Archives de catégorie : COMMUNICATION BIENVEILLANTE

Tes émotions sont ta boussole

Quand tu marches dans le désert ou dans la forêt, ta boussole te permet de t’orienter…
En particulier quand le temps est gris et le soleil invisible : sans boussole, tu perds le nord !

Tes émotions sont ta boussole !
Tes ressentis t’indiquent la direction à prendre pour tracer ta route.
si tu n’accueilles pas tes émotions, tu perds le nord, jusqu’au mal-être !

Quand tu es dans un contexte favorable,
quand les personnes qui t’entourent sont bienveillantes et aimantes
tu te sens heureux ou serein…
Ne te contente pas d’admirer les autres !
Ecoute tes émotions t’orienter vers ce qui est bon pour toi
et vers ton besoin de t’en nourrir.

Quand tu es danger,
quand tu es confronté à des situations ou des relations stressantes,
tu te sens envahi par la peur, l’anxiété ou l’angoisse…
Ne te focalise pas sur ce qui te fait peur !
Ecoute tes émotions t’alerter sur les risques à éviter
et sur ton besoin de protection.

Quand tu es motivé,
quand tu te découvres capable d’investissements inattendus,
tu te sens plein d’espoir et d’énergie pour réussir…
Ne te sers pas de ton dynamisme pour  éblouir ou écraser les autres !
Ecoute tes émotions t’orienter vers l’appel à la vie qui t’habite
et vers ton besoin de créativité et d’épanouissement.

Quand tu as dépassé tes limites,
quand tu as présumé de tes forces et que tu n’en peux plus,
tu te sens épuisé ou perdu…
Ne te lamente pas sur le trop plein qui t’envahit !
Ecoute tes émotions t’alerter sur la nécessité de dire stop,
et sur ton besoin de te reposer. 

Quand tu soutiens ton enfant ou un proche,
et qu’il vient te remercier,
tu ressens de la bienveillance et de la fierté…
Ne te dévalorise pas en disant que tu n’as fait que ton devoir !
Ecoute tes émotions t’orienter vers ta capacité à partager
et vers ton besoin de vivre la solidarité.

Quand tu es énervé,
quand tu ne supportes plus rien,
tu te sens en colère et prêt à exploser…
Ne rends pas les autres responsables de ton mal-être !
Ecoute tes émotions t’alerter sur les limites du supportable
et sur ton besoin de dire stop ou de dire non.

Quand tu fais une belle rencontre,
quand une personne vient illuminer ta vie,
tu te sens amoureux et tu goûtes le bonheur…
Ne te laisse pas éblouir par l’autre !
Ecoute tes émotions t’orienter vers le bonheur qui te nourrit
et vers ton besoin d’aimer, d’être aimé ou de vivre une relation d’âme à âme.

Quand tu as bafoué tes valeurs,
quand tu t’es laissé aller à l’égoïsme ou à la violence,
tu te sens honteux et tu te dégoûtes toi-même…
Ne te laisse aller ni à l’excuse qui accuse l’autre, ni à la culpabilité où tu t’accuses toi !
Ecoute tes émotions t’alerter sur ta fragilité
et sur ton besoin de changer, de réparer, de demander pardon, de te pardonner.

Quand tu vis la détente et le plaisir,
quand tu t’épanouis dans tes passions,
tu te sens vivant et tu dégustes le bonheur d’être toi-même…
Ne te laisse pas imaginer que ce n’est qu’un rêve passager !
Ecoute tes émotions t’orienter vers ta vraie valeur
et vers ton besoin d’épanouissement dans ta vie quotidienne.

Quand tu es confronté à ton échec personnel,
Quand tu es face à l’épreuve, au deuil à faire d’un projet,
tu te sens triste ou désespéré…
Ne te laisse pas emporter par le jugement sur toi ou sur les autres !
Ecoute tes émotions t’alerter sur ta blessure
et sur ton besoin de prendre soin de toi pour désinfecter et cicatriser la blessure.

