l’autre va penser…

S’il manque l’une des deux, la relation marche à cloche-pied !
Sans empathie, l’affirmation de soi devient domination :
elle impose son point de vue avec rigidité, autoritarisme et jugements.
Sans affirmation de soi, l’empathie devient mièvrerie et soumission,
ou retrait par peur de déplaire à l’autre…

L’empathie et l’affirmation allant de pair font avancer la relation !
A condition de les prendre dans le bon ordre !
Si tu commences par avancer le pied de l’affirmation de toi
l’autre risque de se sentir en danger et de prendre du recul,
parce qu’il ne sait pas encore que tu veux aussi le prendre en compte.
Si tu commences par avancer le pied de l’empathie,
il est probable que l’autre écoutera plus facilement
ton affirmation de toi-même !

Et si l’autre te refuse l’empathie à laquelle tu as droit
et cherche à t’imposer ses prétendues vérités ?
Tu ne lui feras plus de reproches, tu ne rumineras plus…
Tu resteras à la bonne distance de lui,
te protégeant en te centrant sur ton affirmation de toi intérieure…
Car tu sauras que son autoritarisme n’est qu’une faiblesse et une peur :
comme s’il fallait qu’il ait raison envers et contre tout…
Comme s’il voulait tenir debout… sur une seule jambe !
Lequel de vous deux est le plus stable ?

Essaye l’empathie et l’affirmation de toi,
l’empathie POUR l’affirmation de toi :
tu y gagneras beaucoup d’énergies jadis perdues sans résultat,
et tu découvriras que tu te sens bien moins blessé qu’avant !
Tu seras alors dans la vraie bienveillance !

Marc THOMAS, Consultant formateur en « Compétences relationnelles »
10 juin 2018
Écrire à l’auteur : mthomas@competences-relationnelles.com

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Délicatesse

à toi, « Marie », si délicate…

Un objet fragile et précieux à manipuler avec délicatesse…
Une plaie à désinfecter avec délicatesse…
Une fleur au parfum délicat…
Une question délicate à traiter…
Une personne en délicatesse face à une situation…

Délicatesse : s’approcher sans précipitation, avec légèreté
pour prendre l’objet, soigner la plaie, sentir la fleur, faire le tour de la question…

Délicatesse : prendre soin avec précaution et douceur
centré sur la fragilité, la douleur, l’odeur, la complexité, les enjeux, les risques…

Délicatesse : légèreté, sensibilité et prévenance
pour rejoindre l’autre là où il est,
pour être tout entier adapté et ajusté à lui, en canalisant mes affects

Délicatesse : être soi, humble et confiant à la fois
pour apprivoiser ma peur de casser, de faire mal,
d’aller trop vite ou de ne pas tout comprendre…

Délicatesse : prendre le temps d’établir la confiance avec l’autre
pour accueillir et apprivoiser sa peur, son stress, ses émotions…

Délicatesse : respecter inconditionnellement la personne
pour marcher à ses côtés, à son pas et à son rythme, dans la direction qu’il a choisie…

Délicatesse : ouvrir des perspectives avec finesse et subtilité
reformuler, relancer, questionner…
pour qu’il puisse entende les messages de son être intérieur…

Délicatesse : accompagner fraternellement
soutenir sa démarche, ses avancées et ses reculs,
sa recherche des solutions qui lui conviennent à lui…

Délicatesse : grâce et gratuité
donner sans attendre de retour, accueillir sans prendre, se nourrir de gratitude…

Délicatesse : aimer sans condition
aimer l’autre pour ce qu’il est, apprécier son parfum unique et original,
et me réjouir de son bonheur…

Délicatesse : s’aimer aux croisements de nos diversités
déguster l’harmonie de nos échanges et de nos partages,
goûter la beauté d’une relation fragile et forte,
concilier nos différences en ressources complémentaires,
au gré des évènements et des désaccords,
accepter d’être toujours en chantier pour construire ensemble l’inouï et l’inattendu…

Marc THOMAS, Consultant formateur en « Compétences relationnelles »
janvier 2018

Écrire à l’auteur : mthomas@competences-relationnelles.com
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Écoute active

Lettre à une amie…

Ce que tu dis sur l’écoute sonne juste à mes oreilles : « parfois, juste l’écoute est nécessaire, et en parlant la personne se libère et trouve elle-même les solutions. » Je suis témoin de cela très souvent. C’est la merveille de l’écoute qui laisse l’autre autonome sur son chemin de libération.