Quand tu a reçu un cadeau inattendu,
le cadeau précieux d’un regard ou d’une présence, d’une main offerte ou d’un cœur ouvert,
tu te sens étonné, reconnaissant, nourri…
Ne te diminue pas en pensant que tu ne le méritais pas !
Ecoute tes émotions t’orienter vers la gratitude 
et vers ton besoin de célébrer ton émerveillement.

Quand tu es confronté à la maladie ou à l’épreuve,
Quand tu perds ta liberté d’action et ton autonomie,
tu te sens anéanti et dépossédé de toi-même…
Ne te laisse pas engloutir par la souffrance et la déprime !
Ecoute tes émotions t’alerter sur l’appel au lâcher-prise
et sur ton besoin d’expérimenter une nouvelle forme de liberté.On t’a dit parfois que les émotions sont une faiblesse et qu’il faut les taire…
Ne t’étonne pas alors, quand tu ne les écoutes pas,
d’entrer en stress, en déprime ou en violence…

Car tes émotions sont ta boussole,
dans toutes les circonstances de ta vie…
Sans faire appel au mental,
elles t’orientent vers les vraies valeurs et t’alertent sur les impasses,
parce qu’elles portent les messages de tes vrais besoins…

Ne t’enferme pas dans les mots que j’ai écrits ni dans les ressentis que j’ai nommés :
ajoute les tiens, continue mon texte avec les événements et les émotions que tu traverses,
et les besoins qu’elles te révèlent…

Accueille tes émotions, décode leur message,
et seulement ensuite accorde ton mental aux émotions, 
pour trouver les chemins et les moyens de satisfaire tes besoins vitaux.

Ainsi va la vie, la vraie vie, accessible à chacun !

Marc THOMAS, Consultant formateur en « Compétences relationnelles »
11 novembre 2019
Écrire à l’auteur : mthomas@competences-relationnelles.com

Téléchargez ce texte en PDF : TXT-Emotions-Boussole

Ecouter vraiment

J’AI BESOIN DE PARLER, VEUX-TU M’ÉCOUTER ?

Une amie est en train d’élaborer son projet professionnel. Elle reçoit plusieurs propositions d’emploi qui correspondent à ses aspirations. Toutes ont des avantages et des inconvénients,
et elle hésite, car elle voudrait que son choix lui permette de vivre ses valeurs et ses aspirations.


Lorsqu’elle m’en parle, je lui demande si elle a partagé ses interrogations avec ses proches. Elle me répond aussitôt : « Je ne préfère par leur en parler maintenant car ils vont tous me répondre en fonction de leurs interprétations et de leurs peurs, et me donner des conseils à partir de ce qu’ils feraient à ma place. »

Je lui dis alors :
« Tu as entendu la première question que je t’ai posée quand tu m’as parlé ?
Je t’ai dit : Et toi, qu’est-ce que tu ressens ? Comment tu reçois ces propositions ? »
Elle me répond aussitôt :
« C’est pour cela que c’est à toi que j’en parle, car je sais que tu vas d’abord écouter,
et que tes questions vont m’aider à préciser ce qui reste flou en moi. »
J’ajoute alors :
« Après t’avoir écoutée, je t’ai dit que je ressentais la même chose que toi sur certains points et tu m’as dit que ça t’a confortée.
Sur d’autres points je t’ai renvoyé des questions, sans te dire mon avis,
et c’est toi-même qui a clarifié ta pensée :
je n’ai pas eu besoin de te donner quelque conseil que ce soit. »
Elle me dit alors :
« oui, mais tes questions m’ont permis de clarifier ma pensée
et de poser les choix que j’avais à faire de façon plus juste. »

TU NE M’ÉCOUTES PAS…

Si tu es préoccupé de la réponse à me donner …
car tu te centres sur toi, plus attentif à ta réponse qu’à ce que je te dis…
et donc tu ne m’écoutes plus vraiment !

Si tu me donnes ton avis…
car tu interprètes ma parole à partir de toi, de ton expérience, de tes choix, de tes peurs…
et donc tu mets sur mon nez tes lunettes qui ne sont pas ajustées à ma vue !

Si tu me donnes des conseils…
car j’ai l’impression que tu m’imposes tes solutions, à partir de toi,
sans chercher à me comprendre, sans prendre en compte mes valeurs et mon histoire…
et donc tu me conduis là où tu voudrais que j’aille sans me laisser faire mon chemin !

Si tu veux m’aider…
tu vas chercher des solutions pour moi, remuer ciel et terre pour résoudre mon problème.
C’est gentil de ta part… mais j’attends plutôt que tu soutiennes mes initiatives,
et que tu m’aides à croire en moi et en mes capacités de m’en sortir…
Sinon tu risques d’être fier de toi et de ce que tu as fait pour moi,
et de me laisser dans une posture d’assisté qui me rend dépendant de toi et des autres !

UNE ÉCOUTE ACTIVE

Quand il exprime ses émotions, il clarifie ses besoins…
Ses mots, ses hésitations, ses sourires ou ses larmes expriment ses émotions
en les « sortant de lui », il évite de s’y noyer et il les canalise :
il va pouvoir activer ses émotions et s’en servir pour faire ses choix…

En parlant, il clarifie sa pensée…
Pour pouvoir parler, il doit penser, s’interroger,
exprimer ses interrogations, nommer ses peurs, préciser ses valeurs…
Tes questions vont lui permettre d’aller plus loin, d’aller explorer les flous :
il va pouvoir activer sa capacité à analyser les situations, à ajuster sa posture…

Dans la confiance que lui offre ton écoute, il ose…
Il sait que tu peux tout entendre sans juger,
il sait que, ne lui imposant aucun conseil, il reste libre et autonome,
il sait que tes questions, même parfois décapantes,
ont pour seul but de l’accompagner vers le meilleur de lui…
Il peut alors oser aller explorer ses zones d’ombre et ses évitements :
il va pouvoir activer la lumière qu’il porte en lui et la confiance en lui…

Se former à l’écoute active
à La Réunion en 2019 : CLIQUEZ ICI
et inscrivez-vous sans tarder !

Ensuite seulement, dans le dialogue,
tu pourras échanger avec lui,
écouter ses stratégies et ses choix,

lui en proposer d’autres si nécessaire,
évaluer ensemble les meilleures,

chercher les informations complémentaires,
nommer les intérêts et les risques,

accueillir les gains et les pertes de tout choix…

Tu n’es pas le pilote qui marche devant
pour indiquer la route,
Tu es l’accompagnateur qui marche derrière lui
pour veiller sur lui quand il cherche son chemin.

Une personne que j’écoute actuellement me disait ces jours ci :
« Maintenant je ne suis plus seule, et je peux apprendre à m’aimer moi-même ! »

Une écoute active…
Parce que ton écoute aura activé sa liberté d’être et d’agir !

Marc THOMAS, Consultant formateur en « Compétences relationnelles »
4 juin 2019.
Écrire à l’auteur : mthomas@competences-relationnelles.com

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Se former et s’exercer à L’ÉCOUTE ACTIVE

Centré sur la personne pour l’accueillir et l’accompagner


Ecouter l’autre avant de lui donner des conseils…
Ecouter pour comprendre ce qu’il vit sans interpréter sa conduite…
Ecouter pour permettre à l’autre de nommer ses difficultés et de s’en libérer…

DATES et LIEU :
une formation sur 2 jours consécutifs à programmer
près de chez vous pour un groupe de 8 à 12 personnes :
manifestez-nous votre intérêt par mail

L’OBJECTIF : Un atelier-formation

  • optimiser les capacités d’écoute de professionnels ou d’acteurs associatifs  dans le contexte de leur mission d’accueil et d’accompagnement
  • faciliter l’écoute dans nos familles ou avec nos amis avec des personnes en difficulté ou en situation de désaccord
  • dans l’esprit de Carl Rogers pour développer une empathie qui accueille et accompagne.