Tu ajoutes qu’il faut du temps, et tu prends l’exemple de la pause sur un banc pendant une randonnée. De la même manière, je prends souvent l’exemple des semailles faites à l’automne, et de ces longs hivers où il semble qu’il ne se passe rien, sinon la froidure… et pourtant c’est le temps nécessaire pour que s’enracinent les pousses du printemps… Dans cette dimension de l’écoute, l’accompagnant marche à côté ou même derrière l’écouté, il marche au pas de l’autre qui est le vrai pilote de l’avancée.

Cette dimension de l’écoute « au rythme de l’autre » est capitale, mais à elle seule, elle n’est pas l’écoute active.  Car une deuxième dimension est nécessaire : il s’agit alors de la partie plus directement « active » de l’écoute : il s’agit ici de refléter à l’autre une part de ce qu’il a exprimé ou manifesté mais qu’il n’a pas « entendu » lui-même. Il peut s’agir de faire remarquer à l’écouté un élément qu’il semble n’avoir pas vu ou avoir laissé de côté… ou de relever un mot qui semble étrange dans le contexte de ce qu’il dit… ou de lui répéter les premiers mots d’une phrase qu’il n’a pas terminée… Cette démarche peut être parfois bousculante pour l’écouté car elle le met parfois devant ce qu’il cherche encore à éviter.

Mais cela ne peut se faire que si l’écouté peut avoir l’énergie de réagir à ma « bousculade ». Et je vais solliciter sa réaction et l’accueillir telle qu’elle vient : « Qu’en penses-tu ? ou plutôt… pour t’encourager à ne pas trop mentaliser sur tout ça ( !) : que ressens-tu en lisant cela ? »

Et à nouveau, entendant sa réaction, je vais reprendre l’attitude de l’écoutant qui marche derrière : je ne vais pas d’abord chercher à lui expliquer ce que j’ai voulu, et encore moins chercher à lui « faire comprendre » quoi que ce soit : ce faisant, je me remettrais au centre, comme celui qui sait et prend le pouvoir sur l’autre.

Je vais au contraire accueillir sa réaction, et le laisser choisir où il veut aller dans cette nouvelle étape… même si cela ne correspond pas à ce que j’imaginais…

Parce que c’est lui, l’écouté, qui est au centre… et c’est lui, l’écouté, qui pilote…

Bien à toi…

Marc                         Jaillissement130x81                 mthomas@competences-relationnelles.com
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Quand nos affects nous empoisonnent…

Dans des relations de couple, en famille, dans les équipes de travail, les « affects » sont souvent des occasions de tensions relationnelles et de souffrance : « s’il regarde une autre femme que moi, je suis jalouse… Si ma femme ou mon mari rentre en retard, c’est qu’il ne fait pas attention à moi… Si mes enfants adultes n’ont pas les mêmes avis que moi, c’est qu’ils ne me respectent pas… Si mon chef ou mon collègue ne m’a pas transmis une information, c’est qu’il ne m’aime pas et qu’il veut m’éliminer… »…

Ces « affects » ne sont pas des ressentis, mais des ressentiments, c’est-à-dire des réactions émotionnelles qui interprètent et jugent un comportement de l’autre à partir de ce que ça me fait, et non à partir de ce que l’autre a réellement voulu faire. Ce sont des « ressentis-ment », des ressentis qui « mentent » : quelle que soit l’intention de l’autre et sans m’en préoccuper, je le juge parce que moi j’ai mal.

Ces affects-ressentiments sont du poison relationnel : ils détruisent à petit feu les relations interpersonnelles, les vies de couples, les coopérations d’équipe et leur efficacité, et finalement la motivation et la santé des personnes. Dans les contextes professionnels où ces affects négatifs pullulent, les congés maladie augmentent de façon significative, et la démotivation grandissante se traduit en inefficacité.

Un Directeur de CCAS disait récemment avoir organisé une formation à la Communication bienveillante et à l’affirmation de soi pour son équipe de professionnels. Résultats : 20% de congés maladie en moins, une plus grande motivation de ses personnels, une qualité et une efficacité du travail amélioré, et le plaisir à venir au travail en raison de la bonne ambiance dans l’équipe. Pourquoi se priver de cela en restant dans les récriminations ?

Ce travail sur la confiance en soi coupe le cercle vicieux des affects, en nous  permettant de prendre en compte mes ressentis et ce qu’ils disent de moi et non de l’autre !

La communication peut alors redevenir bienveillante, c’est-à-dire sereine et constructive, même en situation de désaccord. Parce que je distingue ce que je ressens et qui ne parle que de moi, et ce que l’autre fait : je peux alors écouter ce qu’il dit de lui et de ses actes, et je peux lui dire ce que ça me fait, sans confusion. Ainsi s’ouvre un espace de dialogue et de négociation où chacun se respecte lui-même et respecte l’autre.

Marc THOMAS, Consultant formateur en « Compétences relationnelles »
mars 2017

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