LE CONTENU : un atelier fait d’exercices pratique

  • L’ECOUTE ACTIVE
  • Vérifier nos attitudes d’écoute (exercices ludiques)
  • Ecouter pour accueillir et non pour répondre (apport des formateurs)
  • Ecouter sans interprétation ni jugement
  • S’exercer à l’écoute active (exercices expérientiels)
  • Reformuler et répondre après avoir écouté
  • L’EMPATHIE
  • Échanger sur nos perceptions de l’empathie
  • Distinguer l’empathie de la sympathie ou de la compassion
  • Trouver la posture juste pour être avec l’autre en restant soi-même
  • L’Écoute CENTRÉE SUR LA PERSONNE selon Carl Rogers
  • accueil du « réel » : authenticité et congruence
  • acceptation : le regard positif inconditionnel
  • empathie : ressentir avec justesse et nommer ce que l’écouté vit, comprend et ressent

Une formation d’approfondissement, quelques mois après,
permettra d’affiner nos compétences d’accompagnement dans la relation d’aide.

PARTICIPATION FINANCIÈRE

  • FORMATION PROFESSIONNELLE : 300€ 
    Prise en charge possible par l’entreprise et les OPCA.
    Renseignez-vous auprès de votre employeur et prenez-contact avec nous
  • FORMATION DEMANDEURS D’EMPLOI : 220€
    Prise en charge possible par Pôle Emploi.
    Envoyez votre identité et Identifiant Pôle Emploi
    à mthomas@competences-relationnelles.com
  • FORMATION A LA CHARGE DU PARTICIPANT : 120€
    Négociable en cas de difficulté financière : contactez-nous

RENSEIGNEMENTS : contactez Marc THOMAS par mail ou par tél : 0693 419 662

Communiquer sans violence, c’est facile !

Communiquer sans violence et créer des relations apaisées,
ce n’est ni compliqué ni fastidieux…

Il suffit de se mettre à l’écoute de soi
plutôt que de vouloir régler son compte à l’autre.

S’écouter, c’est prendre soin de soi
pour être ensuite plus juste dans la relation.
Essayez, d’abord en eau calme,
et ensuite dans les situations plus houleuses !

Je regrette que certaines formations
donnent à penser que c’est très compliqué…
Ces formations sont souvent trop axées
sur des techniques de communication
et pas assez sur des postures personnelles.

Ça fait tellement de bien
de se respecter soi dans ce qu’on ressent
et de lâcher l’aigreur contre l’autre !
Ca dépollue
et ça change le mode relationnel automatiquement !!!

Essayez, d’abord en eau calme, et vous verrez :
ça peut aussi améliorer les situations plus houleuses !

Marc THOMAS, Consultant formateur en « Compétences relationnelles »
22 avril 2019
Écrire à l’auteur : mthomas@competences-relationnelles.com

COMMENT FAIRE POUR…
les ateliers « Compétences relationnelles »

Comment faire pour…
RESTER SOI-MÊME
DANS LES RELATIONS AVEC LES AUTRES

Des ateliers pour apprendre à mieux vivre
nos relations personnelles et professionnelles
(voir quelques exemples d’ateliers ci-dessous)

Comment faire pour…
ÊTRE SOI-MÊME ?
  • identifier mes ressources personnelles, mes compétences, mes capacités
  • nommer mes freins et mes échecs et m’en servir pour changer et progresser
  • accueillir et canalise mes émotions et satisfaire mes besoins vitaux
Comment faire pour…
OSER PARLER, APPRENDRE A DIRE ?
  • passer de « la peur de blesser » à « une communication affirmée et bienveillante »
  • me (re)connaître et oser parler de moi (mes ressentis, besoins et demandes)
    et non de l’autre (reproches, jugements…)
  • sortir de la peur de « qu’est-ce que l’autre va penser si je dis ça ? »
Comment faire pour…
ÊTRE BIENVEILLANT QUAND ON N’EST PAS D’ACCORD ?
  • passer de « convaincre à tout prix » à « accueillir et valoriser les divers points de vue »
  • sortir du « J’ai raison, tu as tort », pour accueillir l’autre différent et m’affirmer
  • négocier en cherchant ensemble des solutions nouvelles et créatives
Comment faire pour…
RENONCER AUX REPROCHES ET AUX JUGEMENTS SANS SE TAIRE ?
  • sortir des jugements ou de la peur d’être jugé et oser dire sans agressivité
  • Transformer les paroles-poisons en paroles-relations
  • Passer du « tu qui tue » au « Je qui affirme »
Comment faire pour…
ÉCOUTER ET ACCUEILLIR L’AUTRE TOUT EN RESTANT SOI-MÊME ?
  • passer des « interprétations centrées sur nous » à « l’empathie centrée sur l’autre »
  • Ecouter – accueillir avec empathie « le cœur de l’autre » :
    ce qu’il ressent, ce dont il a besoin
  • Accompagner l’autre dans sa recherche de solutions plutôt que donner nos solutions
Comment faire pour…
DÉSAMORCER L’AGRESSIVITÉ ET S’EN PROTÉGER ?
  • quitter  «  l’attaque ou la fuite » pour se protéger et traiter les conduites agressives
  • rééduquer ma spontanéité quand je réponds à une parole agressive
  • refuser le jugement et chercher à comprendre ce qui l’a déclenché
Comment faire pour…
QUITTER DÉPENDANCE ET SOUMISSION ?
  • identifier les causes de ma dépendance et de mon attitude soumise
  • identifier les personnes et les contextes où je me sens libre
  • développer la confiance en moi et mes ressources pour guider mes choix de liberté
Etc.

Il s’agit bien de formations professionnelles ou individuelles qui permettent apprentissages et optimisation de nos postures personnelles et relationnelles.

Il s’agit bien d’ateliers qui permettent d’expérimenter par la pratique et de changer nos manières de faire !

Ces propositions sont à la fois indépendantes les unes des autres et complémentaires
Chaque atelier peut durer minimum 2 ou 3 heures ou être développé sur 2 jours
pour des petits groupes ne dépassant pas 12 personnes pour garantir l’interactivité.

Pour les organiser dans votre secteur professionnel ou géographique,
contactez-nous !

BIENVEILLANCE: s’engager à construire

Je ne parle pas de cette fausse bienveillance du « tout l’monde il est beau ! Tout l’monde il est gentil » ni de l’attitude béate qui enferme dans une illusion de soi-disant gentillesse !

Je parle de la bienveillance « rapport de force » où la vigilance au bien engage à injecter des énergies de respect, de justice, de libération et de solidarité pour construire par chacune de nos attitudes un monde plus humain et pour refuser de pactiser avec tout ce qui détruit la personne et pourrit les relations.

Le texte proposé ici est un interview réalisé par une journaliste de la revue « Eglise à la Réunion » en mai 2018. Il garde son caractère oral et la dynamique du dialogue, parfois au détriment d’une langue française parfaite et de quelques précisions et nuances que vous saurez ajouter vous mêmes.

Vous pouvez télécharger et lire ce texte en cliquant ici

Toi qui veux CONVAINCRE… essaye de T’AFFIRMER DANS L’EMPATHIE

Qui de nous n’a jamais dit :  « Il faut que je lui fasse comprendre que… »
Tu ne fais jamais rien comprendre à l’autre,
car lui seul sait ce qu’il peut ou veut comprendre !
Tu peux juste lui proposer une explication
la plus claire possible, en t’adaptant à son langage à lui,
en cherchant à rejoindre ses préoccupations ou intérêts…
Comme un adulte adapte son langage à celui d’un enfant
ou aux difficultés d’une personne de langue étrangère…
Comme une maîtresse de maison qui prépare des plats appétissants
en ayant pris soin de connaître les goûts de ses invités…

Qui de nous n’a jamais dit : « je veux leur faire passer le message… »
ce qu’il peut ou veut laisser passer et entrer en lui !
Tu peux juste avoir envie ou besoin de partager quelque chose d’important,
énoncer ton message de façon « appétissante » pour lui,
et prendre soin de lui parler quand il est disponible pour t’écouter…
Ce qui « passe » en lui ne dépend pas de toi !

Qui de nous n’a jamais voulu convaincre l’autre qu’il a tort ?
Dans des relations tendues ou conflictuelles,
nous voulons prouver à l’autre que nous avons raison.
Chacun fait pression pour convaincre l’autre sans l’écouter,
et sans jamais accepter de se laisser convaincre…
Dialogue de sourds !
Et pourtant il est si facile d’expérimenter que deux personnes
qui regardent le même paysage ou le même événement
ne voient pas la même chose…

En regardant la mer,
l’un verra les nuances de bleu,
l’autre verra l’écume des vagues ou le mouvement des flots,
un troisième verra la ligne d’horizon un peu concave…
pendant qu’un quatrième regardera les nuages et le bleu du ciel !

Lequel des quatre a raison, lesquels ont tort ?
Il faut bien tous ces regards pour décrire la mer…
Dans un conflit, il s’agit d’abandonner définitivement qui a tort et qui a raison,
pour le remplacer par : « Je vois ceci… et toi, et toi qu’est-ce que tu vois ? »

Aucun de nous ne voit toute la réalité du premier coup :
chacun sélectionne inconsciemment…
et interprète ce qu’il voit à travers son mental et sa propre histoire…

Plutôt que de prendre nos points de vue partiels pour la vérité,
nous pourrions partager nos points de vue
et nous enrichir du regard des autres.

Loin de vouloir convaincre, chacun peut affirmer son point de vue,
Jusqu’à nous découvrir complémentaires…
Jusqu’à considérer la différence ou le désaccord
comme une ressource pour la coopération.
Certains s’imaginent qu’en cessant de chercher à convaincre,
ils vont devoir se taire. Se taire n’est jamais la solution
Car le silence soumet à l’autre, nous transforme en victimes et en perdants
et déclenche en nous aigreurs et ruminations qui polluent la relation.

 Cesser de vouloir convaincre, pour que chacun puisse s’affirmer…
Ceci suppose que chacun accepte d’écouter l’autre,
et c’est souvent le plus difficile !

L’être humain marche sur deux jambes…
C’est plus facile que d’aller à cloche-pied !
La relation constructive marche aussi sur deux jambes :
l’empathie ET l’affirmation de soi.

L’empathie pour accueillir l’autre tel qu’il est et prendre en compte son avis,
pour consentir au fait qu’il ne voit pas comme moi,
qu’il ne ressent pas comme moi… qu’il n’a pas les mêmes besoins…
L’empathie qui reformule ce que j’ai accueilli de lui en l’écoutant…

L’affirmation de soi pour oser dire ce que je vois et ce que je pense,
ce que je ressens, ce dont j’ai besoin,
ce que je demande, ce que je propose, ce que je refuse…
sans peur du jugement ni de ce que l’autre va penser…

S’il manque l’une des deux, la relation marche à cloche-pied !
Sans empathie, l’affirmation de soi devient domination :
elle impose son point de vue avec rigidité, autoritarisme et jugements.
Sans affirmation de soi, l’empathie devient mièvrerie et soumission,
ou retrait par peur de déplaire à l’autre…

L’empathie et l’affirmation allant de pair font avancer la relation !
A condition de les prendre dans le bon ordre !
Si tu commences par avancer le pied de l’affirmation de toi
l’autre risque de se sentir en danger et de prendre du recul,
parce qu’il ne sait pas encore que tu veux aussi le prendre en compte.
Si tu commences par avancer le pied de l’empathie,
il est probable que l’autre écoutera plus facilement
ton affirmation de toi-même !

Et si l’autre te refuse l’empathie à laquelle tu as droit
et cherche à t’imposer ses prétendues vérités ?
Tu ne lui feras plus de reproches, tu ne rumineras plus…
Tu resteras à la bonne distance de lui,
te protégeant en te centrant sur ton affirmation de toi intérieure…
Car tu sauras que son autoritarisme n’est qu’une faiblesse et une peur :
comme s’il fallait qu’il ait raison envers et contre tout…
Comme s’il voulait tenir debout… sur une seule jambe !
Lequel de vous deux est le plus stable ?

Essaye l’empathie et l’affirmation de toi,
l’empathie POUR l’affirmation de toi :
tu y gagneras beaucoup d’énergies jadis perdues sans résultat,
et tu découvriras que tu te sens bien moins blessé qu’avant !
Tu seras alors dans la vraie bienveillance !

Marc THOMAS, Consultant formateur en « Compétences relationnelles »
10 juin 2018
Écrire à l’auteur : mthomas@competences-relationnelles.com

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Bienveillance

Bienveillance : ce mot a parfois mauvaise presse 
quand il évoque
« tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil »…
Comme si la bienveillance devait nous faire
tout accepter et tout pardonner…
Comme si comprendre nous conduisait nécessairement
à accepter l’inacceptable et à nous taire…
Comme si la bienveillance consistait
à excuser les déviances jusqu’à accepter d’être victime…

La bienveillance est une « veillance »,
c’est-à-dire une veille attentive, une vigilance…
Une vigilance au bien…

Dans notre part sauvage,
nous répondons à l’agression par l’agression ou par la violence,
au mal subi par le mal agi, à la blessure par la vengeance,
à la misère par le terrorisme…
Nous en connaissons les dégâts
et nous savons que cela ne fait qu’aggraver les choses…

Dans notre part bienveillante,
nous allons choisir d’établir un autre rapport de force :
une vigilance et un engagement à ne répondre au mal que par le bien…
à répondre à l’injustice par une combat pour la justice…
à répondre à la violence par la solidarité et la réaffirmation de la loi…
à répondre au reproche non par d’autre reproches,
mais par l’affirmation de mes choix et de mes limites…

La bienveillance est un rapport de force
basé sur le respect de soi et de l’autre,
sur le consentement à la différence et au désaccord,
sur l’investissement parfois onéreux
pour négocier et prendre en compte les intérêts de chacun.
sur une vigilance à ne pas identifier l’autre à son erreur ou à ce qui nous énerve,
mais à chercher derrière l’erreur ses ressources, ses capacités et sa richesse…

La bienveillance est un choix exigeant !
Je sais que je peux être malveillant, et c’est pour cela que je choisis la bienveillance.
Je refuse de répondre à la malveillance de l’autre par ma propre malveillance.
Je refuse explicitement toute compromission avec les actes destructeurs,
mais je choisis de porter sur la personne qui pose ces actes
un regard bienveillant qui croit en un changement possible et en ses ressources,
Seul un regard bienveillant qui distingue la personne de ses actes
est capable de désarmer…

Marc THOMAS, Consultant formateur en « Compétences relationnelles »
février 2018
Écrire à l’auteur : mthomas@competences-relationnelles.com
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Délicatesse

à toi, « Marie », si délicate…

Un objet fragile et précieux à manipuler avec délicatesse…
Une plaie à désinfecter avec délicatesse…
Une fleur au parfum délicat…
Une question délicate à traiter…
Une personne en délicatesse face à une situation…

Délicatesse : s’approcher sans précipitation, avec légèreté
pour prendre l’objet, soigner la plaie, sentir la fleur, faire le tour de la question…

Délicatesse : prendre soin avec précaution et douceur
centré sur la fragilité, la douleur, l’odeur, la complexité, les enjeux, les risques…

Délicatesse : légèreté, sensibilité et prévenance
pour rejoindre l’autre là où il est,
pour être tout entier adapté et ajusté à lui, en canalisant mes affects

Délicatesse : être soi, humble et confiant à la fois
pour apprivoiser ma peur de casser, de faire mal,
d’aller trop vite ou de ne pas tout comprendre…

Délicatesse : prendre le temps d’établir la confiance avec l’autre
pour accueillir et apprivoiser sa peur, son stress, ses émotions…

Délicatesse : respecter inconditionnellement la personne
pour marcher à ses côtés, à son pas et à son rythme, dans la direction qu’il a choisie…

Délicatesse : ouvrir des perspectives avec finesse et subtilité
reformuler, relancer, questionner…
pour qu’il puisse entende les messages de son être intérieur…

Délicatesse : accompagner fraternellement
soutenir sa démarche, ses avancées et ses reculs,
sa recherche des solutions qui lui conviennent à lui…

Délicatesse : grâce et gratuité
donner sans attendre de retour, accueillir sans prendre, se nourrir de gratitude…

Délicatesse : aimer sans condition
aimer l’autre pour ce qu’il est, apprécier son parfum unique et original,
et me réjouir de son bonheur…

Délicatesse : s’aimer aux croisements de nos diversités
déguster l’harmonie de nos échanges et de nos partages,
goûter la beauté d’une relation fragile et forte,
concilier nos différences en ressources complémentaires,
au gré des évènements et des désaccords,
accepter d’être toujours en chantier pour construire ensemble l’inouï et l’inattendu…

Marc THOMAS, Consultant formateur en « Compétences relationnelles »
janvier 2018

Écrire à l’auteur : mthomas@competences-relationnelles.com
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Laisse jaillir ta parole

On nous a répété souvent cette phrase du poète Nicolas Boileau : « ce qui se conçoit bien s’énonce clairement, et les mots pour le dire en viennent aisément ». Nous avons fini par croire qu’il fallait d’abord des idées claires et bien construites avant de prendre la parole ou le stylo. Et nous avons fini par nous taire ! Ou bien nous nous sommes contentés de répéter des « poncifs » imposés par des modes ou des manipulateurs qui veulent nous imposer ce que nous devons penser !

Or la pensée, comme la vie, n’existe qu’en s’exprimant, grâce à celui qui risque les mots sans connaître encore la fin de la phrase, comme jaillit la source avant de savoir qu’elle deviendra irrigation vivifiante, rivière et fleuve, et même jusqu’à la mer !

Je me souviens de cette femme écrivain pour enfant disant qu’elle commence toujours à écrire à partir d’un noyau central, sans connaître la fin.

Je me souviens de prises de parole en public : le discours était préparé, longuement. Et pourtant, devant ce public, ce sont d’autres mots qui venaient, et d’autres développements, puisés dans le regard des auditeurs et dans la communication avec eux.

Je me souviens de ces dialogues,  de ces rencontres et de ces accompagnements où il faut renoncer à savoir à l’avance la bonne réponse, car l’écoute et l’échange font jaillir l’inattendu. Car ce n’est pas la réponse qui importe : si je cherche quoi répondre ou quel conseil donner, je n’écoute déjà plus celui qui me parle, je ne m’écoute que moi-même pour peaufiner ma réponse ! Ce qui importe, c’est la parole que va oser celui que j’écoute, parce qu’il se sent écouté. Cette parole qu’il va peut-être balbutier parce qu’elle surgit inattendue du plus profond de lui-même ! Ces paroles là sont des paroles vivifiantes qui désaltèrent celui qui les prononce !

A l’inverse des phrases toutes faites et des ritournelles apprises par cœur, la Parole de l’homme est créatrice : écrite ou orale, elle jaillit du dedans comme une source vive. Chaque être humain est porteur d’une source unique, d’une Parole originale.

C’est pourquoi éduquer un enfant ne peut pas consister à lui faire apprendre par cœur des paroles écrites ou prononcées par d’autres ! Éduquer un enfant, c’est le conduire vers sa source pour qu’il s’y désaltère, c’est le conduire vers lui-même pour qu’il découvre la pépite qu’il porte… C’est ainsi lui permettre de développer la confiance en lui, source de toutes les motivations, de tous les dynamismes et de toutes les vraies réussites.

Ose risquer une parole, la tienne, celle que personne ne pourra dire à ta place,
sans l’imposer, mais en l’offrant comme une fleur unique au bouquet de l’humanité.

Écoute les paroles des autres, surtout si elles sont différentes de la tienne,
sans les photocopier pour penser comme eux ou comme tout le monde,
mais pour plonger ta propre source à la confluence des diversités humaines.

Quand des paroles vives et uniques rentrent en dialogue, c’est l’Humanité qui se construit !
Quand tu développes ton autonomie de pensée et d’agir, tu rends possible la coopération.

Marc THOMAS, Consultant formateur en « Compétences relationnelles »
septembre 2017

Écrire à l’auteur : mthomas@competences-relationnelles.com

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